« En Bref » Janvier – Février 2026

« quand le théâtre raconte le cinéma »

La Comédie de Saint-Étienne propose ce spectacle de théâtre qui retrace la naissance du cinéma, de ses premières inventions à ses grandes figures. D’Alice Guy à Georges Méliès, le public découvre ainsi les origines du 7e art.

Une scénographie inventive au service du théâtre et du cinéma

La scénographie repose sur un dispositif modulable et visuel. Le plateau se transforme en atelier de fabrication d’images. Toiles peintes, accessoires lumineux et jeux d’ombres composent un univers évocateur.
Les interprètes manipulent les éléments à vue. Le public observe les procédés du cinéma ancien. Ombres chinoises, illusions et reconstitutions de films apparaissent sous ses yeux. Le piano accompagne cette traversée artistique.

L’avenir des salles de cinéma en France

C’est toujours avec intérêt qu’à Territoires et Cinéma nous écoutons ces podcasts. Celui du 14 février dernier nous interpelle un peu plus que les autres. A vous de l’écouter !

Je rappelle que l’an passé elle a fêté ces cent-trente ans d’existence, depuis sa création par les frères Lumière en 1895. Pour aboutir aujourd’hui en France à un magnifique réseau de 2 052 cinémas, soit 6 354 salles de cinéma au total, soit plus d’un million de sièges ! Et parce qu’il est unique au monde, parce qu’il permet que les films soient visibles sur une immense partie du territoire national, il faut évidemment préserver ce réseau de salles de cinéma. Comme ce fut le cas au moment du COVID où grâce à l’action du CNC pas une seule n’a dû définitivement fermer ses portes. Ce qui ne fut pas le cas dans de nombreux autres pays, au premier rang desquels les Etats-Unis. Pour de nombreuses villes françaises, le cinéma reste le dernier lieu culturel et joue donc un rôle social de première importance, y compris comme un relais de la vie associative notamment. C’est pourquoi, je veux ce matin vous parler des menaces très concrètes et très inquiétantes qui pèsent sur LE BALZAC un cinéma associatif et classé Art et Essai, situé à Château-Renault, une commune de 5 000 habitants, en Indre et Loire dans la région Centre-Val de Loire. Le Balzac, ce sont deux salariés, une cinquantaine de bénévoles, six-cent adhérents, 24 000 entrées par an et 1 600 enfants qui bénéficient ainsi d’une Education à l’image en lien avec les écoles, les collèges et les lycées. Bref, un trésor national.

Prix Alice Guy 2026 – le jury, les finalistes

Pour départager les finalistes choisis par les 6 717 internautes qui ont voté, il fallait un jury à la hauteur. 
Qui sont celles et ceux qui composent le jury paritaire du Prix Alice Guy 2026 ? 
Louis Derungs, acteur­

Son histoire est folle, son parcours impressionnant. Etudiant à Polytechnique en Suisse, Louis Derungs est traversé par un arc électrique près d’une voie ferrée. Brûlé sur plus de 50% du corps, il est amputé des deux bras.Il enchaîne alors les exploits sportifs et les diplômes, fonde une famille et invente une solution digitale contre la douleur chronique.Il se raconte dans deux livres 15000 volts et 15000 volts dix ans après. Il inspire et interprète Après la fin, la première fiction de Frédéric Lopez, récompensé de quatre prix à Luchon Festival 2026 dont le prix d’interprétation masculine.­
Lina Soualem, réalisatrice­

Fille d’un couple de comédiens, Lina Soualem étudie les relations internationales avant de découvrir, en travaillant pour un festival argentin, le documentaire, « un genre de cinéma que je ne connaissais pas » dit-elle. Elle se lance pourtant quand ses grands parents paternels se séparent. Leur Algérie, premier film intime, connaît un vrai succès d’estime.Avec Bye bye Tibériade, elle revient sur la lignée de femmes palestiniennes dont elle est issue sa mère, Hiam Abbas. Le film a fait le tour du monde et représenté la Palestine à l’Oscar. Il a reçu le Prix Alice Guy 2025
Damien Megherbi, producteur­

Un temps journaliste, Damien Megherbi se forme en suivant la fabrication des courts métrages de Justin Pechberty avec qui il fonde la société de production et de distribution, Les Valseurs. Leur credo : mêler exigence, subversion, accessibilité et popularité dans la fiction, l’animation et le documentaire.Ce qui leur vaut une multitude de sélections et de prix dans les grands rendez-vous du cinéma mondial. Vilaine filleCiudad Sin Sueño, Le Mystérieux regard du flamant rose, Soundtrack to a Coup d’Etat… sont à leur catalogue aux côtés de la série animée Samuel signée Emilie Tronche, diffusée sur Arte et qui compte près de 50 millions de vues !­
Laetitia Dosch, actrice­

