Télécharger « En Bref : Mai / Juin 2026

Tribune du C.N.C : notre synthèse

« Certains veulent démanteler le modèle même qui a fait de la France un champion mondial de la création audiovisuelle. Le modèle de financement du cinéma français n’était contesté que par les géants américains. Salué et copié dans le monde entier, il est aujourd’hui remis en cause par des voix françaises qui risquent de saborder ce qui nous donnait une longueur d’avance. »

Voici les idées-forces de son texte :

« Premièrement, protéger notre outil créatif et industriel, mis a l’épreuve par une crise mondiale d’une violence inédite. »

Gaëtan Bruel cite la chute de la fréquentation : 35% dans le monde, 25 % en France, et « la fragilisation simultanée de tous les modèles qui permettent encore de produire des œuvres ambitieuses » versus les « usages vers les plateformes « gratuites » : « Cette gratuité est trompeuse : elle repose sur la monétisation de notre attention ». Il alerte ensuite sur la captation de nos imaginaires, et les potentiels dégâts sur notre industrie de l’image animée, les comportements prédateurs s’appuyant désormais de plus en plus sur l’I.A.

« Cette souveraineté se mesure très concrètement. Grâce à ses écoles, à ses studios, au Festival d’Annecy – tous soutenus par le CNC –, la France est aujourd’hui le troisième pays au monde pour l’animation (…) nos enfants peuvent encore grandir avec des œuvres – et donc des références, des valeurs – majoritairement françaises. Voulons-nous préserver cette capacité pour l’avenir, ou laisser notre filière de l’image devenir le nouveau symbole du déclassement industriel français ? »

« Deuxième défi : accélérer a l’export »

Pourtant seulement 23ème pays par sa population, la France, rappelle Gaëtan Bruel, occupe bien souvent la 3ème place au Box-Office mondial. Si le marché intérieur principalement porte le secteur, pour autant : « Nous faisons déjà 40 % des recettes de nos films à l’international, mais nous pouvons faire bien plus. ». Il évoque ensuite « la crise d’Hollywood et la réduction structurelle du nombre de films américains », cette conjoncture ouvrant le champ à « d’autres cinémas. Dans un océan de contenus standardisés »

« le troisième défi est le miroir du deuxième : accueillir davantage de tournages étrangers »

Le Président du CNC confirme l’importante retombée des tournages ici de films ou séries internationales, certes pour les techniciens de cinéma locaux, mais aussi pour l’économie locale « hôteliers, restaurateurs, commerçants, artisans, transporteurs  (…) Aujourd’hui, selon Unifrance et le CNC, les seules recettes internationales du secteur rapportent déjà 1,3 milliard d’euros par an ». Si l’image de la France à l’étranger était largement portée par la diffusion classique du cinéma, il précise à juste titre que : « A l’heure des plateformes, chaque tournage étranger devient aussi une campagne d’image planétaire »

Il aborde ensuite l’enjeu des crédits d’impôt internationaux « sans eux, un territoire disparaît d’emblée de la carte des grandes productions. (…) les doutes instillés sur la pérennité de notre modèle atteignent les décideurs internationaux. (…) l’incertitude se paie en tournages perdus. »

« Quatrième grand défi : préserver un tissu de salles de cinéma qui constitue l’une des grandes réussites françaises. »

2ème équipement culturel de proximité, 93% des français sont à moins de 30 minutes d’une salle. « Mais ce maillage n’est pas gravé dans le marbre » Il évoque en effet une situation qui mérite de « mobiliser tous les leviers pour faire revenir le public », car si le parc de salles s’est constitué sur 200 millions d’entrées, nous n’en totalisons désormais plus que 160. Il faut nous épargner une redite de la crise des années 80 « quand la chute de la fréquentation faisait fermer les salles par dizaines. »

Il évoque alors le débat lancé par certains sur un supposé trop grand nombre de films, et répond : « personne ne sait prédire le succès d’un film – pas plus que celui d’un livre. Comme notre chance est d’avoir des éditeurs et des libraires qui ne se limitent pas aux dix best-sellers du moment, notre force est d’avoir des producteurs, des distributeurs et des salles qui offrent une diversité de films. » Et de fait, en 2025 deux Français sur trois se sont rendu en salle, et « 38 % des entrées ont concerné des films français – une part de marché sans équivalent en Europe. S’il y a bien un pays où les films nationaux rencontrent leur public, c’est la France. Leur diversité est le ressort même de notre performance. Elle est plus que jamais non pas la cause, mais le remède aux difficultés actuelles. »

Pour finir, Gaëtan Bruel évoque les investissement importants du Royaume-Uni, dont « une refonte intégrale de ses crédits d’impôt pour mieux aider son cinéma indépendant et à petit budget », de l’Espagne, avec le plan Espagne, hub audiovisuel d’Europe, de l’Allemagne qui double quasiment ses aides à la production.

