Archives pour la catégorie Actualité des salles

Parfois, les lumières de la salle à peine éteintes, l’émotion me gagnait…

Chaque cinéma maintient, tant faire se peu, le lien avec ses spectateurs. Il en est ainsi du cinéma Les Carmes à Orléans avec sa lettre hebdomadaire dont voici le dernier éditorial. Merci à Michel Ferry de nous en autoriser le partage.

«  Longtemps, je suis allé au cinéma de bonne heure.
Parfois, les lumières de la salle à peine éteintes, l’émotion me gagnait si vite que je n’avais pas le temps de me dire « le film commence ». Et une heure et demie, ou plus, après, la réalisation soudaine que le générique commençait et qu’il allait bientôt falloir sortir de la salle, me sortait de mon envoûtement et je cherchais du regard le moyen de m’y replonger. Je n’avais pas cessé en regardant le film de le vivre, de m’identifier aux personnages ou à ce qu’ils vivaient, il me semblait que j’étais moi-même la Garance ou le Baptiste des Enfants du Paradis. Cette croyance, amplifiée par l’émotion que je partageais avec le public autour de moi, se prolongeait longtemps, seulement troublée par les lumières qui se rallumaient. Le film alors, se détachait de moi, j’étais libre de m’y accrocher ou pas, mais il retrouvait vie lorsque je l’évoquais avec mes voisins spectateurs ou lorsque je devinais sur leurs visages un sentiment, une émotion qu’ils partageaient avec moi… Cela faisait déjà longtemps que nous n’étions plus bercés, par le ronronnement du projecteur argentique et le battement de sa lumière, mais l’excitation de son souvenir restait la même. » 

Plus de 200 jours de fermeture depuis le 14 mars 2020… Rattrapons vite le temps perdu !

Les Carmélites

Cinéma : pour une aide accrue des collectivités locales : question ecrite de J-P Sueur – Senateur du Loiret

Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret, Questeur du Sénat, ancien Ministre, est membre du comité de parrainage de Territoires et Cinéma

Cinéma : pour une aide accrue des collectivités locales

  •  8 février 2021 – Sénat Culture

Alors secrétaire d’État aux collectivités locales, Jean-Pierre Sueur avait présenté un texte devant le Parlement qui a été adopté par ce dernier et est devenu la loi du 13 juillet 1992. Celle-ci permet aux collectivités locales de subventionner, dans certaines conditions, des cinémas privés à hauteur de 30 % de leur chiffre d’affaire ou de 30 % du projet. Compte tenu de la crise que connaissent aujourd’hui les cinémas, Jean-Pierre Sueur a proposé par une question écrite à Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, de faire passer ce taux de 30 % à 50 %, conformément à la demande de la Fédération nationale des cinémas français.

Aide des collectivités territoriales aux cinémas
Question n° 20572.  M. Jean-Pierre Sueur appelle l’attention de Mme la ministre de la culture sur la loi n° 92-651 du 13 juillet 1992 relative à l’action des collectivités locales en faveur de la lecture publique et des salles de spectacle cinématographique, modifiée par la loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité, qui permet aux collectivités territoriales d’accorder des aides aux exploitants de salles de cinéma sous forme de subventions, dans certaines conditions. L’article R. 1511-43 du code général des collectivités territoriales dispose à cet égard que « par année, le montant de subvention accordé par une ou plusieurs collectivités locales ne peut excéder 30 % du chiffre d’affaires de l’établissement, ou 30 % du coût du projet ». Or, les salles de cinéma sont durement touchées par la crise sanitaire. Elles ont ainsi perdu 70 % de leur fréquentation en 2020 et demeurent fermées aujourd’hui. La fédération nationale des cinémas français a sollicité que le montant maximum de ces subventions puisse être porté à 50 % du chiffre d’affaires de l’établissement ou du coût du projet. Il lui demande quelle suite elle compte réserver à cette proposition, eu égard aux grandes difficultés que connaissent aujourd’hui les cinémas.

Suivre l’actualité de J-P Sueur sur son site.

importante question…

sachant que cette salle n’est pas un cas unique !

