IL ETAIT UNE FOIS A HOLLYWOOD

Certainement le film le plus personnel de Quentin Tarantino qui nous propose un voyage en 1969. Aucune faute de goût dans la reconstitution assez bluffante et très référencée. Le duo Brad Pitt / Leonardo Di Caprio (le premier étant la doublure d’un acteur de films de genre sur le déclin) fonctionne très bien, dommage simplement qu’on ne les voient jamais « travailler » ensemble. Tarantino rend aussi hommage au spectateur qu’il a été, à travers les yeux de Sharon Tate, qui découvre son petit succès dans une salle de cinéma. Certes le film est un peu long mais il y a un bon casting et beaucoup de matière et quelques scènes très fortes dont l’arrivée de Brad Pitt dans le ranch tenu par la secte de hippies ou celle dans laquelle Di Caprio confie son désarroi à sa très jeune partenaire. Le final a pu en surprendre plus d’un mais on y reconnait la signature d’un metteur en scène habile qui se joue de l’histoire avec un grand H. Car Il était une fois à Hollywood célèbre avant tout « la manière de faire » d’un metteur en scène qui revisite le cinéma de genre et le western italien en particulier. Aucune nostalgie mais plutôt une sorte de relecture du passé , très bien mise en scène et savamment orchestrée par une BO très pointue et immersive. Michel Senna

SOMMAIRE DES REVUES DE SEPTEMBRE

SOFILM n°73 – XAVIER DOLAN

sofilm73_SEPT 19

Céline Sciamma
François Hollande
Christophe
Lech Kowalski

 

24. Lech Kowalski
Interview hors cadre. Des punks des années 70 aux ouvriers des années 2010, Lech Kowalski a gardé intacte la flamme des contre-cultures et des combats perdus d’avance. Conversation à hauteur d’homme avec un working class hero.

28. Mati Diop
Portrait. À 37 ans, la Franco-Sénégalaise est devenue la première cinéaste noire en compétition à Cannes avec un premier film (Atlantique) qui se paie le luxe de repartir avec le Grand Prix et un deal Netflix. Histoire d’une accélération.

34. Le business des films en avion
Enquête. Dans combien de temps on arrive ? Dans quatre films. D’accord, mais lesquels ? Et surtout, quel jus de cerveau et quels savants calculs se cachent derrière le business des films proposés par les compagnies aériennes ?

38. Xavier Dolan
Couverture. À 30 ans, Dolan aimerait, enfin, décélérer. En dix ans, depuis 2009, le Québécois a réalisé huit longs métrages, connu pas mal de montées au sommet, quelques crevaisons. Pour les uns, il a été un « prodige », une apparition fulgurante. Pour les autres, il reste un millenial à mèche. Le « million Dolan baby » 2019 n’est sans doute totalement ni l’un, ni complètement l’autre. Rencontre.

60. Céline Sciamma
Interview. La cinéaste n’a cessé de porter un regard de biais sur le temps long de l’amitié, la fulgurance de l’amour, le sport… Cette maîtrise formelle atteint des sommets avec Portrait de la jeune fille en feu. Un film impossible à réduire à une fresque d’époque plastiquement parfaite tout comme il serait trompeur de voir en la réalisatrice une porte-parole féministe. Titanic, Kechiche, la Coupe du monde féminine de football… Sciamma déroule.

66. Brésil: de Bacurau à Bolsonaro
Reportage. À Rio, le réputé festival d’animation Anima Mundi a failli ne pas se tenir. En cause, la politique de Jair Bolsonaro, pour qui derrière chaque artiste se cache « un profiteur » du système. Reportage sur fond de samba triste.
+ 74. Entretien avec Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles
C’est un film de genre, livré tout brûlant et énervé avec plusieurs clins d’œil au maître John Carpenter. C’est aussi, et surtout, un western sanglant et politique racontant une communauté assiégée. Bacurau doit-il être vu comme le premier d’une longue série d’œuvres brésiliennes de l’ère Bolsonaro ? Réponses entre les lignes.

80. Apocalypse Now
Légende. En un film, le chef opérateur Vittorio Storaro a changé la façon de filmer la guerre. Mais pas sans y laisser quelques plumes. Récit d’une aventure folle qu’il a failli ne pas faire et dont il n’est toujours pas tout à fait revenu.

