Tous les articles par Daniel Richard

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Tribune du C.N.C : notre synthèse

« Certains veulent démanteler le modèle même qui a fait de la France un champion mondial de la création audiovisuelle. Le modèle de financement du cinéma français n’était contesté que par les géants américains. Salué et copié dans le monde entier, il est aujourd’hui remis en cause par des voix françaises qui risquent de saborder ce qui nous donnait une longueur d’avance. »

Voici les idées-forces de son texte :

« Premièrement, protéger notre outil créatif et industriel, mis a l’épreuve par une crise mondiale d’une violence inédite. »

Gaëtan Bruel cite la chute de la fréquentation : 35% dans le monde, 25 % en France, et « la fragilisation simultanée de tous les modèles qui permettent encore de produire des œuvres ambitieuses » versus les « usages vers les plateformes « gratuites » : « Cette gratuité est trompeuse : elle repose sur la monétisation de notre attention ». Il alerte ensuite sur la captation de nos imaginaires, et les potentiels dégâts sur notre industrie de l’image animée, les comportements prédateurs s’appuyant désormais de plus en plus sur l’I.A.

« Cette souveraineté se mesure très concrètement. Grâce à ses écoles, à ses studios, au Festival d’Annecy – tous soutenus par le CNC –, la France est aujourd’hui le troisième pays au monde pour l’animation (…) nos enfants peuvent encore grandir avec des œuvres – et donc des références, des valeurs – majoritairement françaises. Voulons-nous préserver cette capacité pour l’avenir, ou laisser notre filière de l’image devenir le nouveau symbole du déclassement industriel français ? »

« Deuxième défi : accélérer a l’export »

Pourtant seulement 23ème pays par sa population, la France, rappelle Gaëtan Bruel, occupe bien souvent la 3ème place au Box-Office mondial. Si le marché intérieur principalement porte le secteur, pour autant : « Nous faisons déjà 40 % des recettes de nos films à l’international, mais nous pouvons faire bien plus. ». Il évoque ensuite « la crise d’Hollywood et la réduction structurelle du nombre de films américains », cette conjoncture ouvrant le champ à « d’autres cinémas. Dans un océan de contenus standardisés »

« le troisième défi est le miroir du deuxième : accueillir davantage de tournages étrangers »

Le Président du CNC confirme l’importante retombée des tournages ici de films ou séries internationales, certes pour les techniciens de cinéma locaux, mais aussi pour l’économie locale « hôteliers, restaurateurs, commerçants, artisans, transporteurs  (…) Aujourd’hui, selon Unifrance et le CNC, les seules recettes internationales du secteur rapportent déjà 1,3 milliard d’euros par an ». Si l’image de la France à l’étranger était largement portée par la diffusion classique du cinéma, il précise à juste titre que : « A l’heure des plateformes, chaque tournage étranger devient aussi une campagne d’image planétaire »

Il aborde ensuite l’enjeu des crédits d’impôt internationaux « sans eux, un territoire disparaît d’emblée de la carte des grandes productions. (…) les doutes instillés sur la pérennité de notre modèle atteignent les décideurs internationaux. (…) l’incertitude se paie en tournages perdus. »

« Quatrième grand défi : préserver un tissu de salles de cinéma qui constitue l’une des grandes réussites françaises. »

2ème équipement culturel de proximité, 93% des français sont à moins de 30 minutes d’une salle. « Mais ce maillage n’est pas gravé dans le marbre » Il évoque en effet une situation qui mérite de « mobiliser tous les leviers pour faire revenir le public », car si le parc de salles s’est constitué sur 200 millions d’entrées, nous n’en totalisons désormais plus que 160. Il faut nous épargner une redite de la crise des années 80 « quand la chute de la fréquentation faisait fermer les salles par dizaines. »

