Archives pour la catégorie Le site invité du mois

« Montrer des films à des jeunes, c’est un acte politique, c’est un acte de citoyenneté »

L’association Passeurs d’images, présidée par Laurent Cantet, a vocation à fédérer et à animer l’ensemble du réseau national de l’éducation aux images.
C’est à ce titre qu’elle mobilise le réseau des acteurs de l’éducation aux images et la communauté éducative pour interpeller les ministres de la Culture et de l’Éducation nationale et protester contre l’arrêt des séances scolaires en salle de cinéma dont les dispositifs École et cinéma, Collège au cinéma, Lycéens et apprentis au cinéma sont victimes.

Territoires et Cinéma s’associe à cette démarche. Vous pouvez, vous aussi vous, la soutenir ici !

Le texte de cette tribune : 

Madame la Ministre de la Culture et Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale,
Le cinéma est un art qui se découvre en salle.
Chaque année, dans le cadre des dispositifs scolaires Ecole et cinéma, Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma, plus de deux millions de jeunes sortent de l’école, du collège ou du lycée pour aller découvrir des œuvres cinématographiques qu’ils n’iraient jamais voir par eux-mêmes, dans ce lieu unique qu’est la salle de cinéma.
Emmener les élèves voir des films en salle de cinéma peut sembler commun, or il s’agit d’un acte politique fort, un acte de citoyenneté, un acte de résistance. Plus encore suite aux événements tragiques qui se sont déroulés il y a peu et qui ont ébranlé la communauté éducative. Dans un monde où les fractures semblent s’accentuer chaque jour, l’école est encore le lieu du « pour tous ».

Lire la suite sur le site « Passeurs d’images »

Étude du public des cinémas itinérants

L’Association nationale des cinémas itinérants publie, avec le Centre national du cinéma et le soutien du ministère de la Culture et de l’Agence nationale pour la cohésion des territoires, une étude nationale du public des cinémas itinérants.

Le public adulte des cinéma itinérants est souvent âgé et la conquête des plus jeunes n’est pas simple. A noter que les publics jeunes, en temps scolaire et hors temps scolaire, qui représentent pour certains circuits jusqu’à la moitié de leurs spectateurs, n’ont pas été sondés dans le cadre de cette étude.

Ce travail a été lancé à une période de forte fréquentation pour l’ensemble des exploitants. La pratique, renforcée par le confinement, du visionnement des films non plus en salle mais chez soi, donne un autre éclairage aux données de cette étude. Elle montre que les habitants sont autant attachés à la qualité des programmations qu’à ce qui se joue quand on peut se retrouver ensemble et partager des émotions sur grand écran : le sens du collectif !

L’étude complète est consultable et téléchargeable ici, et la synthèse de 4 pages ici.

Les circuits de cinéma itinérants sont 109 en France, ils couvrent plus de 2000 communes et intercommunalités, principalement en territoire rural et péri-urbain. Ils complètent utilement l’offre cinématographique et culturelle locale, accueillent les dispositifs d’éducation aux images et permettent la rencontre et l’échange entre les habitants – souvent éloignés des autres propositions culturelles – et les équipes des tournages, pour vivre ensemble et s’ouvrir sur le monde.

La « géographie du Cinéma 2019 » par le C.N.C

Comme chaque année en septembre le CNC publie « La géographie du cinéma », étude qui dresse un état des lieux du parc cinématographique français.

Ainsi nous constatons que 2019 a été une année record pour les salles avec :

  • 213 millions d’entrées, troisième plus haut niveau depuis 1966 ;
  • un parc de salles en croissance avec 2 045 cinémas et 6 114écrans.

Mais en approfondissant ce dossier à Territoires et Cinéma nous constatons -comme nous l’avons déjà, et plusieurs fois, souligné- qu’un français sur deux n’a pas de cinéma dans sa commune.
Si 81,1 % des communes de 20 000 à 50 000 habitants disposent d’au moins un cinéma, 56,5 % des communes de 10 000 à 20 000 habitants sont dans ce cas en 2019 et seulement 3,0 % des communes de moins de 10 000 habitants.
En somme, s’il est tout à fait exact qu’une partie de la France est convenablement équipée, il est encore plus exact qu’une autre partie est complètement éloignée des salles de cinéma.

