Au Soudan, la dictature chute, le cinéma renaît

Un projecteur, des chaises en plastique, un tissu en guise d’écran. dans les rues de Khartoum, les projections se multiplient. Elles étaient impensables il y a encore quelques mois, sous le règne d’Omar Al-Bachir.
Lamia Nabil et ses amis boivent un thé dans les rues de Khartoum, la capitale soudanaise, en ce début d’été. Ils discutent de politique dans leur pays, de la révolution qui, en avril, a forcé le président Omar Al-Bachir à la démission. Tout à coup, la jeune femme avoue qu’elle n’aurait rien contre un moment de détente : “J’aimerais acheter du pop-corn et aller voir un film de Charlie Chaplin”, se prend-elle à rêver.

Ce vœu n’a pas échappé à ses amis. Quelques semaines plus tard, la foule est dense sous le ciel étoilé pour assister à une projection gratuite des Temps modernes. “Il ne restait pas un siège libre. Beaucoup de monde était assis par terre, certains ont dû rester debout, raconte Shaheen Al-Sharif, une des organisatrices. Tous les habitants du coin nous ont aidés pour que l’événement devienne réalité. L’un a fourni un projecteur, d’autres ont apporté des enceintes. Des gens ont donné du tissu pour faire un écran. La vendeuse de thé a fourni des chaises.” Peu de temps après, le quartier d’Al-Amarat projetait des films deux fois par mois.
Lire la suite de l’article sur  le site de la revue « courrier international »

https://www.courrierinternational.com/article/afrique-au-soudan-la-dictature-chute-le-cinema-renait

JANVIER 2020

CAHIERS DU CINEMA
n°762

Couv-762-janv2020les cahiers

Éditorial Cinémapar Stéphane Delorme

Hommage
Jean Douchet
Jean Douchet ou la parole par Jean-Philippe Tessé
Jean Douchet par Luc Moullet

Tops 10
Le Top 10 2010-2019 des lecteurs
Le Top 10 2019 des Cahiers
Le Top 10 2019 des lecteurs
Textes de lecteurs sur les films des années 2010

Les films les plus attendus de 2020
Mandibules de Quentin Dupieux
Memoria d’Apichatpong Weerasethakul
Par un demi-clair matin de Bruno Dumont
Annette de Leos Carax
Bergman Island de Mia Hansen-Løve
Benedetta de Paul Verhoeven
Siberia d’Abel Ferrara
Tre Piani de Nanni Moretti
First Cow de Kelly Reichardt
Le Genou de Nadav Lapid
Onoda d’Arthur Harari
La Pièce rapportée d’Antonin Peretjatko
Paradis Sale de Bertrand Mandico

Films du mois
Tommaso d’Abel Ferrara
Enquête intérieure par Cyril Béghin
Apprendre entretien avec Abel Ferrara – par Cyril Béghin
Dépendance mutuelle entretien avec Willem Dafoe – par Cyril Béghin

Uncut Gems de Josh & Benny Safdie
En ébullition par Vincent Malausa
Dépense entretien avec Josh & Benny Safdie – par Stéphane Delorme

Cahier critique
3 Aventures de Brooke de Yuan Qing – par Jean-Sébastien Chauvin
Rohmer de Chine entretien avec Yuan Qing – par Joachim Lepastier
Séjour dans les monts Fuchun de Gu Xiaogang – par Florence Maillard
Le temps déroulé entretien avec Gu Xiaogang – par Joachim Lepastier
Douze mille de Nadège Trebal – par Nicholas Elliott
Merveilles à Montfermeil de Jeanne Balibar – par Paola Raiman
«Je crois avec passion à la représentation» entretien avec Jeanne Balibar – par Paola Raiman
Les Siffleurs de Corneliu Porumboiu – par Joachim Lepastier
First Love de Takashi Miike – par Stéphane du Mesnildot

Notes sur d’autres films

Cuban Network (Olivier Assayas) – Les Enfants du temps (Makoto Shinkai) – L’Equilibrio (Vincenzo Marra) – L’Extraordinaire Voyage de Marona (Anca Damian) – Les Filles du Docteur March (Greta Gerwig) – Ghost Tropic (Bas Devos) – Jojo Rabbit (Taika Waititi) – La Llorona (Jayro Bustamante) – Le Miracle du Saint Inconnu (Alaa Eddine Aljem) – Star Wars : L’Ascension de Skywalker (J.J. Abrams) – Swallow (Carlo Mirabella-Davis) – Waves (Trey Edward Shults)

