Une exposition à voir à Paris : « Du cinéma au septième art, les films Pathé dans les années 1920 ».

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé* – 73, avenue des Gobelins 75013 Paris – propose jusqu’au 29 février 2020 cette exposition fort intéressante qui pose la question de la perméabilité entre deux démarches, celles d’une production commerciale et celle de la recherche d’une nouvelle grammaire cinématographique. Elle rassemble des documents iconographiques originaux, pour la plupart inédits.

« Au cours des années 1920, le cinéma évolue considérablement. Alors que la production américaine est devenue incontournable après la guerre, portant à l’affiche des stars dans des films policiers, des mélodrames et des séries comique, Pathé crée son propre modèle en produisant des films à épisodes adaptés de la littérature et des feuilletons. L’aventure, l’action, la vengeance et l’honneur animent leurs héros. Ainsi, Les Trois Mousquetaires, Les Misérables et Mandrin permettent de sortir de la crise et de renouer avec un cinéma populaire.

Ces films commerciaux s’inscrivent dans un contexte où le cinéma est pensé comme une forme nouvelle d’écriture. A côté des films à épisodes, tournés sous l’égide des Cinéromans par des metteurs en scènes comme Jean Kemm et Henri Fescourt, certains, Abel Gance et Germaine Dulac notamment, choisissent des scénarios spécialement conçus pour l’écran. Ils appartiennent à une avant-garde pour laquelle l’expression de Septième art est bientôt créée. Recherchant des formes nouvelles de narration, expérimentant les cadrages, créant des rythmes, dépeignant l’émotion des personnages grâce au montage, ils s’appuient notamment sur une technique plus légère. Qu’ils répondent à des objectifs commerciaux ou à des commandes de mécènes, qu’ils s’inscrivent, comme René Clair, dans une démarche de provocation ou qu’ils proposent de « bonnes histoires » au public, ces différentes approches ont en commun d’utiliser une technologie au service d’une écriture réinventée. Le Pathé-Baby et du Pathé-Rural, les formats réduits destinés aux amateurs et à la petite exploitation, prolonge la diffusion de ces films jusqu’à l’aube du parlant. »

* Reconnue d’utilité publique le 9 mai 2006, cette fondation œuvre à la conservation et à la mise à disposition du public du patrimoine historique de Pathé. Regroupant l’ensemble des collections non-film de Pathé depuis sa création en 1896, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé est un centre de recherche destiné aux historiens, aux enseignants et aux étudiants, ainsi qu’à tous ceux qu’intéresse le cinéma. Par son activité, elle œuvre à la promotion de l’histoire du cinéma à travers l’histoire de Pathé. L’exceptionnel fonds d’archives de la Fondation, régulièrement enrichi par de nouvelles acquisitions, regroupe plusieurs collections. Elles comprennent un riche ensemble de matériel iconographique et publicitaire, des documents imprimés, des appareils et des accessoires cinématographiques, des objets, une bibliothèque d’ouvrages et de périodiques, ainsi que les archives administratives et juridique de Pathé depuis sa création. A ce jour, le catalogue Pathé se compose de plus de 10 000 films dont 9 000 films muets.

1917 de SAM MENDES

1917 de Sam Mendès

Avec un tel titre on pouvait s’attendre à un film qui nous plonge dans la reprise de la guerre de mouvement après trois années d’enlisement dans les tranchées avec la stratégie militaire qui s’ensuivait et des scènes de bataille épiques.  Que nenni ! Ici nous sommes dans un film de survivance avec toutes les limites que cela comporte.

Deux soldats anglais, pas très aguerris, se voient confier une mission assez singulière et affrontent les allemands et passent de niveaux en niveaux comme dans un jeu vidéo. « 1917 » est techniquement étonnant, avec son long plan séquence sans ellipse. Pourtant, passé la surprise de cette prouesse visuelle, le film échoue du fait de ses invraisemblances, de son manichéisme digne d’un film de propagande, de son interprétation peu convaincante et surtout du fait de l’absence de scénario. Malgré une ambition manifeste dans sa réalisation, « 1917 » semble être à la Première guerre mondiale ce que « Gravity » était à l’espace, un film de survivance immersif mais sans second degré, voire de premier degré tout court ! C’est là certes une opinion bien « tranchée » ! Michel SENNA

Dis, c’est quoi… les « grands groupes » de cinéma ?

Dans notre jargon on parle de cinéma (le lieu) et d’écran (la salle).
En France il y a 2 040 cinémas et 5 982 écrans. Mais ce sont seulement 3 groupes qui se partagent plus de 50 % des spectateurs alors qu’ils n’ont que 8 % des cinémas et 32 % des écrans.
Leur politique de programmation est bien sûr décidée en très…très…très grande partie par des programmateurs nationaux en fonction, essentiellement, d’une rentabilité commerciale assurée. Compte tenu du nombre de spectateurs qu’ils attirent rares sont les distributeurs de films qui leur refusent quelque chose… au détriment des cinémas indépendants.

Pathé (enseignes Pathé et Gaumont) = 69 cinémas et 793 écrans ;
UGC (Union générale cinématographique) = 40 cinémas et 426 écrans ;
CGR (Circuit Georges Raymond) = 72 cinéma et 686 écrans.
Source : géographie du Cinéma – C.N.C – 09/2019

« Pour des états généraux du cinéma indépendant et de la diversité »

Dans le cadre de la 7e plateforme professionnelle de Cinéma du réel (du 17 au 20 mars), le Forum public accueille cet événement réunissant toute la profession, organisé par l’ACID, l’AFC, l’AFCAE, le Cinéma du Réel, le DIRE, le GNCR, le SCARE, le SDI, le SPI et la SRF. Le mardi 17 mars au Forum des images, syndicats et associations œuvrant pour l’indépendance du cinéma se mobilisent pour rappeler leur engagement à faire émerger des films ambitieux, défendre un système qui permet à tous d’exister et rappeler aux pouvoirs publics leur rôle de régulateur.

http://www.art-et-essai.org/actualites/1166162/pour-des-etats-generaux-du-cinema-independant-et-de-la-diversite

 

Dis, c’est quoi… l’exploitant indépendant ?

L’exploitant indépendant ne dépend que de lui même. Il a un seul but : arriver à faire ce qu’il veut faire ! Pour cela il cherche toujours à mettre en adéquation la logique de la satisfaction de son public et la logique commerciale. Il exploite souvent un cinéma avec peu de salles, labellisé Art et Essai, et accepte de programmer des films que nous ne verrions pas ailleurs. Contrairement aux grands groupes il décide de sa programmation pas uniquement en fonction d’une rentabilité commerciale assurée.

 

Cette rubrique « Dis c’est quoi »  nous permet -en peu de mots- de donner une,  ou plutôt notre,  définition d’un terme lié à nos champs d’activité.
Nous la voulons collaborative… alors n’hésitez pas à nous soumettre vos questions. Nous y répondrons à notre manière.

Notre nouvelle rubrique : « Dis c’est quoi… »

Cette rubrique va nous permettre -en peu de mots- de donner une,  ou plutôt notre,  définition d’un terme lié à nos champs d’activité.
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