Question écrite n° 20204 de M. Frédéric Marchand (Nord – RDPI)
publiée dans le JO Sénat du 21/01/2021 – page 332

M. Frédéric Marchand attire l’attention de Mme la ministre de la culture concernant Le Flandria, cinéma public géré par la ville de Bailleul.
Le Flandria est l’un des cinémas publics mono-écran les plus dynamiques des Hauts-de-France. Il incarne l’ambition culturelle de la ville d’offrir aux habitants un véritable outil de développement culturel pour tous notamment à travers des actions de médiation de qualité et une politique tarifaire très accessible qui ont permis de fédérer une vaste communauté d’usagers qui défendent le cinéma indépendant et les valeurs du service public culturel. À noter que ce cinéma bénéficie de la double labellisation « Art et essais » et « jeunes publics ».
Si la commune de Bailleul a toujours assumé ses ambitions culturelles et apporté sa contribution financière en conséquence, l’équilibre financier du Flandria est aujourd’hui menacé par un déficit de fonctionnement attendu de près de 110 000 euros.
Le budget primitif de la ville pour 2020 prévoyait initialement, c’est-à-dire avant la crise sanitaire, une subvention d’équilibre de 66 000 euros. Les pertes d’exploitation subies en raison de la pandémie représentent cependant d’ores et déjà une perte de recettes de 50 000 euros, soit 25 % de son budget global de fonctionnement, difficilement compatible avec les moyens financiers déjà exsangues d’une collectivité de 15 000 habitants, et ce d’autant plus que ce cinéma n’a pas pu bénéficier du dispositif de chômage partiel ouvert au réseau privé.
Aussi, afin de renouer avec la belle dynamique que connaissait Le Flandria avant la crise sanitaire, il lui demande comment le Gouvernement peut prendre en compte les difficultés de ce cinéma municipal afin de le faire bénéficier des mêmes mesures prises pour aider le cinéma privé.

En attente de réponse du Ministère de la culture

source : site du Sénat

France info illustre la difficile situation des exploitants

Les salles gérées par Michel Ferry et Myriam Djebour sont à l’arrêt depuis le 29 octobre, après une première fermeture au printemps.

« Pour l’instant, on tient le coup. Mais ça va dépendre de combien de temps ça dure. » Michel Ferry, 55 ans, et Myriam Djebour, 44 ans, mariés depuis deux ans et parents d’une petite fille de 3 ans, sont à la tête de deux cinémas : les Carmes à Orléans (Loiret) et le Select à Granville (Manche). Comme toutes les salles de France, leur activité est à l’arrêt depuis le 29 octobre, après une première fermeture pour raisons sanitaires au printemps. « La culture est sous cloche », s’émeut Myriam.

Sur la devanture du cinéma Les Carmes à Orléans (Loiret), les vitrines sont vidées de leurs affiches. (MATHIEU LEHOT / FRANCEINFO)
Sur la devanture du cinéma Les Carmes à Orléans (Loiret), les vitrines sont vidées de leurs affiches. (MATHIEU LEHOT / FRANCEINFO)

Les Carmes sont une institution à Orléans. C’est le cinéma d’art et d’essai de la ville. Michel, qui a travaillé derrière la caméra comme assistant de réalisateurs comme Louis Malle puis comme documentariste, en a fait l’acquisition en octobre 2013, avec le programmateur Pierre de Gardebosc. L’entreprise était alors en redressement judiciaire. Il avait été contacté par les salariés, dont Myriam faisait partie, qui étaient en quête d’un repreneur. Il en est l’actionnaire principal. Myriam et deux de ses collègues sont ses salariés, mais aussi ses associés.
Lire la suite sur le site

Demain Le Cinéma !

Une tribune signée Thierry Frémaux parue dans les colonnes du Journal du Dimanche et dans Variety, à l’occasion des 125 ans de la première projection du Cinématographe, et publiée sur le site de l’institut Lumière.

DEMAIN, LE CINÉMA !
par Thierry Frémaux – Directeur de l’Institut Lumière

Commençons par un point final : c’est la France qui a inventé le cinéma. A l’été 1894, à Paris, Antoine Lumière découvre le Kinétoscope de Thomas Edison, appareil individuel qui permet à une image minuscule de s’animer si on y met une pièce. « Il faut faire sortir le film de cette boite, dit immédiatement le père de Louis et Auguste, le projeter sur un grand écran et devant un public. » Et il ajoute : « Je rentre à Lyon. Mes fils trouveront. » Ses fils trouvèrent et appelèrent leur machine le Cinématographe, qui signifie « écrire le mouvement ». Génie de la nouveauté : le même appareil filme et projette.