Journal
Salle L’Entrepôt des merveilles
Reprise Leçon de choses (La Beauté des choses de Bo Widerberg)
Festival Rencontre avec Dimitri Ianni de Kinotayo
Opéra Les Noces de James Gray
Animation Poupée sentimentale (Violet Evergarden de Reiko Yoshida)
Courrier des lecteurs Plant People
Rétrospective Sergueï Loznitsa, déchiffrer le monde
Festival Vienne, femmes entre elles
Festival Nantes au cœur du monde
Festival Patchwork de Belfort
Festival Le Caire, sans la politique
Nouvelles du monde

Dialogue
Yousry Nasrallah / Tamer El Saïd
Filmer le chaos d’une ville dialogue au Caire entre Yousry Nasrallah et Tamer El Saïd – par Antoine du Jeu

Cinéma retrouvé
Le Roman Porno
Soleil rose par Stéphane du Mesnildot

 

POSITIF sommaire 707

couv (3)JANV2020

actualité
Greta Gerwig
7 Les Filles du Docteur March
Le temps retrouvé
Louise Dumas
9 Entretien avec Greta Gerwig
Comme un musical sans chansons
Yann Tobin
14 Entretien avec Yorick
Le Saux
De Greta Gerwig à Olivier
Assayas : les deux lumières
Hubert Niogret
Anca Damian
19 L’Extraordinaire Voyage de Marona
Trois vies de chien et une seule mort
Gilles Ciment
22 Entretien avec Anca Damian
Tous les films naissent d’une émotion
Bernard Génin
les films
28 Marriage Story
de Noah Baumbach
Marc Cerisuelo
30 Les Siffleurs
de Corneliu Porumboiu
Baptiste Roux
32 Adoration
de Fabrice Du Welz
Philippe Rouyer
34 Echo
de Rúnar Rúnarsson
Eithne O’Neill
35 La Vérité
de Hirokazu Kore-eda
William Le Personnic
36 Le Roi
de David Michôd
Pierre Eisenreich

de A à Z notes sur les films
38 L’Adieu
L’Apollon de Gaza
Après la nuit
L’Autre
Cunningham
Docteur ?
Douze Mille
Emma Peeters
Les Enfants du temps
First Love
Ghost Tropic
Je ne rêve que de vous
Jésus
K contraire
Koko-di Koko-da
The Lighthouse
La llorona
Lola vers la mer
Merveilles à Montfermeil
Le Miracle du Saint Inconnu
Nina Wu
Le Photographe
Play
La Sainte Famille
Scandale
Selfie
La Sincérité
Swallow
Talking About Trees
Tommaso
Un vrai bonhomme

présences du cinéma

les infortunes de la liberté
(nouvel épisode)
53 Polanski et les
« cinémas coupables »
Stéphane Goudet
Sans autre forme de procès
Alain Masson
C’est aussi Dreyfus qu’on fait taire
Gérard Macé
Condamner le sexisme
Lætitia Mikles & Philippe Rouyer
voix off
58 Orson Welles
Micheál MacLiammóir
bloc-notes
62 Novembre en cinéma
Depuis les champs :
la liberté ne se négocie pas
Yannick Lemarié
chantier de réflexion
66 Buñuel stalinien ?
Édouard Waintrop
hommages
72 Jean-Michel Arnold
L’insolite de la rencontre
Noël Herpe
73 Pol Cruchten
La course folle
de Pol Cruchten
Frédéric Mercier
74 Jean Douchet
L’art du partage
Michel Cieutat
75 Robert Evans
Au firmament de Hollywood
Laurent Vachaud
expositions
76 Cinématisse, dialogues
d’un peintre avec le cinéma
Un fauve en mouvement
Vincent Thabourey
78 Arts & cinéma :
les liaisons heureuses
Transports en commun
Grégory Valens
notes festivalières
79 Deauville 2019
Franck Garbarz
Le Giornate del cinema muto
de Pordenone 2019
Hubert Niogret
Rome 2019
Lorenzo Codelli
Cannes 1939 Orléans 2019
Jean-Loup Bourget
Festival international
du film d’Amiens
Denitza Bantcheva
notes de lecture
82 Filmer le quotidien
Hartung Nouvelle Vague,
de Resnais vers Rohmer
Le Dernier Rêve
de Stanley Kubrick
Sterling Hayden, l’irrégulier
The Cinema of Louis Malle,
Transatlantic Auteur
Les Derniers Jours
de Marlon Brando
sélection dvd
86 Carré 35
Le Dernier des Mohicans •
Les Aventures
de Kit Carson
Les Centurions
Petit Paysan
Propriété privée
Le Rêve dans la hutte
bergère et Le Chant
de la fleur écarlate
Le Meilleur de Retour
de flamme • Les Pionniers
de l’animation
Misère et noblesse
le cinéma retrouvé
90 Philippe Haudiquet :
Les paysans ne sont pas à vendre
Homme de plume et homme
d’images :
Alerte à un monde en voie
de disparition…
Jean-Paul Morel
92 Nicolas Philibert :
Les films, le cinéma
La France. L’Envers du décor
Eithne O’Neill

