« En Bref » – Janvier – Février 2026

EDITO : Enfin !
Première semaine de 2026, une année qui commence bien, avec 4 720 980 entrées.On pourrait espérer en 2026 se rapprocher du chiffre phare de 2019, soit 213,3 millions d’entrées, et que les exploitants connaissent enfin une situation financière satisfaisante. Mais les chiffres globaux masquent une réalité quelque peu différente car les écarts de fréquentation sont très importants selon les films. Si l’on prend les résultats des 4 premières semaines, tels que publiés dans Le Film Français sur la fréquentation des 40 premiers films, constate des écarts importants entre les 3 films arrivés en tête et les 37 suivants :1ere semaine 2026Avatar : de feu et de cendres : 1 606 753La femme de ménage : 913 182Zootopie² : 837 305soit un total de : 3 357 240 sur un total du « Top 40 » du « Film Français » de 4 720 9802e semaine 2026Avatar : de feu et de cendres : 728 931La femme de ménage : 683 666Zootopie² : 318 457soit un total de : 1 731 054 sur un total du « Top 40 » du « Film Français » de 2 791 4143e semaine 2026La femme de ménage : 541 061Avatar : de feu et de cendres : 513 412L’affaire Bojarski : 363 800 soit un total de : 1 418 273 sur un total du « Top 40 » du « Film Français » de : 2 690 4844e semaine 2026La femme de ménage : 373 410Avatar : de feu et de cendres : 336 843Le mage du Kremlin : 298 911 soit un total de : 1 009 164 sur un total du « Top 40 » du « Film Français » de : 2 433 575
Ces chiffres montrent bien le déséquilibre du marché du cinéma, qui rend essentiel l’accès aux films porteurs, aujourd’hui peu accessibles aux petites salles. D’autres éléments seront à prendre en considération sur les années 2026 et 2027, qui sont des années électorales importantes avec les municipales et la présidentielles. Il est à craindre que la fréquentation soit quelque peu perturbée par ces perspectives. Enfin, les communes soutiennent les salles de cinémas qui animent leurs territoires. Qu’en sera-t-il après les municipales si des changements sont importants au niveau des équipes municipales et des maires nouveaux ? Car les informations recueillies par les fédérations d’élus montrent qu’un nombre important d’entre eux n’envisagent pas de demander le renouvellement de leur mandat. Souhaitons qu’il n’y ait pas parmi eux des Maires cinéphiles ! A l’image de ceux, qui, en 1989, ont créé Villes et Cinémas (devenu Territoires et Cinéma), afin de maintenir en activité les salles menacées, et de construire de nouvelles salles. Car l’échelon municipal est le mieux placé pour maintenir et soutenir le réseau des salles de cinéma.
C’est pourquoi nous approuvons entièrement la tribune que l’AFCAE vient de publier ce 23 février.
 L’union de tous est nécessaire pour que le maillage des salles sur notre territoire ne régresse pas, et même se développe, et plus globalement pour que le soutien à la cinéphilie fasse toujours naturellement partie intégrante des politiques culturelles.
La fréquentation des Cinéphiles
Le redémarrage de la fréquentation en 2026 a été précédée en 2025 par une amélioration tant dans les salles art et essai qu’à la Cinémathèque Française.  Le bilan des deux organisations :
– Un communiqué de l’AFCAE dont vous trouverez ci-apres l’introduction, et l’intégralité sur leur site :  »  Les films Art et Essai programmés en 2025 ont enregistré un total de 44,9 millions d’entrées, soit l’équivalent de 28,6% de la fréquentation totale (156,79 millions d’entrées). Les salles classées Art et Essai, quant à elles, représentent une part de marché de 38,5%, correspondant à un total de 60,3 millions d’entrées. Malgré la baisse des entrées observée au niveau du marché global en 2025, la part de marché des films recommandés Art et Essai (28,6%) est supérieure à celle de 2024 (25%), de 2023 (27,8%), de 2022 (21,7%) ainsi qu’à la moyenne de 2015-2019 (22,9%). Plus exactement, il s’agit de la part de marché la plus élevée enregistrée par les films Art et Essai depuis 2005 (34,8 %), à l’exception de l’exercice atypique de 2020 (34 %). Le cumul des entrées enregistré par les films Art et Essai en 2025 (44,9 millions) est en très léger recul par rapport à celui de 2024 (-0,9 %), beaucoup moins significatif toutefois que celui constaté sur l’ensemble du marché (-13,6 %) « .

