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« Le regard de Charles » de Marc Di Domenico

Ce n’est pas une hagiographie musicale que vous découvrirez, c’est un objet filmique vraiment intéressant.

Montrer l’envie de Charles Aznavour de découvrir le monde, sa passion de la vie et l’envie rageuse d’y arriver, c’est le grand intérêt de ce montage. Rappelons que les commentaires lus par Romain Duris sont les propos même du chanteur. Plus extraordinaire est le fait même de l’existence de tous ces films personnels à vrai dire.

Un choix intelligent, images et textes, a été fait pour illustrer sa vie privée. Commentaires sincères et profonds sur ses vies de couples et sur ses enfants, images parfois comme des flash-back intérieurs, comme si les souvenirs s’affichaient directement de l’esprit à l’écran.

Mais le film ne se résume pas à cet aspect.

Charles Aznavour, d’ailleurs venu et ailleurs allé. Et les sujets filmés retiennent une attention sociétale, quasi politique même. Aznavour n’a de cesse de s’émerveiller marche à marche de sa propre ascension têtue, et parallèlement, de capturer par ses images des vies semblables à celle de ses parents. Mais en réalité il filme sa propre vie, celle de sa réussite, et la vie des autres qui aurait en fait été la sienne, celle qui lui était en fait destinée sans son talent et sa détermination.

« Dans le regard de Charles » est peut-être le dernier film engagé. Ce propos est trop fort, oui c’est vrai, mais ça m’est égal, c’est l’état esprit dans lequel je suis sortie de la salle, c’est mon avis…et je le partage donc !

Céline Recchia

« Venise n’est pas en Italie » de Ivan Calbérac

L’histoire telle qu’on la trouve sur internet :

« La famille Chamodot est fantasque et inclassable. Bernard, le père, un peu doux-dingue, fait vivre tout le monde dans une caravane, et la mère, Annie teint les cheveux de son fils Émile en blond, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça !!! Quand Pauline, la fille du lycée dont Émile est amoureux, l’invite à Venise pour les vacances, l’adolescent est fou de joie. Seul problème, et de taille, les parents décident de l’accompagner avec leur caravane, pour un voyage aussi rocambolesque qu’initiatique. »

L’adaptation théâtrale de ce roman avait visiblement été très saluée. Ni lectrice du roman, ni spectatrice de la pièce, j’ai découvert un film qui m’a séduite. Les ingrédients sont communs à bien des histoires où la différence sociale entre deux familles est prétexte à des situations tragi-comiques. Mais peu de films du genre nous amène à nous intéresser à la situation comme si les événements arrivaient à des gens que l’on connaît réellement et que l’on aime bien. Une véritable empathie naît grâce à l’interprétation de Benoit Poelevoorde et de Valérie Bonneton, parents aimants, parents s’aimant.

Helie Thonnat, qui joue leur fils Emile, donne le change face à ces deux comédiens. Il est plus jeune et moins connus de nous que Vincent Lacoste lorsque ce dernier était confronté à Benoit Poelevoorde et à Gérard Depardieux dans « Saint-Amour », mais il occupe tout autant la place qui lui est offerte, cela mérite d’être salué.

Mais tous ceux qui composent cette comédie sont justes, et le film ne tombe pas dans la facilité.

Chanson au générique de fin, Serge Reggiani « Venise n’est pas en Italie »…a (re)découvrir sur le site l’INA !

https://www.ina.fr/video/I07120259/serge-reggiani-venise-n-est-pas-en-italie-video.html

Céline Recchia

« Parasite » de Bong Joon Ho

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire à la mords moi ! »…tel est le commentaire entendu dans la salle à la fin du film ! Certes je ne partage pas cet avis, mais pourtant…

Drôle, le film l’est certainement, sur fond de critique sociale, qui justifie l’action de chacun des protagonistes d’ailleurs. Si l’ensemble et intelligemment ficelé, avec des acteurs au jeu humain plausible, un certain grotesque vraiment plaisant dans la première partie décrédibilise malgré tout la situation dramatique finale. A mon sens, la bascule entre réalité et extravagance ne se fait pas aussi bien que dans « Pulp Fiction », autre Palme d’or.

Car finalement c’est à se demander si le film ne souffre pas plus de la Palme que d’autre chose. Car on passe un très bon moment, avec ce film emmené, amusant et prenant, mais dont on ne peut pas s’empêcher de se demander tout au long, si, malgré une réalisation brillante, il était normal qu’il est enlevé le trophée…

Mais ne vous découragez-pas avec ce genre de considérations, et découvrez-le, cela ne reste que mon avis et à l’entendre, ce n’était pas l’avis de toute la salle !

