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Congrès FNCF 2022 – soutien pour la distribution, renouvellement de la chronologie des médias

Source : site « le film Français »

Date de publication : 21/09/2022 – 18:02 sur le site du Film Français

 En introduction du débat avec les pouvoirs publics, Rima Abdul Malak a également dévoilé la prolongation du fonds d’indemnisation pour la reprise des tournages et a évoqué ses ambitions pour la chronologie des médias.

La distribution, en proie à des difficultés financières, demandait un soutien des pouvoirs publics depuis plusieurs mois pour faire face aux conséquences de la pandémie. Dans cette optique, la ministre de la Culture a annoncé aujourd’hui la création d’une aide exceptionnelle de 4M€ permettant le relèvement des plafonds pour les bonus versés sur les MG.

Concrètement, pour les films avec un budget compris entre 0 et 4 M€, le plafond passera de 125 000 € à 250 000 €. Pour les œuvres comprises entre 4 et 8 M€, le plafond passera de 250 000 € à 500 000 €. Ces chiffres sont communiqués pour la seule année 2023 par le CNC à valeur indicative. Ils seront affinés lors des discussions avec les distributeurs. En parallèle, l’aide sélective sera bonifiée d’un montant d’environ un million d’euros.

Rima Abdul Malak a également annoncé la prolongation jusqu’à mars 2023 du fonds d’indemnisation pour la reprise des tournages. Déjà reconduit, ce fonds devait couvrir les sinistres survenant jusqu’au 30 septembre 2022.

« Nous sommes conscients que le séisme de la crise sanitaire a encore des répliques. Il n’est pas facile d’arriver en tant que ministre à la fin du quoi qu’il en coûte. Nous sommes conscients des fragiiités du secteur et continuerons à vous accompagner », déclare-t-elle.

Un renouvellement de la chronologie des médias vivement souhaitée
La ministre de la Culture est revenue sur la clause de revoyure de la chronologie des médias. « Nous n’allons pas attendre trois ans pour renouveler cet accord. il faut agir très rapidement » Rappelons que le CNC a convié les signataires à une première réunion le 4 octobre. 


Jeunesse, transition énergétique, diversité de l’offre au cœur des enjeux
« Ne pas perdre la magie du cinéma à l’heure de la plateformisation de nos vies. Nous faisons face aujourd’hui à un enjeu civilisationnel », a introduit Rima Abdul Malak. 

Le premier défi sera la reconquête du public. La ministre se montre optimiste au regard du line-up de fin d’année estimant une fréquentation pour 2022 entre 150 et 170 millions d’entrées. Une campagne de communication nationale d’une durée d’un mois sera également initiée avant les vacances de la Toussaint autour de l’expérience dans les salles. Il s’agira d' »une mobilisation générale ».

La ministre souhaite penser à plus long terme en faisant de la jeunesse sa priorité. L’éducation artistique et culturelle, la question de l’offre et le sujet du prix « qui ne doit pas être tabou » doivent être au coeur de ces réflexions. « Post Pass Culture, ce sujet devient majeur. Les jeunes m’alertent tous sur cette problématique », indique-t-elle. « Il y a un vrai enjeu de communication sur ces tarifs, sur la perception de la réalité et la réalité elle-même ». La ministre n’exclut pas davantage de souplesse d’un point de vue réglementaire sur les offres tarifaires (cartes d’abonnement et illimitées).

Rima Abdul Malak a également assuré que le Pass Culture et la part collective ne se substitueront pas aux dispositifs existants. 

Le deuxième grand défi est la transition énergétique dès cet automne. Outre les mesures transversales annoncées par Bercy, la ministre a demandé au CNC de permettre aux exploitants d’utiliser le soutien disponible pour faire face à ces hausses énergétiques.

Rima Abdul Malak souhaite également flécher certains engagements des conventions Etat-CNC-Régions vers des actions d’éducation à l’image et la transitition écologique. Elle a également rappelé le disposition éco-responsable Action ! du CNC et le plan France 2030.