84. François Hollande
Extra. Au festival Sofilm Summercamp, l’ancien président a choisi Usual Suspects pour échanger avec le public. Parce qu’on en trouve, des Keyser Söze dans la politique ? Peut-être plutôt parce que ce film nous parle de quelque chose pour quelqu’un qui a dirigé un pays : la vérité.

86. Christophe
Extra. Comment l’homme qui a chanté « Aline » et « Succès fous », entre autres, a-t-il nourri sa passion pour le cinéma sans jamais vraiment y participer ? Eléments de réponses nocturnes avec un fétichiste.

POSITIF 703 – Septembre 2019

couv POS SEPT19

Dossier

Richesse et renouveau du cinéma
d’animation
Critique du film Fête de famille de Cédric Kahn et entretien avec le réalisateur

Critique du film Un jour de pluie à New York de Woody Allen et entretien avec le réalisateur

Critique du film Une grande fille de Kantemir Balagov et entretien avec le réalisateur

Critique de l’exposition Clément Cogitore au musée Marc Chagall et entretien avec l’artiste

Voix Off : Le politiquement correct en plein délire : Lillian Gish à l’université Bowling Green State (Ohio), article de Joseph McBride

Chantier de réflexion :
Apparition et transformation dans les films d’horreur de Thierry Ruffel

Un retour sur les festivals :
Cinélatino 2019 et IndieLisboa 2019

 

cahiers du cinema – n°758

 

Couv-758-LES CAHIERS SEPT19

Édito

Business model par Stéphane Delorme

La rentrée cinéma
Bacurau de Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles
Village global par Camille Bui
Écouter le présent entretien avec Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles – par Camille Bui & Joachim Lepastier

Jeanne de Bruno Dumont
L’enfant qui voulait tuer la guerre par Stéphane du Mesnildot
Le cœur de Jeanne entretien avec Bruno Dumont – par Jean-Philippe Tessé
Un cinéaste sans images entretien avec Christophe – par Stéphane du Mesnildot
La petite Lise entretien avec Julie Sokolowski – par Stéphane Delorme

Viendra le feu d’Oliver Laxe
L’art est comme l’incendie par Cyril Béghin
Souveraine soumission entretien avec Oliver Laxe – par Cyril Béghin

Cahier critique
Port Authority de Danielle Lessovitz – par Florence Maillard
Frankie d’Ira Sachs – par Paola Raiman
Tu mérites un amour de Hafsia Herzi – par Jean-Philippe Tessé
Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin – par Cyril Béghin
Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beauvais – par Jean-Sébastien Chauvin

Notes sur d’autres films Fête de famille (Cédric Kahn) – Liberté (Albert Serra) – Lucky Day (Roger Avary) – Mjólk, la guerre du lait (Grímur Hákonarson) – Nous le peuple (Claudine Bories & Patrice Chagnard) – Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma) – Thalasso (Guillaume Nicloux) – Une fille facile (Rebecca Zlotowski) – Un jour de pluie à New York (Woody Allen) – La Vie scolaire (Grand Corps Malade & Mehdi Idir) – Vif-Argent (Stéphane Batut)

Journal
Festival Locarno, nouvelle ère + entretien avec Lili Hinstin, nouvelle directrice artistique
Salles Lille, géographies alternatives
Salles À Marseille, enfin des salles au centre
Programmation La Patagonie à Biarritz : entre fantasmes et réalités
Série Lussas, planète terre (Le Village de Claire Simon)
Voyage France-Roumanie, allers et retours
Plateforme Bob Dylan, mythe et mytho (Rolling Thunder Revue de Martin Scorsese)
Rétrospective Sternberg et Stroheim, la fin d’un monde
Reprise Éloge du langage (Miracle en Alabama d’Arthur Penn)
DVD/Blu-Ray Dans les pas de Jeanne (Jeanne la Pucelle : Les Batailles et Les Prisons de Jacques Rivette)
Notes livres J’ai oublié de Bulle Ogier / Katharine Hepburn, paradoxes de la comédienne de Marguerite Chabrol
Notes DVD Beau temps mais orageux en fin de journée de Gérard Frot-Coutaz / L’Héritage des 500.000 de Toshiro Mifune
Festival Le FID Marseille, terre d’accueil
Festival Le vent souffle sur La Rochelle
Festival Karlovy Vary, des Tchèques sans provisions
Nouvelles du monde
Disparitions D.A. Pennebaker, Pierre Lhomme, Rutger Hauer, Peter Fonda, Rip Torn