Dans cette même étude on découvre (page 49) que « Le choix de la salle dépend de la la proximité du domicile (69,0 % en 2020) est l’argument le plus cité par les personnes interrogées »

Bien entendu la situation actuelle ne présage rien de bon pour la « géographie du cinéma 2020 ! »
Pour en savoir plus nous vous invitons donc à consulter la page « études et prospectives »du site du CNC qui, outre la géographie du Cinéma, propose -entre autres- les « chiffres clés par Région », une « analyse du Public du Cinéma en 2019 ».

Et sur ce même site vous trouverez une « datavisualisation » permettant de naviguer selon les différents découpages du territoire.

Festival du film de Sarlat, le festival des lycéens

 

Coup de projecteur mérité sur la 28e édition du festival du film de Sarlat – le festival des lycéens – qui se déroule du 12 au 16 novembre,
« Ce  festival est né de la volonté et la conviction d’enseignants et de professionnels de faire découvrir aux lycéens le cinéma en favorisant les rencontres avec les cinéastes, les artistes …
Le Festival du film de Sarlat incarne cette vocation de passeur, de défricheur des regards … »

Christelle Oscar, Déléguée Générale du Festival

Pour ce 29ème Festival du Film de Sarlat, des envies, des idées et des projets se bousculent mais se heurtent à un mur de questions sans réponses.
La crise sanitaire que nous vivons est en train de conforter de nouvelles pratiques dans nos accès aux œuvres. Qu’en sera-t-il de l’expérience collective ?
Que va-t-elle devenir avec les nouvelles normes sanitaires ?
Plus que jamais cette prochaine édition aura pour mission de redonner le goût à chacun de retrouver le chemin de la salle de cinéma, en proposant une sélection de films courts et longs, avec toujours à l’esprit, la découverte, le plaisir et le goût d’échanger. Il s’agira pour le spectateur de se laisser aller à s’aventurer vers des propositions qui, je l’espère, le surprendront.


Alors, que nous souhaiter pour l’édition 2020 ? Qu’elle ait lieu tout d’abord… dans de bonnes conditions, parce que toute l’équipe du festival travaille malgré les complications ; nous avançons dans la préparation de l’événement en pensant aux lycéens, aux enseignants et au public, toujours plus nombreux. Mais aussi parce que les œuvres, les auteurs, les intervenants, les talents sont toujours là et reviendront à la rencontre du public, avides de cette expérience collective désormais si précieuse.
Laissons-nous aller à rêver un peu à la vie d’après, celle que beaucoup appellent de leurs vœux, où nous aurons tous tiré des leçons du passé. Mais gardons à l’esprit tout ce que nous pouvons perdre. Préservons la culture, entretenons-la comme un trésor fragile et engageons-nous.

Plus d’informations sur le site du festival

Bande annonce du festival (sur Facebook)

Michel Simon – Mardis du cinéma de France Culture

Michel Simon
Les Nuits de France Culture
Mardis du cinéma – 1985
par Céline Recchia

Michel Simon

Excellente émission de 1985, rediffusée ce mardi 1er avril et disponible en podcast 

La difficulté et la beauté de la vie sont exposés tout au long de cette heure et demi. Gloire, oubli, tendresse, cruauté. Tout d’abord le journaliste ayant recueilli la dernière interview de Michel Simon ouvre le bal en nous témoignant du « saccage » de sa maison après sa mort. Ironie du sort, on nomme « Clos Michel Simon » cet endroit où se sont élevées par la suite de luxueuses maisons…Jean-Pierre Mocky relate que trois personnes accompagnaient les funérailles de l’acteur, Marcel Carné, Michel Serrault et lui-même. Il parlera de la « haine du public » ressentie sur le moment, en voyant ainsi partir quasi seul l’un des grands.


Erotomane, amateur d’art, monstre sacré, monstre tout court, attentif, respectueux, telles sont les impressions recueillies.
Son respect de la vie animale, depuis que, jeune fils de charcutier, son père l’envoi travailler aux abattoirs, où il se bat à coups de marteau contre les bouchers !…jusqu’à sa loge de théâtre où il nourrira des blattes !


Michel Simon, un être qui ne cessera d’être révolté.
D’ailleurs Jean Renoir affirme que le rôle de « Boudu, sauvé des eaux » lui correspondait réellement, tant et si bien que le public lui-même était partagé entre séduction et fureur. La révolte encore : on apprend par exemple que, n’ayant pu échapper au service militaire de son pays, la Suisse, ce jeune pacifiste a profité d’une faille du règlement qui ne précisait rien sur la rigueur des coupes de cheveux et de barbe. Il a donc passé tout le service sans que cette pilosité ne soit atteinte ! Le spectacle d’un jeune militaire enfilant son képi sur une chevelure abondante et à la barbe descendante sur son veston d’uniforme était…poilant ! Cheveux et barbe qui bien des années plus tard lui créeront bien des soucis, en fait à la suite d’une teinture très toxique effectuée pour les besoins d’un film qui lui a provoqué de graves problèmes de santé.

