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La rentrée, le cinéma, la covid

L’été s’achève, et toujours les questions sur l’avenir se posent.

Toujours obscurcie par la Covid, la rentrée s’annonce sur fond d’incertitude. L’année 2021 n’a pas manqué de (re)soulever les réflexions propres au secteur, comme en témoigne la très intéressante newsletter du Bellefaye du 19 août. Elle revient sur les résultats de la formation de l’AFCAE « quelles salles pour demain » de mars dernier.

Nous sommes bien sûr d’accord avec l’essentiel des éléments partagés. Mais l’histoire en quelque sorte se répète, les cinémas de demain vont se trouver avec les plateformes dans une situation comparable à celle qu’ont connue les plus anciens d’entre nous lors du développement de la télévision. Les cinémas d’aujourd’hui pâtissent déjà de la situation qui voit les spectateurs s’attacher à ces solutions de repli trouvées lors des confinements successifs.

Nous le réaffirmons, face à ces situations l’aide des Collectivités Territoriales qui a été, et est toujours essentielle, puisqu’elle a permis le maintien, voire la construction, d’un certain nombre de salles.
C’est d’ailleurs ce lien avec les élus qui a abouti à la création de Villes et Cinémas, devenu Territoires et Cinéma. Nous nous attachons à travers notre réflexion « Cinéma et égalité des territoires » à revoir avec eux la manière de permettre un égal accès au cinéma par la population.

La salle comme lieu d’animation et d’appropriation de la culture cinématographique est au cœur des enjeux. Qu’il nous soit permis également d’insister sur ce point qu’est le rétablissement du lien avec le public. Même si les choses ne sont pas toujours comparables, le public des musées s’est organisé en associations d’Amis, qui ont joué un rôle non négligeable dans le développement de la fréquentation. D’ailleurs des salles sont même en activité aujourd’hui avec le concours bénévole de groupes de spectateurs. Les salles à ce jour confrontées à la mise en place du passe sanitaire, tant pour le public que pour leurs salariés, vont connaître une période difficile de ce point de vue, et la mobilisation des spectateurs peut se trouver freinée de manière dommageable.

L’enjeu est de taille. Une coopération apaisée de tous est vitale pour l’avenir du cinéma en France.

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N°5 Jeudi 19 Août 2021- 30 000 envois

La Summer, c’est la version estivale, jusqu’au 2 septembre, de la newsletter Bellefaye.

Quels cinémas demain ?

Traumatisé par les « stop-and-go » ministériels, la montée des abonnés Netflix, l’offensive Disney+, passé de partenaire historique à concurrent frontal, le cinéma s’interroge sur l’avenir des salles.

Le 30 mars 2021, à l’occasion de ses sessions de formation, l’AFCAE, l’Association française

des cinémas d’art et d’essai, débattait, en ligne, du « cinéma de demain », des salles de demain.

Six participants, plus de mille connectés. Un débat est animé par Laurent Creton, de l’Université Sorbonne Nouvelle Paris III. Avec François Aymé, président de l’AFCAE ; Richard Patry,

président de la FNCF et directeur des cinémas Noe ; Anne Faucon, gérante du cinéma Utopia

Pont-Sainte-Marie ; Raphaël Jacquerod, directeur du cinéma Le Pixel à Orthez ; Jocelyn Bouyssy, directeur général du groupe CGR Cinémas.

Pour la FNCF, la Fédération Nationale des Cinémas Français, le postulat de départ, c’est

la nécessaire remise en cause du modèle de ces vingt dernières années.

Le confort indéniable des salles, la qualité technique de l’image et du son, l’efficacité de la gestion des flux – les personnes, les données numériques – ne sont pas suffisants pour créer une vraie relation

avec le public.

La salle de cinéma de demain devra être « exclusive, plus belle, plus écologique, plus citoyenne,

plus innovante, plus connectée, plus réactive, et des salles revenues dans les centres-villes. »

On est dans le temps long.

Une salle écologique, pourquoi pas ? En briques de terre crue, soucieuse de son bilan carbone,

avec des toilettes sèches ?

Enthousiasme mesuré des participants.

Même retenue pour un mix trop poussé avec les jeux vidéo dans une salle dédiée. On comprend la prudence du cinéma vis-à-vis de cet univers débordant et glouton.