Il conclu en évoquant un « grand paradoxe » : les 80 ans de mobilisation via le CNC pour le cinéma français, qui a protégé notre cinématographie nationale, notre réseau de salles, nos techniciens, nos créateurs, a permis de devenir parfois leader sur bien des plans, ces 80 ans donc, de travail acharné, sont visés par une campagne mensongère sur son financement, lorsque son autofinancement « par des taxes qui sont acquittées par les seules entreprises du secteur et rend les films français beaucoup moins dépendants de l’argent public qu’ailleurs en Europe (25 % en France, contre près de 50 % dans le reste de l’Europe) ».  La France « peut encore franchir un cap stratégique en s’emparant de ces quatre enjeux, grâce à un modèle particulièrement vertueux. »

Il alerte à juste titre en conclusion :

« Mais, à force de caricatures, de remises en cause à bas bruit et d’attentisme silencieux, nous sommes en train de désarmer ce qui nous donnait pourtant une longueur d’avance. Notre déclassement n’est en rien une fatalité, sauf si nous l’organisons nous-mêmes. »

Fonds d’aide à l’Éducation au Cinéma et à l’Image

Le CNC lance un fonds d’aide dédié aux dispositifs innovants en matière d’éducation au cinéma et à l’image

Dans le cadre du plan de refondation de l’éducation au cinéma et à l’image, annoncé le 25 novembre 2025 par les ministères de l’Education nationale et de la Culture, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) crée un fonds pour accompagner le développement de projets innovants en matière d’éducation au cinéma et à l’image.

Les images ont pris une place considérable dans le quotidien de toutes et tous, particulièrement des plus jeunes, pour qui elles sont un moyen d’information et d’expression privilégié, souvent sans aucune médiation. L’utilisation des outils et plateformes numériques est majoritaire chez les jeunes, et la facilité à produire et diffuser des images leur donne l’opportunité de s’essayer à la création. Afin d’accompagner ces évolutions, le CNC met en place un fonds d’aide aux dispositifs innovants dans le champ de l’éducation au cinéma et aux l’image à destination des structures menant des actions auprès des publics jeunes en temps scolaire, périscolaire et hors temps scolaire.

