En Bref : Mai – Juin 2026

EDITO
De plus en plus de spectateurs
Après une longue période décourageante pour tout le cinéma français, producteurs distributeurs et exploitants, mais aussi les cinéphiles, qui dans le passé déjà avaient connu des périodes où la fréquentation semblait péricliter à jamais, il semble bien que nous sommes entrés maintenant dans une période de retour à un taux de fréquentation encourageant. La reprise de la fréquentation se chiffre chaque semaine :     
21ème semaine 2025 : 52 196754 / en 2026 : 67 546829 (+ 30 %) ;
22ème semaine 2025 : 55 197933 / en 2026 : 69 301900 (+26 %) ; 23ème semaine 2025 : 57 595433 / en 2026 : 71 651595 (+ 24 %) ;
24ème semaine 2025 : 59 475792 / en 2026 : 73 434074 (+23 %).

La reprise de la fréquentation n’est pas le seul élément positif de la période que nous venons de traverser. Dans le tourbillon du monde de la culture en France, deux nouvelles importantes et intéressantes concernent plus spécialement la culture cinématographique. En effet, les deux principales Cinémathèques, celle de Paris et celle de Toulouse ont engagé un programme de renouveau.
Image : site de Paris et prévisualisation de l’entrée du public à Marseille  ©Cinémathèque Française
La cinémathèque française
Après la crise sanitaire, la Cinémathèque Française a rapidement retrouvé son niveau de fréquentation des années fastes, elle avait dépassé le cap des 400 000 visiteurs dans les deux années du suivi le COVID.Un chantier prévu pour les améliorations aura une conséquence un peu délicate : la fermeture du 13 juillet au 15 septembre 2026, à l’exception des autres activités, exposition temporaire, musée, bibliothèque, librairie et restaurant qui demeureront ouvertes jusqu’au jusqu’à fin juillet 2026, date de la fermeture de l’établissement pour les vacances annuelles.La rentrée démarrera par une exposition Jean-Paul Belmondo du 7 octobre au 31 janvier. Le Commissariat de l’exposition a été confié à Clémentine Deroudille en collaboration avec la famille de Jean-Paul Belmondo.  Mais bien entendu le grand chantier de 2027 est l’ouverture de l’antenne de Marseille, qui est donc prévu pour le printemps. L’antenne comprendra trois salles de cinéma, deux classées art et essai, l’autre dédiée à la programmation de la Cinémathèque Française, et l’on y trouvera également un restaurant, une résidence étudiante et des espaces de médiation culturelle. Naturellement l’antenne marseillaise propose aussi des ateliers éducatifs à l’image. La première directrice de l’antenne sera Sabine Putorti, qui co-dirige actuellement le groupe répertoire de l’AFCAE. Elle a été retenue parmi 30 candidatures. La première exposition après l’ouverture sera consacrée à Marseille « CinéMarseille : portraits d’une ville » Elle portera sur le rôle que la ville a joué dans le cinéma français et international, de Marcel Pagnol à « Taxi ». Il faut maintenant aux Marseillais se saisir de ce site, à l’image de ce qu’est devenu la Cinémathèque française.
La cinémathèque de Toulouse
Comme vous le savez, elle a été créée par Raymond Borde. Territoires et Cinéma a d’ailleurs participé plusieurs années de suite à la réalisation des rencontres de Toulouse. Ce sont les 30 salariés de la Cinémathèque qui auront évidemment pour mission de créer le cadre du renouvellement souhaité. Sur les trois dernières années, la cinémathèque a également développé des activités vers les jeunes et les scolaires. Par ailleurs il a été créé un espace café. C’est un projet de développement dont la réalisation a fait l’objet d’une étude sur de nombreuses années.
Voici où nous en étions lorsque, au Festival de Cannes, le Directeur de la Cinémathèque de Toulouse a annoncé le lancement d’une plateforme appelée « Cinexplora ». Présentée lors d’une table-ronde qui avait pour sujet : « Toulouse, Un nouvel élan pour le cinéma autour de la Cinémathèque »,Cinexplora devrait valoriser plus de 500 documents d’archives issus des collections de la Cinémathèque toulousaine, notamment au travers de parcours thématiques, et d’une cartographie interactive, mais aussi via des contenus éditorialisés. Elle sera aussi étendue sur le terrain, avec la web-application « Balade de cinéma » pour une expérience hors les murs. Au départ elle ne sera accessible qu’en français, C’est seulement au cours des années à venir que la plateforme sera traduite, en anglais, en espagnol et enfin en occitan.