Il évoque alors le débat lancé par certains sur un supposé trop grand nombre de films, et répond : « personne ne sait prédire le succès d’un film – pas plus que celui d’un livre. Comme notre chance est d’avoir des éditeurs et des libraires qui ne se limitent pas aux dix best-sellers du moment, notre force est d’avoir des producteurs, des distributeurs et des salles qui offrent une diversité de films. » Et de fait, en 2025 deux Français sur trois se sont rendu en salle, et « 38 % des entrées ont concerné des films français – une part de marché sans équivalent en Europe. S’il y a bien un pays où les films nationaux rencontrent leur public, c’est la France. Leur diversité est le ressort même de notre performance. Elle est plus que jamais non pas la cause, mais le remède aux difficultés actuelles. »

Pour finir, Gaëtan Bruel évoque les investissement importants du Royaume-Uni, dont « une refonte intégrale de ses crédits d’impôt pour mieux aider son cinéma indépendant et à petit budget », de l’Espagne, avec le plan Espagne, hub audiovisuel d’Europe, de l’Allemagne qui double quasiment ses aides à la production.

Il conclu en évoquant un « grand paradoxe » : les 80 ans de mobilisation via le CNC pour le cinéma français, qui a protégé notre cinématographie nationale, notre réseau de salles, nos techniciens, nos créateurs, a permis de devenir parfois leader sur bien des plans, ces 80 ans donc, de travail acharné, sont visés par une campagne mensongère sur son financement, lorsque son autofinancement « par des taxes qui sont acquittées par les seules entreprises du secteur et rend les films français beaucoup moins dépendants de l’argent public qu’ailleurs en Europe (25 % en France, contre près de 50 % dans le reste de l’Europe) ».  La France « peut encore franchir un cap stratégique en s’emparant de ces quatre enjeux, grâce à un modèle particulièrement vertueux. »

Il alerte à juste titre en conclusion :

« Mais, à force de caricatures, de remises en cause à bas bruit et d’attentisme silencieux, nous sommes en train de désarmer ce qui nous donnait pourtant une longueur d’avance. Notre déclassement n’est en rien une fatalité, sauf si nous l’organisons nous-mêmes. »

Fonds d’aide à l’Éducation au Cinéma et à l’Image

Le CNC lance un fonds d’aide dédié aux dispositifs innovants en matière d’éducation au cinéma et à l’image

Dans le cadre du plan de refondation de l’éducation au cinéma et à l’image, annoncé le 25 novembre 2025 par les ministères de l’Education nationale et de la Culture, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) crée un fonds pour accompagner le développement de projets innovants en matière d’éducation au cinéma et à l’image.

Les images ont pris une place considérable dans le quotidien de toutes et tous, particulièrement des plus jeunes, pour qui elles sont un moyen d’information et d’expression privilégié, souvent sans aucune médiation. L’utilisation des outils et plateformes numériques est majoritaire chez les jeunes, et la facilité à produire et diffuser des images leur donne l’opportunité de s’essayer à la création. Afin d’accompagner ces évolutions, le CNC met en place un fonds d’aide aux dispositifs innovants dans le champ de l’éducation au cinéma et aux l’image à destination des structures menant des actions auprès des publics jeunes en temps scolaire, périscolaire et hors temps scolaire.

La Rochelle 2026 : on se rencontre ?

Territoires et Cinéma sera bien sûr présent durant ce festival.
Toute notre équipe sera à votre disposition pour vous y rencontrer, faire connaissance, discuter un peu, beaucoup, et même passionnément !
N’hésitez donc pas à nous contacter par mail territoires.et.cinema@gmail.com – Uniquement par mail en indiquant, si vous le souhaitez, votre numéro de téléphone. Nos téléphones seront souvent en pause durant le festival mais nous nous ferons un plaisir de vous répondre rapidement soit par mail, soit par SMS, soit en vous laissant un message vocal.

En attendant, découvrez la bande-annonce de cette 54e édition réalisée par Mohammad Babakoohi. Un merveilleux hommage aux films de Jacques Tati programmés au Fema.