SOMMAIRES REVUES CINEMA – MAI 2026

TOUS LES DETAILS SUR LE SITE DE LA REVUE

EDITO SUR LE SITE DE LA REVUE

SOMMAIRE SUR LE SITE DE LA REVUE

MARS-AVRIL 2026

TOUS LES DETAILS SUR LE SITE DE LA REVUE

MARS 2026

PRESENTATION SUR LE SITE DE LA REVUE

notre newsletter – mai 2026

Notre newsletter – mai 2026

Édito
Cinéma, culture et politique
Il y a quelques années déjà que le monde de la culture et donc du cinéma n’ont été traversés par autant de remous qu’aujourd’hui. La modestie de nos publications ne permet naturellement pas de recenser toute l’actualité des conflits, dont certains sont économiques et d’autres politiques.
Nous nous concentrerons pour l’essentiel sur les salles : c’est notre histoire ! Et nous savons que ce genre de conflit n’est pas nouveau, car à l’origine de Villes et Cinémas («ancêtre» de Territoires et Cinéma) nous avions créé, avec la Fédération des Cinémas Français, une commission Bons Offices afin d’éviter tous conflits entre les municipalités et les exploitants privés. Puis, c’est l’intervention de Jean-Pierre Sueur comme ministre et l’adoption de la loi qui porte son nom qui avait permis de régler tous ces conflits.Aussi, et comme beaucoup, nous nous interrogeons sur les attaques diverses que subissent les salles et leur autorité de tutelle le CNC.
La démarche de Megarama tout d’abord, à laquelle le Médiateur du Cinéma, sur saisine du CNC a d’ailleurs enjoint à mettre fin.  
Par une publication du 05 mai dernier, nous vous avons fait part de la réaction Jean-Pierre Sueur, désormais Membre honoraire du Parlement et Ancien ministre, qu’il nous a fait l’amitié de nous transmettre.  Rappelons que c’est le journal Le Monde qui a fait état d’un mail adressé par ce réseau de multiplexes demandant aux distributeurs de limiter la fourniture aux cinémas municipaux de leurs films en sortie nationale. !
Car le contexte est globalement inquiétant au regard des attaques visant le CNC. Soit elles essaiment sur les réseaux sociaux en prétendant que le financement des films se fait par les impôts, fausse information que contrecarrent d’autres internautes en publiant des explications pédagogiques sur réel financement des films,  soit sur le cheminement des taxes perçues sur les billets, et parallèlement des attaques politiques de parlementaires, soumettant des propositions de lois pour dissoudre le CNC, et prenant position pour sa disparition en cas de victoire de leur camp. Le Président du CNC alerte qu’au-delà des œuvres cinématographiques, les salles de cinéma elles-mêmes seront plus que jamais mises en danger le cas échéant.
Depuis la Libération, puis également dans le cadre de l’Union Européenne, et faisant face aux plateformes américaines, la France a toujours obtenu de haute lutte que son cinéma national puisse vivre. Restons fiers de notre « exception culturelle ».
Notre pays n’a pas démérité sur la garantie pour chacun d’exprimer son point de vue.
Alors pourquoi vouloir mettre à mal tout ce long travail de consolidation ?
Est-ce là raisonnablement une vraie défense de notre cinéma et de ses salles ?
L’intervention de Jean-Pierre Sueur ;
Le courrier du Président du CNC au Médiateur du cinéma ;
L’injonction du Médiateur du cinéma.
 Pour la défense de la liberté de programmation
des cinémas de proximité
Suite aux attaques nombreuses le Syndicat des cinémas de proximité a décidé de lancer une pétition nationale en indiquant : …/… « Notre démarche porte un principe clair : alerter les spectateurs, les pouvoirs publics, les élus sur les tensions croissantes entre les multiplexes et les salles de cinéma de proximité, et garantir à tous les cinémas, partout en France, un accès équitable aux films dans des délais raisonnables. La pétition est ouverte à toutes et tous.
Nous invitons spectateurs, professionnels et élus à la signer massivement pour rappeler l’importance de ces lieux culturels ancrés dans les territoires. »
Les films financés par nos impôts ?
Par cette courte vidéo le site OneTime démontre parfaitement comment se fait le financement des films.
Les impôts français servent-ils à financer
le cinéma et le CNC ?
“Quand on achète un ticket de cinéma, ça sert à financer le cinéma”Laurent Lafitte explique, avec Allociné, comment fonctionne réellement le financement du cinéma français et pourquoi il est important de clarifier les choses 👀
Qui finance le cinéma français ?
Cette autre vidéo, proposée par « Les ÉCHOS », répond parfaitement à la question.
80 ans du CNC : le cinéma français un fleuron industriel au service de la diversité culturelle »
Tel est l’intitulé de la table ronde qui s’est tenue le 14 mai lors du Festival de Cannes.  Le titre évoque bien le contenu, inutile donc d’épiloguer.
Pour rester sur un aspect déjà évoqué plus haut, nous vous invitons à lire le discours d’ouverture de cette table ronde par le Président du CNC, Gaëtan Bruel, et les réponses qu’il aporte face aux attaques dont le Centre est la cible :
« Critiquer les films, c’est une chose. Critiquer le modèle lui-même, c’est une autre affaire. C’est s’attaquer à un fleuron industriel français, pilier de notre souveraineté à la fois culturelle et industrielle. Et quand on veut justement de défendre la souveraineté française, il faut être prêt à assumer cette contradiction. »
Démonstration de l’impact économique du cinéma dans nos territoires, de l’impact culturel aussi à l’international, démonstration de la nécessité absolue de faire corps face aux enjeux à venir.
11e baromètre COFAC
Responsables associatifs du secteur culturel, membres ou non du réseau de la COFAC, participez au 11e Baromètre Flash de la COFAC et faites entendre votre voix !Cette nouvelle édition du Baromètre a pour objectifs de :- Mettre en lumière la situation financière des associations culturelles,- Analyser l’évolution des subventions en 2025,- Recueillir vos retours sur les élections municipales de 2026,- Mieux connaître vos actions autour des enjeux de culture et santé, en lien avec les travaux du groupe de travail de la COFAC dont Territoires et Cinéma est membre.
Vos réponses permettront de :- Mieux comprendre la réalité économique des associations culturelles et son évolution,- Alerter les pouvoirs publics et défendre la place des associations culturelles dans la société.
Merci de répondre au sondage, qui est anonyme,  et de le diffuser aux responsables associatifs culturels de votre réseau  !
Le jardin fait son cinéma
Le jardin est un espace de mémoire, de temporalité, de mise en scène et d’émotion. À la fois réel et symbolique, il propose une scène où la nature est domestiquée, ordonnée, cultivée, mais jamais totalement contrôlée. Le cinéma, art du temps, du regard et du récit, trouve dans le jardin un partenaire plastique et poétique d’une rare intensité. Le thème du Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire, Le jardin fait son cinéma, invite à explorer les correspondances formelles, narratives et symboliques entre ces deux arts.

11e Baromètre Flash de la COFAC

Responsables associatifs du secteur culturel, membres ou non du réseau de la COFAC, participez au 11e Baromètre Flash de la COFAC et faites entendre votre voix !

🔍 Cette nouvelle édition du Baromètre a pour objectifs de :
Mettre en lumière la situation financière des associations culturelles,
Analyser l’évolution des subventions en 2025,
 Recueillir vos retours sur les élections municipales de 2026,
Mieux connaître vos actions autour des enjeux de culture et santé, en lien avec les travaux du groupe de travail de la COFAC.
Territoires et Cinéma est membre de la COFAC.

Vos réponses permettront de :
Mieux comprendre la réalité économique des associations culturelles et son évolution,
Alerter les pouvoirs publics et défendre la place des associations culturelles dans la société.


👉 Participez au Baromètre avant le mardi 30 juin inclus !
Merci de répondre au sondage et de le diffuser aux responsables associatifs culturels de votre réseau  !
Le Baromètre est anonyme.

« En Bref » Mars – Avril 2026