Grands Prix C.N.C de la salle innovante

 

Le Grand Prix de la salle innovante est décerné à deux établissements :
Le Cinéma Arcadia à Riom (Puy-de-Dôme), qui s’est distingué pour la construction d’un complexe sur le site d’un ancien couvent, à proximité du cœur de ville, qui revisite les matériaux auvergnats alliant le classique et la modernité dans un style épuré

Le Circuit itinérant Cineco à Saint-Germain de Calberte (Lozère), qui s’est distingué pour l’invention d’une application informatique qui facilite la communication entre des bénévoles répartis sur 80 sites et optimise l’usage des projecteurs.

Par ailleurs, le jury a décerné deux mentions spéciales :
Le Cinéma EuropaCorp La Joliette (Marseille), récompensé pour la création d’un établissement à la pointe de la technologie, avec des salles aux identités originales ;
Le Circuit Cinémobile d’Artenay et Fay-aux-Loges (Loiret), pour la réalisation d’un camion/salle de Cinéma, fabriqué en France, qui se déplace dans les territoires les plus reculés de la région Centre-Val de Loire

Source : https://www.cnc.fr/cinema/actualites/le-cinema-arcadia-et-le-circuit-itinerant-cineco-grands-prix-cnc-de-la-salle-innovante_1054181

Le cinéma, au cœur des territoires et des pratiques culturelles des Français

Dominique Boutonnat, Président du Centre national du cinéma et de l’image animée a dévoilé la Géographie du cinéma du CNC, cartographie qui examine sur le plan national, par région, par département, par agglomération et par commune, l’évolution du parc de salles et leur fréquentation.

« Cette Géographie du cinéma démontre l’attachement toujours aussi fort des Français à la salle ainsi que l’importance du cinéma, sortie culturelle préférée de nos concitoyens, en tant que vecteur de lien social dans notre société. Au cœur de tous nos territoires, l’accès à la diversité du cinéma participe de notre art de vivre à la française. Afin de conserver et de développer cette force, la dynamique d’innovation mise en œuvre par les exploitants et les pouvoirs publics doit s’intensifier pour s’adapter aux nouvelles pratiques ainsi qu’aux évolutions du secteur » – Dominique Boutonnat, Président du CNC.

Lire le communiqué de presse du C.N.C.

Découvrir « La Géographie du Cinéma 2018 ».

Cinq salles de cinéma atypiques…

« Une salle doit être à la mesure du cinéma, du plaisir et du spectacle ». C’est ainsi que Claude Lelouch évoquait la salle de cinéma. Plus qu’un lieu anonyme, un temple.
Le C.N.C propose ce petit tour de quelques salles mythiques de France.
Avec : Le Louxor – Paris ; La Pagode – Paris ; L’Eden Théâtre – LacCiotat ; Le Rex – Paris ; Le Castillet – Perpignan.

Et si vous aussi connaissez une salle atypique n’hésitez pas à nous le faire savoir…

« Jeanne », un film de B. Dumont – par Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret, ancien maire d’Orléans

Voici ce que Jean-Pierre Sueur publie sur son site :

Gloire soit rendue au Cinéma des Carmes qui est le seul à Orléans et dans le Loiret à programmer le très remarquable film de Bruno Dumont intitulé sobrement Jeanne !

On pourrait imaginer, ou rêver, qu’à Orléans, ville johannique s’il en est, chacun se presserait pour proposer ou admirer ce film sur un thème « rebattu », mais qui « supporte les traitements les plus différents sans l’affadir » comme l’écrit Jean-François Julliard dans Le Canard Enchaîné – journal rétif aux bondieuseries ! –, qui ajoute : « Souvent même, il élève ceux qui s’en emparent, de Dreyer à Rivette, en passant par Bresson et même Luc Besson ! La couleur bizarre et décalée que lui donne Bruno Dumont en fait d’autant mieux ressortir la grandeur déconcertante. »
Il ne faut pas rechercher dans ce film ni l’authenticité des décors, ni la reconstitution minutieuse et pittoresque du passé. Nous sommes dans les dunes du Nord. Il y a de longs temps de méditation et d’attente, rythmée par une musique douce, lancinante, étrange.