Enfin, la ministre attend des exploitants des engagements de programmation « équilibrés et conformes aux lignes directrices » pour garantir la diversité de l’offre.

Une mission « concurrence cinéma »
La ministre annonce avoir, avec Bruno Lemaire, confié une mission à Bruno Lassere intitulée « concurrence cinéma ». Elle portera notamment sur les questions des engagements de programmation de diffusion et des cartes illimitées.

LES FILMS ET LES SÉRIES SUR LES PLATEFORMES DE STREAMING

Dans notre récente lettre « en bref«  nous vous proposions notre analyse sur la fréquentation des salles entre le premier trimestre 2019 et le même trimestre 2022. Cette période fut difficile pour les exploitants. Certains spectateurs ont changé leurs habitudes.

source AFCAE :
Depuis début 2020 et la pandémie de Covid-19, l’exploitation et la filière cinéma ont vécu une crise exceptionnelle avec deux longues fermetures des salles et une reprise marquée par une baisse significative de la fréquentation depuis bientôt une année. Dans le même temps, l’abonnement aux plateformes et le visionnement de séries et de films sur ces services audiovisuels payants se sont considérablement développés.

Mais, alors que les audiences des médias traditionnels (presse, télé, radio, cinéma) sont analysées et connues en détail, celles des services de streaming ne font l’objet d’aucune étude publique et communication.

Afin de pouvoir mesurer la réalité du développement de ces plateformes de streaming, l’Association Française des Cinémas Art et essai (qui rassemble 1200 cinémas) a commandé une étude à l’Institut de sondages d’opinion IFOP.

Cette enquête a été réalisée entre le 31 mars et le 5 avril 2022, selon un mode de recueil en ligne (sollicitation des membres de l’access panel Bilendi, partenaire de l’IFOP), auprès d’un échantillon de 2 000 personnes âgées de 15 ans et plus (représentativité assurée par la méthode des quotas en termes de sexe, âge, PCS individu, taille d’agglomération et région). L’enquête a porté sur les abonnements aux offres Netflix, Prime Vidéo, Disney+, OCS, My Canal, Salto, Apple+ et SFR Play, en particulier sur une sélection de 38 séries et films grands publics et Art et Essai proposés par ces opérateurs.

Objectifs : connaître les taux d’abonnement aux plateformes pour chaque opérateur, les principales motivations et usages des abonnés, les éventuelles conséquences sur leur fréquentation des salles et enfin avoir des repères sur les niveaux de visionnement des séries et films très grands publics comme des films d’auteur.

Retrouvez ici les résultats de cette étude


et l’analyse qu’en fait l’AFCAE

 Il faut sauver les distributeurs de films indépendants

Actualité du DIRE
Tribune : il faut sauver les distributeurs de films indépendants
Tribune parue dans l’édition du Monde du 29 octobre 2021
(source : site du DIRE/Distributeurs Indépendants Réunis Européens)

Une étude menée par l’ADRC (Agence Nationale pour le Développement du Cinéma en région) montre que les distributeurs indépendants ont perdu 70% de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33%.

Cette catégorie de distributeurs fragilisée par la crise sanitaire est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public en salles, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le CNC.

Pourtant leur travail, reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scenarii des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaines de télévision, régions, soficas et autres financeurs du cinéma. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film en salles : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bande-annonce, affiches, dossier de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films (auteurs, réalisateurs, producteurs) et ceux qui les exploitent (les salles de cinéma).

La digitalisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgés un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plateformes de sortir leurs
« originals » en salle en négociant directement avec les salles, prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Dans le même temps, et malgré les luttes acharnées menées par l’ensemble de la filière du cinéma, les salles ont dû tirer leur rideau le 28 octobre 2020 pour ne rouvrir que le 19 mai 2021. Sept mois et demi de fermeture, 232 jours loin des salles quand quasiment tous les commerces avaient, eux, rouvert fin novembre 2020… Les cinéphiles ont dû se résigner à la compagnie de leur petit écran, bien loin de l’expérience collective. Si bon nombre de spectateurs se sont rués à la réouverture, cette embellie a été de courte durée. Leur élan a de nouveau été freiné par l’instauration du passe sanitaire que les exploitants ont dû mettre en pratique en moins d’une semaine, sans avoir le temps de faire œuvre de pédagogie auprès de leur public, quand les restaurateurs, eux, ont eu trois semaines pour le faire. Force de constater qu’un public cinéphile, assidu, passionné n’est plus au rendez-vous des films d’auteurs et les distributeurs s’en inquiètent au plus haut point : pas moins de 7 millions d’entrées perdues en juillet et août (par rapport aux années pré-covid) et des dizaines de films coupés brutalement de leur public. Chaque mois qui passe, rend leur tâche plus ardue.

La crise sanitaire a bien accéléré la mutation des usages et la filière cinéma dans son ensemble doit pouvoir s’adapter à la présence des plateformes, en organisant une nouvelle Chronologie des médias afin d’encadrer leur place tout en protégeant la diversité des créateurs de leurs œuvres. C’est un écosystème savamment organisé qui a permis la préservation de la richesse de notre cinéma national, le seul à avoir su entretenir le public à la réouverture des salles le 22 juin 2020, quand les studios américains avaient décidé de reporter leurs sorties à des temps meilleurs. Nombre de pays plus dépendants du cinéma américain ont connu dans cette période de crise sanitaire, une chute encore plus grande de leurs entrées en salles, et rompu plus durablement leur lien avec le public.

Notre cinéma n’a d’ailleurs jamais été aussi reconnu dans le monde entier, Palme d’or à Cannes pour Julia Ducournau avec Titane, Lion d’or à Venise pour Audrey Diwan avec L’Evènement, une large sélection de films français dans les plus grands festivals.

Nombreux sont ces films, français et européens, privés de salles pendant sept mois et demi de confinement, à attendre aujourd’hui leur date de sortie. Se pose alors une nouvelle difficulté, celle de trouver un accès suffisant aux écrans, saturés par le retour des films américains à gros budget et par le grand nombre de films qui ne pouvant plus différer leur sortie garantissent ainsi aux salles une offre importante. L’action des pouvoirs publics est attendue pour permettre une meilleure régulation du marché, afin de ne pas céder à la loi du plus fort, et priver par là même le public d’une offre diversifiée. Les salles, pour lutter contre la concurrence des plateformes, doivent renforcer leur singularité, mieux éditorialiser leur offre pour se différencier.

Les films ont besoin pour exister de créateurs, producteurs, distributeurs, exploitants, et de spectateurs unis et engagés afin de transmettre sereinement le plaisir unique du spectacle collectif, familial ou solitaire, un temps à l’écart de la sollicitation des algorithmes pour un cinéma non formaté, qui affirme son indépendance, ses identités, et celles de ses créateurs.

Ceci afin de pouvoir continuer à ouvrir les yeux des générations présentes et à venir. Ce qui est, pensons-nous, une véritable mission d’utilité publique. Telle est la mission des distributeurs indépendants.

Eric Lagesse (distributeur et président de Pyramide Films) et Carole Scotta (productrice, distributrice et présidente de Haut et Court)

« une association culturelle à l’épreuve de la crise sanitaire. »

Communiqué de presse
 rapport public de la Cour des comptes sur l’Institut Lumière

La Cour des comptes vient de tenir, ce jeudi 18 mars 2021, sa traditionnelle conférence de presse autour de la remise de son rapport public annuel 2020. Elle a décidé que ce texte devait aussi se consacrer à la culture et c’est l’Institut Lumière qui a été choisi, avec un chapitre ayant pour titre : « une association culturelle à l’épreuve de la crise sanitaire. »

Désormais rendu public, le rapport est disponible ici.

Nous sommes heureux de vous le présenter, d’en résumer les grandes lignes et de l’accompagner de quelques commentaires.

