SPECTATEUR, MON BEAU SOUCI

Dans sa lettre datée de septembre 2019, l’A.C.I.D (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) propose un article dont le texte est dans l’esprit de ce que nous, Territoires et Cinéma, disons depuis toujours…

Tout chantier de réflexion sur les transformations qui touchent actuellement le monde du cinéma devrait commencer par cela ; par ceux-là : le spectateur et sa place. Non pas simplement la place qu’il paye (un simple fauteuil) mais bien plutôt celle qu’il occupe, comme sujet actif d’une expérience artistique, et pas comme simple consommateur passif de contenus. La différence est aussi fondamentale qu’actuelle : d’occupation de lieux, d’espaces à se réapproprier, il est plus que question aujourd’hui. Ainsi, penser en spectateurs, c’est avoir l’ambition d’aborder le malaise qui affecte le cinéma français depuis un point de vue qui redonne à la réflexion politique, esthétique et économique, une certaine hauteur qui, il faut bien le dire, lui manque par trop ces derniers temps. Cela devrait nous obliger à reconsidérer collectivement la signification de notions aussi essentielles que « indépendance », « création », « diversité », « intérêt général », « art et essai » en regardant, les yeux grand ouverts, ce qui (se) passe dans les salles de cinéma.
Nous croyons profondément que le spectateur n’est pas une simple unité, une valeur d’échange, un chiffre que l’on scrute fébrilement chaque soir ; il n’est pas un score. Il a un corps, un visage, une histoire, des désirs. Il est, par essence, multiple et singulier.
[…]

Clément Schneider pour le CA de l’ACID

Que perçoit t’on de l’image selon le type d’écran ? – La Rochelle Cinéma – 07/2019 – par N. Tilly

Retrouvez ici la captation audio de l’introduction de notre débat organisé dans le cadre de nos rencontres lors du festival La Rochelle Cinéma le 4 juillet 2019.

Cette rencontre nous a permis d’échanger sur la position prise par la profession : une œuvre qui ne sera pas montrée dans une salle de cinéma ne peut être de même nature qu’un film «traditionnel». C’est la position rappelée notamment par diverses organisations professionnelles, comme par le Festival de Cannes, et l’Académie des Oscars, ainsi que par de nombreuses tribunes parues dans la presse. Car ce débat a des incidences économiques mais il a aussi de fortes résonances culturelles.
Jusque-ici lorsqu’on parle de culture cinématographique on ne parle que des films qui ont été montrés dans des cinémas. Qu’en est-il et qu’en sera-t-il des œuvres réalisées pour d’autres types d’écrans ?
Territoires et Cinéma se poser également une autre question. : certes aujourd’hui les films sont présentés sur certaines plates-formes, ou sur certaines chaînes spécialisées, en respectant au moins l’intégralité de l’œuvre. Mais combien de films sont d’ores et déjà diffusés sur les petits écrans avec une ou plusieurs coupures de publicités, utilisant ainsi le film comme un appel à des promotions commerciales. Évidemment cette pratique n’est pas encore généralisée, mais on peut tout craindre dans un monde où les intérêts financiers l’emportent sur les exigences culturelles.
Bien entendu un tel débat ne saurait être réglé à l’aide d’une unique rencontre ! Il doit être ouvert par une réflexion préalable. Car tous ces problèmes sont bien sûr à traiter dans le cadre de l’ère numérique dans laquelle nous vivons aujourd’hui, avec la généralisation d’écrans de toutes formes et de toutes tailles. L’importance de l’image et les conditions dans lesquelles elle est perçue par le spectateur ont aussi une grande importance. C’est pourquoi nous avons fait appel pour ouvrir ce débat à NICOLAS TILLY.

