Tous les articles par Daniel Richard

En « En Bref » – Janvier/Février 2022

Vous pouvez retrouver notre lettre sous diverses formes ainsi que les liens que nous y avons publiés

Sur Calameo vous pouvez aussi la lire en ligne et la télécharger

les liens publiés

Présidentielles 2022
Le Mouvement associatif entre en campagne !
Il appelle les candidates et candidats à l’élection présidentielle à « choisir l’intérêt général » en 13 engagements pour les associations
lemouvementassociatif.org/choisirlinteretgeneral/

Et il leur donne rendez-vous le 7 mars à 18h pour un face à face avec 300 acteurs associatifs
L’événement sera diffusé en direct sur leur page Facebook
et sur Twitch avec les commentaires de Jean Massiet.

Soyez au rendez-vous le 7 mars, pour, ensemble, faire une place à la vie associative, au cœur du débat public !
La campagne d’information du mouvement associatif sur leur site.
Suivre le mouvement associatif sur Facebook

Les festivals

Cannes : 17 au 28 mai ;

Bruxelles : BRIFF – Brussels International Film Festival du 23 juin au 2 juillet ;

La Rochelle : Fema du 10 au 10 juillet ;

Angoulême : Festival Film Francophone du 23 au 28 août ;

Amiens : Festival International du film du 11 au 19 novembre ;

Nantes : Festival des 3 continents du 18 au 27 novembre

LA NOUVELLE CHRONOLOGIE DES MEDIAS : explications

Comme nous l’annoncions dès le 25 janvier dernier la nouvelle chronologie des médias est entrée en vigueur, l’arrêté a été publié le 04 février 2022. Le texte complet est assez complexe car il précise non seulement les délais d’accès aux films par les divers moyens de diffusion, mais également les conditions d’exploitation. Pour vous en faciliter la lecture nous publions ici uniquement ce qui concerne les délais. Le point de départ de la chronologie des médias est la date de sortie en salle.

Exploitation sous forme de vidéogramme destiné à la vente ou à la location : 4 mois après la sortie en salle de cinéma.

Exploitation par un service de médias audiovisuels à la demande (SMAD) payant à l’acte : 4 mois après la sortie en salle de cinéma.

Exploitation par un service de télévision payant de cinéma
Dans le cadre d’une première fenêtre d’exploitation :
9 mois à compter de la date de sortie en salles. A l’expiration d’un délai inférieur au délai de 9 mois et qui ne peut être inférieur à 6 mois, déterminé par accord conclu avec les organisations professionnelles du cinéma.
Dans le cadre d’une seconde fenêtre d’exploitation : A l’expiration d’un délai de 17 mois à compter de la date de sortie en salles
A l’expiration d’un délai de 15 mois après accord avec les organisations professionnelles du cinéma.

Exploitation par un SMAD par abonnement. A l’expiration d’un délai de 17 mois à compter de la date de sortie en salles
A l’expiration d’un délai de 15 mois à compter de la date de sortie en salles après accord conclu avec les organisations professionnelles du cinéma.

Exploitation par un service de télévision en clair et un service de télévision payant autre que de cinéma
A l’expiration d’un délai de 22 mois à compter de la date de sortie en salles lorsque ce service applique des engagements de contribution à la production cinématographique d’un montant minimum de 3,2 % de son chiffre d’affaires.
A l’expiration d’un délai de 30 mois dans les autres cas.
Exploitation par un service de médias audiovisuels à la demande (SMAD) gratuit

Une œuvre cinématographique peut faire l’objet d’une exploitation par un service de médias audiovisuels à la demande gratuit à l’expiration d’un délai de 36 mois à compter de la date de sortie en salles.

Dérogations
Par ailleurs, une œuvre cinématographique relevant du genre documentaire, et une œuvre cinématographique relevant du genre de la fiction dont les coûts certifiés n’excèdent pas 1,5 M€, peuvent être exploitées à l’expiration d’un délai de 12 mois, dans les conditions très techniques précisées dans l’arrêté. Les parties au présent accord s’engagent à ce que toute contestation relative à ces dérogations puisse faire l’objet d’une conciliation par le Médiateur du cinéma.

Il est également précisé que, les œuvres cinématographiques de courte durée au sens de l’article D. 210-2 du code du cinéma et de l’image animée ne rentrent pas dans le champ du présent accord.