La Cour des comptes note que, depuis dix ans, l’Institut Lumière s’est hissé au rang des institutions culturelles de premier plan, sur le territoire national comme à Lyon, et cela dans un contexte de baisse régulière de la part de ses subventions publiques au regard de son budget général. Ses baisses, l’Institut est parvenu à les compenser grâce à une augmentation de ses ressources propres : recettes des activités et soutien de partenaires privés.

De fait, la part de financement public dans le budget général de l’association ne s’élève plus aujourd’hui qu’à 40%, alors qu’il représente en moyenne 80% de celui de structures analogues, en région ou à Paris. Un rééquilibrage apparaît nécessaire.

Cependant, le déploiement important de l’ensemble de ses activités, pour diversifier son offre, poursuivre sa mission de valorisation et de diffusion du patrimoine cinématographique, continuer à former les spectateurs de demain et ainsi toucher un public plus large et plus nombreux font de l’Institut, écrit la Cour, un exemple d’institution contribuant à renforcer et dynamiser l’offre culturelle dans sa ville, sa métropole, sa Région et sur le plan national.

La Cour des comptes souligne le dynamisme singulier d’une association qui s’est développée sur un modèle efficace, souverain et très largement autofinancé, même si, et l’arrêt des activités en 2020 l’a mis en évidence, il demeure dépendant de ses bons résultats en matière de billetterie et de financements privés. De fait, l’Institut Lumière est d’une certaine façon pris au piège en n’étant guère récompensé par ses performances puisqu’il a été plus impacté par la crise sanitaire que d’autres institutions mieux subventionnées, moins dépendantes de leur succès.

Dans son rapport, qui a été remis au Président de la République, la Cour félicite également l’association pour la réussite de ses missions de médiation auprès du public, comme de sa politique éducative ; elle note que la structure accueille un nombre record d’élèves tout au long de l’année : ils sont en effet plus de 45.000 à participer aux activités scolaires.

Un certain volontarisme économique de l’équipe de l’Institut Lumière est mis en avant, comme les initiatives qu’il prend. L’institution a su en effet développer des activités nouvelles, par rapport à sa mission première, comme le sauvetage de salles de cinéma art et essai (la Fourmi et les CNP devenus les cinémas Lumière) ou la création de lieux culturels et commerciaux comme la librairie du Premier-Film, le café Lumière ou les deux galeries photos – aucune de ces initiatives n’a été financée par l’argent public, au-delà des aides automatiques, accordées aux salles de cinéma par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le Centre National du Cinéma et de l’image animée.

Le chapitre consacré à ses activités démontre le bienfondé de la création de sociétés commerciales visant à la diffusion et à la valorisation du patrimoine et de la création. Cela renforce la présence de la culture cinématographique dans la ville, sans que cela coûte davantage aux collectivités et aux contribuables. Mieux, et il est important de le préciser, ces activités ont créé et sauvé des emplois et se sont inscrites dans la même démarche culturelle et patrimoniales que les activités historiques traditionnelles de l’Institut Lumière. Ainsi, l’institution s’est transformée en moins d’une décennie, en se renforçant, en innovant et en préparant l’avenir.

Dans le même souci d’optimiser l’investissement public, le festival Lumière est organisé chaque année par l’équipe de l’Institut Lumière ce qui n’additionne pas une « couche » structurelle d’organisation, qui eut été forcément coûteuse. Dès son lancement en 2009, grâce à la Métropole de Lyon et à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le festival s’est imposé, et est désigné par la Cour comme une manifestation majeure de cinéma en France, la première de sa nature (le cinéma classique, le patrimoine du cinéma) et avec 200.000 spectateurs lors de sa dernière édition « normale » (en 2019) l’une des toutes premières par sa fréquentation publique.

Le festival Lumière est devenu d’emblée un événement de niveau mondial et l’attribution du Prix Lumière s’est transformée en un événement de même importance.

Il est noté que le festival, comme les activités nouvellement créées, est un fort relais de croissance, permettant de réunir les professionnels, le public, des bénévoles, des associations et des artistes. Aujourd’hui, le festival est autofinancé à 72%. Ce chiffre très exceptionnel est le symbole de la volonté et des convictions de l’Institut Lumière de ne pas faire un appel excessif au subventionnement public. Il reste néanmoins à l’Etat (Ministère de la Culture, CNC) de participer à son financement, comme il le fait pour des manifestations de même nature. Nous y réfléchissons ensemble.