Hommage
Jean-Pierre Mocky
Mocky, seul avec tous par Joachim Lepastier

Reportage
La Victorine à Nice
Les 100 ans de la Victorine par Louis Séguin & Laura Tuillier

Enquête
Cinéma brésilien
Le cinéma brésilien à l’ère Bolsonaro par Ariel Schweitzer
Violence et réconciliation entretien avec Fellipe Barbosa
Bolsonaro et l’héritage du Cinema Novo entretien avec Eryk Rocha
Revenir à l’origine des conflits entretien avec Marco Dutra
Le paysage de la lutte entretien avec Camila Freitas
Dystopie et réalité entretien avec Guto Parente
Un cinéma nouveau riche par Sheila Schvarzman

The End
Extase

SPECTATEUR, MON BEAU SOUCI

Dans sa lettre datée de septembre 2019, l’A.C.I.D (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) propose un article dont le texte est dans l’esprit de ce que nous, Territoires et Cinéma, disons depuis toujours…

Tout chantier de réflexion sur les transformations qui touchent actuellement le monde du cinéma devrait commencer par cela ; par ceux-là : le spectateur et sa place. Non pas simplement la place qu’il paye (un simple fauteuil) mais bien plutôt celle qu’il occupe, comme sujet actif d’une expérience artistique, et pas comme simple consommateur passif de contenus. La différence est aussi fondamentale qu’actuelle : d’occupation de lieux, d’espaces à se réapproprier, il est plus que question aujourd’hui. Ainsi, penser en spectateurs, c’est avoir l’ambition d’aborder le malaise qui affecte le cinéma français depuis un point de vue qui redonne à la réflexion politique, esthétique et économique, une certaine hauteur qui, il faut bien le dire, lui manque par trop ces derniers temps. Cela devrait nous obliger à reconsidérer collectivement la signification de notions aussi essentielles que « indépendance », « création », « diversité », « intérêt général », « art et essai » en regardant, les yeux grand ouverts, ce qui (se) passe dans les salles de cinéma.
Nous croyons profondément que le spectateur n’est pas une simple unité, une valeur d’échange, un chiffre que l’on scrute fébrilement chaque soir ; il n’est pas un score. Il a un corps, un visage, une histoire, des désirs. Il est, par essence, multiple et singulier.
[…]

Clément Schneider pour le CA de l’ACID

Que perçoit t’on de l’image selon le type d’écran ? – La Rochelle Cinéma – 07/2019 – par N. Tilly

Retrouvez ici la captation audio de l’introduction de notre débat organisé dans le cadre de nos rencontres lors du festival La Rochelle Cinéma le 4 juillet 2019.

Cette rencontre nous a permis d’échanger sur la position prise par la profession : une œuvre qui ne sera pas montrée dans une salle de cinéma ne peut être de même nature qu’un film «traditionnel». C’est la position rappelée notamment par diverses organisations professionnelles, comme par le Festival de Cannes, et l’Académie des Oscars, ainsi que par de nombreuses tribunes parues dans la presse. Car ce débat a des incidences économiques mais il a aussi de fortes résonances culturelles.
Jusque-ici lorsqu’on parle de culture cinématographique on ne parle que des films qui ont été montrés dans des cinémas. Qu’en est-il et qu’en sera-t-il des œuvres réalisées pour d’autres types d’écrans ?
Territoires et Cinéma se poser également une autre question. : certes aujourd’hui les films sont présentés sur certaines plates-formes, ou sur certaines chaînes spécialisées, en respectant au moins l’intégralité de l’œuvre. Mais combien de films sont d’ores et déjà diffusés sur les petits écrans avec une ou plusieurs coupures de publicités, utilisant ainsi le film comme un appel à des promotions commerciales. Évidemment cette pratique n’est pas encore généralisée, mais on peut tout craindre dans un monde où les intérêts financiers l’emportent sur les exigences culturelles.
Bien entendu un tel débat ne saurait être réglé à l’aide d’une unique rencontre ! Il doit être ouvert par une réflexion préalable. Car tous ces problèmes sont bien sûr à traiter dans le cadre de l’ère numérique dans laquelle nous vivons aujourd’hui, avec la généralisation d’écrans de toutes formes et de toutes tailles. L’importance de l’image et les conditions dans lesquelles elle est perçue par le spectateur ont aussi une grande importance. C’est pourquoi nous avons fait appel pour ouvrir ce débat à NICOLAS TILLY.