Le présent accord entre en vigueur à la date de sa signature, c’est-à-dire le 04 janvier 2022

Il s’applique de plein droit aux contrats conclus postérieurement à cette date. Il peut s’appliquer aux contrats conclus antérieurement, soit en cas de stipulation expresse de ces contrats permettant de faire application des délais d’exploitation résultant du présent accord, soit en cas d’avenant conclu à cette fin.

Il est conclu pour une durée de 36 mois.

Au bout de 12 mois suivant l’entrée en vigueur du présent accord, les parties conviennent de se rapprocher, sous l’égide du Centre national du cinéma et de l’image animée, afin de dresser un premier bilan de son application.

Au plus tard 12 mois avant l’échéance du présent accord, les parties conviennent de se rapprocher, sous l’égide du Centre national du cinéma et de l’image animée, pour convenir de sa reconduction ou de son adaptation aux évolutions du secteur.

LES SIGNATAIRES

Bureau de liaison des industries cinématographiques (BLIC), Bureau de liaison des organisations du cinéma (BLOC), Société civile des auteurs réalisateurs-producteurs (ARP), Guilde française des scénaristes, Fédération nationale des cinémas français (FNCF), Scénaristes de cinéma associés (SCA), la Société civile des auteurs multimédia (SCAM), la Société des réalisateurs de films (SRF), Association des producteurs indépendants (API), Syndicat des producteurs indépendants (SPI), Union des producteurs de cinéma (UPC), Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID), Distributeurs indépendants réunis européens (DIRE), Syndicat des distributeurs indépendants (SDI), Fédération nationale des éditeurs de films (FNEF), Syndicat des éditeurs de vidéo à la demande (SEVAD), Canal Plus, Orange-OCS, Netflix International BV, France Télévisions, M6, TF1, Molotov, la Fédération des industries techniques du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia (FICAM). En présence d’Arte France.

L’aide des communes au cinéma – un amendement de J-P Sueur inscrit dans la loi

L’aide des communes au cinéma : un amendement de Jean-Pierre Sueur inscrit dans la loi « Différenciation, décentralisation, déconcentration, simplification » (dite Loi 3DS)

Alors secrétaire d’État aux collectivités locales, Jean-Pierre Sueur avait présenté devant le Parlement le texte qui deviendrait la loi du 13 juillet 1992 autorisant les communes à apporter des aides directes aux salles de cinéma. Cette loi avait pour but de développer les salles de cinéma, dans des conditions définies, sur l’ensemble du territoire, et notamment dans le monde rural. C’est ainsi que selon le Conseil national du cinéma (CNC), au moins cinquante projets ont obtenu depuis 2014 des aides des collectivités locales pour vingt-trois millions d’euros pour 190 millions d’euros investis.
Or le Conseil d’État a considéré par une décision prise en 2021 que, contrairement à la mise en œuvre de la loi depuis 1992, celle-ci ne pouvait s’appliquer à la création de nouveaux cinémas dans une commune par des entreprises dont le siège est situé dans d’autres communes.
Se refusant de voir une loi dont il est l’auteur ainsi privée d’une part de ses effets, Jean-Pierre Sueur a présenté un amendement qui a été adopté et inséré dans la loi « Différenciation, décentralisation, déconcentration, simplification » permettant aux communes d’attribuer des subventions à des entreprises cinématographiques pour la création d’un nouveau cinéma répondant aux critères fixés par la loi (moins de 7 500 entrées hebdomadaires ou classement en « art et essai »).
Cette faculté est aussi ouverte, dans les mêmes conditions, aux départements.
Cette nouvelle rédaction répond donc aux attentes des associations qui œuvrent pour le développement du cinéma dans tous les territoires et en direction de tous les publics.

nouvelle chronologie des médias

Pour faire suite à la parution de notre lettre « en Bref » nous avons mis en ligne un article complémentaire sur ce sujet : retrouvez le ici

Une nouvelle chronologie des médias vient d’être signée, en ce lundi 24 janvier. Elle devrait être mise en place le 10 février prochain pour une durée de trois ans. Avant cela, une clause de revoyure a été fixée en février 2023, afin de faire un premier bilan. Car ce sujet a donné lieu à de longues négociations, et les décisions prises aujourd’hui sont déjà critiquées par des professionnels du cinéma et de la télévision.

