« Lumière, l’aventure commence « 

indexUn film de Thierry Fremeau, directeur artistique de l’Institut Lumière de Lyon, au côté du président Bertrand Tavernier.

Thierry Fremeau assure aussi la sélection du Festival de Cannes.

Les dépenses des collectivités territoriales

Depuis la seconde partie des années 2000,les fluctuations rapides des dépenses des collectivités territoriales pour le financement de la culture suscitent chez les acteurs de terrain l’attente d’informations actualisées pour se situer dans un contexte changeant et prendre appui sur des arguments objectifs dans le cadre des négociations avec les partenaires ou d’arbitrages internes.

Cette note de conjoncture a vocation à présenter en temps réel les grandes tendances concernant les dépenses culturelles des collectivités territoriales. Elle sera désormais reconduite chaque année sur une base qui sera progressivement élargie. Pour sa première mouture, elle propose des résultats relatifs aux régions, aux départements et aux villes de plus de 100 000 habitants.

Un mouvement significatif se dessine en 2016 à partir de notre échantillon de collectivités, celui d’une contraction des budgets de fonctionnement, dans des proportions qui restent contenues en moyenne à hauteur de -4 % pour les régions, -5 % pour les départements et -7 % pour les villes de plus de 100 000 habitants, même si ce dernier chiffre doit être pondéré par d’éventuels transferts aux EPCI.

Il convient d’interpréter ces données dans une perspective plus large d’évolution dont  les premiers signaux ont été lancés par un nombre croissant de départements à partir de 2008-2009. Par ailleurs, si l’effort culturel des collectivités territoriales décroît en moyenne en 2016, cela masque des situations variables de baisse ou de stabilité mais aussi ça et là de hausse des dépenses culturelles qui méritent d’être soulignées.

Un même scénario erratique s’annonce en 2017. Pour comprendre cette tendance globale, la réduction de la dotation de l’État aux collectivités est généralement invoquée. Un autre élément d’explication doit être ici mobilisé : celui d’un certain affaissement de l’ambition politique pour la culture, comme si elle n’avait plus la même évidence dans les politiques territoriales à l’heure même où ses effets en faveur du vivre ensemble ou d’une citoyenneté active ne cessent d’être invoqués.

Comment alors redonner un nouvel élan à la culture dans les territoires ? La réponse à cette question ne peut être directement donnée par cette enquête. Mais la conclusion de cette note souffle tout de même une hypothèse…

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La Lettre « en Bref » Janvier – Février 2017

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  • Editorial : Ordonnance

Comme vous le verrez dans ce numéro, le CNC Centre national du cinéma et de l’image animée vient de publier un texte, concernant la chronologie des médias. Mais d’autres textes sont probablement en préparation.

En effet, la loi récemment promulguée relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine prévoit dans son article 93 que : « Le gouvernement est autorisé à prendre par ordonnances toutes mesures relevant de la loi propre à modifier le code du cinéma et de l’image animée ».

Bien d’autres articles de la loi concernent spécifiquement le code du cinéma,  en particulier ceux consacrés au «partage et à la transparence des rémunérations» ou à l’exercice des professions et activités de la production et de la distribution (article 26). Bien entendu et compte tenu du sujet même de la loi, beaucoup d’articles sur la formation, la conservation et la valorisation du patrimoine concernent également le cinéma sans lui être expressément réservés. Nous n’avons reproduit en page 2 que les principales dispositions prévues par l’ordonnance.

Les autres dispositions sont brièvement résumées ci-après :

  • ž   adapter les sanctions susceptibles d’être infligées,
  • ž   recueillir les informations nécessaires à l’amélioration de la lutte contre la fraude aux aides publiques,
  • ž   préciser les règles s’appliquant aux agents de contrôle du Centre national du cinéma et de l’image animée.