Au passage se révèle la fracture, très profonde, entre le cinéma des villes (les métropoles régionales) et le cinéma des champs (tout le reste du territoire). Une fracture créée, selon des intervenants, par l’application sans discernement du modèle parisien des multiplexes, à l’ensemble du territoire national.

Ce n’est pas faux, au vu du taux moyen d’occupation des salles, pas plus de 15 %.

Pour le retour de salles remplies et conviviales, il faut donc réduire le nombre de séances, leur profusion est née des exigences des distributeurs, pas des exploitants.

C’est une idée qui circule depuis quelques temps.

Des salles plus belles… Le cinéma est à l’aise avec le beau, l’insolite.

En 80 ans, tout a été osé : les décors grandioses inspirés des palaces, des paquebots, le projet de Le Corbusier, une salle depouillée, blanche et noire, sous la brasserie de La Coupole. Les façades inspirées de Mallet-Stevens, et même, en 1932, le Cinéplage du cinéma Marbeuf, avec sable et chaises longues…

Puis, pendant les années 70-80, 80-90, « on a fait n’importe quoi, des salles dans des placards à balais, dans le local de stockage de la confiserie… »

On peut rajouter la sortie peu chaleureuse, on émerge dans des ruelles, loin de l’entrée illuminée… Quelques secondes de stupeur. « On est où »?

A l’aise avec le beau, les cinémas le sont tout autant avec le laid : les blockhaus, dans les zones industrielles, les clones de halls de gare, d’aéroport, où les horaires des vols ou des trains sont remplacés par ceux des séances. Mais tous les rêves enfuis.

Plus souvent qu’on ne pense, pour l’architecture des cinéma, ce sont les institutionnels, les élus,

les organismes qui ont imposé leurs vues. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire.

Sur le beau, les débatteurs sont peu loquaces. Pensent-ils qu’au fond, il y a des spécialistes pour ça : artistes, scénographes, décorateurs, graphistes, dessinateurs de BD ?

Pour rétablir le lien avec le public, le but principal de cette réunion, peu de propositions, car tous savent que c’est compliqué. C’est au jour le jour. Sur le terrain.

On soutient, par principe, « l’éducation à l’image ». Mais on sait, d’instinct, que, pour faire venir ou revenir les jeunes vers les salles, il faut avant tout des films qui les attirent et les bandes annonces qui vont avec.

Bien sûr il y a les avant-premières, les débats avec l’équipe. Ils existent depuis au moins 47 ans, comme l’atteste une affiche d’un cinéma de Roubaix, « la projection sera suivie d’un débat avec le metteur en scène ».

Du solide.

A lire et à voir sur le site Bellefaye :

Le débat en streaming

Le retour en centre ville ?

Le regard acéré d’une acéré d’une sociologue

Le marketing des jeunes

Une affiche à Roubaix

Notre lettre « en bref » – mai/Juin 2021

EDITO

A l’heure de la réouverture et des élections les salles peuvent compter sur les élus.

C’est la réouverture. Était-il si nécessaire de fermer, pour réouvrir, puis refermer, puis enfin revenir par étape à une réouverture que l’on ne peut qualifier de totale puisque demeure des restrictions sur la fréquentation au moins jusqu’à fin juin, et une inquiétude si la situation sanitaire s’aggravait.

Mais en tout cas le retour à la normale est programmé, dégageant la voie pour les salles de cinéma, comme pour les festivals.
Ainsi s’achève donc la période de loin la plus difficile que le cinéma ait connu depuis ses origines.

Mais juin sera aussi marqué par les élections départementales et les élections régionales. C’est l’occasion de souligner le soutien apporté par les élus à la création comme à la diffusion des films. Sans cela nombre de films n’auraient pu trouver leurs financements, et bon nombre de salles n’auraient pu poursuivre leurs activités.

Dans l’actualité, deux dernières marques de l’intérêt porté par les élus au cinéma, répondant notamment aux demandes des organisations professionnelles : Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret, a tout d’abord posé une question écrite au Ministère de la culture, il a été ensuite l’initiateur d’une proposition de loi, vous trouverez en page 1 des informations sur ces deux initiatives.

Lire notre lettre en ligne
Télécharger notre lettre en pdf

Ou bien retrouvez la ci dessous 😉

deces de vanik berberian

Par le communiqué de l’AMRF nous apprenons le décès de son ancien Président Vanik Berberian.