À la fin 1895, Lumière décide de dévoiler au monde la nouvelle invention. Le 28 décembre 1895, il accueille le public parisien au Salon Indien du Grand Café, boulevard des Capucines, dans le quartier des illusionnistes et des magiciens. Son propriétaire refuse une location au prorata du nombre de spectateurs. Le premier soir, il se frotte les mains : il n’y en avait que 33. Les jours suivants, la foule accoure par centaines. Louer la salle au forfait fut la première bonne affaire de l’histoire du cinéma. Lumière savait ouvrir le futur, et pas seulement par son patronyme.

Une demi-heure, dix films projetés et rembobinés les uns après les autres, cinquante secondes chacun, dont le premier d’entre eux : La Sortie de l’usine Lumière à Lyon. Et s’il est vrai que Georges Méliès assistait à cette première séance, installé au premier rang, et qu’il a tenté en vain d’acquérir l’appareil, il ne l’est en revanche pas que Lumière a déclaré que « c’était un art sans avenir ». La preuve, Louis va réaliser et produire 1500 films (tous superbes, mais c’est un autre sujet). Des histoires belles mais fausses, il y en a quelques unes dans la saga Lumière. Comme chez John Ford, on a souvent préféré imprimer la légende et on a bien fait.

Le 28 décembre fut donc la « première projection publique payante » du Cinématographe. La première séance de cinéma. On va le dire ainsi, en cette veille d’anniversaire. Cet avènement est une longue chaine et doit beaucoup aux travaux des prédécesseurs de Lumière : Etienne-Jules Marey, Eadweard Muybridge, Emile Raynaud et bien sûr Thomas Edison. Mais répétons aux grincheux anti-français (des français, souvent !) qui contestent depuis des lustres la légitimité de Lumière, que les américains vont aussi au cinéma, pas au Kineto.

Aujourd’hui, 28 décembre 2020, les salles de cinéma ont 125 ans. Et cette célébration se fait avec un peu de tristesse et beaucoup de mélancolie. Car pour la première fois, elles sont à l’arrêt. Ce que les guerres mondiales n’avaient pu faire, un virus y est parvenu, insidieusement, dans un aller-et-retour infernal. Deux fois, en 2020, les cinémas ont fermé leurs portes et éteint leurs écrans. Il y aurait eu meilleure manière de les fêter – ça n’était pas comme cela que nous avions prévu les choses. Et comme si cela ne suffisait pas, les exploitants et les amoureux des salles doivent regarder les plateformes faire main basse sur les trésors de famille, les films, les cinéastes et les cinéphiles.

Du côté des éditorialistes, plutôt que le énième papier sur la mort du cinéma, on voudrait une pensée tendre, quelques paroles de reconnaissance, que soit redit ce que le septième art apporte à la civilisation. Dans l’attente fébrile de 2021, les spectateurs, eux, ont parlé. Ils sont revenus lors du premier déconfinement, ils étaient prêts à le faire à nouveau le 15 décembre dernier et ils reviendront à la première occasion. Si Lumière a inventé les salles, le public les réinvente, c’est sa présence qui en fait la magie. Il eut ce 28 décembre 1895 la bonne intuition : ce dont les gens avaient envie, c’était d’être ensemble pour partager les émotions du monde. Les plateformes, qui ne peuvent pas se passer de « nous », de nos films, de nos artistes, ne sont pas la revanche d’Edison : la télévision est là depuis les années cinquante. Le cinéma en a vu d’autres.

Car d’émotions collectives, nous avons toujours envie. Dans leur absence, les salles, qui sont nos maisons, nos églises et nos rituels, n’ont jamais été aussi présentes. Quand nous reverrons-nous ? Bientôt, il le faut. Nous voulons retourner dans un cinéma où il n’y a pas de bouton « Pause ». Voir, sur un grand écran, un film que nous découvrirons. Assis à côté de quelqu’un que nous ne connaissons pas. Retrouver les promesses que le cinéma a toujours tenues et qui ne disparaitront jamais.

Thierry Frémaux
Directeur de l’Institut Lumière

Remerciements au Journal du dimanche qui a publié ce texte dans ses colonnes le 27 décembre 2020. Ainsi qu’à Variety et Elsa Keslassy pour la traduction anglaise.

Pour compléter cette tribune regarder les premières 10 minutes de l’histoire du Cinématographe, le 28 décembre 1895 au Salon Indien du Grand Café, Boulevard des Capucines à Paris.