«La fréquentation de la cinémathèque française en 2025Fréquentation en hausse en hausse :  la Cinémathèque française confirme son attractivité.
 » En 2025, la Cinémathèque française a accueilli près de 465 000 visiteurs, spectateurs et lecteurs, soit 5% de plus par rapport à 2024, et ce, malgré la fermeture temporaire des salles en décembre. Au total, plus de 116 000 jeunes de moins de 26 ans sont venus à la Cinémathèque française, représentant 25 % de la fréquentation globale. Les salles de cinéma ont attiré 215 000 spectateurs en 2025, avec un taux de remplissage exceptionnel de 60%, maintenant ainsi la même dynamique qu’en 2024 (malgré un mois de fermeture) et marquant, pour ces deux années, la meilleure fréquentation des salles depuis les années 2018 et 2019. L’exposition Wes Anderson a accueilli 125 000 visiteurs, dont 31 % de moins de 26 ans, et connaît actuellement un grand succès au Design Museum de Londres, où elle est présentée jusqu’au 26 juillet 2026. Les portes de My Name Is Orson Welles se sont refermées le 18 janvier au soir. L’exposition a accueilli 35 000 visiteurs, dépassant nos objectifs de fréquentation. Elle sera présentée au Museo Nazionale del Cinema – Mole Antonelliana de Turin du 31 mars au 5 octobre 2026. Rendez-vous le 8 avril pour l’ouverture de l’exposition Marilyn Monroe.  Le site de la Cinémathèque française a enregistré plus de 4 millions de visiteurs, établissant un nouveau record, soit le double de la fréquentation d’il y a cinq ans. La plateforme VOD gratuite HENRI, quant à elle, totalise 383 129 visites cette année, ce qui conforte son attractivité « .
Appel des 4 000″Face à l’I.A : protéger les artistes maintenant ! »
A l’heure de l’expansion de  l’Intelligence  Artificielle, devenue tantôt le remède, tantôt le mal, 4000 actrices et acteurs tentent de mobiliser l’opinion et les parlementaires face aux abus de l’utilisation de l’I.A.Le 26 février prochain, l’Olympia accueillera la 51e cérémonie des César. Ce rendez-vous incontournable sera l’occasion de célébrer une année riche sur le plan artistique et de rire aux bons mots de Benjamin Lavernhe, maître de cérémonie de cette édition.Mais il est un sujet à propos duquel nous aussi, actrices et acteurs, n’avons pas envie de plaisanter. Car, l’esprit tourné vers l’avenir du cinéma, nous faisons face à une mutation profonde de notre métier depuis l’arrivée de l’Intelligence Artificielle. Cet outil, extraordinairement précieux pour certains métiers, est aussi une hydre dévorante pour les artistes que nous sommes.Pas une semaine ne passe sans qu’un artiste n’alerte sur la concurrence brutale que l’IA fait subir à son travail. Encore récemment, un comédien s’est vu proposer un contrat d’utilisation de son image par l’IA pour la création du nouveau spot publicitaire d’un grand groupe français en remplacement pur et simple de deux jours de tournage. Un pacte faustien… rémunéré 250 euros ! Le clonage de voix sans autorisation de comédiennes et de comédiens devient légion. Encore récemment des plaintes ont été déposées. Le travail d’une actrice ou d’un acteur se résumant alors à ses seuls attributs personnels : une voix, un visage.Ce pillage en règle n’est pas du fantasme, c’est ici et maintenant. C’est insupportable et cela se passe sous nos yeux. Et ce sont parfois des centaines d’artistes, moins établis, qui n’ont souvent pas les moyens de refuser un contrat, qui cèdent leurs droits pour l’IA, malgré les risques pour leur image et leur avenir. Au-delà