Tous les articles par Daniel Richard

La situation des cinémas français vire au film catastrophe

La situation des cinémas français vire au film catastrophe. Tel est le titre d’une publication du blog de Radio France Internationale.
Ce titre interpelle Territoires et Cinéma et nous soutenons la démarche de l’ensemble des exploitants qui ont vraiment besoin de la part des pouvoirs publics de réponses claires et rapides mais aussi d’aides.
Sur ce même sujet Michel Ferry, exploitant indépendant d’un cinéma « Art et Essai » à Orléans  et à Granville, exprime ses inquiétudes sur le journal numérique  « MagCentre »

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L’article de R.F.I
Fréquentation en berne, situation économique désastreuse et sorties de films repoussées… Un peu plus d’un mois après la réouverture des salles, le secteur du cinéma français s’apprête à passer un été difficile, voire meurtrier.
« Quelle entreprise peut vivre en ne faisant que 30% de son chiffre d’affaires ? », lance Richard Patry, directeur de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF). Au total, 90% des salles de cinéma ont rouvert, mais l’affluence est loin d’être au rendez-vous. C’est un cercle vicieux qui se joue dans les salles obscures. Comme le public n’est pas là, les distributeurs préfèrent repousser la sortie de leurs films. Conséquence : le public ne vient pas plus, vu qu’il n’est pas attiré par la nouveauté. …/…
Lire la suite sur le site « RFI – Radio France Internationale »

L’article de MagCentre
Michel Ferry, animateur gestionnaire du cinéma Les Carmes, nous a confié ses inquiétudes. Les cinémas ont rouvert, certes, « mais l’absence de mesures claires rend notre situation difficile ». En plus des obligations des mesures barrière, les nouveaux films se font rares. Pour offrir au public une offre large, l’équipe a choisi plusieurs cycles de repasses, mais qui ne fonctionnent pas très bien.
« Le marché est très bas, l’offre de films faible et ça ne décolle pas. Dès qu’il y a un film un petit peu porteur, ça marche mieux. Ete 85, par exemple, le film d’Ozon, a un peu cet effet de levier. Abou Leila aussi, mais le film est difficile. Si on avait une offre plus forte, ce serait différent. Il est évident que lorsqu’il y a un film qui marche, il emporte le morceau, il motive, il draine les gens dans les salles. Phénomène d’attractivité du cinéma en général. En salles Art et essai comme en salle des grands circuits. Or là, on a un mois beaucoup plus faible que d’habitude, et pour les circuits des grandes salles, c’est tout aussi violent. Certains films qui avaient prévu de sortir au printemps sont sortis en VoD, d’autres vont se décaler, sortir plus tard. De plus, certains films qui sont le cœur de métier des Carmes sont allés aussi chez Pathé. Ils manquent de films, donc c’est légitime. Mais en sens inverse, j’ai essayé d’avoir des films qui en général vont chez eux, et je n’ai pas réussi.
Lire la suite sur le site « MagCentre »

Communiqué du SCARE – Syndicat des Cinémas d’Art, de Répertoire et d’Essai

Communiqué du SCARE – Syndicat des Cinémas d’Art, de Répertoire et d’Essai

Le SCARE- Syndicat des Cinémas d’Art, de Répertoire et d’Essai vient de publier une remarquable analyse de la situation des cinémas indépendants, et appelle à un renforcement financier du CNC et à un vrai plan d’urgence du secteur.V

Voicil’intégralité du communiqué :

SARE- Syndicat des Cinémas d’Art, de Répertoire et d’Essai – 15 juillet 2020 :

« Nous cinémas indépendants, représentés par le Scare, appelons à un renforcement financier du CNC et à un vrai plan d’urgence pour notre secteur.

Plus de 1000 cinémas indépendants irriguent le territoire et réalisent chaque année plus de 40 % des entrées nationales, soit, en 2019, près de 90 millions d’entrées.

Au-delà des chiffres, nos salles sont implantées au cœur des grands centres-villes, dans les villes moyennes et petites et sont parfois le seul lieu culturel du territoire.