Et il y a, plus réelle que la réalité même, la force du procès de Jeanne, qui se déroule dans l’admirable cathédrale d’Amiens, somptueusement filmée, avec ses juges caricaturaux plus vrais que vrais, et Jeanne, jouée par une comédienne de onze ans, Lise Leplat Prudhomme qui, toute seule, toute droite, inflexible, offre une image sublime du droit et de la justice – une image qui transcende toutes les bassesses.

Jean-Pierre Sueur

IL ETAIT UNE FOIS A HOLLYWOOD

Certainement le film le plus personnel de Quentin Tarantino qui nous propose un voyage en 1969. Aucune faute de goût dans la reconstitution assez bluffante et très référencée. Le duo Brad Pitt / Leonardo Di Caprio (le premier étant la doublure d’un acteur de films de genre sur le déclin) fonctionne très bien, dommage simplement qu’on ne les voient jamais « travailler » ensemble. Tarantino rend aussi hommage au spectateur qu’il a été, à travers les yeux de Sharon Tate, qui découvre son petit succès dans une salle de cinéma. Certes le film est un peu long mais il y a un bon casting et beaucoup de matière et quelques scènes très fortes dont l’arrivée de Brad Pitt dans le ranch tenu par la secte de hippies ou celle dans laquelle Di Caprio confie son désarroi à sa très jeune partenaire. Le final a pu en surprendre plus d’un mais on y reconnait la signature d’un metteur en scène habile qui se joue de l’histoire avec un grand H. Car Il était une fois à Hollywood célèbre avant tout « la manière de faire » d’un metteur en scène qui revisite le cinéma de genre et le western italien en particulier. Aucune nostalgie mais plutôt une sorte de relecture du passé , très bien mise en scène et savamment orchestrée par une BO très pointue et immersive. Michel Senna

«Dans un jardin qu’on dirait éternel» de Tatsushi Omori

En mai 2019, nous avions publié la critique d’un film diffusé dans le cadre des « Saisons Hanabi ».  Ce film est désormais sorti en salle, belle occasion de retourner au cinéma. Nous republions la critique ci-dessous :

 » Tout près du Ciné Saint-Leu d’Amiens, L’homme sur sa bouée retrouvera sa place ce 24 mai, puisque, à la suite de sa restauration, la sculpture sera réinstallée, « flottant » sur la Somme qui suit son cours au cœur de ce quartier : Reportage France 3 Regions

Au Ciné Saint-Leu, comme dans de nombreuses salles en France – Les saisons Hanabi  se déroulaient ce samedi : http://www.hanabi.community/evenements/

Dans un jardin qu’on dirait éternel  était le film de jour. Et dans l’archipel japonais, comme symbole d’un apaisement, un homme se tient debout entouré d’eau (ici la mer), de fait, voir cette scène dans ce cinéma d’Amiens devenait une excellente coïncidence !

Le sujet du film est avant tout la vacuité des existences que les sociétés cherchent à combler contre les appétences de chacun. Et comment deux jeunes filles en fin d’étude, Noriko et Michiko, aux tempéraments et aux sensibilités différentes, vont, au fur et à mesure de leur apprentissage de l’art de la cérémonie du thé, se révéler et choisir leurs voies. Pour Michico ce sera celle des injonctions sociétales, tant professionnelles que maritales, pour Noriko, que l’on dit maladroite et moins déterminée, celle d’un lent accomplissement, une réponse à tous les questionnements, au gré des cycles des saisons.

Adaptation du roman de Noriko Morishita, rien d’étonnant dans le déroulé de ce film, ni vraiment dans la forme. Mais on apprécie le parti pris d’une narration où une jeune femme se révèle pudiquement à nous, se découvrant elle-même, dans l’exploration de strates de plus en plus sensibles. La « présence » de La Strada de Fellini en témoigne. Certes l’aura qui entoure ici la cérémonie du thé n’est peut-être pas aussi envoûtante pour nous que pour les japonais, mais peu importe le véhicule puisqu’il chemine vers l’harmonie de l’héroïne.

Céline Recchia  » (Mai 2019)

SOMMAIRE DES REVUES DE SEPTEMBRE

SOFILM n°73 – XAVIER DOLAN

sofilm73_SEPT 19

Céline Sciamma
François Hollande
Christophe
Lech Kowalski

 

24. Lech Kowalski
Interview hors cadre. Des punks des années 70 aux ouvriers des années 2010, Lech Kowalski a gardé intacte la flamme des contre-cultures et des combats perdus d’avance. Conversation à hauteur d’homme avec un working class hero.