Le texte précise enfin que : les ordonnances sont prises dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi. Un projet de loi de ratification est déposé devant le Parlement dans un délai de six mois à compter de la publication des ordonnances.

Comme vous pourrez le constater, les ordonnances ne semblent pas porter sur des sujets très différents de ceux qui font l’objet de la loi. On peut donc se demander ce qui motive ce traitement particulier. Une affaire à suivre.

Jackie

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Loin d’être un biopic de plus sur une personnalité sur laquelle il a été déjà tant dit, écrit et montré, ce film, plutôt bien fait, nous montre comment Jackie Kennedy a du surmonter une terrible épreuve et gérer les obsèques nationales de son mari assassiné. Étonnamment, l’affiche assez neutre, ne laisse pas présager du ton austère de ce drame psychologique. Œuvre intense que d’aucuns ont qualifié de glacée, « Jackie » bénéficie d’une narration plutôt habile et d’une mise en scène à la fois classique et intimiste de Pablo Larrain qui filme son héroïne à la perfection. La bande originale faite d’accords prolongés un peu dissonant contribue à installer un climat assez mortifère.
Nathalie Portman s’avère brillante dans son interprétation et sans forcer le trait elle joue avec justesse cette Première Dame tour à tour meurtrie, hagarde, humiliée, esseulée, mais aussi implacable face au journaliste venu l’interviewer, courageuse et soucieuse du protocole. A noter également la présence du regretté John Hurt dans l’un de ses derniers rôles, en l’occurrence un prêtre un rien philosophe avec lequel Jackie Kennedy peut converser librement. 
Un sujet sans doute un peu limité mais fort bien traité.

La La Land

sans-titreCertains films bénéficient d’une aura et d’une quasi unanimité de la presse au moment de leur sortie qu’on ose à peine manifester un quelconque désaccord. « Impossible de ne pas aimer ce film » est-il mentionné sur certaines affiches promotionnelles pour bien marteler le fait qu’on est face à un chef d’œuvre du genre, dont le succès populaire et l’avalanche de prix attestent forcément le talent. Et Pourtant, j’ose le dire, Lala Land annoncé comme « La » comédie musicale, tient assez peu ses promesses. 
Pour bien montrer qu’il n’y a pas de tromperie sur la marchandise, le film débute par un assez long plan séquence mêlant chant et danse, tourné sur une bretelle d’autoroute de Los Angeles, sorte de clip multiculturel. Passé cette scène d’ouverture un peu épuisante et plutôt décorrélée du reste du récit, l’aspect comédie musicale s’étiole assez vite pour raconter une histoire d’amour contrariée entre deux artistes, un pianiste de jazz et une apprentie comédienne, qui s’aimeront, s’épauleront et essaieront de ne pas trop faire de concessions dans leurs vies. Un scénario assez faiblard qui ne tarde pas à devenir gentiment ennuyeux.
On peut se demander si le choix de Ryan Gosling au jeu un peu falot et celui d’Emma Stone, ici dans l’émotion forcée, était vraiment approprié, d’autant que malgré leur bonne volonté, il manque aux deux comédiens une certaine grâce dans les rares moments chorégraphiés, qui tombent d’ailleurs toujours un peu comme un cheveu sur la soupe. On peut aussi regretter l’absence de seconds rôles intéressants à l’exception de l’amusant JK Simmons qui incarne le patron d’une boite de nuit. Privilégiant une sensiblerie un peu factice au détriment de la légèreté et de la drôlerie, Lala Land est nullement truculent, même si parfois on peut sentir l’esprit de Woody Allen planer ici et là.
Reste quand même une mise en scène soignée, de belles vues en Cinemascope de la terne Los Angeles, un goût assumé pour le rétro « coloré » et la confirmation de l’intérêt que porte Damien Chazelle, l’habile réalisateur, au monde du jazz depuis Whiplash, son précèdent opus, bien plus prenant.
Michel Senna

Palmarès de Clermont-Ferrand

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