Elles proposent une programmation de qualité au public et sont indispensables à la découverte des talents qui

deviennent ensuite les auteurs mondialement reconnus mais surtout, leur action par l’animation, les débats, les venues de réalisateurs qu’elles proposent chaque semaine, favorise non seulement le lien social mais constitue le poumon de l’activité sociale et économique de tout un quartier voire d’une ville.

Ouverts 7 jours sur 7, de 9h à minuit, nos cinémas permettent à de nombreux secteurs d’activités de bénéficier par ruissellement du dynamisme de notre engagement : nos prestataires directs, agence de communication, traiteurs, graphistes, professions précaires de la culture, auteurs, intermittents, mais aussi le tissu associatif local et les commerces de proximité : bars, cafés, restaurants, boulangeries, tout un florilège de commerçants se sont installés près de nos établissements et dépendent en grande partie de nos publics. Nous souhaitons, par cette démarche, les soutenir, ils sont aujourd’hui 2,5 millions à connaître la discontinuité de l’emploi du fait de cette crise.

Nous rappelons que les cinémas indépendants sont l’un des maillons indispensables d’une industrie cinématographique qui participe à l’économie nationale à hauteur de 15 Milliards d’euros, responsable de 125 000 emplois (16 000 pour l’exploitation sans recours à l’intermittence malgré la saisonnalité de son marché), renforcent d’autres secteurs tout en contribuant par le paiement de différents taxes et impôts au budget national. La fermeture de plusieurs mois de nos établissements, au-delà du manque à gagner qu’ont connu tous les commerces, a largement bouleversé les rouages essentiels et vertueux de l’Exception Culturelle française coordonnés par le Centre National de la Cinématographie.

Le CNC, qui collecte et redistribue la taxe prélevée sur les entrées des salles de cinéma (TSA) et sur les services de TV et vidéo (TST), fait aujourd’hui face automatiquement à une baisse vertigineuse de ses recettes et ne pourra donc pas assurer normalement sa mission auprès de l’ensemble des professions du cinéma.

Nous demandons aujourd’hui avant tout à L’État de non seulement combler ce manque à gagner indispensable à la poursuite de nos activités mais appelons à un renforcement des finances du CNC afin d’envisager la relance économique de notre industrie.

En effet, celle-ci repose sur un modèle re-distributif vertueux d’épargne qui alimente les investissements de chaque profession tout en soutenant les plus audacieux.

Ce renforcement est indispensable pour réamorcer notre mission sur nos territoires en 2021 et les années à venir et être à nouveau en mesure d’organiser la collecte de TSA nécessaire au maintien de l’Exception Culturelle française dans le domaine du cinéma. Nous rappelons qu’entre 2011 et 2014, l’Etat a prélevé 372 Millions d’euros sur les réserves du CNC, qui aujourd’hui font défaut.

Nous appelons également à une coordination des différentes collectivités (région, département, communauté de communes, ville) afin que l’ensemble des salles puissent bénéficier d’aides économiques les mieux-disantes.

Nos salles s’acquittant aussi d’une mission indispensable à tous : l’éducation à l’image, qui pour certaines représentent une part importante de leur activité avec des salariés dédiés.

Nous déplorons les entrées scolaires non réalisées entre mars et juillet, et l’incertitude qui pèse sur la rentrée, que nous souhaitons voir comblées.

Nous appelons à un plan de relance massif sectoriel afin que nos établissements, déjà dangereusement fragilisés avant la crise, évitent à tous prix des dépôts de bilan.

Les effets d’une fermeture de plus de deux mois et la faiblesse des entrées depuis la réouverture alors que nous devons rembourser les emprunts, payer les salaires, les charges et l’ensemble des reports se feront sentir pendant de longs mois ; la situation est particulièrement inquiétante et nécessite des mesures fortes et urgentes.