28. Mati Diop
Portrait. À 37 ans, la Franco-Sénégalaise est devenue la première cinéaste noire en compétition à Cannes avec un premier film (Atlantique) qui se paie le luxe de repartir avec le Grand Prix et un deal Netflix. Histoire d’une accélération.

34. Le business des films en avion
Enquête. Dans combien de temps on arrive ? Dans quatre films. D’accord, mais lesquels ? Et surtout, quel jus de cerveau et quels savants calculs se cachent derrière le business des films proposés par les compagnies aériennes ?

38. Xavier Dolan
Couverture. À 30 ans, Dolan aimerait, enfin, décélérer. En dix ans, depuis 2009, le Québécois a réalisé huit longs métrages, connu pas mal de montées au sommet, quelques crevaisons. Pour les uns, il a été un « prodige », une apparition fulgurante. Pour les autres, il reste un millenial à mèche. Le « million Dolan baby » 2019 n’est sans doute totalement ni l’un, ni complètement l’autre. Rencontre.

60. Céline Sciamma
Interview. La cinéaste n’a cessé de porter un regard de biais sur le temps long de l’amitié, la fulgurance de l’amour, le sport… Cette maîtrise formelle atteint des sommets avec Portrait de la jeune fille en feu. Un film impossible à réduire à une fresque d’époque plastiquement parfaite tout comme il serait trompeur de voir en la réalisatrice une porte-parole féministe. Titanic, Kechiche, la Coupe du monde féminine de football… Sciamma déroule.

66. Brésil: de Bacurau à Bolsonaro
Reportage. À Rio, le réputé festival d’animation Anima Mundi a failli ne pas se tenir. En cause, la politique de Jair Bolsonaro, pour qui derrière chaque artiste se cache « un profiteur » du système. Reportage sur fond de samba triste.
+ 74. Entretien avec Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles
C’est un film de genre, livré tout brûlant et énervé avec plusieurs clins d’œil au maître John Carpenter. C’est aussi, et surtout, un western sanglant et politique racontant une communauté assiégée. Bacurau doit-il être vu comme le premier d’une longue série d’œuvres brésiliennes de l’ère Bolsonaro ? Réponses entre les lignes.

80. Apocalypse Now
Légende. En un film, le chef opérateur Vittorio Storaro a changé la façon de filmer la guerre. Mais pas sans y laisser quelques plumes. Récit d’une aventure folle qu’il a failli ne pas faire et dont il n’est toujours pas tout à fait revenu.

84. François Hollande
Extra. Au festival Sofilm Summercamp, l’ancien président a choisi Usual Suspects pour échanger avec le public. Parce qu’on en trouve, des Keyser Söze dans la politique ? Peut-être plutôt parce que ce film nous parle de quelque chose pour quelqu’un qui a dirigé un pays : la vérité.

86. Christophe
Extra. Comment l’homme qui a chanté « Aline » et « Succès fous », entre autres, a-t-il nourri sa passion pour le cinéma sans jamais vraiment y participer ? Eléments de réponses nocturnes avec un fétichiste.

POSITIF 703 – Septembre 2019

couv POS SEPT19

Dossier

Richesse et renouveau du cinéma
d’animation
Critique du film Fête de famille de Cédric Kahn et entretien avec le réalisateur

Critique du film Un jour de pluie à New York de Woody Allen et entretien avec le réalisateur

Critique du film Une grande fille de Kantemir Balagov et entretien avec le réalisateur

Critique de l’exposition Clément Cogitore au musée Marc Chagall et entretien avec l’artiste

Voix Off : Le politiquement correct en plein délire : Lillian Gish à l’université Bowling Green State (Ohio), article de Joseph McBride

Chantier de réflexion :
Apparition et transformation dans les films d’horreur de Thierry Ruffel

Un retour sur les festivals :
Cinélatino 2019 et IndieLisboa 2019

 

cahiers du cinema – n°758

 