Les exploitants de cinémas commentent leur réouverture pour le 15 décembre

Article publié sur le site « franceinfo » 
par Jacky Bornet – France Télévisions  Rédaction Culture

Comment les directeurs de salles de cinéma réagissent aux modalités de leur réouverture ? Trois exploitants indépendants répondent entre soulagement et contraintes.

Distributeurs et exploitants se réjouissent unanimement de la réouverture des salles de cinéma le 15 décembre. Une période clé, comme pour les commerces, en cette période de fêtes. Trois directeurs et directrices de salles indépendantes nous commentent les mesures mises en place, et donnent le sentiment de la profession en cette période de crise, en plein rush pour savoir quels films ils vont proposer au public.

Les contraintes de l’horodating et de la jauge

Pour Nathalie Levasseur, exploitante de la salle Pandora à Achères (Yvelines), « c’est le ticket de caisse faisant foi de dérogation au couvre-feu à partir de 21h qui est important« . Cette mesure, promue par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, a été revue à la baisse le lendemain, avec l’annonce d’une fin des séances à 21h, corolaire au couvre-feu,. La mesure entraîne le début de la dernière projection autour de 18h-19h30 et non 20h-20h30, la plus rentable de la journée, comme suggéré dans la déclaration d’Emmanuel Macron, la veille.

Le son de cloche est un peu similaire chez Samuel Merle, programmateur des 7 Parnassiens, des 5 Caumartin et du Lincoln, à Paris. A la différence près, que répondant à nos questions après les mises au point du Premier ministre et de la ministre de la Culture, « il a été clairement précisé par Jean Castex que la dernière séance devait s’arrêter à 21h », déclare Samuel Merle. « On a été un peu déçus à cette annonce. Mais sur un film de 1h30, ça nous permet de faire une projection à 19h30. C’est mieux que rien« , estime-t-il.

Time flies | Le temps passe vite, création de Patrick Lefevre, 19/10/2017 (PATRICK LEFEVRE / BELGA MAG)

Pour Guillaume Louradour, qui exploite les deux salles Le Figuier Blanc (aussi salle de spectacle) et le Jean Gabin d’Argenteuil (Val-d’Oise), « finalement, ça ne va changer grand-chose par rapport au premier couvre-feu, sinon gagner une petite demi-heure, puisqu’on faisait terminer les dernières séances autour de 20h15-30. Mais ce n’est pas ce qu’on espérait. D’autant que les autres commerces pourront ouvrir aussi jusqu’à 21h. L’horodating reste une vraie déception, car si on a une bonne fréquentation l’après-midi, il touche les jeunes actifs, plus libres le soir, qui constituent le gros des entrées. »

« La jauge de 50% de capacité des salles est aussi importante, ajoute Samuel Merle. Quand vous avez 150-200 places, c’est supportable, mais pour des petites salles art et essai à 60-80 places, là, avec 22 personnes dans la salle, ce n’est plus rentable. Et ce qui arrive souvent, c’est qu’on doit refuser l’entrée aux retardataires, parce qu’on est déjà complet. Il faudrait que cette jauge soit supprimée, ça fait beaucoup de tort, alors que les distances physiques et le port du masque sont respectés, les spectateurs se corrigeant même entre eux« .

Compenser « une reprise coupée de ses ailes en octobre »

Selon Guillaume Louradour « la profession avait souhaité qu’il n’y est pas de nouveaux films pendant la première semaine d’exploitation, pour que cela profite aux films suspendus par le reconfinement, mais ce n’est pas ce qui a été choisi. Il y a donc une offre pléthorique de nouveaux films en décembre, plus tous les films arrêtés en cours d’exploitation en octobre. D’autant que ce sont des grands films populaires comme ADN de Maïwenn, Adieu les cons d’Albert Dupontel, Miss de Ruben Alves. Parmi les exclusivités, le blockbuster Wonder Woman 1984 est un gros morceau, ou le très beau film d’animation Le Peuple loup. On programmera aussi Mandibules, le nouveau Quentin Dupieux, toujours dans son univers très particulier, mais aussi un très beau documentaire, 143 rue du désert, tous deux étant plus confidentiels. »

Si les responsables de salles franciliennes d’art et essai ne sont « pas concernés par l’absence des blockbusters américains« , elles constatent la fidélité de leur public. Les spectateurs « revenaient en masse et de plus en plus chaque semaine, à partir du déconfinement, notamment en septembre. Et puis, ça a été le couvre-feu, et enfin la fermeture brutale avec le deuxième confinement, comme si on avait coupé les ailes de cette reprise prometteuse« , confie Nathalie Levasseur.