“Accès aux films des cinémas de proximité“

Face aux inquiétudes et tensions croissantes, cette rencontre interroge les conditions d’accès aux films aujourd’hui et les perspectives pour l’avenir des cinémas de proximité.

Mardi 30 juin dans le cadre du FEMA, de 14h à 16h à la Coursive – studio de répétition (4 Rue St Jean du Pérot, La Rochelle), le syndicat propose une table ronde autour de “l’accès aux films des cinémas de proximité”.

Avec : Jean‑Pierre Sueur, membre honoraire du Parlement, ancien ministre, Noémie Bourdiol, Programmatrice et responsable de l’activité du cinéma Le Lido à St Maur des Fossés (94) ; Laurence Franceschini, Médiateure du cinéma (sous réserve) ; Rafael Maestro, Directeur général de Ciné Passion et Président de la commission de branche Petit Exploitation à la FNCF ; Hugues Quattrone, Délégué général de DIRE (Distributeurs Indépendants Réunis Européens).

Modération : Laurent Creton, Professeur à la Sorbonne Nouvelle, spécialiste en économie du cinéma.

Entrée libre, sans accréditation, et inscription souhaitée via ce lien. À noter que la table ronde sera retransmise en direct (lien communiqué quelques jours avant la rencontre).

Et si vous ne l’avez pas fait vous pouvez encore signer la pétition initiée par le syndicat des cinémas de proximité «  Pour la défense de l’accès aux films des cinémas de proximité« 

La Fête du Cinéma 2026

La Fête du Cinéma est de retour du 28 juin au 1er juillet 2026 ! C’est le moment de faire le plein de films en solo ou accompagné, au tarif unique de 5€ dans toutes les salles de cinéma.

notre newsletter – mai 2026

« Cinéma : tensions entre multiplexes et petites salles »

Suite à l’article publié sous cet intitulé dans le journal Le Monde en date du 29 avril dernier, faisant état d’un mail adressé par un réseau de multiplexe demandant aux distributeurs de limiter la fourniture aux cinémas municipaux de leurs films en sortie nationale, Jean-Pierre Sueur, Membre honoraire du Parlement, Ancien ministre, nous fait l’amitié de nous transmettre sa réaction.
Il est important pour Territoires et Cinéma, qui défend l’accès du cinéma à tous, pour tous et partout de vous en faire part.
Je tiens à apporter mon total soutien aux cinémas indépendants, qu’ils soient gérés par des municipalités, des associations, ou des particuliers, qui font vivre le cinéma dans les moyennes et petites villes ainsi que dans les espaces ruraux.
 Je le fais en tant qu’auteur de la loi de 1992, que j’ai pu faire voter alors que j’étais secrétaire d’Etat aux collectivités locales, qui permet aux communes de subventionner les investissements engagés pour construire ou rénover ces cinémas. Cette loi a eu de nombreux effets positifs pour l’accès de toutes et de tous à tout le cinéma, y compris les films les plus récents. Elle a, depuis, été étendue aux intercommunalités, aux départements et aux régions.
Les initiatives prises récemment par des gérants de réseaux de multiplexes consistant à  faire pression sur les distributeurs afin qu’ils pénalisent les cinémas indépendants, quels qu’ils soient, pour, notamment, la diffusion des films récents vont à l’encontre de ce nécessaire accès de toutes et de tous à tout le cinéma. J’appelle le ministère de la culture  à prendre toutes les dispositions et à ouvrir toutes les concertations utiles  afin de mettre fin à ces initiatives néfastes qui, si elles devaient perdurer, fragiliseraient et menaceraient toutes les salles de cinéma que la loi de 1992 avait précisément pour objet de créer, soutenir et de conforter.
Jean-Pierre Sueur, Membre  honoraire du Parlement, Ancien ministre.
Pour en savoir plus ce sujet retrouvez :
– L’article de France Info ;
– Le courrier du Président du CNC à la Médiateure du Cinéma suite à l’article du Monde.