Nous comptons sur le nouveau gouvernement et en particulier Madame Roselyne Bachelot, Ministre de la Culture et Monsieur Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie et des Finances pour assurer le maintien des cinémas indépendants, vecteurs de lien social auprès des citoyens et garants de la diversité et ainsi réaffirmer la souveraineté culturelle. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Réouverture des salles : les propositions de l’ADRC

« Les 15e assises nationales du Centre-Ville » se tiendront -en visio conférence- du 8 au 12 juin prochain. Dans cette perspective l’ADRC a mis en avant deux objectifs :
– assurer une reprise de l’activité progressive et non brutale, et rassurer le spectateur, pour qu’il puisse revenir dans les salles en confiance et avec plaisir ;
– éviter tout encombrement en permettant une certaine harmonisation des sorties cinématographiques sur le second semestre ou autoriser des modes d’exposition des films en salles différents de ceux à l’œuvre avant le confinement en développant la multiprogrammation en salles de cinémas.

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Source : site de l’ADRC

21 films de La Quinzaine des Réalisateurs mis en ligne sur France.tv

21 films de La Quinzaine des Réalisateurs mis en ligne sur France.tv

Imaginée en partenariat avec la Quinzaine des Réalisateurs et avec le soutien de France Culture et du Forum des images, cette initiative permet de découvrir gratuitement une sélection de films présentés depuis 1990 dans cette section parallèle du Festival de Cannes.
Une première pour la plateforme et une manière pour France Télévisions de « marquer son soutien au monde du cinéma durement éprouvé par la crise sanitaire ». « Partenaire historique de la Quinzaine des réalisateurs, France Télévisions a souhaité, dans le contexte actuel, mettre à l’honneur la création et les auteurs au travers d’une sélection des films présentés à la Quinzaine des réalisateurs et pour la plupart coproduits par ses filiales », souligne le groupe.

Disponibles progressivement depuis le 15 mai, les œuvres choisies seront visibles pendant trois mois.

Quatorze longs métrages et sept courts métrages (dont 3 réalisés dans le cadre de la collection « Regards de femmes 2019 » projetée à la Quinzaine en Action en 2019) seront proposés au total sur France.tv.

Découvrez la liste complète des œuvres ci-dessous :
Longs métrages
– Toto le héros (1990) de Jaco van Dormael
– La Promesse (1996) de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne
– J’ai horreur de l’amour (1997) de Laurence Ferreira Barbosa
– Le Bleu des villes (1998) de Stéphane Brizé
– Haut les cœurs ! (1998) de Solveig Anspach
– Tout va bien on s’en va (2000) de Claude Mouriéras
– La Moustache (2005) d’Emmanuel Carrère
– Dans Paris (2006) de Christophe Honoré
– Le Voyage aux Pyrénées (2008) de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
– La Famille Wolberg (2009) d’Axelle Ropert
– Pieds nus sur les limaces (2010) de Fabienne Berthaud
– La Fée (2011) de et avec Dominique Abel
– Henri (2013) de Yolande Moreau
– Ma vie de Courgette (2016) de Claude Barras

Courts métrages
– Basses (sélectionné en 2018) de Félix Imbert
– Les Extraordinaires Mésaventures de la jeune fille de pierre (sélectionné en 2019) de Gabriel Abrantes
– Las Cruces (sélectionné en 2018) de Nicolas Boone
– Lethe (sélectionné en 2016) de Dea Kulumbegashvili

Films issus de la collection Regards de femmes 2019
– Osez l’émancipation réalisé par les élèves 1ère ES-S-STMG l
angue arabe, du Lycée Montgrand (Marseille) accompagnés de leur professeur Mme Rime El Hossamy
– L’Ascenseur, réalisé par la classe de seconde Santé-Social du Lycée Jean Moulin (Draguignan), accompagnée de leurs professeures Mme Frédérique Ferry et Mme Mila Benano-Melly
– Le Silence parle, réalisé par la classe de seconde 5 du Lycée Joliot Curie (Nanterre), accompagnée de leur professeur Mme Sandrine Lamoureux

Source : CNC et France.tv

Voir tous ces films :clic ici

Pinocchio sur Amazon Prime : une exception conjoncturelle ou une alerte ?

A juste titre selon nous François Aymé, président de l’AFCAE (Association Française des Cinémas Arts et Essai) a publié un texte pour réagir à la vente, par le distributeur Le Pacte, des droits du film Pinocchio de Matteo Garronne à Amazon Prime Vidéo.