NICOLASnicolas TILLY est graphiste et artiste des nouveaux médias. Il vit et travaille à Paris et enseigne à l’École Supérieure d’Art et Design d’Orléans. En avril 2018, il participe à la conférence Écridil « Écrire, éditer, lire à l’ère numérique » à Montréal pour présenter son projet éditorial sur mobile Bug Magazine et ses recherches dans l’atelier de recherche et création « Édition nouvelles formes » de l’ÉSAD Orléans. En octobre 2018, il remporte le 2e Prix Pulsar et expose en décembre de la même année à la Fondation EDF à Paris. Nicolas travaille également pour des clients au sein d’EVB Studio, une agence de design graphique spécialisée dans le web design et les applications mobiles. Depuis 2012 Nicolas Tilly mène une recherche de réflexion et de création sur les écrans mobiles, par le biais de la conception d’applications et de sites web. Les différentes formes de créations avec lesquelles travaille Nicolas Tilly complètent son profil à la fois sur la sensibilité artistique ainsi que sur la maîtrise des outils contemporains d’innovation numérique.

Politique de soutien à la construction et à la modernisation des salles

15ème législature

Le 12 mars denier Madame Sophie METTE, députée de Gironde interrogeait, par une question écrite, M. le ministre de la culture sur la politique de soutien à la construction et à la modernisation des salles par le Centre national du cinéma et de l’image animée.
Voici le texte de la question ainsi que la réponse publiée le 27/08/2019.
Question N° 17610
de Mme Sophie Mette (Mouvement Démocrate et apparentés – Gironde )
Question écrite
Ministère interrogé > Culture
Ministère attributaire > Culture

Rubrique > arts et spectacles

Question publiée au JO le : 12/03/2019 page : 2269
Réponse publiée au JO le : 27/08/2019 page : 7681
Date de signalement: 09/07/2019

Texte de la question

Mme Sophie Mette interroge M. le ministre de la culture sur la politique de soutien à la construction et à la modernisation des salles par le Centre national du cinéma et de l’image animée. L’aide sélective « à la petite et à la moyenne exploitation » permet de soutenir cette politique essentielle pour l’implantation des cinémas sur tout le territoire et contribue à faire de la France l’un des plus grands pays du cinéma avec des salles présentes dans les centres-villes comme dans les zones rurales. Cette aide sélective est financée par une partie du produit de la taxe spéciale additionnelle (TSA) prélevée sur les billets vendus par les salles. Pour la première fois en 2018, le Centre national du cinéma et de l’image animée n’a pas souhaité que le budget initial de cette aide de 7 millions d’euros soit adapté au nombre de dossiers présentés comme c’était le cas les années précédentes puisque, par exemple, celui de 2017 avait dépassé 10 millions d’euros et la moyenne de cette aide sur les cinq dernières années était proche de 9 millions d’euros. Le refus du CNC, à l’inverse des années passées, d’adapter le budget de cette aide aux sollicitations et aux besoins des salles et des territoires revient à réduire de près de 20 % le volume de l’aide accordée ou à supprimer une dizaine de projets dans les centres-villes comme dans les zones rurales, alors que le montant de la TSA versée par les salles de cinéma au CNC est stable en 2018. Des dossiers de construction ou d’extension de cinémas prévus pour être examinés en 2018 ont en outre été repoussés en 2019, fragilisant leur montage financier et réduisant d’autant les crédits disponibles pour l’année 2019. Le soutien à la construction et à l’extension des salles de cinéma est pourtant la pierre angulaire d’une politique de soutien à la diversité du cinéma comme à sa présence sur tout le territoire auprès de tous les Français. Elle l’interroge donc sur l’opportunité de réévaluer ce dispositif au niveau antérieur pour assurer la continuité d’une politique essentielle à la vie culturelle et économique locale qui a permis à la France d’être le premier pays européen en terme de fréquentation cinématographique.