de l’emploi, c’est la nature de la création que nous voulons qui est en jeu.Si le public et les professionnels sont inquiets et unanimes, la seule réponse possible est aujourd’hui du côté des politiques. Il est urgent de créer un cadre juridique pour que l’IA puisse coexister avec le travail des artistes et le respect des droits d’auteur et droits voisins. De récentes initiatives législatives montrent une prise de conscience des parlementaires. Nous appelons l’ensemble de la classe politique à se saisir rapidement de l’enjeu du respect des droits des artistes face à cette innovation dérégulée.Le cinéma français a toujours su s’emparer des révolutions technologiques pour nourrir la création dans le respect du rôle de l’artiste Nous, actrices et acteurs, demandons aujourd’hui et en urgence une réglementation ambitieuse permettant à la France de prendre ce virage numérique sans rien sacrifier ni de son patrimoine culturel ni des artistes-interprètes qui l’incarnent. »
Retrouvez cette tribune, et les signataires, sur le site de l’ADAMI
 Les listes participatives auront-elles toujours
le vent en poupe aux élections municipales 2026 ?
C’est une question des « Dossiers à suivre » du Courrier des Maires et des Élus Locaux de Février-Mars. Cet article rappelle tout d’abord que lors du dernier scrutin des élections municipales 2020, près de 700 listes citoyennes et participatives ont été déposées. Près de 90 % d’entre elles n’avaient pas de référence à un parti politique. Ces listes souhaitaient « faciliter la participation citoyenne aux municipales », et moins de 10 % avaient réussi à se faire élire. Selon les informations recueillies 540 listes se seraient déjà manifestées en France pour les prochaines municipales. Cela peut sembler peu par rapport à l’ensemble des communes de France, mais il est évidemment très difficile de constituer une liste, mais également de disposer des moyens dont sont dotés les partis politiques. L’article précise que la présence de ces listes n’est pas récente, puisque les groupes d’action municipales existaient depuis les années 60-70.Il serait bien sûr intéressant de savoir combien d’animateur de salle de cinéma, de ciné-clubs, de professionnels du cinéma, de militants bénévoles ou permanents de la vie associative figurent sur ces listes.
L’éducation populaire au bord de la rupture
C’est le titre du « Baromètre HEXOPEE 2025-2026 » du syndicat employeur des associations. Il nous a donc paru important de vous en faire part :« Les associations de l’Éducation populaire en alerte rouge – Une crise qui s’aggrave et menace l’avenir du secteur Hexopée », organisation professionnelle de l’Education populaire, publie aujourd’hui son baromètre annuel 2025-2026, réalisé en partenariat avec Recherches & Solidarités. Cette 6ᵉ édition, issue d’une enquête menée entre le 17 novembre 2025 et le 7 janvier 2026 auprès de 1393 adhérents employeurs, confirme et aggrave les tendances alarmantes observées dans la dernière édition.
Les structures des branches ECLAT, du sport, du tourisme social & familial et de l’habitat & logement accompagné font face à des difficultés financières, humaines et structurelles sans précédent, mettant en péril leur mission d’intérêt général et la cohésion sociale.
lire le communiqué de presse
Des nouvelles du cinéma
Coprésidence du BLOCStéphane Demoustier reste Co-Président du BLOC – Bureau de liaison des organisations du cinéma, il est rejoint par Fabrice Préel-Cléach en remplacement de Xavier Rigaud.