Quelques extraits de ce communiqué :
…/… Néanmoins, ce changement de stratégie pour le film Pinocchio nous apparaît comme une alerte. D’abord parce que Matteo Garrone fait partie de ces grands auteurs à dimension internationale capables de concilier originalité, exigence artistique et belle audience.
…/…Et c’est bien justement parce que la société Le Pacte est une référence pour la distribution Art et Essai que son accord sur Pinocchio avec Amazon nous inquiète.
…/…Et quand Jean Labadie évoque dans Le Film Français « sa confiance dans le travail d’Amazon pour communiquer vis à vis des scolaires », on a réellement du mal à croire aux ambitions et aux compétences éducatives du géant américain.

Lire l’intégralité du communiqué sur le site de l’AFCAE

Nos salle préférées sont privées de spectateurs, mais…

beaucoup se sont organisées pour nous permettre de rester en lien avec elles.

C’est ainsi que, au gré de nos investigations, nous souhaitons partager avec vous quelques unes de ces initiatives :
L’AFCAE : …/... « nous  proposons de partager, par le biais d’une newsletter hebdomadaire, les initiatives des salles adhérentes pour rester en contact avec leurs publics : ateliers, sélections de films à visionner sur plateformes, débats virtuels, partage d’informations…

L’ACID, qui, pour les films ayant bénéficié de son soutien, propose sa rubrique Films & Cinéastes. On y retrouve pour chaque film une critique, une fiche technique, des photos et surtout le lien pour le voir -d’une manière légale- en V.O.D.

V.O magazine Art et Essai, que nous trouvons souvent dans nos cinémas, est aussi depuis longtemps en ligne. Une bonne occasion de continuer à le lire et de suivre l’actualité d’autres initiatives telle que « La Toile ». V.O est aussi sur Facebook

Le Cinéma Utopia de Bordeaux, propose -jusqu’au 19 mai- en accès libre le film « Léger tremblement du paysage » de Philippe Fernandez.  A lire aussi sur le site leur « journal de bord d’un cinéma fermé »

La cinémathèque de Toulouse, avec son site qui fourmille de propositions vaut le coup qu’on s’y attarde. Et sur sa chaîne Viméo, elle donne à voir les films restaurés par ses soins. De quoi découvrir des pépites qui ont plus d’un siècle.

Pour une diversité du cinéma sur France Télévisions, en période de confinement… et après !

Dans une tribune, parue dans le journal Le Monde du 26 avril dernier, un collectif de réalisateurs, de distributeurs, de directeurs de festivals et d’autres professionnels du cinéma se réjouissent de voir davantage de films de patrimoine diffusés par la télévision publique. Souhaitant que cette initiative se poursuive après le confinement ils ont lancé une « pétition ».
Territoires et Cinéma a défendu, défend, et défendra toujours la diffusion des films dans les salles de cinéma néanmoins certains d’entre nous, à titre individuel, s’associent à cette démarche. Nous considérons qu’il préférable que ces films soient diffusés par le service public plutôt que « faire les choux gras » de plateformes dont l’un des principaux objectifs est le gain financier.
Pour soutenir et signer cet appel c’est : clic ici 

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Le texte de l’appel :
Voici déjà plus d’un mois que nous sommes des millions confinés chez nous.
Malgré la fermeture des salles et de tous les lieux culturels, le cinéma est omniprésent (et c’est tant mieux) grâce à ces autres médias que sont Internet, la VoD, la SVoD, la vidéo, et bien sûr à la télévision linéaire, où il bat actuellement des records d’audience.

Car, pour combler le manque de contenus, les chaînes nationales gratuites, notamment France 2 et France 5, redécouvrent la joie de programmer le cinéma de patrimoine, tous les jours, en particulier avec la case patrimoine de 14h apparue le 21 mars sur France 2, puis quelques semaines après sur France 5. Pour aussi, nous dit le directeur de la stratégie des publics à France Télévisions : « programmer des films cultes qui permettent de se changer les idées, de s’évader après le JT ».
On ne peut que se réjouir d’un retour massif du cinéma de patrimoine sur France Télévisions, dans cette période si particulière. Souhaitons que cette envie frénétique perdure en post-confinement.