Signalons enfin qu’une collaboration entre la Cinémathèque de Toulouse et Pathé a été annoncée par le Directeur de la Cinémathèque toulousaine, Franck Loiret et Laure de Boissard, Directrice Générale de Pathé Cinéma.
Un avenir prometteur pour les Toulousains !
Retour sur la tribune du président du CNC dans le journal Le Monde
Le cinéma vient de passer une période agitée et orageuse.
Deux exemples en témoignent : la tribune du CNC et des questions de parlementaires.
Le premier, la déclaration du président du CNC Gaëtan Bruel qui a publié dans le journal Le Monde une tribune : « Certains veulent démanteler le modèle même qui a fait de la France un champion mondial de la création audiovisuelle. Le modèle de financement du cinéma français n’était contesté que par les géants américains. Salué et copié dans le monde entier, il est aujourd’hui remis en cause par des voix françaises qui risquent de saborder ce qui nous donnait une longueur d’avance. »
Voici les idées-forces de son texte :
– « Premièrement, protéger notre outil créatif et industriel, mis a l’épreuve par une crise mondiale d’une violence inédite. »
– « Deuxième défi : accélérer a l’export »
– « Le troisième défi est le miroir du deuxième : accueillir davantage de tournages étrangers »
– « Quatrième grand défi : préserver un tissu de salles de cinéma qui constitue l’une des grandes réussites françaises. »
Territoires et Cinéma vous en propose une synthèse.
Les questions parlementaires
L’intervention particulièrement surprenante de la société Megarama condamnant l’action des salles municipales, ou soutenues par des fonds publics, a provoqué de nombreuses réactions.
Une question très argumentée a été celle présentée a l’assemblée nationale par Madame Sandrine Lalanne, députée Ensemble pour la République 5eme circonscription du Val-de-Marne :
« Mme Sandrine Lalanne appelle l’attention de Mme la ministre de la culture sur l’urgence de la situation actuelle du secteur cinématographique, notamment en ce qui concerne l’accès des cinémas indépendants aux films en sortie nationale.Depuis plusieurs mois, de nombreux cinémas indépendants sur l’ensemble du territoire français, souvent engagés dans des missions de service public culturel, subissent un  français – une part de marché sans équivalent en Europe. S’il y a bien un pays où les films nationaux rencontrent leur public, c’est la France. Leur diversité est le ressort même de notre performance. Elle est plus que jamais non pas la cause, mais le remède aux difficultés actuelles. »Plusieurs sénateurs ont également questionné sur ce problème. la question la plus récente – publiée au JO quasiment le jour de la fabrication de ce bulletin, et donc bien sur en attente d’une réponse au moment de sa parution – est celle de monsieur Sébastien Fagnen sénateur de la manche, membre du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain :
« M. Sébastien Fagnen attire l’attention de Mme la ministre de la culture sur les difficultés croissantes rencontrées par les cinémas de proximité pour accéder aux œuvres cinématographiques dès leur sortie nationale, dans un contexte marqué à la fois par des pratiques potentiellement anti-concurrentielles et par un affaiblissement plus global des politiques de soutien à la culture.
Nous savons que le député Sylvain Berrios avait précédemment abordé le même questionnement, et le Ministre de l’éducation a annoncé en réponse que la Ministre de la culture recevrait les parlementaire demandeurs à ce sujet.
Question de Mme Lalanne
Question de M. Fagnen
Des nouvelles du cinéma
#WeLoveFema
Le Festival du film de La Rochelle lance une campagne de soutien et une plateforme communautaire : un aspect économique et « un espace communautaire dédie a la découverte, au partage et a la transmission autour du cinéma. » :« Via sa campagne de mécénat et sa plateforme #WeLoveFema, le festival lance un appel à toutes celles et tous ceux qui reconnaissent le rôle essentiel du Fema dans la vie culturelle, artistique et citoyenne et appelle les festivaliers à ne plus rester spectateurs mais à devenir acteurs de cette dynamique et travailler à la valorisation des œuvres : par la création de critiques de cinéma comme par un don au festival. » 