L’Institut Lumière est, à travers la fréquentation du Hangar du Premier-Film, la première salle « mono-écran » de France et cela avec des « films de patrimoine » (et non des films contemporains dont la sortie fait l’objet d’une forte médiatisation), six jours de programmation et entre deux et trois séances par jour, soit beaucoup moins qu’une salle commerciale traditionnelle. Ce succès est avant tout dû à la fidélité du public de Lyon, du Grand Lyon et de la Région et spécialement des abonnés de l’Institut Lumière.

Tout en soulignant que l’Institut est l’une des cinémathèques mondiales les plus performantes en matière d’accueil de public et de modèle économique, la Cour précise cependant que le développement vertueux basé sur l’autofinancement et l’utilisation raisonnable de l’argent public est relativement fragile et, en particulier, est aujourd’hui bouleversé par la crise sanitaire financière.

Le rapport pointe alors que la part des subventions pourrait s’avérer trop faible pour assurer la trésorerie nécessaire et permettre à l’association de relever les défis auxquels elle aura à faire face. En effet, malgré les preuves apportées sur sa capacité d’attraction et malgré son rayonnement local comme international, l’Institut Lumière est l’une des institutions lyonnaises les moins financées par les pouvoirs publics.

Cette diminution de l’engagement public est donc assez globale, et est sans doute la rançon de son propre succès. On peut néanmoins s’étonner que l’Institut Lumière n’ait pas été mieux accompagné financièrement, comme d’autres institutions culturelles, alors qu’il multipliait les initiatives et les réussites. Par exemple, la participation de la Ville de Lyon classe l’Institut Lumière au 17e rang seulement des investissements culturels de la municipalité.

Une étude détaillée a par ailleurs établi que le coût en argent public d’un « spectateur Lumière » est l’un des moins coûteux pour une ville qui doit mieux accompagner l’institution installée sur le lieu de naissance du Cinématographe.

En exprimant ses remerciements à la Cour des comptes, l’Institut Lumière reçoit avec satisfaction ce rapport élogieux qui soutient ses orientations et ses convictions. L’équipe de l’Institut Lumière, comme toutes celles qui œuvrent pour la culture dans notre pays, se préoccupe des conséquences de la situation sanitaire dont l’issue est espérée au bout du printemps qui arrive. Elle abordera la future reprise avec hâte et détermination et prépare déjà la saison 2021-2022 dans un dialogue renforcé avec les collectivités publiques pour poursuivre, alors qu’elle célèbrera bientôt les 40 ans d’existence de l’institution, son travail et son engagement au service de l’histoire du cinéma et de ceux qui veulent chaque jour rappeler son importance dans nos vies.

C’est de cela dont il s’agit et Bertrand Tavernier, Président de l’association depuis sa création en 1982, n’aura jamais cessé de le répéter : « Une rue du Premier-Film, il n’y en a qu’une seule au monde. Pour une ville, pour le public, pour les artistes et les professionnels, cela oblige à quelques devoirs. »

Thierry Frémaux, directeur général
Cécile Bourgeat, secrétaire générale
et toute l’équipe de l’Institut Lumière

Que doivent faire les salles en periode de fermeture ?

A tous ceux qui ont la responsabilité d’une salle, il est important de rappeler que pendant la période de fermeture la FNCF – Fédération Nationale des Cinémas Français, publie les mises à jours des informations pratiques et sociales concernant les salles.

Notre attention se porte surtout sur la rubrique Coronavirus qui détaille parfaitement l’ensemble des recommandations pour le maintien techniques des locaux et du matériel durant la fermeture, ou des fiches pratique de mise à jour le 06 janvier sur le Fonds de solidarité, etc…

Et même si l’on est spectateur, après tout, cela permet de mieux se rendre compte des exigences de la situation pour les salles qui nous sont si chères 

FEMA …

Territoires et Cinéma s'associe pleinement à cette publication du Festival de Cinéma de La Rochelle et la partage avec plaisir.