NICOLASnicolas TILLY est graphiste et artiste des nouveaux médias. Il vit et travaille à Paris et enseigne à l’École Supérieure d’Art et Design d’Orléans. En avril 2018, il participe à la conférence Écridil « Écrire, éditer, lire à l’ère numérique » à Montréal pour présenter son projet éditorial sur mobile Bug Magazine et ses recherches dans l’atelier de recherche et création « Édition nouvelles formes » de l’ÉSAD Orléans. En octobre 2018, il remporte le 2e Prix Pulsar et expose en décembre de la même année à la Fondation EDF à Paris. Nicolas travaille également pour des clients au sein d’EVB Studio, une agence de design graphique spécialisée dans le web design et les applications mobiles. Depuis 2012 Nicolas Tilly mène une recherche de réflexion et de création sur les écrans mobiles, par le biais de la conception d’applications et de sites web. Les différentes formes de créations avec lesquelles travaille Nicolas Tilly complètent son profil à la fois sur la sensibilité artistique ainsi que sur la maîtrise des outils contemporains d’innovation numérique.

Politique de soutien à la construction et à la modernisation des salles

15ème législature

Le 12 mars denier Madame Sophie METTE, députée de Gironde interrogeait, par une question écrite, M. le ministre de la culture sur la politique de soutien à la construction et à la modernisation des salles par le Centre national du cinéma et de l’image animée.
Voici le texte de la question ainsi que la réponse publiée le 27/08/2019.
Question N° 17610
de Mme Sophie Mette (Mouvement Démocrate et apparentés – Gironde )
Question écrite
Ministère interrogé > Culture
Ministère attributaire > Culture

Rubrique > arts et spectacles

Question publiée au JO le : 12/03/2019 page : 2269
Réponse publiée au JO le : 27/08/2019 page : 7681
Date de signalement: 09/07/2019

Texte de la question

Mme Sophie Mette interroge M. le ministre de la culture sur la politique de soutien à la construction et à la modernisation des salles par le Centre national du cinéma et de l’image animée. L’aide sélective « à la petite et à la moyenne exploitation » permet de soutenir cette politique essentielle pour l’implantation des cinémas sur tout le territoire et contribue à faire de la France l’un des plus grands pays du cinéma avec des salles présentes dans les centres-villes comme dans les zones rurales. Cette aide sélective est financée par une partie du produit de la taxe spéciale additionnelle (TSA) prélevée sur les billets vendus par les salles. Pour la première fois en 2018, le Centre national du cinéma et de l’image animée n’a pas souhaité que le budget initial de cette aide de 7 millions d’euros soit adapté au nombre de dossiers présentés comme c’était le cas les années précédentes puisque, par exemple, celui de 2017 avait dépassé 10 millions d’euros et la moyenne de cette aide sur les cinq dernières années était proche de 9 millions d’euros. Le refus du CNC, à l’inverse des années passées, d’adapter le budget de cette aide aux sollicitations et aux besoins des salles et des territoires revient à réduire de près de 20 % le volume de l’aide accordée ou à supprimer une dizaine de projets dans les centres-villes comme dans les zones rurales, alors que le montant de la TSA versée par les salles de cinéma au CNC est stable en 2018. Des dossiers de construction ou d’extension de cinémas prévus pour être examinés en 2018 ont en outre été repoussés en 2019, fragilisant leur montage financier et réduisant d’autant les crédits disponibles pour l’année 2019. Le soutien à la construction et à l’extension des salles de cinéma est pourtant la pierre angulaire d’une politique de soutien à la diversité du cinéma comme à sa présence sur tout le territoire auprès de tous les Français. Elle l’interroge donc sur l’opportunité de réévaluer ce dispositif au niveau antérieur pour assurer la continuité d’une politique essentielle à la vie culturelle et économique locale qui a permis à la France d’être le premier pays européen en terme de fréquentation cinématographique.