Texte de la réponse

La politique de soutien à la création et modernisation des salles du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) est mise en œuvre à travers deux dispositifs de soutien financier. D’une part, le soutien automatique à l’exploitation, qui constitue un encouragement fort à l’investissement dans les salles de cinéma. Chaque établissement cinématographique bénéficie d’un compte de soutien automatique géré par le CNC. Les droits au soutien sont calculés sur la base d’un pourcentage de la taxe spéciale perçue sur le prix du billet d’entrée (TSA) que génère chaque établissement. Ce système automatique, redistributif et dégressif, privilégie les exploitations de petite et moyenne taille. Le nouveau barème de calcul adopté en 2013 a porté à 50 % en moyenne le « taux de retour » pour l’ensemble des établissements cinématographiques, c’est-à-dire la part de la TSA versée par un établissement cinématographique inscrite à son compte de soutien. Les droits inscrits au compte de soutien automatique sont utilisables par les exploitants réalisant des dépenses d’investissement dans leurs salles (travaux de rénovation, équipements, création de nouvelles salles). Des avances sur les droits futurs peuvent par ailleurs être consenties en cas d’insuffisance des droits acquis pour financer les travaux prévus. En 2018, 64 M€ ont été mobilisés au titre de ce soutien, dont 21,8 M€ au titre de droits acquis et 42,2 M€ sous forme d’avances sur droits futurs. Le soutien automatique a bénéficié à 765 établissements. D’autre part, l’aide sélective à la petite et moyenne exploitation (anciennement « aide sélective à la création et à la modernisation de salles en zone insuffisamment équipée »), qui est un outil décisif pour l’aménagement culturel du territoire. Ce dispositif de soutien sélectif a vocation à compléter, pour certains projets, le soutien apporté par le compte de soutien automatique à l’exploitation. Il a pour objectif de favoriser la modernisation du parc de salles dans une optique d’aménagement du territoire, en veillant à préserver la diversité de la diffusion. L’aide est attribuée en fonction de l’intérêt cinématographique du projet présenté, de la qualité des aménagements proposés, de la diversité de l’offre, de l’utilité sociale du projet ou encore des conditions de son équilibre financier. Elle est réservée aux exploitants d’établissements de spectacles cinématographiques ayant réalisé, en moyenne, au cours des deux années précédant la demande d’aide, moins de 1 % des entrées sur le territoire national. En 2018, 49 projets ont sollicité l’aide sélective à la petite et moyenne exploitation. Parmi ces projets, 42 ont obtenu une subvention pour un montant total de 8,06 M€, et sont répartis comme suit : 37 projets concernent les cinémas de la métropole pour un montant total de subvention de 7,05 M€, et 5 projets sont situés dans les DOM pour un montant total d’aide de 1 M€. Cette aide a représenté en moyenne 8,3 % du coût des projets soutenus en métropole et 26,3 % dans les DOM. Ce mécanisme demeure un outil décisif d’aménagement culturel du territoire. Il est à noter qu’en 2018, 26 projets aidés (pour une aide totale de 4,3 M€, soit 53 % du montant total de l’aide attribuée) ont concerné des unités urbaines de moins de 30 000 habitants. 11 projets soutenus (pour une aide totale de 1,43 M€) appartenaient à des unités urbaines de moins de 5 000 habitants. Le budget alloué à l’aide s’élève, en 2019, à 7,05 M€. Ce niveau est identique à celui attribué en 2018, et proche de celui qui avait été attribué en 2014 et 2015. Certes, en 2016 et 2017, des compléments budgétaires exceptionnels avaient pu être alloués au dispositif et porter son montant à 8,5 M€ et 9,8 M€ (hors DOM), mais ils étaient tirés de ressources exceptionnelles, non pérennes. S’agissant du « report » de l’examen de certaines demandes d’aide à la fin de l’année 2018, il est à préciser que ces demandes d’aide ont nécessité des compléments d’information avant leur examen en Commission. Cette situation n’a rien d’exceptionnel, seules les demandes complètes et instruites devant être examinées par la Commission. Le contexte budgétaire du CNC n’a pas permis en 2018 de procéder à des dotations supplémentaires en fin d’année. Pour autant, le ministre de la culture a souhaité préserver autant que possible le soutien apporté à la filière cinéma et même développer les aides qui répondent à des enjeux stratégiques majeurs pour l’avenir de la filière (aide aux salles classées art et essai notamment).