Plan interministériel pour la liberté de création
« Les atteintes a la liberté de création touchent toutes les disciplines artistiques.pour y répondre, le ministère de la culture publie un plan interministériel visant a soutenir les acteurs culturels, en lien avec les collectivités, a mieux documenter ces atteintes et a adapter l’action publique.
 » Les acteurs culturels sont confrontés à différentes pressions et entraves, qui contreviennent à la liberté de création, protégée par la loi relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine du 7 juillet 2016. Dans ce contexte, les ministres de la Culture, de la Justice et de l’Intérieur ont souhaité mettre en place un plan interministériel pour la liberté de création. Il en réaffirme la primauté, approfondit la mobilisation et la coordination des différents services de l’État, notamment les préfectures, et renforce la réponse pénale apportée aux atteintes à cette liberté. Il repose sur des mesures concrètes et opérationnelles dont la création d’un comité de coordination interministérielle de la liberté de création ainsi que la diffusion de deux circulaires interministérielles, destinées respectivement aux préfets et aux magistrats du parquet.
Ce plan complète le guide juridique et pratique sur la liberté de création publié en 2025

A noter que le CESE – Conseil Économique Social et Environnemental avait publié en mars 2026 l’avis « Contrer les entraves aux libertés de la création et de la diffusion artistiques ». Le CESE se félicite du «diagnostic d’urgence partagé » et que certaines de ses préconisations aient été retenues dans le plan interministériel 
Festival caméras des champs : 2026 année blanche
Pour une phase de transition permettant à un nouveau directeur ou une nouvelle directrice de succéder de Luc Delmas, à la tête de la manifestation depuis sa création en 1999, le festival connaît en 2026 une année blanche. Une décision prise par le comité de pilotage de la manifestation, en accord avec les principaux partenaires.Fondé donc en 1999 et porté par le foyer rural, la commune et le Parc naturel régional de Lorraine, l’objectif du Festival est de montrer la ruralité dans sa diversité en prenant comme support le film documentaire. Les équipes sont composées de quelque 60 bénévoles qui animent le Festival à Ville-sur-Yron, mais aussi dans une demi-douzaine d’autres communes du Parc naturel Régional de Lorraine et/ou de la communauté de communes Orne – Lorraine – Confluences.
Sur son site le festival en donne les raisons
Reprise de la fréquentation !
À travers le monde « la reprise de la fréquentation a été plus lente qu’anticipée »
« Les salles de cinéma : quelles tendances à l’international ? »  Une  étude présentée par le CNC à l’occasion du Festival de Cannes que nous vous engageons à consulter :
Pour mieux comprendre cette nouvelle réalité, cette étude s’appuie sur une analyse approfondie de 14 marchés clés :
 – Caractéristiques de l’exploitation ;- Évolution de la fréquentation des salles et raisons de cette évolution (public, nouveaux usages, complémentarité ou concurrence des plateformes et réseaux sociaux…) ;- Offre cinématographique, richesse et diversité ;- Place du cinéma national et art et essai ;- Stratégies des exploitants pour dynamiser la fréquentation ;- Politiques publiques en faveur du cinéma et notamment du secteur de l’exploitation et les contraintes réglementaires.
Partenariat You Tube / France TV / LaScam / MK2
– Un partenariat avec France Télévision : une opportunité « face à l’exposition croissante des Français aux fausses information » dixit la PDG de Fr. Télévision Delphine Ernotte, «y compris des plus éloignés des médias traditionnels». Seront concernés les contenus des éditions d’information, magazines d’actualité et d’investigation. Des efforts engagés également, via l’outil Likeness ID de YouTube pour déceler les vidéos créées avec l’I.A. et utilisant sans consentement les images et les identités.
– Un partenariat renouvelé avec la SCAM – Société civile des auteurs multimédia : un communiqué de l’organisation informe du renouvellement « pour cinq ans de l’accord encadrant la rémunération des autrices et auteurs représenté par la scam pour l’exploitation de leurs œuvres sur la plateforme. »
Un article du Film Français précise le résultat du partenariat avec MK2, atteignant les 500 000 spectateurs depuis son lancement en 2024 dans le cadre de MK2 Alt, séances à destination du public des créations en ligne « Ce passage en salle leur permet d’offrir une expérience complémentaire à leurs communautés. Le succès de ces œuvres au cinéma et sur YouTube montre que cette nouvelle passerelle culturelle répond à une véritable attente » déclare J. Ryst Directrice de YouTube France.

