Archives pour la catégorie « L’ombre d’un doute »

THE OPERATIVE

Quoi de mieux que de se réfugier dans une salle de cinéma climatisée pour échapper aux 42° qui ont carbonisé sur place les franciliens et franciliennes hier. Quittant plus tôt le bureau et ses 36° ambiant, je me suis rendu au cinéma le plus proche pour voir The Operative avec Diane Kruger. Je n’attendais rien de spécial de cet énième film d’infiltration. La surprise s’est avérée plutôt bonne. Le mérite en revient essentiellement à Diane Kruger, quasiment de tous les (gros) plans dans ce film, par ailleurs mis en scène de façon assez posée par Yvan Adler. La comédienne, à la beauté très naturelle, s’est appropriée ce personnage ambigu, sans attaches, ayant de la ressources, qui sert les intérêts du MOSSAD, avant de se découvrir des vrais sentiments pour l’une de ses victimes. Le scénario assez didactique est nullement partisan et malgré des facilités, ici et là, on pense à Lumet, Pakula ou Pollack, ce qui est plutôt flatteur. Le Mossad ne vaut certainement pas mieux, par ses moyens d’action, que les civils iraniens plus ou moins douteux qu’ils espionnent, à une époque où le pays cherche à se doter de l’arme atomique. La fin, bien menée, laisse une part à l’imaginaire du spectateur. Bref, un film qui fait un peu froid dans le dos, et c’est exactement ce que j’attendais en cette journée de canicule. Michel Senna

« Parasite » de Bong Joon Ho

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire à la mords moi ! »…tel est le commentaire entendu dans la salle à la fin du film ! Certes je ne partage pas cet avis, mais pourtant…

Drôle, le film l’est certainement, sur fond de critique sociale, qui justifie l’action de chacun des protagonistes d’ailleurs. Si l’ensemble et intelligemment ficelé, avec des acteurs au jeu humain plausible, un certain grotesque vraiment plaisant dans la première partie décrédibilise malgré tout la situation dramatique finale. A mon sens, la bascule entre réalité et extravagance ne se fait pas aussi bien que dans « Pulp Fiction », autre Palme d’or.

Car finalement c’est à se demander si le film ne souffre pas plus de la Palme que d’autre chose. Car on passe un très bon moment, avec ce film emmené, amusant et prenant, mais dont on ne peut pas s’empêcher de se demander tout au long, si, malgré une réalisation brillante, il était normal qu’il est enlevé le trophée…

Mais ne vous découragez-pas avec ce genre de considérations, et découvrez-le, cela ne reste que mon avis et à l’entendre, ce n’était pas l’avis de toute la salle !

Céline Recchia

Le jeune Hamed

Traiter d’un sujet aussi complexe n’est certes pas facile. Mais passé le premier quart d’heure durant lequel nous est montré l’endoctrinement de ce jeune, j’ai moins apprécié la « simplicité » qui l’emporte par la suite.

Sa vie dans un centre spécialisé -après une tentative de meurtre de sa part au nom de sa foi-, son séjour dans une ferme avec la rencontre d’une jeune fille amoureuse de lui, n’apportent pas grand-chose au sujet si ce n’est de montrer les interdits de sa religion.

Et j’attends avec impatience vos commentaires…

Lourdes

Lourdes
Le choix des réalisateurs -Thierry Demaizière et Alban Teurlay– est de laisser les malades, handicapés, religieux, ambulanciers, accompagnateurs… raconter LEUR pèlerinage.
Sans juger ils réussissent ainsi à exprimer la ferveur mais aussi et surtout l’humanité qui s’en dégage.
Ce documentaire nous montre que Lourdes est un lieu où quelque soit son origine, sa nationalité, son statut social… chaque personne est égale à l’autre.
Filmer cela avec une réelle beauté dans l’image fait de ce « documentaire » un très beau film.

