« En Bref » Janvier – Février 2026

« quand le théâtre raconte le cinéma »

La Comédie de Saint-Étienne propose ce spectacle de théâtre qui retrace la naissance du cinéma, de ses premières inventions à ses grandes figures. D’Alice Guy à Georges Méliès, le public découvre ainsi les origines du 7e art.

Une scénographie inventive au service du théâtre et du cinéma

La scénographie repose sur un dispositif modulable et visuel. Le plateau se transforme en atelier de fabrication d’images. Toiles peintes, accessoires lumineux et jeux d’ombres composent un univers évocateur.
Les interprètes manipulent les éléments à vue. Le public observe les procédés du cinéma ancien. Ombres chinoises, illusions et reconstitutions de films apparaissent sous ses yeux. Le piano accompagne cette traversée artistique.

Quand une petite ville est portée par la conviction que le cinéma est bien plus qu’un simple espace de diffusion de films.

Les murs du cinéma Le Majestic, à Montmorillon, viennent à peine d’être parés de leur nouvelle façade que les passants s’arrêtent pour regarder. Longtemps dissimulé derrière une entrée étroite et des couloirs sombres, l’établissement avait du mal à se faire connaître.
Jean-Baptiste Rocher, médiateur culturel, raconte combien cette configuration particulière isolait la salle : « Je pense qu’on était le seul cinéma de France dans cette configuration. Vous aviez deux commerces de chaque côté et nous, on était dans une allée sombre au milieu. Et beaucoup de gens ne soupçonnaient pas qu’il y avait un cinéma. » Ce constat, partagé par l’équipe associative, a motivé un projet de rénovation global : toiture refaite, façade retravaillée, création d’un hall d’accueil lumineux.

L’objectif ? Donner au Majestic une présence plus forte dans le tissu urbain pour attirer un public plus large et renouvelé.

L’avenir des salles de cinéma en France

C’est toujours avec intérêt qu’à Territoires et Cinéma nous écoutons ces podcasts. Celui du 14 février dernier nous interpelle un peu plus que les autres. A vous de l’écouter !

Je rappelle que l’an passé elle a fêté ces cent-trente ans d’existence, depuis sa création par les frères Lumière en 1895. Pour aboutir aujourd’hui en France à un magnifique réseau de 2 052 cinémas, soit 6 354 salles de cinéma au total, soit plus d’un million de sièges ! Et parce qu’il est unique au monde, parce qu’il permet que les films soient visibles sur une immense partie du territoire national, il faut évidemment préserver ce réseau de salles de cinéma. Comme ce fut le cas au moment du COVID où grâce à l’action du CNC pas une seule n’a dû définitivement fermer ses portes. Ce qui ne fut pas le cas dans de nombreux autres pays, au premier rang desquels les Etats-Unis. Pour de nombreuses villes françaises, le cinéma reste le dernier lieu culturel et joue donc un rôle social de première importance, y compris comme un relais de la vie associative notamment. C’est pourquoi, je veux ce matin vous parler des menaces très concrètes et très inquiétantes qui pèsent sur LE BALZAC un cinéma associatif et classé Art et Essai, situé à Château-Renault, une commune de 5 000 habitants, en Indre et Loire dans la région Centre-Val de Loire. Le Balzac, ce sont deux salariés, une cinquantaine de bénévoles, six-cent adhérents, 24 000 entrées par an et 1 600 enfants qui bénéficient ainsi d’une Education à l’image en lien avec les écoles, les collèges et les lycées. Bref, un trésor national.

Prix Alice Guy 2026 – le jury, les finalistes

Pour départager les finalistes choisis par les 6 717 internautes qui ont voté, il fallait un jury à la hauteur. 
Qui sont celles et ceux qui composent le jury paritaire du Prix Alice Guy 2026 ? 
Louis Derungs, acteur­

Son histoire est folle, son parcours impressionnant. Etudiant à Polytechnique en Suisse, Louis Derungs est traversé par un arc électrique près d’une voie ferrée. Brûlé sur plus de 50% du corps, il est amputé des deux bras.Il enchaîne alors les exploits sportifs et les diplômes, fonde une famille et invente une solution digitale contre la douleur chronique.Il se raconte dans deux livres 15000 volts et 15000 volts dix ans après. Il inspire et interprète Après la fin, la première fiction de Frédéric Lopez, récompensé de quatre prix à Luchon Festival 2026 dont le prix d’interprétation masculine.­
Lina Soualem, réalisatrice­