Télécharger « En Bref : Mai / Juin 2026

Tribune du C.N.C : notre synthèse

« Certains veulent démanteler le modèle même qui a fait de la France un champion mondial de la création audiovisuelle. Le modèle de financement du cinéma français n’était contesté que par les géants américains. Salué et copié dans le monde entier, il est aujourd’hui remis en cause par des voix françaises qui risquent de saborder ce qui nous donnait une longueur d’avance. »

Voici les idées-forces de son texte :

« Premièrement, protéger notre outil créatif et industriel, mis a l’épreuve par une crise mondiale d’une violence inédite. »

Gaëtan Bruel cite la chute de la fréquentation : 35% dans le monde, 25 % en France, et « la fragilisation simultanée de tous les modèles qui permettent encore de produire des œuvres ambitieuses » versus les « usages vers les plateformes « gratuites » : « Cette gratuité est trompeuse : elle repose sur la monétisation de notre attention ». Il alerte ensuite sur la captation de nos imaginaires, et les potentiels dégâts sur notre industrie de l’image animée, les comportements prédateurs s’appuyant désormais de plus en plus sur l’I.A.

« Cette souveraineté se mesure très concrètement. Grâce à ses écoles, à ses studios, au Festival d’Annecy – tous soutenus par le CNC –, la France est aujourd’hui le troisième pays au monde pour l’animation (…) nos enfants peuvent encore grandir avec des œuvres – et donc des références, des valeurs – majoritairement françaises. Voulons-nous préserver cette capacité pour l’avenir, ou laisser notre filière de l’image devenir le nouveau symbole du déclassement industriel français ? »

« Deuxième défi : accélérer a l’export »

Pourtant seulement 23ème pays par sa population, la France, rappelle Gaëtan Bruel, occupe bien souvent la 3ème place au Box-Office mondial. Si le marché intérieur principalement porte le secteur, pour autant : « Nous faisons déjà 40 % des recettes de nos films à l’international, mais nous pouvons faire bien plus. ». Il évoque ensuite « la crise d’Hollywood et la réduction structurelle du nombre de films américains », cette conjoncture ouvrant le champ à « d’autres cinémas. Dans un océan de contenus standardisés »

« le troisième défi est le miroir du deuxième : accueillir davantage de tournages étrangers »

Le Président du CNC confirme l’importante retombée des tournages ici de films ou séries internationales, certes pour les techniciens de cinéma locaux, mais aussi pour l’économie locale « hôteliers, restaurateurs, commerçants, artisans, transporteurs  (…) Aujourd’hui, selon Unifrance et le CNC, les seules recettes internationales du secteur rapportent déjà 1,3 milliard d’euros par an ». Si l’image de la France à l’étranger était largement portée par la diffusion classique du cinéma, il précise à juste titre que : « A l’heure des plateformes, chaque tournage étranger devient aussi une campagne d’image planétaire »

Il aborde ensuite l’enjeu des crédits d’impôt internationaux « sans eux, un territoire disparaît d’emblée de la carte des grandes productions. (…) les doutes instillés sur la pérennité de notre modèle atteignent les décideurs internationaux. (…) l’incertitude se paie en tournages perdus. »

« Quatrième grand défi : préserver un tissu de salles de cinéma qui constitue l’une des grandes réussites françaises. »

2ème équipement culturel de proximité, 93% des français sont à moins de 30 minutes d’une salle. « Mais ce maillage n’est pas gravé dans le marbre » Il évoque en effet une situation qui mérite de « mobiliser tous les leviers pour faire revenir le public », car si le parc de salles s’est constitué sur 200 millions d’entrées, nous n’en totalisons désormais plus que 160. Il faut nous épargner une redite de la crise des années 80 « quand la chute de la fréquentation faisait fermer les salles par dizaines. »

Il évoque alors le débat lancé par certains sur un supposé trop grand nombre de films, et répond : « personne ne sait prédire le succès d’un film – pas plus que celui d’un livre. Comme notre chance est d’avoir des éditeurs et des libraires qui ne se limitent pas aux dix best-sellers du moment, notre force est d’avoir des producteurs, des distributeurs et des salles qui offrent une diversité de films. » Et de fait, en 2025 deux Français sur trois se sont rendu en salle, et « 38 % des entrées ont concerné des films français – une part de marché sans équivalent en Europe. S’il y a bien un pays où les films nationaux rencontrent leur public, c’est la France. Leur diversité est le ressort même de notre performance. Elle est plus que jamais non pas la cause, mais le remède aux difficultés actuelles. »

Pour finir, Gaëtan Bruel évoque les investissement importants du Royaume-Uni, dont « une refonte intégrale de ses crédits d’impôt pour mieux aider son cinéma indépendant et à petit budget », de l’Espagne, avec le plan Espagne, hub audiovisuel d’Europe, de l’Allemagne qui double quasiment ses aides à la production.

