15h17 pour Paris

-Clint Eastwood poursuit obstinément sa quête du héros américain moyen et signe avec ce 15h17 pour Paris, son film le plus raté.
Ça me chagrine de le dire, mais Il n’y a absolument rien à sauver dans ce long-métrage ennuyeux en diable et, chose plus étonnante, fort mal réalisé.
Le réalisateur s’intéresse moins au fait divers survenu dans le Thalys, expédié en quelques minutes à la fin, qu’au passé de ces trois américains très très très ordinaires. L’idée de faire jouer les vrais acteurs de ce drame pouvait paraître noble, mais les trois jeunes héros qui s’efforcent de paraître naturels, paraissent surtout très limités dans leur jeu et leur psychologie. De vraies coquilles vides qui savent surtout descendre de la bière et faire des selfies. Après l’épisode scolaire sans intérêt, et quelques scènes au mysticisme douteux, Clint nous sert un tour d’Europe indigeste en passant par Rome et Berlin. Les trois jeunes gens y font des rencontres sans intérêt qui n’amènent strictement à rien sur le plan scénaristique.
A moins de réaliser un suspense un peu putassier autour de cet attentat déjoué, de toute évidence, il n’y avait, là, rien à raconter.
Force est de reconnaître, qu’étant un inconditionnel de Clint depuis toujours, je suis moins client de ses dernières réalisations qui puisent leur inspiration dans des évènements réels plus ou moins tragiques.
Mais, si son dernier film Sully était fort bien fait, cette fois, on se croirait plutôt dans un docu-fiction rejoué pour une chaine TV à sensation.
Clint, si tu m’entends… »Make my day » again please !
Michel Senna

Les cahiers du cinéma

SOMMAIRE des Cahiers du cinéma de Février 2018 :

L’Amérique et ses héros par Stéphane Delorme
Événement : Pentagon Papers de Steven Spielberg
Kay ou l’intime conviction par Florence Maillard
Passer à l’action par Jean-Sébastien Chauvin
Se faire entendre entretien avec Liz Hannah et Josh Singer, scénaristes – par Jean-Philippe Tessé
Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
Film fantôme par Nicholas Elliott
Trois cimes par Laura Tuillier
Stronger de David Gordon Green
Super Slacker par Joachim Lepastier
Et si ? entretien avec David Gordon Green
Cahier critique
Les Garçons sauvages de Bertrand Mandico – par Stéphane du Mesnildot
Centaure d’Aktan Arym Kubat – par Thierry Méranger
Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi – par Florent Guézengar
Une Saison en France de Mahamat-Saleh Haroun – par Vincent Malausa
Wajib, l’invitation au mariage d’Annemarie Jacir – par Camille Bui
Notes sur d’autres films L’Apparition (Xavier Giannoli) – Brødre : Markus et Lukas (Aslaug Holm) – Cas de conscience (Vahid Jalilvand) – England is mine (Mark Gill) – Finding Phong (Tran Phuong Thao & Swann Dubus-Mallet) – La forme de l’eau (Guillermo del Toro) – Gaspard va au mariage (Antony Cordier) – Human Flow (Ai Weiwei) – L’insulte (Ziad Doueiri) – Jusqu’à la garde (Xavier Legrand) – Moi, Tonya (Craig Gillespie) – Normandie nue (Philippe Le Guay) – Vivir y otras ficciones (Jo Sol) – Winter Brothers (Hlynur Palmason) – Wonder Wheel (Woody Allen)
Journal
Pédagogie De l’atelier à l’écran
Portrait Les herbes jaunes d’Aktan Arym Kubat
Internet Vlog story
Production France-Taïwan, main dans la main

 

SOMMAIRE :

Adam Curtis : Depuis plus de vingt ans cet Anglais travaille seul sur les archives de la BBC pour en tirer une lecture du monde contemporain. Le résultat ? Une série de films où le found footage, la musique et les entretiens se mêlent à une vitesse vertigineuse, à la recherche de « la vérité »…

Aï Weiwei : Interview.
Quand les super-héros font le trottoir. On les reconnaît à leurs costumes de Spider-Man, Chewbacca ou Bob l’éponge parfois usés. Ils tapent la pose avec les touristes en échange de quelques dollars. Plantés toute la journée le long d’Hollywood Boulevard, ils sont quelques-uns à avoir vu la promesse d’une affaire juteuse. Seulement voilà, depuis quelques années la concurrence fait rage…

Skam Story. Un teen-drama lycéen, en norvégien, sans sous-titres, avec des acteurs pour la plupart amateurs. Voilà comment se présente la série Skam, succès générationnel ayant dépassé toutes les espérances de ses créateurs.

Strip-tease : Jetés par la télé, les créateurs de Strip-tease s’offrent un retour par le cinéma. Pour cela, le cocréateur du programme, Jean Libon, et le réalisateur Yves Hinant ont peaufiné Ni juge, ni soumise, excellent film centré autour de la magistrate Anne Gruwez.
40. Swann Arlaud

Portrait : Éternel « nouveau visage » du cinéma français, Swann Arlaud a fini par opérer sa mue. Au point de pouvoir prétendre à un César pour son rôle dans Petit Paysan ? Retour sur la trajectoire filante d’un enfant de la balle en pleine bourre.

Théories du cinéma de genre : la table ronde

Couverture. Le genre français s’exporte plutôt bien et est même devenu tendance. L’espoir d’un cinéma français fantastique, d’horreur ou SF, renaît à travers une jeune génération de réalisateurs et producteurs élevée aux séries.

