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«Dans un jardin qu’on dirait éternel» de Tatsushi Omori – dans le cadre des «Saisons Hanabi»

Tout près du Ciné Saint-Leu d’Amiens, L’homme sur sa bouée retrouvera sa place ce 24 mai, puisque, à la suite de sa restauration, la sculpture sera réinstallée, « flottant » sur la Somme qui suit son cours au cœur de ce quartier : https://www.amiens.fr/Les-evenements/Retour-de-l-oeuvre-de-Balkenhol-L-Homme-sur-sa-bouee

Au Ciné Saint-Leu, comme dans de nombreuses salles en France – Les saisons Hanabi  se déroulaient ce samedi : http://www.hanabi.community/evenements/

Dans un jardin qu’on dirait éternel  était le film de jour. Et dans l’archipel japonais, comme symbole d’un apaisement, un homme se tient debout entouré d’eau (ici la mer), de fait, voir cette scène dans ce cinéma d’Amiens devenait une excellente coïncidence !

Le sujet du film est avant tout la vacuité des existences que les sociétés cherchent à combler contre les appétences de chacun. Et comment deux jeunes filles en fin d’étude, Noriko et Michiko, aux tempéraments et aux sensibilités différentes, vont, au fur et à mesure de leur apprentissage de l’art de la cérémonie du thé, se révéler et choisir leurs voies. Pour Michico ce sera celle des injonctions sociétales, tant professionnelles que maritales, pour Noriko, que l’on dit maladroite et moins déterminée, celle d’un lent accomplissement, une réponse à tous les questionnements, au gré des cycles des saisons.

Adaptation du roman de Noriko Morishita, rien d’étonnant dans le déroulé de ce film, ni vraiment dans la forme. Mais on apprécie le parti pris d’une narration où une jeune femme se révèle pudiquement à nous, se découvrant elle-même, dans l’exploration de strates de plus en plus sensibles. La « présence » de La Strada de Fellini en témoigne. Certes l’aura qui entoure ici la cérémonie du thé n’est peut-être pas aussi envoûtante pour nous que pour les japonais, mais peu importe le véhicule puisqu’il chemine vers l’harmonie de l’héroïne.

Sortie en salle le 10 juillet.

Céline Recchia

HISTOIRE DU CINÉMA : L’AFRHC

Le cinéma a une Histoire et ses Historiens !

Nous vous présentons ce mois-ci l’Association Française de Recherche sur l’Histoire du Cinéma.

https://afrhc.fr/

l’AFRHC rassemble la plupart des spécialistes français de l’histoire du cinéma, ainsi qu’un certain nombre de chercheurs étrangers. Elle a non seulement pour objectif de réunir les historiens qui travaillent sur le cinéma, et de se constituer en lieu d’échange permanent pour débattre et faire connaître les nouvelles recherches en la matière, mais elle s’adresse aussi à tous ceux qui sont intéressés par l’histoire du cinéma.

 

Entre autres activité, elle organise des séminaires dont vous trouverez la présentation du prochain :

 

Séminaire permanent de l’AFRHC

« Nouvelles recherches sur l’histoire du cinéma »

 

Séance du vendredi 10 mai 2019

Institut national d’histoire de l’art (INHA)

2 rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs, Paris 2e

Salle Fabri de Pereisc (rdc) – 18h-20h

 

 

Christophe Gauthier

« La mise en crise du cinéma français :

Contribution à une histoire de la critique cinématographique »

(années 1930-1940)

 

Les rééditions récentes, complètes ou partielles, des écrits de Lucien Rebatet ont porté les feux sur l’idéologie politique et l’antisémitisme d’un individu. Il convient désormais d’examiner le discours sur le cinéma des années 1935-1944 dans son ensemble afin d’évaluer la part de la contamination xénophobe et antisémite de la critique cinématographique en France, d’en examiner les usages politiques aussi bien que ce qui se joue de manière interne à l’histoire du cinéma (…)

« Les grands squelettes » de Philippe Ramos

L’image a été saisissante. Melvil Poupaud relevé de sa chute s’interroge assis sur un banc. Cela m’a ramené à ce que Michel Audiard disait : « je suis fasciné par ces gens qu’on voit dans les squares, assis sur des bancs, qui regardent leurs chaussures, pendant des heures comme ça. Ces gens-là je m’assois à côté d’eux et j’essaie de leur parler. (…) si ils me racontent leur vie…vous comprenez qu’eu type qui reste comme ça, prostré des heures, il a des problèmes dans la tête, c’est pas un hasard ». A côté de combien de personnes Philippe Ramos a réussi à s’asseoir, à combien a-t-il réussi à parler ? Le film est saisissant pour cette justesse. Au fur et à mesure que le film se déroulait, je pensais en parallèle à ce roman Edouard Dujardin « Les lauriers sont coupés » qui plonge le lecteur dans les pensées profondes, dévoilées, ordinaires, et blessées du personnage principal au cours de ses déambulations d’un soir, entre rencontres amicales, vie parisienne, tourmentes amoureuses. C’est ce que « Les grands squelettes » nous donne à vivre. Evidemment comment ne pas se référer à « La Jetée » car voix off et images fixes composent ce film, mais ici parfois mouvantes, mais ici pour des sujets amoureux, et nous au cœur de leurs fragilités.

Un moment hors du temps, un poème intime.

Céline Recchia

Comme chacun d’entre nous, à la sortie d’un film, vous avez un avis. En quelques lignes -ou beaucoup plus- mettez le en mots et envoyez le nous. Sur notre site la rubrique « L’ombre d’un doute » est destinée à le recevoir.
C’est simple : vous écrivez, vous nous l’envoyez (en indiquant vos prénom et nom) via la messagerie de notre page Facebook ou à l’adresse 7.art@orange.fr et nous le publions. Bien sur nous nous réservons le droit de ne pas publier si nous le jugeons insultant, odieux, dégradant… mais nous vous le dirions !

« J’veux du soleil » et « L’époque »

« J’veux du soleil » et « L’époque » ont fait l’objet de critiques, succinctes et justes selon moi dans le Canard Enchainé, je vous renvoie donc à ces papiers, bien mieux formulés que je ne saurais le faire. Des réserves ont été émises par d’autres critiques, tout aussi intéressantes, fouillez dans la presse, ce sera aussi bien, moi je ne défendrai qu’une seule thèse : allez-les voir les deux !

Si « J’veux du soleil » est brut dans sa forme, « L’époque » est d’une beauté formelle qui vaut le détour, mais il est pertinent de ne pas choisir entre les deux, car ces deux films donnent à voir les interrogations globales de toutes les générations.

Deux films pour des visages, deux films pour dévisager la société française d’aujourd’hui.

Céline Recchia