Tous et toutes, dont Arletty et Françoise Seigner témoignent de son grand professionnalisme et de sa considération à l’égard de ses collègues comédiens. Mais on situe aussi l’acteur dans les méandres de ses complexes, de façon générale, et vis-à-vis des autres fortes personnalités du cinéma. L’exemple de sa rivalité avec Louis Jouvet dans « Drôle de drame » donne à entendre que le champagne a fortement détendu l’atmosphère… !

Daniel Gélin, son partenaire dans « Un ami viendra ce soir » témoigne de son inexplicable façon de jouer. Autant dit-il, pour Raimu, Gabin, Fresnay, Harry Baur avec qui il avait joué « on pouvait expliquer la façon dont s’était fait » autant avec Michel Simon, et particulièrement dans ce rôle où il jouait un aliéné, mais sans emphase, sans folie sur-jouée, Daniel Gélin s’interrogeait ouvertement sur sa schizophrénie ! Génie et monstruosité.

Michel Simon, soutien à la jeune création. On évoque le soutien sans faille qu’il a donné à Jean Vigo pour qu’il parvienne à tourner « L’Atalante ». Jean-Pierre Mocky témoignera plus loin – car l’émission suit chronologiquement la carrière de l’acteur – du respect de certains jeunes réalisateurs à son égard, sachant ce que l’acteur avait fait pour aider les nouveaux réalisateurs, dont il était curieux. « Aider ceux que la société rejette, permettre que les choses se fassent ».

« Panique » de Julien Duvivier lui amènera le rôle de l’incompris, lynché par la foule parce qu’incompris…L’incompréhension encore lorsque l’acteur voit « Panique » tout comme «Non Coupable» refusés à Cannes parce que ne correspondant pas à l’esprit du Festival, quand ces deux films étaient salués à l’étranger.

Des archives dont certaines rares, de ses prestations au théâtre notamment, des témoignages sincères, un être à part, bref, une émission réussie.

 

L’INA propose le visionnage gratuit de ses films

Gardien des archives de la télévision française, le service de streaming de l’INA, Madelen, propose trois mois de visionnage gratuit “pour accompagner nos concitoyens en cette période difficile”. Ce trésor renferme plus de 13 000 archives en tous genres. Une réelle mine d’or.

Le premier paiement a lieu 3 mois après l’abonnement initial, s’il est toujours en cours. Aucun paiement ne sera effectué si vous vous désabonnez dans la période de 3 mois offerts

Un catalogue riche et éclectique
Madelen est une sélection exquise de chefs-d’œuvre, dont la plupart sont impeccablement restaurés. Au programme, classiques du cinéma français avec Renais, mais aussi Godard, des tonnes d’émissions cultissimes, une multitude de documentaires remarquables ainsi que de nombreux spectacles et concerts, dont la première de Starmania en 78, le show d’Aretha Franklin à l’Olympia en 1971 ou encore celui de Barbara.

La plateforme regorge également de séries mythiques tels que Les Shadoks, créée par Jacques Rouxel qui relate les mésaventures d’êtres anthropomorphes à l’apparence d’oiseaux rondouillards. On peut retrouver aussi la mini-série des années 80 de Claude Chabrol et Buñuel, Fantômas. Enfin, Madelen met à disposition l’iconique collection documentaire belgo-française Strip-tease, diffusée de 1992 à 2002 sur France 3.

source : les Inrocks

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La Fête du court… à la maison

Du mercredi 25 au mardi 31 mars, vous avez la possibilité de télécharger un lecteur sécurisé qui vous permettra de regarder autant que vous le souhaitez une programmation de films, conçue spécialement à cette occasion. Des films accessibles à tous, pour tous les âges, tous les publics, et bien évidemment gratuits !
Pour vous inscrire, c’est très simple !
> Remplissez le formulaire en cliquant ici : inscription fête du court
> Ajoutez l’adresse email contact@lafeteducourt.com à vos contacts pour vous assurer de bien recevoir nos emails
> Vous recevrez un email automatique sur votre adresse vous indiquant votre identifiant et votre mot de passe personnels
> À partir du 24 mars, connectez-vous sur portail.lafeteducourt.com avec les identifiants communiqués et téléchargez notre lecteur sécurisé
> Vous pourrez voir et revoir gratuitement tous les films proposés jusqu’au 31 mars,
date où le lecteur deviendra inactif

