Tous les articles par Daniel Richard

Une exposition à voir à Paris : « Du cinéma au septième art, les films Pathé dans les années 1920 ».

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé* – 73, avenue des Gobelins 75013 Paris – propose jusqu’au 29 février 2020 cette exposition fort intéressante qui pose la question de la perméabilité entre deux démarches, celles d’une production commerciale et celle de la recherche d’une nouvelle grammaire cinématographique. Elle rassemble des documents iconographiques originaux, pour la plupart inédits.

« Au cours des années 1920, le cinéma évolue considérablement. Alors que la production américaine est devenue incontournable après la guerre, portant à l’affiche des stars dans des films policiers, des mélodrames et des séries comique, Pathé crée son propre modèle en produisant des films à épisodes adaptés de la littérature et des feuilletons. L’aventure, l’action, la vengeance et l’honneur animent leurs héros. Ainsi, Les Trois Mousquetaires, Les Misérables et Mandrin permettent de sortir de la crise et de renouer avec un cinéma populaire.

Ces films commerciaux s’inscrivent dans un contexte où le cinéma est pensé comme une forme nouvelle d’écriture. A côté des films à épisodes, tournés sous l’égide des Cinéromans par des metteurs en scènes comme Jean Kemm et Henri Fescourt, certains, Abel Gance et Germaine Dulac notamment, choisissent des scénarios spécialement conçus pour l’écran. Ils appartiennent à une avant-garde pour laquelle l’expression de Septième art est bientôt créée. Recherchant des formes nouvelles de narration, expérimentant les cadrages, créant des rythmes, dépeignant l’émotion des personnages grâce au montage, ils s’appuient notamment sur une technique plus légère. Qu’ils répondent à des objectifs commerciaux ou à des commandes de mécènes, qu’ils s’inscrivent, comme René Clair, dans une démarche de provocation ou qu’ils proposent de « bonnes histoires » au public, ces différentes approches ont en commun d’utiliser une technologie au service d’une écriture réinventée. Le Pathé-Baby et du Pathé-Rural, les formats réduits destinés aux amateurs et à la petite exploitation, prolonge la diffusion de ces films jusqu’à l’aube du parlant. »

* Reconnue d’utilité publique le 9 mai 2006, cette fondation œuvre à la conservation et à la mise à disposition du public du patrimoine historique de Pathé. Regroupant l’ensemble des collections non-film de Pathé depuis sa création en 1896, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé est un centre de recherche destiné aux historiens, aux enseignants et aux étudiants, ainsi qu’à tous ceux qu’intéresse le cinéma. Par son activité, elle œuvre à la promotion de l’histoire du cinéma à travers l’histoire de Pathé. L’exceptionnel fonds d’archives de la Fondation, régulièrement enrichi par de nouvelles acquisitions, regroupe plusieurs collections. Elles comprennent un riche ensemble de matériel iconographique et publicitaire, des documents imprimés, des appareils et des accessoires cinématographiques, des objets, une bibliothèque d’ouvrages et de périodiques, ainsi que les archives administratives et juridique de Pathé depuis sa création. A ce jour, le catalogue Pathé se compose de plus de 10 000 films dont 9 000 films muets.

Dis, c’est quoi… les « grands groupes » de cinéma ?

Dans notre jargon on parle de cinéma (le lieu) et d’écran (la salle).
En France il y a 2 040 cinémas et 5 982 écrans. Mais ce sont seulement 3 groupes qui se partagent plus de 50 % des spectateurs alors qu’ils n’ont que 8 % des cinémas et 32 % des écrans.
Leur politique de programmation est bien sûr décidée en très…très…très grande partie par des programmateurs nationaux en fonction, essentiellement, d’une rentabilité commerciale assurée. Compte tenu du nombre de spectateurs qu’ils attirent rares sont les distributeurs de films qui leur refusent quelque chose… au détriment des cinémas indépendants.

Pathé (enseignes Pathé et Gaumont) = 69 cinémas et 793 écrans ;
UGC (Union générale cinématographique) = 40 cinémas et 426 écrans ;
CGR (Circuit Georges Raymond) = 72 cinéma et 686 écrans.
Source : géographie du Cinéma – C.N.C – 09/2019

« Pour des états généraux du cinéma indépendant et de la diversité »

Dans le cadre de la 7e plateforme professionnelle de Cinéma du réel (du 17 au 20 mars), le Forum public accueille cet événement réunissant toute la profession, organisé par l’ACID, l’AFC, l’AFCAE, le Cinéma du Réel, le DIRE, le GNCR, le SCARE, le SDI, le SPI et la SRF. Le mardi 17 mars au Forum des images, syndicats et associations œuvrant pour l’indépendance du cinéma se mobilisent pour rappeler leur engagement à faire émerger des films ambitieux, défendre un système qui permet à tous d’exister et rappeler aux pouvoirs publics leur rôle de régulateur.

http://www.art-et-essai.org/actualites/1166162/pour-des-etats-generaux-du-cinema-independant-et-de-la-diversite

 

Dis, c’est quoi… l’exploitant indépendant ?