el reino

Il y a des films dont on sait, dès les premières minutes que l’on ne va pas décrocher un instant. Ei Reino est assurément de ceux là. L’histoire de ce politicard peu scrupuleux qui se retrouve impliqué dans un scandale et qui refuse de payer les pots cassés, est tout simplement passionnante. On suit, sans en perdre une miette, la marche de cet homme déterminé à protéger son train de vie et sa famille en contre-attaquant ses ex-comparses.
La mise en scène de Rodrigo Sorogoyen est épatante, frénétique ou posée, illustrant toujours l’urgence du héros (?) qui se démène pour sortir la tête de l’eau.
Le film offre une belle galerie de portraits de corrompus et l’interprétation est dans son ensemble épatante. Antonio de la Torre, quasiment dans chaque plan, insuffle une énergie incroyable à son personnage qui entre dans des spirales infernales. Thriller nerveux, haletant, et toujours surprenant jusqu’à son face à face médiatique final lucide et intense , El reino est très une grande réussite du genre. Michel Senna

«Dans un jardin qu’on dirait éternel» de Tatsushi Omori – dans le cadre des «Saisons Hanabi»

Tout près du Ciné Saint-Leu d’Amiens, L’homme sur sa bouée retrouvera sa place ce 24 mai, puisque, à la suite de sa restauration, la sculpture sera réinstallée, « flottant » sur la Somme qui suit son cours au cœur de ce quartier : https://www.amiens.fr/Les-evenements/Retour-de-l-oeuvre-de-Balkenhol-L-Homme-sur-sa-bouee

Au Ciné Saint-Leu, comme dans de nombreuses salles en France – Les saisons Hanabi  se déroulaient ce samedi : http://www.hanabi.community/evenements/

Dans un jardin qu’on dirait éternel  était le film de jour. Et dans l’archipel japonais, comme symbole d’un apaisement, un homme se tient debout entouré d’eau (ici la mer), de fait, voir cette scène dans ce cinéma d’Amiens devenait une excellente coïncidence !

Le sujet du film est avant tout la vacuité des existences que les sociétés cherchent à combler contre les appétences de chacun. Et comment deux jeunes filles en fin d’étude, Noriko et Michiko, aux tempéraments et aux sensibilités différentes, vont, au fur et à mesure de leur apprentissage de l’art de la cérémonie du thé, se révéler et choisir leurs voies. Pour Michico ce sera celle des injonctions sociétales, tant professionnelles que maritales, pour Noriko, que l’on dit maladroite et moins déterminée, celle d’un lent accomplissement, une réponse à tous les questionnements, au gré des cycles des saisons.

Adaptation du roman de Noriko Morishita, rien d’étonnant dans le déroulé de ce film, ni vraiment dans la forme. Mais on apprécie le parti pris d’une narration où une jeune femme se révèle pudiquement à nous, se découvrant elle-même, dans l’exploration de strates de plus en plus sensibles. La « présence » de La Strada de Fellini en témoigne. Certes l’aura qui entoure ici la cérémonie du thé n’est peut-être pas aussi envoûtante pour nous que pour les japonais, mais peu importe le véhicule puisqu’il chemine vers l’harmonie de l’héroïne.

Sortie en salle le 10 juillet.

Céline Recchia

« Les grands squelettes » de Philippe Ramos

L’image a été saisissante. Melvil Poupaud relevé de sa chute s’interroge assis sur un banc. Cela m’a ramené à ce que Michel Audiard disait : « je suis fasciné par ces gens qu’on voit dans les squares, assis sur des bancs, qui regardent leurs chaussures, pendant des heures comme ça. Ces gens-là je m’assois à côté d’eux et j’essaie de leur parler. (…) si ils me racontent leur vie…vous comprenez qu’eu type qui reste comme ça, prostré des heures, il a des problèmes dans la tête, c’est pas un hasard ». A côté de combien de personnes Philippe Ramos a réussi à s’asseoir, à combien a-t-il réussi à parler ? Le film est saisissant pour cette justesse. Au fur et à mesure que le film se déroulait, je pensais en parallèle à ce roman Edouard Dujardin « Les lauriers sont coupés » qui plonge le lecteur dans les pensées profondes, dévoilées, ordinaires, et blessées du personnage principal au cours de ses déambulations d’un soir, entre rencontres amicales, vie parisienne, tourmentes amoureuses. C’est ce que « Les grands squelettes » nous donne à vivre. Evidemment comment ne pas se référer à « La Jetée » car voix off et images fixes composent ce film, mais ici parfois mouvantes, mais ici pour des sujets amoureux, et nous au cœur de leurs fragilités.

Un moment hors du temps, un poème intime.

Céline Recchia

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