Texte de la réponse

La politique de soutien à la création et modernisation des salles du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) est mise en œuvre à travers deux dispositifs de soutien financier. D’une part, le soutien automatique à l’exploitation, qui constitue un encouragement fort à l’investissement dans les salles de cinéma. Chaque établissement cinématographique bénéficie d’un compte de soutien automatique géré par le CNC. Les droits au soutien sont calculés sur la base d’un pourcentage de la taxe spéciale perçue sur le prix du billet d’entrée (TSA) que génère chaque établissement. Ce système automatique, redistributif et dégressif, privilégie les exploitations de petite et moyenne taille. Le nouveau barème de calcul adopté en 2013 a porté à 50 % en moyenne le « taux de retour » pour l’ensemble des établissements cinématographiques, c’est-à-dire la part de la TSA versée par un établissement cinématographique inscrite à son compte de soutien. Les droits inscrits au compte de soutien automatique sont utilisables par les exploitants réalisant des dépenses d’investissement dans leurs salles (travaux de rénovation, équipements, création de nouvelles salles). Des avances sur les droits futurs peuvent par ailleurs être consenties en cas d’insuffisance des droits acquis pour financer les travaux prévus. En 2018, 64 M€ ont été mobilisés au titre de ce soutien, dont 21,8 M€ au titre de droits acquis et 42,2 M€ sous forme d’avances sur droits futurs. Le soutien automatique a bénéficié à 765 établissements. D’autre part, l’aide sélective à la petite et moyenne exploitation (anciennement « aide sélective à la création et à la modernisation de salles en zone insuffisamment équipée »), qui est un outil décisif pour l’aménagement culturel du territoire. Ce dispositif de soutien sélectif a vocation à compléter, pour certains projets, le soutien apporté par le compte de soutien automatique à l’exploitation. Il a pour objectif de favoriser la modernisation du parc de salles dans une optique d’aménagement du territoire, en veillant à préserver la diversité de la diffusion. L’aide est attribuée en fonction de l’intérêt cinématographique du projet présenté, de la qualité des aménagements proposés, de la diversité de l’offre, de l’utilité sociale du projet ou encore des conditions de son équilibre financier. Elle est réservée aux exploitants d’établissements de spectacles cinématographiques ayant réalisé, en moyenne, au cours des deux années précédant la demande d’aide, moins de 1 % des entrées sur le territoire national. En 2018, 49 projets ont sollicité l’aide sélective à la petite et moyenne exploitation. Parmi ces projets, 42 ont obtenu une subvention pour un montant total de 8,06 M€, et sont répartis comme suit : 37 projets concernent les cinémas de la métropole pour un montant total de subvention de 7,05 M€, et 5 projets sont situés dans les DOM pour un montant total d’aide de 1 M€. Cette aide a représenté en moyenne 8,3 % du coût des projets soutenus en métropole et 26,3 % dans les DOM. Ce mécanisme demeure un outil décisif d’aménagement culturel du territoire. Il est à noter qu’en 2018, 26 projets aidés (pour une aide totale de 4,3 M€, soit 53 % du montant total de l’aide attribuée) ont concerné des unités urbaines de moins de 30 000 habitants. 11 projets soutenus (pour une aide totale de 1,43 M€) appartenaient à des unités urbaines de moins de 5 000 habitants. Le budget alloué à l’aide s’élève, en 2019, à 7,05 M€. Ce niveau est identique à celui attribué en 2018, et proche de celui qui avait été attribué en 2014 et 2015. Certes, en 2016 et 2017, des compléments budgétaires exceptionnels avaient pu être alloués au dispositif et porter son montant à 8,5 M€ et 9,8 M€ (hors DOM), mais ils étaient tirés de ressources exceptionnelles, non pérennes. S’agissant du « report » de l’examen de certaines demandes d’aide à la fin de l’année 2018, il est à préciser que ces demandes d’aide ont nécessité des compléments d’information avant leur examen en Commission. Cette situation n’a rien d’exceptionnel, seules les demandes complètes et instruites devant être examinées par la Commission. Le contexte budgétaire du CNC n’a pas permis en 2018 de procéder à des dotations supplémentaires en fin d’année. Pour autant, le ministre de la culture a souhaité préserver autant que possible le soutien apporté à la filière cinéma et même développer les aides qui répondent à des enjeux stratégiques majeurs pour l’avenir de la filière (aide aux salles classées art et essai notamment).