Interview de Marina Foïs : elle a réussi un truc pas si évident en France : devenir très populaire sans céder sur la prise de risque. Et puisqu’elle est aussi à l’aise dans le drame tendu que dans la comédie régressive, pas étonnant qu’on passe avec elle sans transition de Dupont-Moretti à Melissa McCarthy.

Oscars Wild, enquête. Cela a commencé par un scandale retentissant autour des affaires de harcèlement sexuel et de viol dont est accusé le nabab Harvey Weinstein. Cela a continué sous la forme d’un cri de ralliement lancé par plusieurs comédiennes, réalisatrices, productrices et scénaristes d’Hollywood.

Stuart Gordon une légende. Derrière Re-Animator, Castle Freak ou encore Space Truckers, se cache un fan de Lovecraft et d’horreur qui a fait ses débuts dans le monde du théâtre d’avant-garde et laissé quelques bijoux populaires (Edmond). Entretien avec quelqu’un qui a peur de ses propres films.
Rencontre Christoph Terhechte : programmer à Berlin

Exposition Hicham Berrada, matière et temps

Rétrospective Reis / Cordeiro : richesse de la pauvreté

Programme Mélodrames italiens, fastes et furieux

Découverte Med Hondo à Saint-Denis

Rétrospective Harun Farocki : les images au travail

Festival Porto, méandres de mémoires

Disparitions Paul Otchakovsky-Laurens, Gerald B. Greenberg, Peggy Cummins, Omar Khlifi,
Dan Talbot

Anna Karina réalisatrice : entretien par Joachim Lepastier

 

 

 

 

 

SOMMAIRE :

JERRY LEWIS, EXCÈS EXQUIS

Critique et entretien du film Phantom Thread de Paul Thomas Anderson

Critique et entretien du film La Forme de l’eau de Guillermo del Toro

Critique et entretien du film Jusqu’à la garde de Xavier Legrand

Gérard Lebovici par Jean-Louis Livi

Une réflexion autour de la question de l’auteur au cinéma.

Hommages à Paul Otchakovsky-Laurens, Alain Jessua
et Walter Lassally.

 

« Auzat l’Auvergnat » des avant première partout en France

Réalisé par Arnaud Fournier Montgieux

Né d’une mère berrichonne et d’un père auvergnat, Arnaud Fournier Montgieux a toujours cultivé une relation étroite avec la nature et le monde rural. Au travers de ses expériences personnelles et professionnelles, il nourrit un regard critique et sensible sur le monde. Il décide en 2015 de prendre le temps de filmer les habitants d’Auzat et à travers eux de rencontrer l’«hyper-ruralité» française d’aujourd’hui, si peu représentée dans les médias. Un an plus tard il décide de se consacrer pleinement à ce projet, qui donnera naissance en 2017 au film « Auzat l’Auvergnat » .

La lettre « en Bref » Novembre -Dévembre 2017-

Editorial :

Cinéma, une place à part ?

Les rapports du cinéma avec la puissance publique se déroulent bien évidemment dans le cadre du CNC, et sont d’ailleurs un excellent exemple d’une organisation harmonieuse des interventions publique et de l’utilisation des taxes spécialisées, exemple qui gagnerait a être développé dans d’autres secteurs des activités culturelles.

Pour autant cette situation spécifique n’aboutit-elle pas à écarter le cinéma des autres formes d’interventions publiques.

Par exemple lorsque la loi économie sociale et solidaire (ESS) a été votée, quelle place a tenu le cinéma, dont l’organisation et les principes ne sont pourtant pas éloignés de l’organisation et des principes qui ont abouti à la loi ?

Autre exemple significatif, le Gouvernement prépare une ordonnance sur la réforme de l’apprentissage. Les organisations professionnelles du cinéma seront-elles consultées sur son contenu ? Et plus généralement la profession souhaite-t-elle s’inscrire dans les dispositifs d’un apprentissage rénové par la nouvelle loi.

Cette position particulière du cinéma ne se limite pas à ces seuls aspects plus administratifs. Un grand nombre d’études et de publications consacrées à la culture ne font que peu ou pas de place au cinéma.

Citons deux cas récents :

D’abord la publication d’un ouvrage intitulé « Lettre ouverte aux Français et à leurs élus sur le Patrimoine » dans lequel aucune mention n’est faite du patrimoine cinématographique.

Ensuite l’appel à projet du fonds d’encouragement aux initiatives artistiques et culturelles des amateurs en spectacle vivant et arts plastiques (FEIACA) qui n’accorde aucune place au cinéma, alors que beaucoup de salles accueillent des activités de citoyens volontaires, sans parler autant bien entendu des ciné-clubs et des clubs de cinéastes amateurs.

Pour lire la lettre dans sa totalité : ici

Si vous souhaitez recevoir la lettre « En Bref » par mail ou par courrier utilisez la rubrique « commentaires ».

La ciociara

Présenté dans sa version restaurée, ce superbe mélodrame montagnard, réalisé avec soin par Vittorio de Sica en 1960,, marque le grand retour de Sophia Loren en Italie après un passage à Hollywood. Le jeu généreux et la beauté rayonnante de la comédienne éclate dans ce film où elle incarne une jeune veuve, bouillonnante et italienne à 100%, fuyant avec sa fille adolescente, les bombardements pour retourner dans son village natal, a priori épargné par le conflit.
Amer, nostalgique et brutal, ce film montre que, dans un contexte de guerre et de débâcle, le drame peut surgir de toute part et que les civils, qu’ils soient idéalistes (le rôle du jeune Jean Paul Belmondo) ou neutres, peuvent en payer fort le prix.

Michel Senna