Nous pensons à tout le travail effectué par ces équipes et souhaitons vivement que des événements pourront être reportés début 2021.

Le catalogue-bilan de cette 48e édition est disponible sur notre site, incluant les 135 films programmés (en ligne, en salles et en plein air), récapitulant le calendrier de cette édition hors normes.
Un montage tout juste finalisé vous permettra de découvrir les activités du Festival à l’année, sur le territoire rochelais et bien au-delà (films d’ateliers produits par le Festival, stages…).

Après le succès du Fema d’automne à La Rochelle début octobre, nous nous réjouissions de poursuivre l’accompagnement hors-les-murs de nos diverses cartes blanches : des « portraits de femmes » inédits ou en avant-première (dont le bouleversant Petite fille de Sébastien Lifshitz, programmé demain soir sur Arte et en replay) aux Escales documentaires, à l’occasion de leur 20e anniversaire, un hommage à Michel Piccoli lors du 40e Festival International du Film d’Amiens, les avant-premières d’À l’abordage à Niort, de The Wicker Man à Saintes, la rétrospective de la Hammer à la Cinémathèque de Toulouse.

Comme tous les cinéphiles et professionnel.le.s, nous attendons avec impatience la très prochaine réouverture des salles de cinéma et espérons que la solidarité sera aussi au rendez-vous avec une grande diversité des films à l’affiche.

En soutien aux éditeurs vidéo, vous pouvez vous procurer, pour les cadeaux de fin d’année, quelques films programmés au Fema La Rochelle qui font l’objet de beaux coffrets DVD/Blu-ray : Thérèse d’Alain Cavalier – incluant une version audio-décrite commandée par le Festival (bientôt réédité en salles), Le Trou de Jacques Becker, La Poursuite impitoyable d’Arthur Penn, Muriel d’Alain Resnais, La Rumeur de William Wyler et 3 films de Guy Gilles, redécouvert à La Rochelle en 2003.

Sans oublier deux remarquables ouvrages : Les Chroniques du cinéma confiné, les récits d’une centaine de cinéastes et professionnel.le.s et Stop Motion, un livre indispensable sur cette technique d’animation qui sera mise à l’honneur au Festival 2021.

Les grandes lignes du 49e Festival La Rochelle Cinéma – qui aura lieu du 25.06 au 04.07.2021 – seront bientôt dévoilées ainsi que la nouvelle version de site internet !

Bonnes fêtes à toutes et à tous et rendez-vous au cinéma dès le mardi 15.12 (les premiers jours seront déterminants pour la survie de certains films…).

L’équipe du Fema La Rochelle

Décembre : ArteKino Festival, cinquième édition

Du 1er au 31 décembre 2020, « Les dix longs métrages, de dix nationalités différentes, rendent hommage à la diversité culturelle et linguistique de l’Europe. »

A suivre sur leur site  https://www.artekinofestival.com/film-month/the-domain?now=1 – ou via la chaine YouTube ARTE Cinéma https://www.youtube.com/channel/UClo03hULFynpoX3w1Jv7fhw

« Montrer des films à des jeunes, c’est un acte politique, c’est un acte de citoyenneté »

L’association Passeurs d’images, présidée par Laurent Cantet, a vocation à fédérer et à animer l’ensemble du réseau national de l’éducation aux images.
C’est à ce titre qu’elle mobilise le réseau des acteurs de l’éducation aux images et la communauté éducative pour interpeller les ministres de la Culture et de l’Éducation nationale et protester contre l’arrêt des séances scolaires en salle de cinéma dont les dispositifs École et cinéma, Collège au cinéma, Lycéens et apprentis au cinéma sont victimes.

Territoires et Cinéma s’associe à cette démarche. Vous pouvez, vous aussi vous, la soutenir ici !