En octobre 2016, Territoires et Cinéma et de nombreux partenaires associatifs,  ainsi que la FNCC, avions co-organisé avec l’AMRF  une rencontre  « Cinéma rural, culture en territoires, de nouveaux scenarios ». Nous nous étions rendus à Trévoux à l’invitation de Marie-Jeanne Beguet élue du territoire et membre du Bureau de l’AMRF.

Vanik était présent et savait défendre la cause culturelle pour le milieu rural. Nous le croisions également en Avignon où ses interventions savaient provoquer les prises de conscience.

Rappelons ici que Gargilesse-Dampierre, son village, avait été en 2014 le décor de l’excellent film « Maestro » de Léa Fazer, unanimement salué par la critique.

Nous nous associons pleinement à l’hommage qui lui est rendu. Vanik Berberian était effectivement une personnalité attachante. C’était également un défenseur inlassable des citoyens ruraux.

Sur la photo, prise lors du colloque, Vanik Berberian au centre

Questionnaire Janvier 2021 au réseau de Territoires et CinémA

Chères Amies, chers Amis,

Alors que s’achève une année terrible pour le cinéma, il est évidemment difficile de présenter les formules classiques en période de vœux à tous les cinéphiles, élus, exploitants, responsables associatifs et responsables des services des Collectivités Territoriales.

Pour nous en tenir à l’exploitation, on constate que toutes les salles ont été fermées durant 162 jours, mais il faut souligner aussi que durant les périodes d’ouverture un certain nombre de salles ont eu une activité réduite.

Par ailleurs il faut rappeler que janvier et février 2020, période de pleine ouverture, avaient connu une baisse de 20 % de la fréquentation par rapport aux mois de janvier et février 2019.

Tout cela conduit à un résultat de 65,1 millions d’entrées en 2020 contre 213,7 millions en 2019. Certes les conditions d’exploitation ayant été sans commune mesure avec les années précédentes, toute comparaison est très aléatoire.

Pour s’en tenir au seul domaine des équipements culturels, des bilans comparables existent aussi pour les théâtres, les musées, les salles de concert, ainsi que les discothèques.

Le retour à la normale sera sans conteste difficile. Pour être mieux présent dans cette action nous avons décidé de revoir notre organisation dont les modes sont à repenser afin de la rendre mieux à même de faire face à la situation créée par les confinements successifs, et aux conséquences qu’ils ne manqueront pas d’avoir dans l’avenir.

C’est à cette fin que vous trouverez un questionnaire qui nous permettra de mieux connaître votre situation avec cette longue période d’arrêt de vos activités sur décision des Pouvoirs Publics.

Merci de votre réponse, en espérant une année 2021 moins confinée que 2020, recevez malgré un avenir incertain tous nos meilleurs voeux.

ACID – Nouveau Conseil d’Administration

Heureusement dans cette triste période les différentes organisations poursuivent leur vie démocratique. L’ACID a informé de la nouvelle composition de ses instances :
https://www.lacid.org/fr/l-association/ca-bureau

A noter aussi : les inscriptions des films pour l’ACID Cannes 2021 sont ouvertes jusqu’au 18 mars. Les conditions sur le site :
https://www.lacid.org/fr/soumettre-un-film/soumettre-un-film-pour-cannes

ACID 2021

MEMBRES DU BUREAU

Hélène MILANO, Co-présidente
Idir SERGHINE, Co-président
Clément SCHNEIDER, Co-président
Laure VERMEERSCH, Trésorière
Aurélia BARBET, Secrétaire

ADMINISTRATEURS

Olivier BABINET
Stéphane BATUT
Delphine DELOGET
Diego GOVERNATORI
Nora MARTIROSYAN
Naruna KAPLAN DE MACEDO
Ombline LEY
Vladimir PERIŠIĆ
Jean-Robert VIALLET

Que doivent faire les salles en periode de fermeture ?

A tous ceux qui ont la responsabilité d’une salle, il est important de rappeler que pendant la période de fermeture la FNCF – Fédération Nationale des Cinémas Français, publie les mises à jours des informations pratiques et sociales concernant les salles.