L’exploitant indépendant ne dépend que de lui même. Il a un seul but : arriver à faire ce qu’il veut faire ! Pour cela il cherche toujours à mettre en adéquation la logique de la satisfaction de son public et la logique commerciale. Il exploite souvent un cinéma avec peu de salles, labellisé Art et Essai, et accepte de programmer des films que nous ne verrions pas ailleurs. Contrairement aux grands groupes il décide de sa programmation pas uniquement en fonction d’une rentabilité commerciale assurée.

 

Cette rubrique « Dis c’est quoi »  nous permet -en peu de mots- de donner une,  ou plutôt notre,  définition d’un terme lié à nos champs d’activité.
Nous la voulons collaborative… alors n’hésitez pas à nous soumettre vos questions. Nous y répondrons à notre manière.

Au Soudan, la dictature chute, le cinéma renaît

Un projecteur, des chaises en plastique, un tissu en guise d’écran. dans les rues de Khartoum, les projections se multiplient. Elles étaient impensables il y a encore quelques mois, sous le règne d’Omar Al-Bachir.
Lamia Nabil et ses amis boivent un thé dans les rues de Khartoum, la capitale soudanaise, en ce début d’été. Ils discutent de politique dans leur pays, de la révolution qui, en avril, a forcé le président Omar Al-Bachir à la démission. Tout à coup, la jeune femme avoue qu’elle n’aurait rien contre un moment de détente : “J’aimerais acheter du pop-corn et aller voir un film de Charlie Chaplin”, se prend-elle à rêver.

Ce vœu n’a pas échappé à ses amis. Quelques semaines plus tard, la foule est dense sous le ciel étoilé pour assister à une projection gratuite des Temps modernes. “Il ne restait pas un siège libre. Beaucoup de monde était assis par terre, certains ont dû rester debout, raconte Shaheen Al-Sharif, une des organisatrices. Tous les habitants du coin nous ont aidés pour que l’événement devienne réalité. L’un a fourni un projecteur, d’autres ont apporté des enceintes. Des gens ont donné du tissu pour faire un écran. La vendeuse de thé a fourni des chaises.” Peu de temps après, le quartier d’Al-Amarat projetait des films deux fois par mois.
Lire la suite de l’article sur  le site de la revue « courrier international »

https://www.courrierinternational.com/article/afrique-au-soudan-la-dictature-chute-le-cinema-renait

CNC : les aides sélectives touchées par une baisse uniforme de 5,29 %

Lire ci-dessous le communiqué de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion)

Le 6 décembre dernier, le Conseil d’administration du CNC a décidé d’une baisse de 5,29 % appliquée de manière uniforme à l’ensemble des aides au cinéma, afin de réaliser une économie de 15 millions d’euros pour équilibrer son budget pour 2020

Une telle décision est exceptionnelle dans l’histoire du CNC. Elle a été précédée d’une concertation avec les organisations professionnelles. Plusieurs d’entre elles, notamment certaines représentant les cinéastes, les producteurs, les distributeurs et les exploitants indépendants, ont défendu l’idée que les aides sélectives (aides aux auteurs, aides sélectives à la production, notamment l’avance sur recettes, aides à la distribution indépendante, classement des salles art et essai, aides aux associations culturelles,…) soient préservées, dans une certaine mesure, par rapport aux aides dites « automatiques ».

En effet, les aides sélectives sont à la fois un véritable levier politique et culturel pour le CNC, mais aussi un outil précieux de correction des effets du marché. Faute de consensus entre le CNC et l’ensemble des organisations professionnelles, il a fait le choix in fine d’une baisse uniforme pour toutes les aides.

Nous regrettons cette décision qui, de fait, fragilise la filière indépendante et des politiques qui ont fait leurs preuves jusqu’ici. Nous regrettons également que certains choix volontaristes récents en faveur d’une politique culturelle sélective soient ainsi entamés.

Le CNC a annoncé une nouvelle concertation en 2020 pour une remise à plat de l’ensemble de ses aides au cinéma. Nous espérons que ce sera une réelle opportunité pour maintenir et développer une politique culturelle ambitieuse en faveur du cinéma en France.

Pour l’ACID, Idir SERGHINE et Régis SAUDER

Pour l’AFCAE, François AYME

Pour le GNCR, Gautier LABRUSSE

Pour le SCARE, Christine BEAUCHEMIN-FLOT et Stéphane LIBS

Pour le SDI, Etienne OLLAGNIER et Jane ROGER

Pour le SPI, Marie MASMONTEIL

Pour la SRF, Catherine CORSINI, Bertrand BONELLO et Aude LEA RAPIN

Contacts :

Fabienne HANCLOT (ACID) : dg@lacid.org

Renaud LAVILLE (AFCAE) : renaud.laville@art-et-essai.org

Jérôme BRODIER (GNCR) : gncr@gncr.fr

Béatrice BOURSIER (SCARE) : beatrice.boursier@scare.fr

Emmanuelle DORY (SDI) : emmanuelle.dory@sdicine.fr

Olivier ZEGNA RATA (SPI) : info@lespi.org

Julie LETHIPHU (SRF) : contact@la-srf.fr

Publié le jeudi 19 décembre 2019