Les revues cinéma de Juillet-Aout

Les « cahiers du cinéma »

Éditorial : Une histoire des réalisatrices  par Stéphane Delorme
Événement : Une histoire des réalisatrices
Muet/années 30  Alice Guy, Musidora & Marie-Louise Iribe, Germaine Dulac, Lois Weber, Frances Marion, Mabel Normand, Elvira Notari, Esfir Choub, Leontine Sagan, Leni Riefenstahl, Dorothy Arzner, et aussi…
Années 40/50  Ida Lupino, Edith Carlmar, Maya Deren & Marie Menken, Park Nam-ok, Kinuyo Tanaka, Wanda Jakubowska, Agnès Varda, et aussi…
Années 60  Forough Farrokhzad, Marguerite Duras, Paula Delsol, Jackie Raynal, Nelly Kaplan, Sara Gómez, Susan Sontag, Shirley Clarke, Tang Shu-shuen, Lina Wertmüller, Anne Claire Poirier, Vera Chytilová, Márta Mészáros, Ioulia Solntseva, Larissa Chepitko, Kira Mouratova, Lana Gogoberidze, et aussi…
Années 70  Chantal Akerman, Raymonde Carasco, Carole Roussopoulos & Delphine Seyrig, Yannick Bellon, Catherine Breillat, Jocelyne Saab, Rachel Weinberg, Heiny Srour, Safi Faye, Marta Rodríguez, Marva Nabili, Ana Carolina, Narcisa Hirsch, Helma Sanders-Brahms, Ulrike Ottinger & Monika Treut, Helke Sander, Anja Breien, Patricia Moraz, Assia Djebar, Barbara Loden, Elaine May, Joan Micklin Silver, Suzan Pitt, Barbara Hammer, Série B (1), Yvonne Rainer, Chick Strand & Coni Beeson, Sumitra Peries, Michal Bat-Adam, et aussi…
Années 80  Claire Denis, Christine Pascal, Nicole Le Garrec, Marie-Claude Treilhou, Juliet Berto, Danièle Dubroux, Virginie Thevenet, Claire Devers, Patricia Mazuy, Rose Lowder, Huang Shuqin, Ann Hui, Ildiko Enyedi, Bette Gordon, Susan Seidelman, Lizzie Borden, Trinh T. Minh Ha, Kathleen Collins, Kathryn Bigelow, Penny Marshall & Amy Heckering, Jane Campion, et aussi…
Années 90  Kelly Reichardt, Série B (2), Nietzchka Keene, Jennie Livingston, Sarah Jacobson, Sofia Coppola, Alanis Obomsawin, Anne-Charlotte Robertson, Tamara Jenkins & Jamie Babbit, Claire Simon, Pascale Ferran, Emmanuelle Cuau, Anne-Marie Miéville, Laila Pakalnina, Naomi Kawase, Ana Poliak, Carine Adler, Catarina Mourão, Teresa Villaverde, et aussi…
Cahier critique :
Les Enfants de la mer  d’Ayumu Watanabe – par Stéphane du Mesnildot
So Long, my Son  de Wang Xiaoshuai – par Antoine du Jeu
Her Smell  d’Alex Ross Perry – par Jean-Philippe Tessé
Midsommar  d’Ari Aster – par Jean-Sébastien Chauvin
Once Upon a Time… in Hollywood  de Quentin Tarantino
Notes sur d’autres films  Crawl (Alexandre Aja) – Diego Maradona  (Asif Kapadia) – Give Me Liberty  ( Kirill Mikhanovsky) – Halte  (Lav Diaz) – Haut perchés  (Olivier Ducastel & Jacques Martineau) – Ils reviennent…  (Issa López) – Manta Ray  ( Phuttiphong Aroonpheng) – Nevada  (Laure de Clermont–Tonnerre) – L’Œuvre sans auteur  ( Florian Henckel von Donnersmarck) – Pauvre Georges !  (Claire Devers) – Perdrix  (Erwan le Duc) – Toy Story 4  ( Josh Cooley) – Une grande fille  (Kantemir Balagov) – Ville neuve  (Félix Dufour–Laperrière) – Wonderland, le royaume sans pluie  (Keiichi Hara)
Journal :
Voyage  Balade à Lisbonne
Rencontre  Monia Chokri, contre la séduction
Festival  À Tel-Aviv, la résistance par le documentaire
Rencontre  Romain Laguna et Zéa Duprez, les signes parmi nous
Rencontre  Nicole Le Garrec, résistance bretonne
Association  Sauver le Polygone Étoilé
Plateforme  Refn en série
Note DVD  Les Vieilles Légendes tchèques  de Jirí Trnka

