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« Venise n’est pas en Italie » de Ivan Calbérac

L’histoire telle qu’on la trouve sur internet :

« La famille Chamodot est fantasque et inclassable. Bernard, le père, un peu doux-dingue, fait vivre tout le monde dans une caravane, et la mère, Annie teint les cheveux de son fils Émile en blond, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça !!! Quand Pauline, la fille du lycée dont Émile est amoureux, l’invite à Venise pour les vacances, l’adolescent est fou de joie. Seul problème, et de taille, les parents décident de l’accompagner avec leur caravane, pour un voyage aussi rocambolesque qu’initiatique. »

L’adaptation théâtrale de ce roman avait visiblement été très saluée. Ni lectrice du roman, ni spectatrice de la pièce, j’ai découvert un film qui m’a séduite. Les ingrédients sont communs à bien des histoires où la différence sociale entre deux familles est prétexte à des situations tragi-comiques. Mais peu de films du genre nous amène à nous intéresser à la situation comme si les événements arrivaient à des gens que l’on connaît réellement et que l’on aime bien. Une véritable empathie naît grâce à l’interprétation de Benoit Poelevoorde et de Valérie Bonneton, parents aimants, parents s’aimant.

Helie Thonnat, qui joue leur fils Emile, donne le change face à ces deux comédiens. Il est plus jeune et moins connus de nous que Vincent Lacoste lorsque ce dernier était confronté à Benoit Poelevoorde et à Gérard Depardieux dans « Saint-Amour », mais il occupe tout autant la place qui lui est offerte, cela mérite d’être salué.

Mais tous ceux qui composent cette comédie sont justes, et le film ne tombe pas dans la facilité.

Chanson au générique de fin, Serge Reggiani « Venise n’est pas en Italie »…a (re)découvrir sur le site l’INA !

https://www.ina.fr/video/I07120259/serge-reggiani-venise-n-est-pas-en-italie-video.html

Céline Recchia

« Auzat l’Auvergnat » des avant première partout en France

Réalisé par Arnaud Fournier Montgieux

Né d’une mère berrichonne et d’un père auvergnat, Arnaud Fournier Montgieux a toujours cultivé une relation étroite avec la nature et le monde rural. Au travers de ses expériences personnelles et professionnelles, il nourrit un regard critique et sensible sur le monde. Il décide en 2015 de prendre le temps de filmer les habitants d’Auzat et à travers eux de rencontrer l’«hyper-ruralité» française d’aujourd’hui, si peu représentée dans les médias. Un an plus tard il décide de se consacrer pleinement à ce projet, qui donnera naissance en 2017 au film « Auzat l’Auvergnat » .

Au revoir là haut

Albert Dupontel a passé un nouveau cap en adaptant un roman passionnant de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013. L’acteur se met à nouveau en scène dans ce mélodrame, visuellement très inventif qui rend un hommage assumé évident aussi bien au cinéma de Kubrick qu’à celui de Chaplin et Keaton.

Jouant davantage sur la corde poétique et sensible, que sur l’humour trash ou les situations surréalistes, le film bénéficie en outre d’un superbe travail sur la couleur et de la présence au casting de Niels Arestrup, dans un rôle émouvant taillé sur mesure et de Laurent Lafitte dans celui d’un pur salopard que l’on aime détester.
En dépit de quelques trucages en 3d un peu inutiles et quelques personnages secondaires moins convaincants, Au revoir là-haut propose une belle immersion dans le Paris bouillonnant de l’après Première Guerre.

Michel Senna

Le sens de la fête

Le sens de la fête

Disons-le clairement, cette comédie du tandem Nakache -Toledano est vraiment bien écrite et bénéficie de dialogues vifs et d’une mise en scène aérée.
Dans son rôle sur mesure de traiteur organisant des fêtes de mariages, confronté à l’incompétence de ses seconds et à certains aléas, Jean-Pierre Bacri donne le tempo et permet aux autres comédiens de livrer le meilleur d’eux-mêmes. Bref, une comédie en huis-clos tonique, rafraichissante et gentiment farfelue.

Michel Senna

Mother

Le dernier film d’Aronofsky porte indéniablement la griffe du réalisateur, doué visuellement pour les univers un rien obsessionnels.
Dès les premières minutes, il installe le spectateur dans un climat étrange qui va rapidement devenir de plus en plus étouffant et malsain.

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Une jeune femme (Jennifer Lawrence qui ne semble qu’avoir qu’une seule expression durant tout le film) marié à un romancier en panne d’inspiration, (Javier Bardem) voit débarquer dans leur maison isolée, des intrus dont elle a bien du mal à se débarrasser, parmi lesquels un couple bizarre et trash, incarné impeccablement par Ed Harris et Michelle Pfeiffer.
Passé un certain point, les situations deviennent de plus en plus confuses et le réalisateur finit par nous perdre, à force de surenchère dans le  cauchemardesque.

Certes, on pense souvent au cinéma de Roman Polanski (Rosemary’s baby, le locataire) mais l’exercice hautement anxiogène et au symbolisme religieux très appuyé, finit par paraître aussi grandiloquent qu’un peu vain.

Michel Senna

Petit Paysan

Petit paysan

Venant lui-même du monde agricole, Hubert Charuel, signe ce drame rural qui nous montre comment un éleveur de vaches laitières, confronté à une maladie bovine, essaie de retarder l’inévitable. 
Ce film naturaliste, plutôt brut sans sa forme, bénéficie d’une bonne interprétation de l’étonnant Swann Arlau, en jeune fermier asocial qui ne vit que pour ses vaches et à leur rythme. Une mention spéciale également pour Sara Giraudeau dans le rôle de la soeur vétérinaire assez froide, tiraillée entre son devoir et sa volonté d’aider son frère.
A mi-chemin entre le documentaire fermier et le thriller, ce premier film, certes bien mené, n’est cependant nullement transcendant. Sans doute le manque d’empathie pour ses personnages assez secs et la mise en scène peu audacieuse ne lui permettent de s’envoler vraiment.

Michel Senna