Couv-758-LES CAHIERS SEPT19

Édito

Business model par Stéphane Delorme

La rentrée cinéma
Bacurau de Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles
Village global par Camille Bui
Écouter le présent entretien avec Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles – par Camille Bui & Joachim Lepastier

Jeanne de Bruno Dumont
L’enfant qui voulait tuer la guerre par Stéphane du Mesnildot
Le cœur de Jeanne entretien avec Bruno Dumont – par Jean-Philippe Tessé
Un cinéaste sans images entretien avec Christophe – par Stéphane du Mesnildot
La petite Lise entretien avec Julie Sokolowski – par Stéphane Delorme

Viendra le feu d’Oliver Laxe
L’art est comme l’incendie par Cyril Béghin
Souveraine soumission entretien avec Oliver Laxe – par Cyril Béghin

Cahier critique
Port Authority de Danielle Lessovitz – par Florence Maillard
Frankie d’Ira Sachs – par Paola Raiman
Tu mérites un amour de Hafsia Herzi – par Jean-Philippe Tessé
Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin – par Cyril Béghin
Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beauvais – par Jean-Sébastien Chauvin

Notes sur d’autres films Fête de famille (Cédric Kahn) – Liberté (Albert Serra) – Lucky Day (Roger Avary) – Mjólk, la guerre du lait (Grímur Hákonarson) – Nous le peuple (Claudine Bories & Patrice Chagnard) – Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma) – Thalasso (Guillaume Nicloux) – Une fille facile (Rebecca Zlotowski) – Un jour de pluie à New York (Woody Allen) – La Vie scolaire (Grand Corps Malade & Mehdi Idir) – Vif-Argent (Stéphane Batut)

Journal
Festival Locarno, nouvelle ère + entretien avec Lili Hinstin, nouvelle directrice artistique
Salles Lille, géographies alternatives
Salles À Marseille, enfin des salles au centre
Programmation La Patagonie à Biarritz : entre fantasmes et réalités
Série Lussas, planète terre (Le Village de Claire Simon)
Voyage France-Roumanie, allers et retours
Plateforme Bob Dylan, mythe et mytho (Rolling Thunder Revue de Martin Scorsese)
Rétrospective Sternberg et Stroheim, la fin d’un monde
Reprise Éloge du langage (Miracle en Alabama d’Arthur Penn)
DVD/Blu-Ray Dans les pas de Jeanne (Jeanne la Pucelle : Les Batailles et Les Prisons de Jacques Rivette)
Notes livres J’ai oublié de Bulle Ogier / Katharine Hepburn, paradoxes de la comédienne de Marguerite Chabrol
Notes DVD Beau temps mais orageux en fin de journée de Gérard Frot-Coutaz / L’Héritage des 500.000 de Toshiro Mifune
Festival Le FID Marseille, terre d’accueil
Festival Le vent souffle sur La Rochelle
Festival Karlovy Vary, des Tchèques sans provisions
Nouvelles du monde
Disparitions D.A. Pennebaker, Pierre Lhomme, Rutger Hauer, Peter Fonda, Rip Torn

Hommage
Jean-Pierre Mocky
Mocky, seul avec tous par Joachim Lepastier

Reportage
La Victorine à Nice
Les 100 ans de la Victorine par Louis Séguin & Laura Tuillier

Enquête
Cinéma brésilien
Le cinéma brésilien à l’ère Bolsonaro par Ariel Schweitzer
Violence et réconciliation entretien avec Fellipe Barbosa
Bolsonaro et l’héritage du Cinema Novo entretien avec Eryk Rocha
Revenir à l’origine des conflits entretien avec Marco Dutra
Le paysage de la lutte entretien avec Camila Freitas
Dystopie et réalité entretien avec Guto Parente
Un cinéma nouveau riche par Sheila Schvarzman

The End
Extase

SPECTATEUR, MON BEAU SOUCI

Dans sa lettre datée de septembre 2019, l’A.C.I.D (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) propose un article dont le texte est dans l’esprit de ce que nous, Territoires et Cinéma, disons depuis toujours…