Il conclu en évoquant un « grand paradoxe » : les 80 ans de mobilisation via le CNC pour le cinéma français, qui a protégé notre cinématographie nationale, notre réseau de salles, nos techniciens, nos créateurs, a permis de devenir parfois leader sur bien des plans, ces 80 ans donc, de travail acharné, sont visés par une campagne mensongère sur son financement, lorsque son autofinancement « par des taxes qui sont acquittées par les seules entreprises du secteur et rend les films français beaucoup moins dépendants de l’argent public qu’ailleurs en Europe (25 % en France, contre près de 50 % dans le reste de l’Europe) ».  La France « peut encore franchir un cap stratégique en s’emparant de ces quatre enjeux, grâce à un modèle particulièrement vertueux. »

Il alerte à juste titre en conclusion :

« Mais, à force de caricatures, de remises en cause à bas bruit et d’attentisme silencieux, nous sommes en train de désarmer ce qui nous donnait pourtant une longueur d’avance. Notre déclassement n’est en rien une fatalité, sauf si nous l’organisons nous-mêmes. »

SOMMAIRES REVUES CINEMA – MAI 2026

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notre newsletter – mai 2026

Notre newsletter – mai 2026

Édito
Cinéma, culture et politique
Il y a quelques années déjà que le monde de la culture et donc du cinéma n’ont été traversés par autant de remous qu’aujourd’hui. La modestie de nos publications ne permet naturellement pas de recenser toute l’actualité des conflits, dont certains sont économiques et d’autres politiques.
Nous nous concentrerons pour l’essentiel sur les salles : c’est notre histoire ! Et nous savons que ce genre de conflit n’est pas nouveau, car à l’origine de Villes et Cinémas («ancêtre» de Territoires et Cinéma) nous avions créé, avec la Fédération des Cinémas Français, une commission Bons Offices afin d’éviter tous conflits entre les municipalités et les exploitants privés. Puis, c’est l’intervention de Jean-Pierre Sueur comme ministre et l’adoption de la loi qui porte son nom qui avait permis de régler tous ces conflits.Aussi, et comme beaucoup, nous nous interrogeons sur les attaques diverses que subissent les salles et leur autorité de tutelle le CNC.
La démarche de Megarama tout d’abord, à laquelle le Médiateur du Cinéma, sur saisine du CNC a d’ailleurs enjoint à mettre fin.  
Par une publication du 05 mai dernier, nous vous avons fait part de la réaction Jean-Pierre Sueur, désormais Membre honoraire du Parlement et Ancien ministre, qu’il nous a fait l’amitié de nous transmettre.  Rappelons que c’est le journal Le Monde qui a fait état d’un mail adressé par ce réseau de multiplexes demandant aux distributeurs de limiter la fourniture aux cinémas municipaux de leurs films en sortie nationale. !
Car le contexte est globalement inquiétant au regard des attaques visant le CNC. Soit elles essaiment sur les réseaux sociaux en prétendant que le financement des films se fait par les impôts, fausse information que contrecarrent d’autres internautes en publiant des explications pédagogiques sur réel financement des films,  soit sur le cheminement des taxes perçues sur les billets, et parallèlement des attaques politiques de parlementaires, soumettant des propositions de lois pour dissoudre le CNC, et prenant position pour sa disparition en cas de victoire de leur camp. Le Président du CNC alerte qu’au-delà des œuvres cinématographiques, les salles de cinéma elles-mêmes seront plus que jamais mises en danger le cas échéant.
Depuis la Libération, puis également dans le cadre de l’Union Européenne, et faisant face aux plateformes américaines, la France a toujours obtenu de haute lutte que son cinéma national puisse vivre. Restons fiers de notre « exception culturelle ».
Notre pays n’a pas démérité sur la garantie pour chacun d’exprimer son point de vue.
Alors pourquoi vouloir mettre à mal tout ce long travail de consolidation ?
Est-ce là raisonnablement une vraie défense de notre cinéma et de ses salles ?
L’intervention de Jean-Pierre Sueur ;
Le courrier du Président du CNC au Médiateur du cinéma ;