Confinés : On s’fait une toile ?

brefÀ l’heure de ce confinement général obligé, « Bref le meilleur du court métrage » pense aussi aux plus jeunes, particulièrement susceptibles de tourner comme des lionceaux en cage alors qu’un éclatant soleil brille à l’extérieur.
Mais comme le seul mot d’ordre qui vaille est de surtout rester chez soi, ce site propose spécialement, à l’attention des enfants comme des plus grands, de visionner en totale gratuité, pour les 2 ) semaines qui viennent, 6 courts métrages des plus variés.
Avec de l’animation, du burlesque et de la musique, mais aussi des documents pédagogiques à télécharger, comprenant même des pistes d’ateliers pratiques.

 

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Des cinémas indépendants -tel le cinéma Les Carmes d’Orléans- proposent en partenariat avec LA TOILE, de (re)-découvrir sur n’importe quel terminal (ordinateur, tablette, voire même téléphone…🖥📲) une sélection de films liés à la programmation de son cinéma.

Notez bien que LA TOILE est la seule plate-forme qui rémunère les cinémas.

Les cinémas participants
L’ensemble des films proposés
et par exemple : la sélection du cinéma Les Carmes

 

 

Une exposition à voir à Paris : « Du cinéma au septième art, les films Pathé dans les années 1920 ».

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé* – 73, avenue des Gobelins 75013 Paris – propose jusqu’au 29 février 2020 cette exposition fort intéressante qui pose la question de la perméabilité entre deux démarches, celles d’une production commerciale et celle de la recherche d’une nouvelle grammaire cinématographique. Elle rassemble des documents iconographiques originaux, pour la plupart inédits.

« Au cours des années 1920, le cinéma évolue considérablement. Alors que la production américaine est devenue incontournable après la guerre, portant à l’affiche des stars dans des films policiers, des mélodrames et des séries comique, Pathé crée son propre modèle en produisant des films à épisodes adaptés de la littérature et des feuilletons. L’aventure, l’action, la vengeance et l’honneur animent leurs héros. Ainsi, Les Trois Mousquetaires, Les Misérables et Mandrin permettent de sortir de la crise et de renouer avec un cinéma populaire.

Ces films commerciaux s’inscrivent dans un contexte où le cinéma est pensé comme une forme nouvelle d’écriture. A côté des films à épisodes, tournés sous l’égide des Cinéromans par des metteurs en scènes comme Jean Kemm et Henri Fescourt, certains, Abel Gance et Germaine Dulac notamment, choisissent des scénarios spécialement conçus pour l’écran. Ils appartiennent à une avant-garde pour laquelle l’expression de Septième art est bientôt créée. Recherchant des formes nouvelles de narration, expérimentant les cadrages, créant des rythmes, dépeignant l’émotion des personnages grâce au montage, ils s’appuient notamment sur une technique plus légère. Qu’ils répondent à des objectifs commerciaux ou à des commandes de mécènes, qu’ils s’inscrivent, comme René Clair, dans une démarche de provocation ou qu’ils proposent de « bonnes histoires » au public, ces différentes approches ont en commun d’utiliser une technologie au service d’une écriture réinventée. Le Pathé-Baby et du Pathé-Rural, les formats réduits destinés aux amateurs et à la petite exploitation, prolonge la diffusion de ces films jusqu’à l’aube du parlant. »

* Reconnue d’utilité publique le 9 mai 2006, cette fondation œuvre à la conservation et à la mise à disposition du public du patrimoine historique de Pathé. Regroupant l’ensemble des collections non-film de Pathé depuis sa création en 1896, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé est un centre de recherche destiné aux historiens, aux enseignants et aux étudiants, ainsi qu’à tous ceux qu’intéresse le cinéma. Par son activité, elle œuvre à la promotion de l’histoire du cinéma à travers l’histoire de Pathé. L’exceptionnel fonds d’archives de la Fondation, régulièrement enrichi par de nouvelles acquisitions, regroupe plusieurs collections. Elles comprennent un riche ensemble de matériel iconographique et publicitaire, des documents imprimés, des appareils et des accessoires cinématographiques, des objets, une bibliothèque d’ouvrages et de périodiques, ainsi que les archives administratives et juridique de Pathé depuis sa création. A ce jour, le catalogue Pathé se compose de plus de 10 000 films dont 9 000 films muets.