Formée en France puis en Suisse, Laetitia Dosch prouve vite qu’elle est aussi à l’aise sur scène que sur un plateau de cinéma.Révélée par le théâtre classique avant de se mettre elle-même en scène, elle s’affirme devant la caméra de Justine Triet dans La Bataille de Solférino et impose son jeu intense dans Jeune femme de Léonor Serraille puis dans Passion simple de Danielle Arbid, adapté d’Annie Ernaux.Souvent dirigée par des réalisatrices, elle revendique ses engagements envers les femmes et les animaux dans Le Procès du chien qu’elle réalise en 2024. Elle est une des héroïnes de La Maison des femmes de Mélisa Godet.­
Thierry Klifa, réalisateur­

Journaliste au magazine Studio de 1991 à 2002, Thierry Klifa passe derrière la caméra en mettant en scène Danielle Darrieux dans le court métrage Emilie est partie, puis dans le long Une vie à t’attendre. Amoureux des grandes actrices françaises à qui il écrit des rôles complexes, il a dirigé Catherine Deneuve, Nathalie Baye, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Géraldine Pailhas, Diane Kruger, Miou-Miou…Avec La femme la plus riche du monde porté par le duo Isabelle Huppert/Laurent Lafitte et inspiré de l’affaire Banier-Bettencourt, il signe un des plus beaux succès du box-office français de 2025.­
Nathalie Azoulai, autrice­

Normalienne, agrégée de lettres modernes, Nathalie Azoulai  débute dans l’édition et publie en 2002 Mère AgitéePrix Médicis en 2015 et finaliste du Goncourt pour Titus n’aimait pas Bérénice, elle a souvent convoqué sa cinéphilie dans ses romans tels Les Spectateurs ou Clic Clac.Autrice d’un essai sur la série Mad Men, scénariste de Parcours meurtrier d’une mère ordinaire : l’affaire Courjault réalisé par Jean-Xavier de Lestrade, elle a co-écrit Ozu et nous, un échange de lettres sur le cinéaste japonais.En 2025, elle a publié Toutes les vies de Théo puis Petit éloge de nos sœurs. Elle est présidente du jury du Prix Femina
Ils se réuniront le mardi 24 février 2026 dans les locaux de la Scam, partenaire du Prix Alice Guy, pour choisir la lauréate 2026 parmi les réalisatrices des cinq films finalistes que vous avez élus.
 Parmi les 105 films éligibles pour le Prix Alice Guy 2026, vous avez choisi : 
Muganga – celui qui soigne réalisé par Marie-Hélène RouxPartir un jour réalisé par Amélie BonninL’Attachement réalisé par Carine TardieuDes Preuves d’amour réalisé par Alice DouardLa Petite dernière réalisé par Hafsia HerziEt après ? Une soirée de remise du Prix Alice Guy sera organisée au Max Linder Panorama pour honorer l’événement ainsi que la mémoire et le travail d’Alice Guy, la première réalisatrice au monde. 
Et comme chaque année, la soirée, à laquelle participeront la cinéaste lauréate avec son équipe et le jury, est ouverte à tou.te.s.

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Notre newsletter n° 16 – Janvier 2026

Repenser les publics et le rôle politique des cinémas
Dans cet article du magazine Boxoffice Pro, en date du 7 janvier 2026, Chloé Delaporte* invite les professionnels du cinéma à repenser la notion de publics, trop souvent réduite à des catégories marketing ou à des données de fréquentation. Elle montre que les publics ne sont ni homogènes ni stables, mais qu’ils se construisent à travers des pratiques, des usages et des contextes sociaux.À l’ère des plateformes et de la diversification des modes de consommation, Delaporte souligne que les comportements de visionnage se fragmentent et que les logiques d’offre influencent fortement la manière dont les publics sont définis. Elle critique une approche strictement quantitative (entrées, parts de marché) et plaide pour une compréhension qualitative des publics, attentive aux parcours culturels, aux motivations et aux inégalités d’accès.L’article insiste également sur le rôle des institutions, des distributeurs et des exploitants dans la fabrication des publics : programmer, communiquer et nommer un public, c’est déjà le façonner. Repenser les publics devient alors un enjeu stratégique et culturel central pour l’avenir du cinéma, afin de mieux articuler diversité de l’offre, renouvellement des spectateurs et politiques culturelles.
*Chloé Delaporte est une chercheuse et professeure française spécialiste de la socio-économie du cinéma et de l’audiovisuel. Elle est Professeure des universités au Département Cinéma, Audiovisuel, Nouveaux Médias de l’Université Montpellier Paul-Valéry où elle enseigne et dirige des recherches sur les industries cinématographiques, les usages audiovisuels et les publics.
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Quand Lumière invente le cinéma, il invente la salle de cinéma
Invité au colloque de l’AFCAE, Thierry Frémaux délégué général du Festival de Cannes, directeur de l’Institut Lumière et réalisateur de deux films sur les frères Lumière revient sur les évolutions majeures de la salle de cinéma qui fête ce 28 décembre ses 130 ans, dans un contexte délicat qui n’empêche pas l’optimisme d’un futur lumineux.
130 ans après l’invention du cinéma par les frères Lumière, où en sommes-nous avec la salle ?Si nous avons célébré les frères Lumière à de nombreuses reprises en insistant, à chaque fois, sur le fait qu’ils étaient des cinéastes, et que le cinéma comme Art commence avec eux – et non après –, nous avons peu évoqué la deuxième invention Lumière, la salle de cinéma. Aujourd’hui, en cette année des 130 ans, nous en parlons davantage. Moins pour elle-même, en effet fragilisée par une fréquentation en baisse, un manque de films et bien d’autres facteurs, que le caractère philosophique de l’idée Lumière sur la salle. C’est-à-dire, ce que signifie être dans un cinéma aujourd’hui, dans un monde où les films se consomment de bien d’autres manières – et en plus grande quantité – qu’en salle.