L’injonction du Médiateur du cinéma.
 Pour la défense de la liberté de programmation
des cinémas de proximité
Suite aux attaques nombreuses le Syndicat des cinémas de proximité a décidé de lancer une pétition nationale en indiquant : …/… « Notre démarche porte un principe clair : alerter les spectateurs, les pouvoirs publics, les élus sur les tensions croissantes entre les multiplexes et les salles de cinéma de proximité, et garantir à tous les cinémas, partout en France, un accès équitable aux films dans des délais raisonnables. La pétition est ouverte à toutes et tous.
Nous invitons spectateurs, professionnels et élus à la signer massivement pour rappeler l’importance de ces lieux culturels ancrés dans les territoires. »
Les films financés par nos impôts ?
Par cette courte vidéo le site OneTime démontre parfaitement comment se fait le financement des films.
Les impôts français servent-ils à financer
le cinéma et le CNC ?
“Quand on achète un ticket de cinéma, ça sert à financer le cinéma”Laurent Lafitte explique, avec Allociné, comment fonctionne réellement le financement du cinéma français et pourquoi il est important de clarifier les choses 👀
Qui finance le cinéma français ?
Cette autre vidéo, proposée par « Les ÉCHOS », répond parfaitement à la question.
80 ans du CNC : le cinéma français un fleuron industriel au service de la diversité culturelle »
Tel est l’intitulé de la table ronde qui s’est tenue le 14 mai lors du Festival de Cannes.  Le titre évoque bien le contenu, inutile donc d’épiloguer.
Pour rester sur un aspect déjà évoqué plus haut, nous vous invitons à lire le discours d’ouverture de cette table ronde par le Président du CNC, Gaëtan Bruel, et les réponses qu’il aporte face aux attaques dont le Centre est la cible :
« Critiquer les films, c’est une chose. Critiquer le modèle lui-même, c’est une autre affaire. C’est s’attaquer à un fleuron industriel français, pilier de notre souveraineté à la fois culturelle et industrielle. Et quand on veut justement de défendre la souveraineté française, il faut être prêt à assumer cette contradiction. »
Démonstration de l’impact économique du cinéma dans nos territoires, de l’impact culturel aussi à l’international, démonstration de la nécessité absolue de faire corps face aux enjeux à venir.
11e baromètre COFAC
Responsables associatifs du secteur culturel, membres ou non du réseau de la COFAC, participez au 11e Baromètre Flash de la COFAC et faites entendre votre voix !Cette nouvelle édition du Baromètre a pour objectifs de :- Mettre en lumière la situation financière des associations culturelles,- Analyser l’évolution des subventions en 2025,- Recueillir vos retours sur les élections municipales de 2026,- Mieux connaître vos actions autour des enjeux de culture et santé, en lien avec les travaux du groupe de travail de la COFAC dont Territoires et Cinéma est membre.
Vos réponses permettront de :- Mieux comprendre la réalité économique des associations culturelles et son évolution,- Alerter les pouvoirs publics et défendre la place des associations culturelles dans la société.
Merci de répondre au sondage, qui est anonyme,  et de le diffuser aux responsables associatifs culturels de votre réseau  !
Le jardin fait son cinéma
Le jardin est un espace de mémoire, de temporalité, de mise en scène et d’émotion. À la fois réel et symbolique, il propose une scène où la nature est domestiquée, ordonnée, cultivée, mais jamais totalement contrôlée. Le cinéma, art du temps, du regard et du récit, trouve dans le jardin un partenaire plastique et poétique d’une rare intensité. Le thème du Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire, Le jardin fait son cinéma, invite à explorer les correspondances formelles, narratives et symboliques entre ces deux arts.

11e Baromètre Flash de la COFAC

Responsables associatifs du secteur culturel, membres ou non du réseau de la COFAC, participez au 11e Baromètre Flash de la COFAC et faites entendre votre voix !

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« En Bref » Mars – Avril 2026