Pour la programmation de ses trois salles du Pandora d’Achères, elle prévoit aussi de réexposer ADN de Maïwenn qui n’a connu que deux jours d’exploitation et « qui était bien parti« . Idem pour Adieu les cons de Albert Dupontel qui avait rassemblé un million de spectateurs sur sa semaine d’exposition, « succès incroyable en cette période« . Son troisième choix se pose sur le formidable Une vie secrète, à propos du franquisme, des espagnols Jon Garaño, Aitor Arregi, José Mari Goenaga, sorti deux jours avant le deuxième confinement.

« A l’heure de la réouverture, le problème va être l’embouteillage des sorties. Il y a beaucoup de films attendus et notamment français, et ça va être une période très rock n’roll. Mais au final, cette crise nous a rapprochés entre exploitants, gros et petits, car on était tous devant la même problématique », estime Samuel Merle. « Pour les films nouveaux, je vais projeter Slalom aux 7 Parnassiens, mais garder la programmation des 5 Caumartin en l’état avec notamment Last Words de Jonathan Nossiter, du même distributeur et sur lequel je m’étais engagé. »

Nathalie Levasseur insiste par ailleurs sur la reprise des séances scolaires auxquelles elle tient. Raison pour laquelle elle reprendra le splendide film d’animation Josep d’Aurel,sur les camps de concentration de réfugiés de la Guerre d’Espagne en France à partir de 1936, Dans le même registre de l’animation, elle attend Le Peuple loup de Tomm Moore et Ross Stewart, qu’elle a trouvé « merveilleux« , ce que confirme Samuel Merle qui l’exposera également le 16 décembre.

« Mais surtout le 23, il y a deux grosses sorties françaises avec Bac Nord, un polar musclé avec Gilles Lellouche, et Le Discours, la comédie de Laurent Tirard. Il y a aussi Wendy qui est une variation sur Peter Pan, de Benh Zitling qui avait réalisé Les Bêtes du sud sauvage. Il y a une telle richesse que ça rappelle une semaine classique », estime Guillaume Louradour.

« Il a fallu fermer nos salles, alors que nous avions de très bons films et que le public revenait, je suis donc assez confiant en cette reprise », conclut Samuel Merle.

Les salles de cinéma menacées ?

« Depuis le premier confinement, on s’est sentis menacés, parce que nous avions entrepris de lourds travaux de rénovation aux 7 Parnassiens, mais on a eu un soutien exceptionnel de la Mairie de Paris qui nous a vraiment soutenus sur ce projet. L’aide du CNC (Centre national de la cinématographie) concernant le chômage partiel est également important. Mais ce qui est le plus inquiétant, c’est plus la petite musique jouée par les jeunes qui remettent directement le cinéma en cause, je l’entends souvent de leur part. Du fait que des films importants se retrouvent sur les plateformes américaines, alors pourquoi aller en salle ? A mes yeux, la principale inquiétude vient de là« , estime Samuel Merle.

« Par ailleurs, vu l’absence de blockbusters américains, les grands distributeurs, UGC, Gaumont, CGR, se sont reportés sur les films d’auteurs, plus intimistes, en nous prenant un peu notre public. Au lieu d’être dix sur un film, on se retrouvaient 20 à le projeter, ce qui n’a pas été sans préjudices pour les indépendants. »

Les conseils sanitaires projetés sur un écran de cinéma à Paris en 2020. (THOMAS COEX / AFP)

« Comme salle municipale (NDLR : subventionnée), on s’est sentis un peu protégés, il n’y a pas de risque immédiat, déclare de son côté Guillaume Louradour. Mais les collectivités territoriales ont tout de même des difficultés pour boucler leur budget 2020 et 2021, donc pour nous aider. La question demeure : jusqu’à quand va durer cette situation ?« 

« Mais ce qui nous a choqués c’est l’annonce de Roselyne Bachelot sur des aides de l’Etat pour compenser le manque à gagner des exploitants pendant le confinement, lors du congrès des exploitants à Deauville, et d’apprendre ensuite que les salles en régime direct, c’est à dire municipales, en seraient exclues. C’est la première fois qu’une telle différence s’applique avec le parc des salles privés, associatives ou parapubliques. On est une centaine de salles en Ile-de-France en régie directe et mis au ban de ces subventions, alors que les collectivités territoriales connaissent des situations financières très délicates. Notre risque, c’est que nos collectivités prennent des décisions douloureuses, et négligent les cinémas. On essaye de se battre sur ce terrain. L’ACRIF (Association des cinémas de recherches d’Ile-de-France) a envoyé dans ce sens un courrier aux autorités publiques », conclut Guillaume Louradour.