Tout chantier de réflexion sur les transformations qui touchent actuellement le monde du cinéma devrait commencer par cela ; par ceux-là : le spectateur et sa place. Non pas simplement la place qu’il paye (un simple fauteuil) mais bien plutôt celle qu’il occupe, comme sujet actif d’une expérience artistique, et pas comme simple consommateur passif de contenus. La différence est aussi fondamentale qu’actuelle : d’occupation de lieux, d’espaces à se réapproprier, il est plus que question aujourd’hui. Ainsi, penser en spectateurs, c’est avoir l’ambition d’aborder le malaise qui affecte le cinéma français depuis un point de vue qui redonne à la réflexion politique, esthétique et économique, une certaine hauteur qui, il faut bien le dire, lui manque par trop ces derniers temps. Cela devrait nous obliger à reconsidérer collectivement la signification de notions aussi essentielles que « indépendance », « création », « diversité », « intérêt général », « art et essai » en regardant, les yeux grand ouverts, ce qui (se) passe dans les salles de cinéma.
Nous croyons profondément que le spectateur n’est pas une simple unité, une valeur d’échange, un chiffre que l’on scrute fébrilement chaque soir ; il n’est pas un score. Il a un corps, un visage, une histoire, des désirs. Il est, par essence, multiple et singulier.
[…]

Clément Schneider pour le CA de l’ACID

Que perçoit t’on de l’image selon le type d’écran ? – La Rochelle Cinéma – 07/2019 – par N. Tilly

Retrouvez ici la captation audio de l’introduction de notre débat organisé dans le cadre de nos rencontres lors du festival La Rochelle Cinéma le 4 juillet 2019.

Cette rencontre nous a permis d’échanger sur la position prise par la profession : une œuvre qui ne sera pas montrée dans une salle de cinéma ne peut être de même nature qu’un film «traditionnel». C’est la position rappelée notamment par diverses organisations professionnelles, comme par le Festival de Cannes, et l’Académie des Oscars, ainsi que par de nombreuses tribunes parues dans la presse. Car ce débat a des incidences économiques mais il a aussi de fortes résonances culturelles.
Jusque-ici lorsqu’on parle de culture cinématographique on ne parle que des films qui ont été montrés dans des cinémas. Qu’en est-il et qu’en sera-t-il des œuvres réalisées pour d’autres types d’écrans ?
Territoires et Cinéma se poser également une autre question. : certes aujourd’hui les films sont présentés sur certaines plates-formes, ou sur certaines chaînes spécialisées, en respectant au moins l’intégralité de l’œuvre. Mais combien de films sont d’ores et déjà diffusés sur les petits écrans avec une ou plusieurs coupures de publicités, utilisant ainsi le film comme un appel à des promotions commerciales. Évidemment cette pratique n’est pas encore généralisée, mais on peut tout craindre dans un monde où les intérêts financiers l’emportent sur les exigences culturelles.
Bien entendu un tel débat ne saurait être réglé à l’aide d’une unique rencontre ! Il doit être ouvert par une réflexion préalable. Car tous ces problèmes sont bien sûr à traiter dans le cadre de l’ère numérique dans laquelle nous vivons aujourd’hui, avec la généralisation d’écrans de toutes formes et de toutes tailles. L’importance de l’image et les conditions dans lesquelles elle est perçue par le spectateur ont aussi une grande importance. C’est pourquoi nous avons fait appel pour ouvrir ce débat à NICOLAS TILLY.

NICOLASnicolas TILLY est graphiste et artiste des nouveaux médias. Il vit et travaille à Paris et enseigne à l’École Supérieure d’Art et Design d’Orléans. En avril 2018, il participe à la conférence Écridil « Écrire, éditer, lire à l’ère numérique » à Montréal pour présenter son projet éditorial sur mobile Bug Magazine et ses recherches dans l’atelier de recherche et création « Édition nouvelles formes » de l’ÉSAD Orléans. En octobre 2018, il remporte le 2e Prix Pulsar et expose en décembre de la même année à la Fondation EDF à Paris. Nicolas travaille également pour des clients au sein d’EVB Studio, une agence de design graphique spécialisée dans le web design et les applications mobiles. Depuis 2012 Nicolas Tilly mène une recherche de réflexion et de création sur les écrans mobiles, par le biais de la conception d’applications et de sites web. Les différentes formes de créations avec lesquelles travaille Nicolas Tilly complètent son profil à la fois sur la sensibilité artistique ainsi que sur la maîtrise des outils contemporains d’innovation numérique.