dossier Créativité du cinéma chinois :
Séjour dans les monts Fuchun, Le Lac aux oies sauvages, So Long, My Son

96 Cinéma chinois :
faut-il marcher droit ?
Hubert Niogret
Gu Xiaogang
100 Séjour dans les monts Fuchun
Décentrement du site
Alain Masson
102 Entretien avec Gu Xiaogang
Comme le rouleau d’une peinture chinoise
Hubert Niogret et Yann Tobin
Diao Yinan
106 Le Lac aux oies sauvages
La nuit transfigurée
Jean-Dominique Nuttens
108 Entretien avec Diao Yinan
Film noir, art contemporain,
vie quotidienne
Stéphane Goudet
et Hubert Niogret
Wang Xiaoshuai
112 So Long, My Son
Entretien avec Wang Xiaoshuai
Je suis très clair dans ce que je veux
Hubert Niogret

 

CNC : les aides sélectives touchées par une baisse uniforme de 5,29 %

Lire ci-dessous le communiqué de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion)

Le 6 décembre dernier, le Conseil d’administration du CNC a décidé d’une baisse de 5,29 % appliquée de manière uniforme à l’ensemble des aides au cinéma, afin de réaliser une économie de 15 millions d’euros pour équilibrer son budget pour 2020

Une telle décision est exceptionnelle dans l’histoire du CNC. Elle a été précédée d’une concertation avec les organisations professionnelles. Plusieurs d’entre elles, notamment certaines représentant les cinéastes, les producteurs, les distributeurs et les exploitants indépendants, ont défendu l’idée que les aides sélectives (aides aux auteurs, aides sélectives à la production, notamment l’avance sur recettes, aides à la distribution indépendante, classement des salles art et essai, aides aux associations culturelles,…) soient préservées, dans une certaine mesure, par rapport aux aides dites « automatiques ».

En effet, les aides sélectives sont à la fois un véritable levier politique et culturel pour le CNC, mais aussi un outil précieux de correction des effets du marché. Faute de consensus entre le CNC et l’ensemble des organisations professionnelles, il a fait le choix in fine d’une baisse uniforme pour toutes les aides.

Nous regrettons cette décision qui, de fait, fragilise la filière indépendante et des politiques qui ont fait leurs preuves jusqu’ici. Nous regrettons également que certains choix volontaristes récents en faveur d’une politique culturelle sélective soient ainsi entamés.

Le CNC a annoncé une nouvelle concertation en 2020 pour une remise à plat de l’ensemble de ses aides au cinéma. Nous espérons que ce sera une réelle opportunité pour maintenir et développer une politique culturelle ambitieuse en faveur du cinéma en France.

Pour l’ACID, Idir SERGHINE et Régis SAUDER

Pour l’AFCAE, François AYME

Pour le GNCR, Gautier LABRUSSE

Pour le SCARE, Christine BEAUCHEMIN-FLOT et Stéphane LIBS

Pour le SDI, Etienne OLLAGNIER et Jane ROGER

Pour le SPI, Marie MASMONTEIL

Pour la SRF, Catherine CORSINI, Bertrand BONELLO et Aude LEA RAPIN

Contacts :

Fabienne HANCLOT (ACID) : dg@lacid.org

Renaud LAVILLE (AFCAE) : renaud.laville@art-et-essai.org

Jérôme BRODIER (GNCR) : gncr@gncr.fr

Béatrice BOURSIER (SCARE) : beatrice.boursier@scare.fr

Emmanuelle DORY (SDI) : emmanuelle.dory@sdicine.fr

Olivier ZEGNA RATA (SPI) : info@lespi.org

Julie LETHIPHU (SRF) : contact@la-srf.fr

Publié le jeudi 19 décembre 2019

L’ARP prend position

 

Déclaration de soutien à Adèle Haenel

 

Les membres de L’ARP ont été profondément choqués par les révélations d’Adèle Haenel concernant Christophe Ruggia, réalisateur qui s’était engagé dans certains de nos combats. L’ARP soutient Adèle Haenel dans cette démarche courageuse.