Après plusieurs mois de discussions sous la médiation du CNC, le ministère de la culture, les plateformes de streaming et les chaînes de télévision ont validé ce nouveau calendrier de diffusion des films en streaming et à la télévision :

– un délai de 6 mois d’attente entre la sortie en salles et une première diffusion en crypté sur Canal +

– un délai de 15 mois pour Netflix

– un délai de 17 mois pour Amazon Prime Vidéo et Disney Plus

– Un délai de 22 mois pour les chaînes en clair (TF1, M6 etc.)

lire la suite de l’article sur le site première.fr

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Et Roseline Bachelot s’en félicite…

La ministre de la Culture a accueilli hier les professionnels du cinéma et l’ensemble des diffuseurs pour la signature d’un nouvel accord interprofessionnel, dit accord de « chronologie des médias », régissant l’ordre de sortie des films sur les différents canaux d’exploitation (salle de cinéma, DVD, vidéo payante à l’acte, télévision payante et gratuite, vidéo payante par abonnement, etc.).

L’intégration des plateformes dans le modèle de financement de la création française, grâce au décret relatif aux services de médias audiovisuels à la demande (décret SMAD) du 22 juin 2021, imposait un réaménagement du précédent accord de chronologie des médias (2018), antérieur aux obligations désormais imposées aux plateformes par abonnement.

Le nouvel accord, négocié avec la médiation des pouvoirs publics, poursuit le triple objectif de garantir l’accès le plus large aux œuvres pour les spectateurs, l’investissement des acteurs de la diffusion dans la production, et le développement de la création cinématographique dans toute sa diversité.

Il réussit la prouesse de permettre à la fois la préservation et la valorisation de la « fenêtre » de la salle de cinéma, un raccourcissement global des délais (la frise chronologique, qui s’étalait au total sur 44 mois, est resserrée à 36 mois dans l’accord actuel) et une avancée substantielle de la « fenêtre » de la télévision payante (de 8 à 6 mois) et de celle des plateformes payantes par abonnement (de 36 à 17 ou 15 mois), sans pour autant déstabiliser les diffuseurs historiques (télévision payante et télévision gratuite), qui demeurent les principaux financeurs du cinéma français.

La signature de cet accord parachève ainsi la transposition de la directive « Services de médias audiovisuels » (SMA), après que le volet règlementaire de cette transposition a été achevé le 31 décembre dernier par la publication de 5 décrets complétant le décret SMAD du 22 juin 2021. Ainsi l’engagement pris par le Président de la République devant le monde de la culture et devant tous les Français, le 6 mai 2020, de faire contribuer les plateformes au financement des œuvres françaises et européennes, est tenu, avec un niveau d’ambition qui n’a aucun équivalent dans le reste de l’Union européenne. Ainsi, chef de file dans l’adoption de la directive SMA, la France l’est restée dans sa transposition.

La ministre de la Culture tient à saluer l’engagement de l’ensemble des parties prenantes aux discussions qui ont été fortement mobilisées au cours des derniers mois et leur remarquable esprit de responsabilité collective qui a permis de faire aboutir une négociation difficile mais essentielle.

source : ministère de la culture

Alice Guy – L’inconnue du 7e art

Une fois n’est pas coutume car Territoires et Cinéma traite en principe du, des, Cinémas. Toutefois nous tenons à vous signaler ce remarquable documentaire diffusé ce mercredi 5 janvier et disponible sur le site Arte.tv

La présentation qu’en fait Arte :

Qui, en dehors des cinéphiles, connaît aujourd’hui Alice Guy (1873-1968) ? Elle fut pourtant la première femme derrière la caméra, et la première réalisatrice et productrice de films de fiction de l’histoire. Raconté à la première personne, ce beau documentaire redonne sa juste place à cette pionnière, dont le nom a été effacé de l’histoire du septième art.

À l’aube du XXe siècle, alors que le monde se passionne pour les images en mouvement, fruit des expérimentations d’Edison et des frères Lumière, la jeune Alice Guy est engagée comme secrétaire au service de Léon Gaumont. Sur son temps libre, elle se met à réaliser de courts films fantaisistes pour promouvoir le chronophotographe de la société. Leur succès est immédiat : promue directrice de production chez la Gaumont, la jeune femme à la créativité débridée réalisera en une dizaine d’années quelque deux cents courts ou moyens métrages, avant d’embarquer pour New York, où elle fonde en 1910, avec son époux Herbert Blaché, sa société de production. Au faîte de sa popularité, la puissante Solax produira jusqu’à deux films par semaine, faisant d’Alice Guy la femme d’affaires la mieux payée des États-Unis…