Le texte de cette tribune : 

Madame la Ministre de la Culture et Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale,
Le cinéma est un art qui se découvre en salle.
Chaque année, dans le cadre des dispositifs scolaires Ecole et cinéma, Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma, plus de deux millions de jeunes sortent de l’école, du collège ou du lycée pour aller découvrir des œuvres cinématographiques qu’ils n’iraient jamais voir par eux-mêmes, dans ce lieu unique qu’est la salle de cinéma.
Emmener les élèves voir des films en salle de cinéma peut sembler commun, or il s’agit d’un acte politique fort, un acte de citoyenneté, un acte de résistance. Plus encore suite aux événements tragiques qui se sont déroulés il y a peu et qui ont ébranlé la communauté éducative. Dans un monde où les fractures semblent s’accentuer chaque jour, l’école est encore le lieu du « pour tous ».

Lire la suite sur le site « Passeurs d’images »

Étude du public des cinémas itinérants

L’Association nationale des cinémas itinérants publie, avec le Centre national du cinéma et le soutien du ministère de la Culture et de l’Agence nationale pour la cohésion des territoires, une étude nationale du public des cinémas itinérants.

Le public adulte des cinéma itinérants est souvent âgé et la conquête des plus jeunes n’est pas simple. A noter que les publics jeunes, en temps scolaire et hors temps scolaire, qui représentent pour certains circuits jusqu’à la moitié de leurs spectateurs, n’ont pas été sondés dans le cadre de cette étude.

Ce travail a été lancé à une période de forte fréquentation pour l’ensemble des exploitants. La pratique, renforcée par le confinement, du visionnement des films non plus en salle mais chez soi, donne un autre éclairage aux données de cette étude. Elle montre que les habitants sont autant attachés à la qualité des programmations qu’à ce qui se joue quand on peut se retrouver ensemble et partager des émotions sur grand écran : le sens du collectif !

L’étude complète est consultable et téléchargeable ici, et la synthèse de 4 pages ici.

Les circuits de cinéma itinérants sont 109 en France, ils couvrent plus de 2000 communes et intercommunalités, principalement en territoire rural et péri-urbain. Ils complètent utilement l’offre cinématographique et culturelle locale, accueillent les dispositifs d’éducation aux images et permettent la rencontre et l’échange entre les habitants – souvent éloignés des autres propositions culturelles – et les équipes des tournages, pour vivre ensemble et s’ouvrir sur le monde.

La « géographie du Cinéma 2019 » par le C.N.C

Comme chaque année en septembre le CNC publie « La géographie du cinéma », étude qui dresse un état des lieux du parc cinématographique français.

Ainsi nous constatons que 2019 a été une année record pour les salles avec :

  • 213 millions d’entrées, troisième plus haut niveau depuis 1966 ;
  • un parc de salles en croissance avec 2 045 cinémas et 6 114écrans.

Mais en approfondissant ce dossier à Territoires et Cinéma nous constatons -comme nous l’avons déjà, et plusieurs fois, souligné- qu’un français sur deux n’a pas de cinéma dans sa commune.
Si 81,1 % des communes de 20 000 à 50 000 habitants disposent d’au moins un cinéma, 56,5 % des communes de 10 000 à 20 000 habitants sont dans ce cas en 2019 et seulement 3,0 % des communes de moins de 10 000 habitants.
En somme, s’il est tout à fait exact qu’une partie de la France est convenablement équipée, il est encore plus exact qu’une autre partie est complètement éloignée des salles de cinéma.

Dans cette même étude on découvre (page 49) que « Le choix de la salle dépend de la la proximité du domicile (69,0 % en 2020) est l’argument le plus cité par les personnes interrogées »

Bien entendu la situation actuelle ne présage rien de bon pour la « géographie du cinéma 2020 ! »
Pour en savoir plus nous vous invitons donc à consulter la page « études et prospectives »du site du CNC qui, outre la géographie du Cinéma, propose -entre autres- les « chiffres clés par Région », une « analyse du Public du Cinéma en 2019 ».

Et sur ce même site vous trouverez une « datavisualisation » permettant de naviguer selon les différents découpages du territoire.