« The lost city of Z »

James Gray semble avoir tourné le dos au film « noir » qui avait fait son succès et celui de Joaquin Phoenix, son acteur fétiche dont on regrette vivement l’absence dans ce dernier film. En dépit de sa mise en scène impeccable, The lost city of Z s’avère assez décevant. 
Il y avait pourtant dans l’histoire vraie de ce militaire, devenu malgré lui un explorateur en quête d’une civilisation disparue en Amérique du Sud,
un véritable potentiel mais la magie n’opère pas vraiment. 
Le film n’est ni lyrique, ni vraiment spectaculaire, ni contemplatif et s’avère un peu convenu durant certaines séquences avec piranhas et autres tribus sauvages lanceurs de flèches.
On suit poliment les moments clé de la vie de Percy Fawcett, ses affres familiales avec sa femme et ses enfants, sa participation à la Première Guerre Mondiale, sa blessure, mais tous ces allers-retours ne permettent pas de s’immerger véritablement dans ces contrées sauvages aux confins du Brésil. 
Sans doute l’interprétation un peu lisse de Charlie Hunnam et de Robert Pattison, et leurs accents « so british » un peu forcés, n’arrangent rien.
Reste quelques très bonnes séquences, notamment celles assez piquantes avec le charismatique Angus Macfadyen qui incarne un odieux personnage qu’on aime détester.   Michel Senna

Rencontres des circuits de cinéma itinérant en région Grand Est

Vous êtes invités aux premières « Rencontres des circuits de cinéma itinérant en région Grand Est ».

Ces Rencontres se dérouleront sous la forme de tables rondes.

Leur objectif est de réunir les différents acteurs du cinéma itinérant, en présentant l’activité des circuits en région Grand Est et en abordant la thématique de la diffusion culturelle en milieu rural. Seront également discutés la place du cinéma itinérant dans l’aménagement des territoires et la mise en œuvre des contrats de ruralité.

Formulaire d’inscription : ici

« Citoyen d’honneur » de Mariano Cohn et Gaston Duprat

 

Un Prix Nobel de littérature un peu blasé, vivant à Barcelone, répond à une invitation de sa ville natale « Salas » en Argentine, qui souhaite l’élire citoyen d’honneur.
Revenu au pays, il y croise une galerie de personnages pour le moins pittoresques mais, la nostalgie a vite un goût amer et son pèlerinage se transforme en une sorte de cauchemar éveillé. Les réalisateurs argentins Ariano Cohn et Gastón Duprat explorent les travers de la nature humaine et se livrent à un jeu de massacre dans leur description très féroce d’une communauté villageoise perdue dans la pampa. Leur mise en scène, un peu trop statique, est rehaussée par la qualité de l’interprétation. Au milieu d’un casting fait de tronches incroyables, Oscar Martinez incarne avec brio ce romancier plutôt franc et un peu élitiste qui va susciter des sentiments pour le moins contrastés chez les villageois. Une œuvre grinçante et angoissante qui rappelle un peu le cinéma de Dino Risi ou d’Ettore Scola. 

Michel Senna  

Loving

Tous les personnages des films de Jeff Nichols, jeune prodigue du cinéma indépendant américain, cultivent le goût de la différence ou de la singularité, à l’image de son dernier film « Loving », inspirée d’une histoire vraie.
Le réalisateur relate le combat d’une femme noire et de son mari blanc, contraints à l’exil pour s’être mariés dans un État qui ne le permet pas. Aidés par l’administration Kennedy, ils feront valoir leurs droits à la cour Suprême et cette injustice, bientôt médiatisée, amènera à un changement décisif dans la Constitution qui autorisera le mariage interracial dans tout le pays. 
Dans un registre où la démonstration est souvent de mise, Jeff Nichols évite tous les écueils et signe une œuvre sereine, tendre et réaliste. Plus une belle et tendre histoire d’amour qu’un film à thèse, « Loving » film bénéficie d’une mise en scène d’un bien beau classicisme et d’une interprétation subtile de Joel Edgerton et de Ruth Negga qui incarne les deux amants qui vont rentrer, un peu malgré eux, dans l’histoire.