Néanmoins : quels sont ces films soudainement programmés ? Des films populaires de qualité (pour l’essentiel), pour la plupart des années 1970-80, qui font partie de l’histoire du cinéma français, avec lesquels des générations de spectateurs ont grandi. Il s’agit essentiellement de films multi-diffusés, reprogrammés des dizaines de fois sur ces chaînes ou d’autres.

Il est vrai que les grands classiques, garants d’une mémoire commune, ont vocation à être vus et revus, et qu’il est important de continuer à les montrer, notamment pour les nouvelles générations.

MAIS… notre inquiétude est que cette proposition cinéma de France Télévisions ne se place (à quelques exceptions près) que sur ce terrain-là, et ne propose rien d’autre issu de notre extraordinaire patrimoine cinématographique, ni de la diversité des cinémas du monde entier.
Confinement ou pas, les autres médias font preuve tout au long de l’année de diversité, rassemblant les cinéphiles les plus pointus et un plus grand public. Des salles de cinéma aux magasins de vidéos, aux autres chaînes telles Arte, Ciné+ et OCS, aux sites de VoD et à la plupart des sites de SVoD, des cinémathèques aux festivals : la majorité des acteurs sont dans ce rapport-là.

Pourquoi alors France Télévisions, notre service public, ne montre-t-elle pas le même exemple ?

Ses statuts précisent notamment qu’elle doit « s’attacher à diversifier sa programmation cinématographique et à développer la partie éditoriale des cases cinéma pour les mettre en valeur, programmer régulièrement des œuvres d’art et d’essai, afin de refléter cet aspect de la création cinématographique. »

En parallèle de très bons Gérard Oury, Louis de Funès, Yves Robert, etc. diffusés sur ces nouvelles cases, pourquoi ne sont pas programmés également des films populaires de Truffaut, Clouzot, Chabrol, Pialat, Varda, Demy, ou même Renoir, Guitry, Duvivier, Pagnol ou Carné ?

 

 

En attendant que nos salles rouvrent… on fait quoi ?

 Voici un extrait de l’édito de la newsletter du cinéma Les Carmes à Orléans qui donne leur point de vue sur la situation à la suite de la réunion par visio-conférence le 29 avril entre, le Ministre de la Culture et la FNCF, le SCARE, l’AFCAE  dont Les Carmes déduisent que :
…/…
« Officiellement, nous aurons donc des nouvelles autour du 2 juin (2020).
Par ailleurs, dans ce contexte, nous savons que beaucoup d’entre vous s’inquiètent pour notre sort et nous vous en sommes sincèrement reconnaissants. Ça nous met du baume au cœur. Nous sommes inquiets pour le cinéma français, pour la profession, pour les intermittents, le secteur plus globalement. Nous sommes inquiets pour la culture et nous nous inquiétons pour nous, bien sûr. Juste une chose fondamentale, soyons tous (raisonnablement) au rendez-vous de la reprise. Vous écrire, c’est une façon de vous dire qu’on pense à vous, qu’on pense très fort à votre cinéma, notre salle. Vous écrire, c’est nous inscrire dans la fidélité au public des carmes… c’est vous dire de mille façons différentes combien vous nous manquez, combien cette situation si particulière est préoccupante… mais c’est aussi vous écrire que nous tenons bon et que c’est grâce à vous très cher public. La perspective de faire à nouveau ce que nous savons faire nous porte !

Nous continuons de penser qu’ouvrir doucement durant l’été, nous permettra de mettre en place les mesures sanitaires nécessaires et de nous accoutumer aux mesures de distanciation sociale qui ne nous sont pas naturelles. Mais cela nous donnera le temps de former les équipes, de préparer les salles tranquillement dans la torpeur estivale. Cela vous permettra aussi de reprendre confiance en nos petits lieux, même si nous serons peut-être contraints d’être équipé de masques, de visières et enveloppés dans des sacs poubelle.

