Soutien aux Cinémas : Strasbourg offre 25.000 places de cinéma à ses élèves d’école maternelle et primaire

Le conseil municipal de Strasbourg (Bas-Rhin) a voté à l’unanimité, ce lundi 15 novembre, le don de places de cinéma à 25.000 enfants en école maternelle ou primaire. Les élèves des réseaux d’éducation prioritaire (Rep) bénéficieront d’une place supplémentaire.

La municipalité de Strasbourg (Bas-Rhin) veut emmener les enfants dans les salles obscures. Une mesure allant dans ce sens a été votée à l’unanimité en conseil municipal, ce lundi 15 novembre 2021. 

Une mesure dont le budget est estimé à 150.000 euros. Il s’agit d’acheter des tickets de cinéma et de les donner à 25.000 élèves des écoles maternelles et primaires strasbourgeoises.

Il y a cinq cinémas à Strasbourg (les deux Star, Vox, Odyssée, et UGC qui sont visibles sur la carte ci-dessous). Chaque place sera envoyée par voie postale dans les foyers concernés à la fin du mois de novembre, a appris France 3 Alsace auprès des services municipaux. Une lettre de la maire Jeanne Barseghian (EELV) complètera ce courrier. 

Par voie de communiqué -lire ci-dessous- Jeanne Barseghian qualifie ces places gratuites « d’invitation à retrouver en famille le bonheur des salles obscures » et d’« opportunité pour stimuler l’imaginaire des plus jeunes à travers une pratique culturelle collective essentielle ». Il s’agit donc d’une mesure culturelle.

Mais c’est aussi une mesure de soutien. Plus précisément « aux acteurs culturels après des mois particulièrement difficiles, et notamment pour les professionnels du septième art »

L’opération permet en outre aux enfants dont l’école fait partie d’un réseau d’éducation prioritaire (Rep ou Rep+) de bénéficier d’une seconde place offerte. Mesure également sociale donc. Les places seront réparties de manière « équitable », selon les films au programme et l’âge des élèves.

source

 Il faut sauver les distributeurs de films indépendants

Actualité du DIRE
Tribune : il faut sauver les distributeurs de films indépendants
Tribune parue dans l’édition du Monde du 29 octobre 2021
(source : site du DIRE/Distributeurs Indépendants Réunis Européens)

Une étude menée par l’ADRC (Agence Nationale pour le Développement du Cinéma en région) montre que les distributeurs indépendants ont perdu 70% de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33%.

Cette catégorie de distributeurs fragilisée par la crise sanitaire est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public en salles, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le CNC.

Pourtant leur travail, reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scenarii des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaines de télévision, régions, soficas et autres financeurs du cinéma. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film en salles : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bande-annonce, affiches, dossier de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films (auteurs, réalisateurs, producteurs) et ceux qui les exploitent (les salles de cinéma).

La digitalisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgés un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plateformes de sortir leurs
« originals » en salle en négociant directement avec les salles, prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Dans le même temps, et malgré les luttes acharnées menées par l’ensemble de la filière du cinéma, les salles ont dû tirer leur rideau le 28 octobre 2020 pour ne rouvrir que le 19 mai 2021. Sept mois et demi de fermeture, 232 jours loin des salles quand quasiment tous les commerces avaient, eux, rouvert fin novembre 2020… Les cinéphiles ont dû se résigner à la compagnie de leur petit écran, bien loin de l’expérience collective. Si bon nombre de spectateurs se sont rués à la réouverture, cette embellie a été de courte durée. Leur élan a de nouveau été freiné par l’instauration du passe sanitaire que les exploitants ont dû mettre en pratique en moins d’une semaine, sans avoir le temps de faire œuvre de pédagogie auprès de leur public, quand les restaurateurs, eux, ont eu trois semaines pour le faire. Force de constater qu’un public cinéphile, assidu, passionné n’est plus au rendez-vous des films d’auteurs et les distributeurs s’en inquiètent au plus haut point : pas moins de 7 millions d’entrées perdues en juillet et août (par rapport aux années pré-covid) et des dizaines de films coupés brutalement de leur public. Chaque mois qui passe, rend leur tâche plus ardue.

La crise sanitaire a bien accéléré la mutation des usages et la filière cinéma dans son ensemble doit pouvoir s’adapter à la présence des plateformes, en organisant une nouvelle Chronologie des médias afin d’encadrer leur place tout en protégeant la diversité des créateurs de leurs œuvres. C’est un écosystème savamment organisé qui a permis la préservation de la richesse de notre cinéma national, le seul à avoir su entretenir le public à la réouverture des salles le 22 juin 2020, quand les studios américains avaient décidé de reporter leurs sorties à des temps meilleurs. Nombre de pays plus dépendants du cinéma américain ont connu dans cette période de crise sanitaire, une chute encore plus grande de leurs entrées en salles, et rompu plus durablement leur lien avec le public.

Notre cinéma n’a d’ailleurs jamais été aussi reconnu dans le monde entier, Palme d’or à Cannes pour Julia Ducournau avec Titane, Lion d’or à Venise pour Audrey Diwan avec L’Evènement, une large sélection de films français dans les plus grands festivals.