L’ARP soutien le combat pour le droit des femmes, particulièrement contre toute forme de violence sexuelle ou sexiste. Nous souhaitons accélérer la réflexion entamée par le Ministère de la Culture, le CNC et le Collectif 50/50, afin que des actes de ce type ne puissent plus se reproduire.

L’ARP invite toutes les organisations professionnelles à se réunir pour une réflexion sur une déontologie commune de nos professions.

 

L’ARP prend un engagement contre toute forme de violence sexuelle

 

L’ARP a décidé de prendre un engagement fort afin de soutenir le combat pour le droit des victimes – notamment d’agressions sexuelles.

Le Conseil d’administration de L’ARP, a voté la mise en place de nouvelles procédures de suspension pour tout membre mis en examen par la justice, et d’exclusion pour tout membre condamné – notamment pour des infractions de nature sexuelle. Ce changement de statut sera proposé aux membres et définitivement voté lors de la prochaine Assemblée générale.

La Lettre « En Bref » Novembre-Décembre 2019

Edito :

ET TOUJOURS « CINEMA

ET EGALITE DES TERRITOIRES »

Nous aborderons en 2020 une nouvelle phase dans le déroulement de cette action. Après avoir étudié la présence (et l’absence) des salles de cinéma dans les communes, nous avons pu constater les disparités que nous avons publiées dans nos précédents numéros. La conclusion de cette étude est, d’une part qu’au-delà de 10000 habitants toutes les communes sont équipées d’au moins une salle de cinéma. En revanche la situation est différente pour les communes entre 5000 et 10000 habitants, puisque seules 370 d’entre-elles sont équipées alors que l’on compte environ 2000 communes dans cette tranche de population. Certes chaque situation doit être examinée, car toutes les communes présentent des situations très différentes : présence d’un multiplexe, proximité d’une salle dans une autre commune limitrophe, etc… Il n’en est pas moins vrai qu’avec une population comparable certains Département ont peu de communes équipées. Comme nous l’avons déjà indiqué, 37 d’entre eux ne comptent que 12 ou moins de 12 communes dans ce cas, alors que d’autres une quarantaine. Les taux de fréquentation en découlent, variant en 2018 de 1,10 à 4,06, hors Paris bien sûr.

Nous reproduisons la carte actualisée issue de «La Géographie du cinéma 2018» parue en septembre dernier, et consultable sur le site du CNC« Indice de fréquentation : rapport entre le nombre d’entrées et la population d’une zone géographique donnée. »

 

Si vous souhaitez lire La lettre « En Bref » de Novembre-Décembre c’est ici.

J’accuse

Quelle bonne surprise que ce film historique qui surprend d’emblée par sa narration, son rythme et son point de vue. Le capitaine Alfred Dreyfus, accusé de trahison avec l’ennemi, jugé coupable et déporté, incarné par Louis Garrel, n’apparait que très peu. Le point de vue est celui de Picquart, un officier de l’armée qui, après avoir chargé Dreyfus, se rend compte de façon fortuite de son innocence. Ce dernier n’aura dès lors de cesse de faire éclater la vérité, honneur de l’armée oblige. Si le casting est très convaincant – Emmanuelle Seigner en maîtresse compatissante entraînée dans la tourmente, Matthieu Amalric en graphologue infatué, reconnaissons que Jean Dujardin, presque de tous les plans du film, incarne avec brio ce militaire un peu sec et franc-tireur qui se retrouve en danger, à vouloir faire triompher la vérité. Ajoutons à cela une mise en scène de Roman Polanski qui évite l’emphase et qui créé une atmosphère suffocante, avec un sens du détail qui demeure sa marque de fabrique. Sa reconstitution d’un Paris sombre, feutré et enfumé est au cordeau. N’étant pas un spécialiste de L’affaire Dreyfus, il me semble néanmoins que ce film didactique, même s’il doit prendre des raccourcis avec l’Histoire , parvient à capturer un état d’esprit où l’intolérance prédominait dans la société française. Le happy end final est également teinté d’amertume. Une fois réhabilité, Dreyfus continuera à être victime d’injustices quant à son avancement dans l’armée. « J’accuse » est une œuvre classique et rigoureuse qui, au-delà des polémiques, mérite amplement le détour. Michel Senna

Jean Dujardin et Louis Garrel dans J’accuse de Roman Polanski