Céline Recchia

«Dans un jardin qu’on dirait éternel» de Tatsushi Omori – dans le cadre des «Saisons Hanabi»

Tout près du Ciné Saint-Leu d’Amiens, L’homme sur sa bouée retrouvera sa place ce 24 mai, puisque, à la suite de sa restauration, la sculpture sera réinstallée, « flottant » sur la Somme qui suit son cours au cœur de ce quartier : https://www.amiens.fr/Les-evenements/Retour-de-l-oeuvre-de-Balkenhol-L-Homme-sur-sa-bouee

Au Ciné Saint-Leu, comme dans de nombreuses salles en France – Les saisons Hanabi  se déroulaient ce samedi : http://www.hanabi.community/evenements/

Dans un jardin qu’on dirait éternel  était le film de jour. Et dans l’archipel japonais, comme symbole d’un apaisement, un homme se tient debout entouré d’eau (ici la mer), de fait, voir cette scène dans ce cinéma d’Amiens devenait une excellente coïncidence !

Le sujet du film est avant tout la vacuité des existences que les sociétés cherchent à combler contre les appétences de chacun. Et comment deux jeunes filles en fin d’étude, Noriko et Michiko, aux tempéraments et aux sensibilités différentes, vont, au fur et à mesure de leur apprentissage de l’art de la cérémonie du thé, se révéler et choisir leurs voies. Pour Michico ce sera celle des injonctions sociétales, tant professionnelles que maritales, pour Noriko, que l’on dit maladroite et moins déterminée, celle d’un lent accomplissement, une réponse à tous les questionnements, au gré des cycles des saisons.

Adaptation du roman de Noriko Morishita, rien d’étonnant dans le déroulé de ce film, ni vraiment dans la forme. Mais on apprécie le parti pris d’une narration où une jeune femme se révèle pudiquement à nous, se découvrant elle-même, dans l’exploration de strates de plus en plus sensibles. La « présence » de La Strada de Fellini en témoigne. Certes l’aura qui entoure ici la cérémonie du thé n’est peut-être pas aussi envoûtante pour nous que pour les japonais, mais peu importe le véhicule puisqu’il chemine vers l’harmonie de l’héroïne.

Sortie en salle le 10 juillet.

Céline Recchia

HISTOIRE DU CINÉMA : L’AFRHC

Le cinéma a une Histoire et ses Historiens !

Nous vous présentons ce mois-ci l’Association Française de Recherche sur l’Histoire du Cinéma.

https://afrhc.fr/

l’AFRHC rassemble la plupart des spécialistes français de l’histoire du cinéma, ainsi qu’un certain nombre de chercheurs étrangers. Elle a non seulement pour objectif de réunir les historiens qui travaillent sur le cinéma, et de se constituer en lieu d’échange permanent pour débattre et faire connaître les nouvelles recherches en la matière, mais elle s’adresse aussi à tous ceux qui sont intéressés par l’histoire du cinéma.

 

Entre autres activité, elle organise des séminaires dont vous trouverez la présentation du prochain :

 

Séminaire permanent de l’AFRHC

« Nouvelles recherches sur l’histoire du cinéma »

 

Séance du vendredi 10 mai 2019

Institut national d’histoire de l’art (INHA)

2 rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs, Paris 2e

Salle Fabri de Pereisc (rdc) – 18h-20h

 

 

Christophe Gauthier

« La mise en crise du cinéma français :

Contribution à une histoire de la critique cinématographique »

(années 1930-1940)

 

Les rééditions récentes, complètes ou partielles, des écrits de Lucien Rebatet ont porté les feux sur l’idéologie politique et l’antisémitisme d’un individu. Il convient désormais d’examiner le discours sur le cinéma des années 1935-1944 dans son ensemble afin d’évaluer la part de la contamination xénophobe et antisémite de la critique cinématographique en France, d’en examiner les usages politiques aussi bien que ce qui se joue de manière interne à l’histoire du cinéma (…)

« Les grands squelettes » de Philippe Ramos

L’image a été saisissante. Melvil Poupaud relevé de sa chute s’interroge assis sur un banc. Cela m’a ramené à ce que Michel Audiard disait : « je suis fasciné par ces gens qu’on voit dans les squares, assis sur des bancs, qui regardent leurs chaussures, pendant des heures comme ça. Ces gens-là je m’assois à côté d’eux et j’essaie de leur parler. (…) si ils me racontent leur vie…vous comprenez qu’eu type qui reste comme ça, prostré des heures, il a des problèmes dans la tête, c’est pas un hasard ». A côté de combien de personnes Philippe Ramos a réussi à s’asseoir, à combien a-t-il réussi à parler ? Le film est saisissant pour cette justesse. Au fur et à mesure que le film se déroulait, je pensais en parallèle à ce roman Edouard Dujardin « Les lauriers sont coupés » qui plonge le lecteur dans les pensées profondes, dévoilées, ordinaires, et blessées du personnage principal au cours de ses déambulations d’un soir, entre rencontres amicales, vie parisienne, tourmentes amoureuses. C’est ce que « Les grands squelettes » nous donne à vivre. Evidemment comment ne pas se référer à « La Jetée » car voix off et images fixes composent ce film, mais ici parfois mouvantes, mais ici pour des sujets amoureux, et nous au cœur de leurs fragilités.

Un moment hors du temps, un poème intime.

Céline Recchia

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