Fille d’un couple de comédiens, Lina Soualem étudie les relations internationales avant de découvrir, en travaillant pour un festival argentin, le documentaire, « un genre de cinéma que je ne connaissais pas » dit-elle. Elle se lance pourtant quand ses grands parents paternels se séparent. Leur Algérie, premier film intime, connaît un vrai succès d’estime.Avec Bye bye Tibériade, elle revient sur la lignée de femmes palestiniennes dont elle est issue sa mère, Hiam Abbas. Le film a fait le tour du monde et représenté la Palestine à l’Oscar. Il a reçu le Prix Alice Guy 2025
Damien Megherbi, producteur­

Un temps journaliste, Damien Megherbi se forme en suivant la fabrication des courts métrages de Justin Pechberty avec qui il fonde la société de production et de distribution, Les Valseurs. Leur credo : mêler exigence, subversion, accessibilité et popularité dans la fiction, l’animation et le documentaire.Ce qui leur vaut une multitude de sélections et de prix dans les grands rendez-vous du cinéma mondial. Vilaine filleCiudad Sin Sueño, Le Mystérieux regard du flamant rose, Soundtrack to a Coup d’Etat… sont à leur catalogue aux côtés de la série animée Samuel signée Emilie Tronche, diffusée sur Arte et qui compte près de 50 millions de vues !­
Laetitia Dosch, actrice­

Formée en France puis en Suisse, Laetitia Dosch prouve vite qu’elle est aussi à l’aise sur scène que sur un plateau de cinéma.Révélée par le théâtre classique avant de se mettre elle-même en scène, elle s’affirme devant la caméra de Justine Triet dans La Bataille de Solférino et impose son jeu intense dans Jeune femme de Léonor Serraille puis dans Passion simple de Danielle Arbid, adapté d’Annie Ernaux.Souvent dirigée par des réalisatrices, elle revendique ses engagements envers les femmes et les animaux dans Le Procès du chien qu’elle réalise en 2024. Elle est une des héroïnes de La Maison des femmes de Mélisa Godet.­
Thierry Klifa, réalisateur­

Journaliste au magazine Studio de 1991 à 2002, Thierry Klifa passe derrière la caméra en mettant en scène Danielle Darrieux dans le court métrage Emilie est partie, puis dans le long Une vie à t’attendre. Amoureux des grandes actrices françaises à qui il écrit des rôles complexes, il a dirigé Catherine Deneuve, Nathalie Baye, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Géraldine Pailhas, Diane Kruger, Miou-Miou…Avec La femme la plus riche du monde porté par le duo Isabelle Huppert/Laurent Lafitte et inspiré de l’affaire Banier-Bettencourt, il signe un des plus beaux succès du box-office français de 2025.­
Nathalie Azoulai, autrice­

Normalienne, agrégée de lettres modernes, Nathalie Azoulai  débute dans l’édition et publie en 2002 Mère AgitéePrix Médicis en 2015 et finaliste du Goncourt pour Titus n’aimait pas Bérénice, elle a souvent convoqué sa cinéphilie dans ses romans tels Les Spectateurs ou Clic Clac.Autrice d’un essai sur la série Mad Men, scénariste de Parcours meurtrier d’une mère ordinaire : l’affaire Courjault réalisé par Jean-Xavier de Lestrade, elle a co-écrit Ozu et nous, un échange de lettres sur le cinéaste japonais.En 2025, elle a publié Toutes les vies de Théo puis Petit éloge de nos sœurs. Elle est présidente du jury du Prix Femina
Ils se réuniront le mardi 24 février 2026 dans les locaux de la Scam, partenaire du Prix Alice Guy, pour choisir la lauréate 2026 parmi les réalisatrices des cinq films finalistes que vous avez élus.
 Parmi les 105 films éligibles pour le Prix Alice Guy 2026, vous avez choisi : 
Muganga – celui qui soigne réalisé par Marie-Hélène RouxPartir un jour réalisé par Amélie BonninL’Attachement réalisé par Carine TardieuDes Preuves d’amour réalisé par Alice DouardLa Petite dernière réalisé par Hafsia HerziEt après ? Une soirée de remise du Prix Alice Guy sera organisée au Max Linder Panorama pour honorer l’événement ainsi que la mémoire et le travail d’Alice Guy, la première réalisatrice au monde. 
Et comme chaque année, la soirée, à laquelle participeront la cinéaste lauréate avec son équipe et le jury, est ouverte à tou.te.s.

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