Nombreux sont ces films, français et européens, privés de salles pendant sept mois et demi de confinement, à attendre aujourd’hui leur date de sortie. Se pose alors une nouvelle difficulté, celle de trouver un accès suffisant aux écrans, saturés par le retour des films américains à gros budget et par le grand nombre de films qui ne pouvant plus différer leur sortie garantissent ainsi aux salles une offre importante. L’action des pouvoirs publics est attendue pour permettre une meilleure régulation du marché, afin de ne pas céder à la loi du plus fort, et priver par là même le public d’une offre diversifiée. Les salles, pour lutter contre la concurrence des plateformes, doivent renforcer leur singularité, mieux éditorialiser leur offre pour se différencier.

Les films ont besoin pour exister de créateurs, producteurs, distributeurs, exploitants, et de spectateurs unis et engagés afin de transmettre sereinement le plaisir unique du spectacle collectif, familial ou solitaire, un temps à l’écart de la sollicitation des algorithmes pour un cinéma non formaté, qui affirme son indépendance, ses identités, et celles de ses créateurs.

Ceci afin de pouvoir continuer à ouvrir les yeux des générations présentes et à venir. Ce qui est, pensons-nous, une véritable mission d’utilité publique. Telle est la mission des distributeurs indépendants.

Eric Lagesse (distributeur et président de Pyramide Films) et Carole Scotta (productrice, distributrice et présidente de Haut et Court)

Hommage à Janine Bertrand

La vie militante ne connaît pas de fin.

La disparition de notre très chère amie Janine Bertrand ne fera pas vaciller l’engagement de chacun des ciné-clubs membres d’Inter Film, c’est ce qu’elle a réussi à transmettre, et c’est là le réconfort que ses amis trouveront en voyant se poursuivre cette volonté de partage et de découverte des cinématographies.

Certains d’entre nous ont connu Janine de longue date et personnellement. D’autres l’ont connu lors de ses nombreuses participations à nos rencontres. Elle se caractérisait par son opiniâtreté, et était admirée même pour cela.

Cet hommage ne sera pas quantitatif et ne procédera pas de la longue énumération de toutes ses actions. Les plus anciens chez nous, qui ont agi avec elle, n’ont pas le cœur à retracer ces combats pour l’instant. Ce qu’ils veulent, et ce que nous voulons tous dire ici aujourd’hui, c’est la valeur d’une vie militante, qui ne s’arrête pas avec la mort.

Il est important de voir qu’un parcours comme le sien est encore une référence pour le monde cinématographique. En témoignent l’hommage du CNC, l’article du Monde, et l’hommage rendu par Président de la Fédération des Cinémas Français, Richard Patry, lors des Etats Généraux de cinémas itinérants. Bien d’autres hommages lui sont rendus par tous les cinéphiles, professionnels comme spectateurs.

Nul doute que son mari Guy et son fils Fabrice, compagnons fidèles de son action, poursuivrons sa tâche de maintien de l’esprit ciné-club auquel le monde du cinéma doit tant.

Janine Bertrand est décédée le 18 octobre dernier.

Photo : archives familiales

Défigurations de films par des insertions publicitaires : J-P Sueur interpelle Mme Bachelot  

À la suite des alertes lancées par l’association « Territoires et cinéma », Jean-Pierre Sueur a interpellé, par une question écrite, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, sur le développement de la défiguration de films par des insertions publicitaires en raison de la multiplication des canaux de diffusion et de l’acquisition de catalogues de films par des entreprises extra-cinématographiques.

Développement des défigurations de films par des insertions publicitaires
Question n° 25221 adressée à Mme la ministre de la culture
À publier le : 04/11/2021
Texte de la question : M. Jean-Pierre Sueur appelle l’attention de Mme la ministre de la culture sur la préoccupation exprimée par l’association « Territoires et cinéma » quant au respect dû aux films « défigurés par des insertions publicitaires ». Cette association craint qu’en raison du fait que « les canaux de diffusion de films se multiplient » et que « des entreprises extra-cinématographiques acquièrent des catalogues de films », le film « devienne un simple produit d’appel pour les produits de consommation courante ». Il lui demande quelles dispositions elle compte prendre pour éviter une telle défiguration des films par des insertions publicitaires et veiller à ce que l’article L. 214-5 du code du cinéma et de l’image animée soit strictement appliqué.

Pour mémoire voici ce que nous écrivions dans notre récente publication « En Bref » :

FESTIVAL DES 3 CONTINENTS 2021

Bientôt l’ouverture de la 43ème édition du Festival
Découvrez la présentation et le détail de la programmation sur le site : https://www.3continents.com/fr/

Cette 43e édition se tiendra du 19 au 28 novembre 2021 à Nantes et dans les salles de Loire-Atlantique (Ancenis, Clisson, Héric, Saint-Herblain et Saint-Nazaire). Cinq séances en ligne sont également proposées dans toute la France.

Compétition internationale, séances spéciales, rétrospectives, hommages ou programmes thématiques, le festival ouvre largement son regard sur les cinématographies d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine dont il a été un des grands découvreurs.

Pendant dix jours et deux weekends :
° une Sélection officielle de films récents,
° un hommage au grand studio japonais Shochiku à l’occasion de son centenaire,
° la célébration sur les écrans des 20 ans de Produire au Sud,
° l’atelier de coproduction internationale des 3 Continents,
° le programme Une place sur Terre,
° les 70 ans des Cahiers du Cinéma,
° des films destinés au jeune public.