Notre attention se porte surtout sur la rubrique Coronavirus qui détaille parfaitement l’ensemble des recommandations pour le maintien techniques des locaux et du matériel durant la fermeture, ou des fiches pratique de mise à jour le 06 janvier sur le Fonds de solidarité, etc…

Et même si l’on est spectateur, après tout, cela permet de mieux se rendre compte des exigences de la situation pour les salles qui nous sont si chères 

Réouverture des cinémas !

Si l’on aperçoit une lumière dans ce long tunnel grâce à l’annonce de la réouverture, la prudence reste de mise, et les exploitants le savent. Richard Patry, le Président de la FNCF le dit lui-même au Film Français « il ne s’agit pas d’un déconfinement, juste d’un allègement. Le déconfinement n’arrivera qu’ensuite – si les conditions sanitaires sont réunies » Pour preuve que la menace est toujours bien réelle, il précise que « les négociations (…) vont continuer en fonction de l’évolution des conditions sanitaires ».

Cet état de fait, nous le vivrons encore, et certes l’expérience nous rappelle qu’en des temps moins récents la société toute entière bataillait contre la tuberculose, et les sanatoriums maillaient le territoire. Nous ne revivons pas un mal d’une telle ampleur, mais nous avons tous besoin de perspectives et de soutien.

C’est justement l’un des rôles de la culture de nous aider à faire face moralement. La culture nous porte, et Richard Patry souligne, dans ce contexte c’est « un signal fort : les théâtres, les cinémas, les musées, les lieux de culture, rouvrent ». Il exprime également que le soutien aux cinémas dans notre pays n’est pas un vain mot : « on ne peut pas dire que nous n’avons pas été épaulé. Heureusement d’ailleurs, sinon cela aurait été un carnage », on ne saurait être plus clair !

Le protocole sanitaire strict proposé aux autorités par les exploitants et l’ « offre diversifiée et de qualité, pour tous les publics » est telle qu’elle va, cette fois encore donner envie aux publics de retrouver les salles. L’échange avec le Film Français laisse voir que l’embouteillage de films évoqué par certains ne semble pas réaliste, en comparaison en tout cas du calendrier de sortie de la même période en 2019.

Des crises sociales sont à venir, tout peut sembler vain. Nous le dirons inlassablement aux Collectivités : ne cédez pas à la tentation d’abandonner la culture, et en particulier le cinéma. Loisir démocratique, équipement qui anime la commune, le cinéma permet aussi un maillage, mais ici culturel et militant. Renoncer à ces efforts serait finalement nier tout le travail déjà effectué par toutes les parties prenantes.

Il faut que nous ayons tous à l’esprit qu’il y a aux côtés des tutelles du cinéma, les élus, les associations et les publics qui seront prêts à redoubler d’efforts si la chaîne ne se brise pas. Il faut tous y travailler, c’est ce message que nous souhaitions adresser en attendant avec impatience noël avant noël, c’est-à-dire le 15 décembre !

Décembre : ArteKino Festival, cinquième édition

Du 1er au 31 décembre 2020, « Les dix longs métrages, de dix nationalités différentes, rendent hommage à la diversité culturelle et linguistique de l’Europe. »

A suivre sur leur site  https://www.artekinofestival.com/film-month/the-domain?now=1 – ou via la chaine YouTube ARTE Cinéma https://www.youtube.com/channel/UClo03hULFynpoX3w1Jv7fhw

PALMARES DU FESTIVAL DES 3 CONTINENTS

Retrouvez la vidéo sur le site du festival https://www.3continents.com/fr/

Edition 2020 : 14 séances, plus de 10 000 spectateurs !

« Confinés mais déterminés » publiait l’équipe du festival le 30 octobre dernier, la détermination a été visiblement partagée par le public, ce qui est rassurant pour l’avenir et la bonne santé de la cinéphilie !  

RÉOUVERTURE DES SALLES EN DÉCEMBRE ?

Film Français toujours : l’article « Vers une réouverture des cinémas mi-décembre ? » est disponible pour les abonnés sur le site du journal http://www.lefilmfrancais.com/

Dans son article Kevin Bertrand informe que les « Pouvoirs publics travailleraient (…) plus spécifiquement sur une réouverture des salles le mois prochain. ». Le journal précise « qu’aucune décision n’ait à ce jour été prise » mais que certains membres de la profession ont indiqué que les dates des 09 ou 16 décembre seraient envisagées.

Croisons les doigts !