Fédération des entreprises de spectacles – FESACNadia Mathem remplace  Jean Yves Mirski à la vice-présidence de cette organisation suite au départ en retraite de ce dernier.

Nouvelle direction de l’European Film PromotionIIrina Ignatiew-Lemke deviendra directrice de l’European Film Promotion au 01er août prochain le l’EFP regroupe les instituts de promotion de 37 pays.
ACRIFThomas Petit est le nouveau délégué général de l’ACRIF – Asso. des cinémas de recherche d’Ile-de-France- (70 salles indépendantes). Il travaillait dans la distribution internationale et les festivals avant de devenir exploitant.

Observatoire européen de l’audiovisuel
En 2026 c’est la Norvège qui succède à l’Autriche à la présidence. Mari Velsand, Directrice générale de l’Autorité norvégienne des médias assurera cette présidence, présidence qui chaque année se renouvele en janvier. Rappelons que la Directrice exécutive de l’Observatoire est Pauline Durand-Vialle (précédemment déléguée générale adjointe de la SRF, puis directrice générale de la Fédération européenne des réalisateurs de l’audiovisuel – Fera).

C.N.CVenue du Ministère de la Culture et de Radio France, Sophie Zeller rejoint le CNC. Elle aura pour poste celui de Directrice des politiques territoriales du CNC. Sophie Zeller aura la responsabilité de concevoir et mettre en œuvre les politiques du CNC en faveur de l’accompagnement des auteurs, de la formation des professionnels du cinéma notamment.
Et encore…
Sunny SideLa Rochelle retrouvera Sunny Side of the Doc les 22 et 24 juin.
Cette nouvelle session sera organisée en partenariat avec Documentary Campus.
Lire le communiqué

Deux initiatives de la CST
– Création d’un groupe de travail dédié au patrimoine ; 
– Nouvelles sessions pour la formation accessibilité et inclusion dans les salles.
Tournage à Paris le retourAprès une chute due aux Jeux de Paris 2024, 2025 a retrouvé un nombre de tournages comparables à ceux d’avant les jeux. C’est à dire 6570 jours de tournage qui marquent même une hausse de 15% par rapport à 2024. Les tournages sont de longs métrages, des séries, signalons également la mise en place d’une charte contre les Violences et Harcèlements Sexistes et Sexuels – VHSS.
PRIX ALICE GUY 2026
6717 votants ont désigné les 5 finalistes sur les 150 films présélectionnés. Le nombre des votants est supérieur de 31,5% à la sélection de 2025. Puis, un jury paritaire de professionnels de culture et de cinéma se sont réunis ce mardi 24 février 2026 dans les locaux de la Scam, ils ont décerné le neuvième Prix Alice Guy à  » La petite dernière » d’Hafsia Herzi « .   
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PRINTEMPS DU CINÉMA
La session de 2025 avait enregistré 2,2 millions de spectateurs qu’en sera-t-il en 2026 ?
Mais n’oubliez pas : toutes les séances sont au tarif unique de 5 € !
Toutes les infos sur le site dédié
Le Marius de l’audiodescription décerné au film « DOSSIER 137 »
de Dominik Moll
Le Président du CNC a annoncé que le Centre pilotera désormais le Portail de l’Audiodescription. Il est également revenu sur le fait que peu de séances de ce type soient proposées au public, alors que disponibles pour les exploitants. Box Office Pro informait début février d’un décret paru le 24/12/25 modifiant le cahier des charges des systèmes de billetterie des cinémas, systèmes identifiant le détail de chaque séance. Une donnée supplémentaire est désormais obligatoire : l’indication de l’accessibilité de chaque séance aux personnes sourdes, malentendantes, aveugles ou malvoyantes. D’ici quelques mois, les informations sur ces
séances seront centralisées et rendues disponibles automatiquement dans les différents modules de recherche du public.
plus d’informations sur le portail de l’audiodescription
Le Marius est aussi sur facebook et sur  Instagram
FEMA La Rochelle 2026
Le Festival se tiendra du 26 juin au 04 juillet 2026, et a d’ores et déjà annoncé un hommage à Jacques Tati, en six films : Jour de fête 1949 ; Les Vacances de monsieur Hulot 1953 ; Mon oncle 1958 ; Playtime 1967 ; Trafic 1971 ; Parade 1974.