Femme spoliée

Premier péplum de l’histoire, (« La vie du Christ « en 1906), premier film à la distribution entièrement afro-américaine, premier « making of »… : on ne compte plus les innovations signées Alice Guy. Ses mille et une trouvailles de mise en scène et de trucages, comme son approche naturaliste du jeu d’acteur, ont contribué à façonner le langage cinématographique tel que nous le connaissons. Comment une telle visionnaire, dotée d’un regard acéré sur son temps et sur la place des femmes dans la société, a-t-elle pu disparaître de la mémoire collective ? À travers ce passionnant documentaire narré à la première personne – nourri d’un impressionnant travail d’archives et illustré par la dessinatrice Catel Muller, co-initiatrice de ce documentaire avec José-Louis Bocquet –, Valérie Urréa et Nathalie Masduraud (« H24 – 24 heures dans la vie d’une femme ») réhabilitent une immense figure du septième art, effacée de l’histoire officielle et spoliée, parce que femme, de la « paternité » de la quasi-totalité de son œuvre. Si une partie de ses films a été perdue, de patientes recherches ont permis d’en identifier une centaine, souvent attribués à tort à des collaborateurs : des pépites d’humour et de poésie, sonorisées pour l’occasion – un procédé dont Alice Guy fut, là encore, pionnière –, dont des extraits émaillent ce documentaire.

Le CSA intègre les plateformes au financement du cinéma

En application du décret du 22 juin 2021 relatif aux « services de médias audiovisuels à la demande » (SMAD), adopté à la suite de la transposition de la directive européenne sur les services de médias audiovisuels, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a procédé au conventionnement et à la notification des obligations des principaux SMAD établis dans d’autres Etats Membres de l’Union européenne et proposant leur offre de cinéma et d’audiovisuel sur le marché français : Netflix, Disney +, Amazon Prime Video, pour son service par abonnement, et Apple TV app – iTunes Store.

Jusqu’à présent, seuls les éditeurs nationaux étaient tenus de contribuer au système de financement de la création. Dans un contexte de mutation profonde de l’offre audiovisuelle et d’un accès croissant aux œuvres à la demande et par voie délinéarisée, ces conventions et notifications confirment l’inscription concrète de grands acteurs internationaux dans l’industrie audiovisuelle et cinématographique. Cette étape constitue une avancée remarquable pour le modèle culturel français et européen. Le CSA se félicite de la qualité du dialogue ayant mené à ce résultat et de l’engagement de ces nouveaux entrants à contribuer activement à la vitalité et au rayonnement de la création française.

Le dispositif prévoit la participation des SMAD concernés à hauteur de 20 % de leur chiffre d’affaires en France pour les services par abonnement, dont 80 % sont consacrés à la production audiovisuelle et 20 % à la production cinématographique.

D’ici la conclusion prochaine d’un nouvel accord sur la chronologie des médias, qui poursuivra l’intégration de ces nouveaux entrants dans le financement du cinéma français et européen, le CSA a choisi la voie de la notification pour les obligations relatives aux investissements devant être consacrés à la production cinématographique. Ce choix laisse ouverte la possibilité d’un conventionnement à l’avenir. Pour le cinéma, comme pour l’audiovisuel, les options retenues laissent toute leur place à la négociation et à la conclusion d’accords interprofessionnels, dont les stipulations seront naturellement prises en compte par le régulateur.

Avant la fin de l’année 2021, cinq autres services concernés par la règlementation devront également conclure des conventions avec le CSA, ou, le cas échéant, se voir notifier leurs obligations. Le montant total attendu des contributions à la production audiovisuelle et cinématographique devrait se situer en année pleine dans une fourchette de 250 à 300 millions d’euros.

A quelques jours de la naissance de l’Arcom, qui succèdera le 1er janvier 2022 au CSA, cette nouvelle étape souligne l’adaptation du régulateur aux transformations profondes du paysage audiovisuel et numérique. L’Arcom veillera avec une grande attention au respect des obligations qui découlent des conventions conclues et des notifications.

Consultez les conventions et les notifications des obligations des SMAD

Le site Europa.org propose un excellent article sur ce sujet

Lancement du circuit Vox itinérant – Loiret

L’association Vox Populi, située à Château-Renard dans le Loiret, est heureuse de vous informer du lancement de « Du cinéma dans mon village », tournée de cinéma itinérant en numérique, sur 15 communes du Montargois.
Qu’on se le dise : le cinéma n’est pas un loisir réservé aux citadins, il va désormais à la rencontre de tous ses publics, au cœur des villages !