Réouverture des cinémas !

Si l’on aperçoit une lumière dans ce long tunnel grâce à l’annonce de la réouverture, la prudence reste de mise, et les exploitants le savent. Richard Patry, le Président de la FNCF le dit lui-même au Film Français « il ne s’agit pas d’un déconfinement, juste d’un allègement. Le déconfinement n’arrivera qu’ensuite – si les conditions sanitaires sont réunies » Pour preuve que la menace est toujours bien réelle, il précise que « les négociations (…) vont continuer en fonction de l’évolution des conditions sanitaires ».

Cet état de fait, nous le vivrons encore, et certes l’expérience nous rappelle qu’en des temps moins récents la société toute entière bataillait contre la tuberculose, et les sanatoriums maillaient le territoire. Nous ne revivons pas un mal d’une telle ampleur, mais nous avons tous besoin de perspectives et de soutien.

C’est justement l’un des rôles de la culture de nous aider à faire face moralement. La culture nous porte, et Richard Patry souligne, dans ce contexte c’est « un signal fort : les théâtres, les cinémas, les musées, les lieux de culture, rouvrent ». Il exprime également que le soutien aux cinémas dans notre pays n’est pas un vain mot : « on ne peut pas dire que nous n’avons pas été épaulé. Heureusement d’ailleurs, sinon cela aurait été un carnage », on ne saurait être plus clair !

Le protocole sanitaire strict proposé aux autorités par les exploitants et l’ « offre diversifiée et de qualité, pour tous les publics » est telle qu’elle va, cette fois encore donner envie aux publics de retrouver les salles. L’échange avec le Film Français laisse voir que l’embouteillage de films évoqué par certains ne semble pas réaliste, en comparaison en tout cas du calendrier de sortie de la même période en 2019.

Des crises sociales sont à venir, tout peut sembler vain. Nous le dirons inlassablement aux Collectivités : ne cédez pas à la tentation d’abandonner la culture, et en particulier le cinéma. Loisir démocratique, équipement qui anime la commune, le cinéma permet aussi un maillage, mais ici culturel et militant. Renoncer à ces efforts serait finalement nier tout le travail déjà effectué par toutes les parties prenantes.

Il faut que nous ayons tous à l’esprit qu’il y a aux côtés des tutelles du cinéma, les élus, les associations et les publics qui seront prêts à redoubler d’efforts si la chaîne ne se brise pas. Il faut tous y travailler, c’est ce message que nous souhaitions adresser en attendant avec impatience noël avant noël, c’est-à-dire le 15 décembre !

RÉOUVERTURE DES SALLES EN DÉCEMBRE ?

Film Français toujours : l’article « Vers une réouverture des cinémas mi-décembre ? » est disponible pour les abonnés sur le site du journal http://www.lefilmfrancais.com/

Dans son article Kevin Bertrand informe que les « Pouvoirs publics travailleraient (…) plus spécifiquement sur une réouverture des salles le mois prochain. ». Le journal précise « qu’aucune décision n’ait à ce jour été prise » mais que certains membres de la profession ont indiqué que les dates des 09 ou 16 décembre seraient envisagées.

Croisons les doigts !

Vers une réouverture des salles ?

Le Film Français annonce que la « La FNCF entame des consultations en vue de la réouverture des salles ».

Les abonnés du Film Français pourront retrouver l’article de Kevin Bertrand sur le site du journal http://www.lefilmfrancais.com/

Dans un contexte où l’on n’a pas de visibilité quant à cette réouverture, la Fédération s’est adressée à ses adhérents les avertissant de ses consultations pour recueillir les avis des Pouvoirs Publics, des distributeurs-éditeurs et des instances de la Fédération.

Espérons que ce travail amène à des bonnes nouvelles.

La région Nouvelle- Aquitaine aide les cinémas Art et Essai

Mesure de relance en faveur des cinémas Art et Essai.

La crise sanitaire a touché de plein fouet l’exploitation cinématographique. Dans le cadre de son plan de relance la Région Nouvelle Aquitaine a mis en place une aide de  près d’un million d’euro visant à soutenir la petite et moyenne exploitation régionale qui travaille à la promotion et à la diffusion du cinéma art et essai

Et si les autres régions faisaient pareil…