Newsletter Mars 2026 – PDF

newsletter mars 2026

La fête du court métrage

Qu’est ce que la fête du court métrage ?
Manifestation annuelle, La Fête du court métrage est née de la volonté de mieux faire connaître le court métrage au plus grand nombre.

Pendant une semaine, cinéphiles ou néophytes, jeunes publics, familles et passionnés, explorent la magie du court, partout en France et à l’international, à l’occasion de cette grande fête gratuite et ouverte à toutes et tous.

À chacun sa fête !
Chaque année, La Fête du court métrage élabore une programmation officielle – avec le soutien de L’Agence du court métrage – pensée pour valoriser le meilleur du court, s’adresser à tous les âges et publics et mettre en avant les grand.e.s réalisateur.rice.s de demain.

La Fête du court métrage ne fait pas d’appel à film, elle fonctionne avec des visionnements en festivals et des échanges avec les distributeurs de courts.

Cette programmation est rendue accessible gratuitement à tout lieu ou personne souhaitant diffuser des programmes de films courts durant la période de l’évènement.

Plus d’informations sur le site dédié

RÉCIDIVE 36 – Une année de cinéma dans l’histoire

RÉCIDIVE 36

Du 23 au 29 mars 2026, au cinéma Les Carmes à Orleans, « le festival Récidive – une année de cinéma dans l’histoire » proposera sa 5e édition. Après 1940, 1968, 1989 et 1962, Récidive poursuit son voyage cinématographique dans l’histoire pour faire une halte en 1936.

Le 4 juin 1936, Jean Zay, député d’Orléans, devient, à 32 ans, l’un des plus jeunes ministres de la IIIe République en entrant au ministère de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts. C’est évidemment une date qui a compté dans notre choix de l’année 1936 comme millésime de cette nouvelle édition du festival Récidive.

Rappelez-vous ! Il y a six années, et une demie supplémentaire qui a permis à la manifestation de passer de l’automne au printemps, nous étions réunis, si nombreux – plus de trente mille billets vendus –, de manière si fervente, autour de la sélection du premier festival de Cannes, fondé, inventé, mis au point par Jean Zay et son équipe aux Beaux-Arts, qui devait ouvrir en grande pompe le 1 er septembre 1939. La guerre qui commence alors a raison de ce « festival antifasciste », mais pas de la mémoire de Jean Zay et de l’une de ses actions phares puisque 80 ans plus tard Orléans et le cinéma des Carmes accueillaient sa reprise à l’identique, son reeanctment.

Depuis, le festival Récidive a pris le relai et propose plus de 50 films : une large sélection d’œuvres vues cette année-là, des documentaires de et sur ce moment, des avant-premières, des rencontres, des conférences, des tables-rondes, des leçons de cinéma et le Prix Jean Zay, remis par sa fille, Hélène Mouchard-Zay, autre hommage à la figure tutélaire du festival Récidive. Après Amos Gitai, président du jury du « festival Cannes 1939 », Bertrand Tavernier, Costa-Gavras, Marin Karmitz, Margarethe von Trotta, Claire Simon, c’est la cinéaste Dominique Cabrera qui le reçoit cette année, une femme artiste engagée, tant par le documentaire que par la fiction, dans la défense d’un cinéma généreux, actuel, ouvert, qui revisite l’histoire et le présent pour nous faire voir le monde autrement.

1936, c’est le Front Populaire, les mouvements sociaux, les accords de Matignon, la semaine de 40 heures et les congés payés. Pour la première fois, trois femmes participent au gouvernement. C’est aussi le début de la Guerre d’Espagne, le cœur de la grande dépression aux Etats-Unis, la révolte panarabique dans la Palestine mandataire, l’invasion de l’Ethiopie par les troupes de Mussolini et les Jeux Olympiques de Berlin organisé par Hitler, qui annoncent de plus sombres événements.