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Territoires et Cinéma remercie BoxOffice pour son autorisation à diffusion
Les salles de cinéma d’Art et Essai ont 70 ans !
Cette émission diffusée sur France Inter dans « On aura tout vu » est à écouter et à ré écouter. Sans les exploitants de Cinéma d’Art et Essai il y a beaucoup de films que nous ne verrions pas. C’est pourtant grâce à elles et à eux qu’une séance de cinéma peut devenir inoubliable.
Les exploitants sont à l’affiche. Ils partirent à cinq en 1955, ils sont désormais 1250 adhérents à l’ AFCAE, l’Association Française des Cinémas d’Art et Essai.
Ecouter l’émission
Que représentent les associations culturelles en France ?
Dans quels domaines œuvrent-elles ? De quelles ressources disposent-elles ? À l’heure où les libertés associatives sont fragilisées, l’Observatoire des Politiques Culturelles -OPC-  publie une infographie pour faire le point sur la place que ces structures occupent dans le panorama des associations françaises et sur leur mode de fonctionnement.

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Comité de concertation distributeurs-exploitants
Le comité propose avec cette seconde proposition une avancée notable dans les bonnes pratiques de diffusion des films en salles.
Dans un contexte où des tensions se sont fait jour au sein de la filière et où la fréquentation reste fragile, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a mis en place, au printemps dernier, un comité de concertation entre exploitants et distributeurs.
Après une première recommandation portant sur l’organisation massive d’avant-premières et les sorties anticipées de films, le CNC publie une deuxième recommandation visant à définir les bonnes pratiques des distributeurs et des exploitants relatives à la diffusion des films en salles.
Retrouvez l’ensemble de ces recommandations sur le site du CNC
« On ne fait pas que proposer des films »…
« On ne fait pas que proposer des films » : comment les cinémas indépendants réussissent à vendre autant de places ?
L’année 2025 a été compliquée pour les salles de cinéma, avec une baisse générale de 13 % de la fréquentation. Dans cette morosité ambiante, les petits cinémas indépendants et communaux surfent sur un succès grandissant grâce à un savant mélange dans leur programmation.
À quelques minutes de la séance, les spectateurs doivent faire la queue. Ce cinéma est pourtant situé en zone rurale, au Buisson-Cadouin, en Dordogne. « Il est très bien par rapport à la taille de la ville. On est très content de l’avoir. Ça nous évite d’aller à Bergerac ou à Périgueux ». Ce spectateur est venu voir le film Avatar au cinéma Lux Louis Delluc, ouvert il y a 28 ans par la mairie.
Cette petite structure rurale qui fait partie des cinémas indépendants de Nouvelle-Aquitaine, enregistre entre 30 000 et 40 000 entrées par an. Un record et un dynamisme qui ferait pâlir les grands cinémas de ville, dont les chiffres sont en berne depuis des années.
Lire la suite sur le site de France 3 Nouvelle Aquitaine
L’étranger d’Albert Camus,
De l’absurdité à la passion de l’indifférence
par Michel Baron
« Quel est donc cet incalculable sentiment qui prive l’esprit du sommeil nécessaire à la vie ?Un monde qu’on peut expliquer même avec de mauvaises raisons est un monde familier. Mais, au contraire, dans un univers soudain privé d’illusions et de lumières, l’homme se sent un étranger. Cet exil est sans recours puisqu’il est privé des souvenirs d’une partie perdue ou de l’espoir d’une terre promise. Ce divorce entre l’homme de sa vie, l’acteur de son décor, c’est proprement le sentiment de l’absurdité ».Albert Camus – ( Le mythe de Sisyphe. 1942. )
Ce passage résume parfaitement la pensée camusienne : la vie se termine mal et tout projet s’inscrit dans l’absurdité puisque la finalité humaine est limitée par sa disparition. Faut-il inscrire ce destin dans une pensée religieuse où la mort serait une ouverture vers une éternité sous le sceau du divin dans les monothéismes ou une renaissance permanente dans les religions orientales avec la très rare issue d’être délivré par l’accès au Nirvâna ? Camus, incroyant, fait appel à l’Antiquité : l’homme ne peut que transcender sa destinée en se référant au mythe de Sisyphe et accepter de rouler sa pierre vers le sommet, en sachant qu’il va échouer et en ne sachant pas pourquoi il est condamné par les dieux à une telle punition. Une seconde voie, de type stoïcien, s’ouvre également au sujet : s’abstraire du monde en y devenant étranger, tant sur le plan de l’action que de l’affect.
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