Ouvrir petit à petit avant la rentrée, qui pour nous est synonyme de grosse activité, nous paraît nécessaire. On tâtonne. On réfléchit, on se renseigne, on demande des consignes scientifiques sur la climatisation par exemple. On ne fait que ça, tout en co-organisant tout un tas de séances à distance. Et en parlant de ces fameuses séances, le menu se charge un petit peu pour notre plus grand plaisir. Nous sommes ravis que ces séances se fassent avec l’accord de quelques distributeurs audacieux (jour2fête, Les alchimistes, DHR, JHR, Météores distribution, Cinéma Public Film, La Grande distribution…) et avec l’initiative de la 25e heure. Économiquement comment ça marche ? Le cinéma touche 40% du billet, 40% va au distributeur et le reste à la plateforme ! Formidable, non

Alors voici ce qui arrive avec la 25e Heure :
> Vendredi 1er Mai à 20h J’veux du soleil – Séance Débat avec les réalisateurs ;
> Dimanche 3 mai à 20h15 DEPUIS MEDIAPART – Séance Débat avec Edwy Plenel et la réalisatrice Naruna Kaplan de Macedo ;
> Lundi 4 mai à 20h LIBRE – Séance débat avec Cédric Herou ;
> Mercredi 6 mai à 20h15 Hubert Reeves La Terre vue du cœur – séance présentée par Hubert Reeves & suivie d’un échange avec la réalisatrice Iolande Cadrin-Rossignol ;
> Mercredi 6 mai à 20h :PAPICHA – suivi d’un débat avec Lyna Khoudri ;
> Samedi 9 mai à 20h15 : DES LOIS ET DES HOMMES – séance suivie d’un échange avec le réalisateur Loïc Jourdain ;
> Tous les jours à 10h / 13h30 / 17h : Les fantastiques livres volants ;
> Tous les jours à 10h / 13h30 / 17h : La chouette entre veille et sommeil

Et puis bien sûr sur La Toile où les nouveautés de bousculent. Vous aviez raté Un divan à Tunis ? Pas de panique, le voici programmé sur La Toile !!!

Question patrimoine, cette semaine, nous vous recommandons « A bout de souffle » de Godard… (Pas de sens caché dans le titre du film et présentation dimanche sur Facebook),
« L’amour flou » en sélection Art et Essai,
Et l’incontournable Ernest et Célestine en jeune public, cet hymne à la tolérance, avec cette si belle chanson de Thomas Fersen !

Et pourtant….

Mon cinéma me manque.
Qui n’a pas SA place… toujours la même, mais différente selon la salle. Son odeur, ses sièges, sa moquette, son ruban lumineux, son intimité ou pas, son écran, son son (si, si !) mais aussi le partage avec d’autres spectateurs tant les inconnus que ceux que je connais depuis longtemps etc. J’aime mon cinéma indépendant. Le mien c’est le Cinéma Les Carmes à Orléans. Et vous c’est lequel ?

Vous l’aurez compris j’aime voir un film -comme beaucoup- sur un écran de bonne dimension. J’ai beaucoup de mal à le faire sur mon téléviseur. Chez moi je suis totalement incapable de « faire le vide » , de me laisser porter par les images et les dialogues.

Aujourd’hui je dois faire avec ce manque avec ce manque.
Je n’aime pas les « plateformes ». Je n’aime ni leur façon de mettre la main sur les films, ni leur manière de rémunérer les exploitants, surtout les indépendants. Je n’aime pas avoir à payer ailleurs qu’à un guichet de cinéma.

En France nous avons la chance d’avoir un réseau dense qui permet à chacun d’aller « au cinéma » (enfin presque à chacun puisqu’un français sur deux n’a pas de salle à proximité de son lieu de vie). Une amie Française expatriée me l’ayant signalé je dois reconnaître que sans ces plateformes elle ne pourrait voir aucun film français.

Et pourtant j’ai réussi à rester sur mon canapé grâce à Arte TV qui propose des films à voir ou à revoir, et même à re re voir !

Vous êtes comme moi : https://www.arte.tv/fr/videos/cinema/films/

 

Ceci dit vous avez aussi :
« Henri » : des films rares- proposé par la Cinémathèque Française ;
Le GREC (Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques) ;
La Toile, le service V.O.D des indépendants ;

et certainement quelques autres…