1936 est aussi une grande année de cinéma. De Jean Renoir à Sacha Guitry en passant par Julien Duvivier, Christian-Jaque et Marcel Carné pour les cinéastes français ; de Charles Chaplin à Douglas Sirk, en passant par Kenji Mizoguchi, Mikio Naruse, Frank Capra, Boris Barnet, Alfred Hitchcock ou George Cukor pour les cinéastes internationaux, l’année nous propose des œuvres fortes, parfois légères et amusantes, et qui, souvent, pressentent les soubresauts à venir, mais toujours racontent leur époque.

Une trentaine d’invité.e.s, chercheur.se.s, critiques, spécialistes, étudiant.e.s, mais aussi réalisateur.ices, toutes et tous cinéphiles passionné.e.s, accompagneront les films, les présenteront, débattront, afin de célébrer cette belle année 1936 dont ce sera le 90 ème anniversaire !

Antoine de Baecque et Michel Ferry

🌞le printemps arrive 🌞

Comment les salles de proximité résistent et séduisent le public ?

Écouter (42 min)

Cinéma : comment les salles de proximité résistent et séduisent encore le public ?

Le Dossier du Jour sur ici Nord s’est glissé dans les coulisses des salles de cinéma. Avec Laurent Coët, directeur et programmateur dans la région, l’émission a exploré la programmation des films, le rôle des cinémas de proximité et l’attachement du public à l’expérience en salle.

Clarence Fabri a reçu Laurent Coët, directeur et programmateur de plusieurs salles dans la région, dont le Régency à Saint-Pol-sur-Ternoise. Ensemble, ils ont levé le voile sur le fonctionnement d’un cinéma, le choix des films, la fixation des horaires et les enjeux économiques. Les auditeurs ont partagé leurs habitudes, leurs coups de cœur et leur attachement aux salles de proximité.

Le cinéma, un pilier culturel toujours vivant
Annoncé fragile après la crise sanitaire, le cinéma se porte mieux. Laurent Coët le constate sur le terrain : la fréquentation repart, portée par un lien affectif fort entre les Français et les salles obscures. Le cinéma fait partie de l’ADN culturel, avec des souvenirs marquants dès l’enfance. Cette singularité française se traduit par un réseau unique, notamment grâce aux nombreuses salles mono-écran réparties sur tout le territoire.

Programmer un cinéma, un métier de funambule
Derrière l’écran, le travail du programmateur repose sur un équilibre délicat. Choisir les films, fixer les horaires, gérer l’accueil du public, la communication et les ressources humaines : le directeur de cinéma est un véritable chef d’orchestre. Chaque semaine est différente, en fonction de la durée des films et des attentes du public. Un blockbuster de trois heures n’occupe pas une salle comme un film familial plus court.

Entre passion, économie et prise de risques
Programmer un cinéma, c’est aussi faire des choix. Chaque semaine, une quinzaine de films sortent en France. Impossible de tous les projeter, surtout avec une seule salle. Le programmateur doit répondre à la demande du public, assurer l’équilibre économique et défendre des œuvres plus confidentielles. Certains films démarrent doucement mais trouvent leur public grâce au bouche-à-oreille, un indicateur clé dans la durée d’exploitation.

Le prix du billet et la réalité économique
Le coût du cinéma revient souvent dans les discussions. Laurent Coët rappelle que les salles reversent environ 50 % des recettes aux distributeurs. À cela s’ajoutent les charges liées à l’énergie et au fonctionnement des équipements. Pourtant, le prix moyen réel d’une place en France s’établit autour de 7,40 €, grâce aux abonnements, tarifs réduits et offres spécifiques. Une réalité parfois éloignée de la perception du public.

Les cinémas de proximité, lieux de lien social
Face aux grands complexes, les salles de proximité jouent un rôle essentiel. Elles favorisent la mixité sociale, l’échange et le débat autour des films. Les témoignages d’auditeurs l’ont illustré : certains y vont en famille, d’autres seuls, pour se détendre, voyager ou se cultiver. Ces cinémas incarnent un espace de confiance, souvent associé aux premiers souvenirs, aux premières émotions et à une expérience collective irremplaçable.