Présentation
Du Cinéma dans mon Village, c’est comme un grand grand cinéma convivial déployé sur une partie du Montargois, quinze communes au total.
Du coup, quand on a loupé une séance quelque part, au VOX de Château-Renard par exemple, d’où part le projet, eh bien on sait qu’on pourra voir le film de son choix ailleurs, pas loin de chez soi !
Et quand on accueille des touristes de passage dans l’une de ces quinze communes, on peut leur dire : « Ce soir, il y a cinéma »
Et quand les écoles veulent passer un film aux enfants pour l’éducation à l’image, mais que le cinéma VOX, c’est trop loin, eh bah, nous, on vient !

Notre souhait est d’apporter le cinéma aux publics « empêchés », notamment les publics scolaires, les jeunes, les familles non ou mal véhiculées, ou les aînés.

Ca s’appelle « du cinéma de proximité », ça permet de valoriser nos villages, en y proposant des moments de culture populaire sympa, ça nous fait des souvenirs communs à tous, ça crée des liens, et tout ça à tout petits prix (ceux du VOX, cinéma associatif convivial, culturel et militant pour le mieux vivre ensemble).

Pour paraphraser Lagardère, la devise de ce circuit aurait ainsi pu être : Si tu ne viens pas au cinéma, le cinéma ira à toi !

Soutien aux Cinémas : Strasbourg offre 25.000 places de cinéma à ses élèves d’école maternelle et primaire

Le conseil municipal de Strasbourg (Bas-Rhin) a voté à l’unanimité, ce lundi 15 novembre, le don de places de cinéma à 25.000 enfants en école maternelle ou primaire. Les élèves des réseaux d’éducation prioritaire (Rep) bénéficieront d’une place supplémentaire.

La municipalité de Strasbourg (Bas-Rhin) veut emmener les enfants dans les salles obscures. Une mesure allant dans ce sens a été votée à l’unanimité en conseil municipal, ce lundi 15 novembre 2021. 

Une mesure dont le budget est estimé à 150.000 euros. Il s’agit d’acheter des tickets de cinéma et de les donner à 25.000 élèves des écoles maternelles et primaires strasbourgeoises.

Il y a cinq cinémas à Strasbourg (les deux Star, Vox, Odyssée, et UGC qui sont visibles sur la carte ci-dessous). Chaque place sera envoyée par voie postale dans les foyers concernés à la fin du mois de novembre, a appris France 3 Alsace auprès des services municipaux. Une lettre de la maire Jeanne Barseghian (EELV) complètera ce courrier. 

Par voie de communiqué -lire ci-dessous- Jeanne Barseghian qualifie ces places gratuites « d’invitation à retrouver en famille le bonheur des salles obscures » et d’« opportunité pour stimuler l’imaginaire des plus jeunes à travers une pratique culturelle collective essentielle ». Il s’agit donc d’une mesure culturelle.

Mais c’est aussi une mesure de soutien. Plus précisément « aux acteurs culturels après des mois particulièrement difficiles, et notamment pour les professionnels du septième art »

L’opération permet en outre aux enfants dont l’école fait partie d’un réseau d’éducation prioritaire (Rep ou Rep+) de bénéficier d’une seconde place offerte. Mesure également sociale donc. Les places seront réparties de manière « équitable », selon les films au programme et l’âge des élèves.

source

 Il faut sauver les distributeurs de films indépendants

Actualité du DIRE
Tribune : il faut sauver les distributeurs de films indépendants
Tribune parue dans l’édition du Monde du 29 octobre 2021
(source : site du DIRE/Distributeurs Indépendants Réunis Européens)

Une étude menée par l’ADRC (Agence Nationale pour le Développement du Cinéma en région) montre que les distributeurs indépendants ont perdu 70% de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33%.

Cette catégorie de distributeurs fragilisée par la crise sanitaire est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public en salles, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le CNC.

Pourtant leur travail, reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scenarii des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaines de télévision, régions, soficas et autres financeurs du cinéma. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film en salles : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bande-annonce, affiches, dossier de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films (auteurs, réalisateurs, producteurs) et ceux qui les exploitent (les salles de cinéma).

La digitalisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgés un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plateformes de sortir leurs
« originals » en salle en négociant directement avec les salles, prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Dans le même temps, et malgré les luttes acharnées menées par l’ensemble de la filière du cinéma, les salles ont dû tirer leur rideau le 28 octobre 2020 pour ne rouvrir que le 19 mai 2021. Sept mois et demi de fermeture, 232 jours loin des salles quand quasiment tous les commerces avaient, eux, rouvert fin novembre 2020… Les cinéphiles ont dû se résigner à la compagnie de leur petit écran, bien loin de l’expérience collective. Si bon nombre de spectateurs se sont rués à la réouverture, cette embellie a été de courte durée. Leur élan a de nouveau été freiné par l’instauration du passe sanitaire que les exploitants ont dû mettre en pratique en moins d’une semaine, sans avoir le temps de faire œuvre de pédagogie auprès de leur public, quand les restaurateurs, eux, ont eu trois semaines pour le faire. Force de constater qu’un public cinéphile, assidu, passionné n’est plus au rendez-vous des films d’auteurs et les distributeurs s’en inquiètent au plus haut point : pas moins de 7 millions d’entrées perdues en juillet et août (par rapport aux années pré-covid) et des dizaines de films coupés brutalement de leur public. Chaque mois qui passe, rend leur tâche plus ardue.

La crise sanitaire a bien accéléré la mutation des usages et la filière cinéma dans son ensemble doit pouvoir s’adapter à la présence des plateformes, en organisant une nouvelle Chronologie des médias afin d’encadrer leur place tout en protégeant la diversité des créateurs de leurs œuvres. C’est un écosystème savamment organisé qui a permis la préservation de la richesse de notre cinéma national, le seul à avoir su entretenir le public à la réouverture des salles le 22 juin 2020, quand les studios américains avaient décidé de reporter leurs sorties à des temps meilleurs. Nombre de pays plus dépendants du cinéma américain ont connu dans cette période de crise sanitaire, une chute encore plus grande de leurs entrées en salles, et rompu plus durablement leur lien avec le public.

Notre cinéma n’a d’ailleurs jamais été aussi reconnu dans le monde entier, Palme d’or à Cannes pour Julia Ducournau avec Titane, Lion d’or à Venise pour Audrey Diwan avec L’Evènement, une large sélection de films français dans les plus grands festivals.

Nombreux sont ces films, français et européens, privés de salles pendant sept mois et demi de confinement, à attendre aujourd’hui leur date de sortie. Se pose alors une nouvelle difficulté, celle de trouver un accès suffisant aux écrans, saturés par le retour des films américains à gros budget et par le grand nombre de films qui ne pouvant plus différer leur sortie garantissent ainsi aux salles une offre importante. L’action des pouvoirs publics est attendue pour permettre une meilleure régulation du marché, afin de ne pas céder à la loi du plus fort, et priver par là même le public d’une offre diversifiée. Les salles, pour lutter contre la concurrence des plateformes, doivent renforcer leur singularité, mieux éditorialiser leur offre pour se différencier.

Les films ont besoin pour exister de créateurs, producteurs, distributeurs, exploitants, et de spectateurs unis et engagés afin de transmettre sereinement le plaisir unique du spectacle collectif, familial ou solitaire, un temps à l’écart de la sollicitation des algorithmes pour un cinéma non formaté, qui affirme son indépendance, ses identités, et celles de ses créateurs.

Ceci afin de pouvoir continuer à ouvrir les yeux des générations présentes et à venir. Ce qui est, pensons-nous, une véritable mission d’utilité publique. Telle est la mission des distributeurs indépendants.

Eric Lagesse (distributeur et président de Pyramide Films) et Carole Scotta (productrice, distributrice et présidente de Haut et Court)

Défigurations de films par des insertions publicitaires : J-P Sueur interpelle Mme Bachelot  

À la suite des alertes lancées par l’association « Territoires et cinéma », Jean-Pierre Sueur a interpellé, par une question écrite, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, sur le développement de la défiguration de films par des insertions publicitaires en raison de la multiplication des canaux de diffusion et de l’acquisition de catalogues de films par des entreprises extra-cinématographiques.

Développement des défigurations de films par des insertions publicitaires
Question n° 25221 adressée à Mme la ministre de la culture
À publier le : 04/11/2021
Texte de la question : M. Jean-Pierre Sueur appelle l’attention de Mme la ministre de la culture sur la préoccupation exprimée par l’association « Territoires et cinéma » quant au respect dû aux films « défigurés par des insertions publicitaires ». Cette association craint qu’en raison du fait que « les canaux de diffusion de films se multiplient » et que « des entreprises extra-cinématographiques acquièrent des catalogues de films », le film « devienne un simple produit d’appel pour les produits de consommation courante ». Il lui demande quelles dispositions elle compte prendre pour éviter une telle défiguration des films par des insertions publicitaires et veiller à ce que l’article L. 214-5 du code du cinéma et de l’image animée soit strictement appliqué.

Pour mémoire voici ce que nous écrivions dans notre récente publication « En Bref » :