POSITF

Dossiers : 
Le film d’espionnage, Cannes 2019
Entretien avec Bong Joon-ho par
Philippe Rouyer.
Critique du film : Parasite de Bong Joon-ho par Lorenzo Codelli.
Voix Off : Max Ophuls et les producteurs, Marcel Ophuls.
Chantier de réflexion : Réflexions sur un triptyque chinois, Les Éternels, Un grand voyage vers la nuit, An Elephant Sitting Still de Eithne O’Neill
Cinéma retrouvé :
– Le Professeur de Valerio Zurlini
– Jean-François Stévenin

SOFILM

Interview. Anaîs Demoustier Parmi la nouvelle génération d’actrices françaises, elle est celle qui a le mieux réussi ce mix improbable : une présence immuable, chère au cinéma d’auteur, et une capacité d’émerveillement permanent.
IL ÉTAIT UNE FOIS… QUENTIN TARANTINO
 À la mi-août, sort enfin Once Upon a Time… in Hollywood, neuvième film réalisé par Quentin Tarantino. À l’échelle du cinéma actuel, Tarantino est un chef-d’œuvre en péril à préserver vaille que vaille.
Richard Kelly : Le plus grand fiasco du Festival de Cannes depuis The Brown Bunny. Voilà comment Roger Ebert avait décrit la projection de Southland Tales en 2006.
Rochdy Zem : Hors-cadre. Sur l’échiquier du cinéma français, il n’est ni le plus mondain, ni le plus revendicatif et surtout pas le plus expansif. Par contre, il est celui qui porte le mieux la cinquantaine brute façon rocker paisible
Justice : Si avec « Stress », ils sont rentrés directement dans le podium des meilleurs clips contemporains, il est peut-être moins connu que la rencontre avec son réalisateur, Romain Gavras, a été marquée par une folle histoire de costume de grenouille.

Nominations au C.N.C et à la F.E.M.I.S

JORF n°0171 du 25 juillet 2019
Décret du 24 juillet 2019 portant nomination du président du Centre national du cinéma et de l’image animée – M. BOUTONNAT (Dominique)
Décret du 24 juillet 2019 portant nomination du président du conseil d’administration de l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son – M. HAZANAVICIUS (Michel)

THE OPERATIVE

Quoi de mieux que de se réfugier dans une salle de cinéma climatisée pour échapper aux 42° qui ont carbonisé sur place les franciliens et franciliennes hier. Quittant plus tôt le bureau et ses 36° ambiant, je me suis rendu au cinéma le plus proche pour voir The Operative avec Diane Kruger. Je n’attendais rien de spécial de cet énième film d’infiltration. La surprise s’est avérée plutôt bonne. Le mérite en revient essentiellement à Diane Kruger, quasiment de tous les (gros) plans dans ce film, par ailleurs mis en scène de façon assez posée par Yvan Adler. La comédienne, à la beauté très naturelle, s’est appropriée ce personnage ambigu, sans attaches, ayant de la ressources, qui sert les intérêts du MOSSAD, avant de se découvrir des vrais sentiments pour l’une de ses victimes. Le scénario assez didactique est nullement partisan et malgré des facilités, ici et là, on pense à Lumet, Pakula ou Pollack, ce qui est plutôt flatteur. Le Mossad ne vaut certainement pas mieux, par ses moyens d’action, que les civils iraniens plus ou moins douteux qu’ils espionnent, à une époque où le pays cherche à se doter de l’arme atomique. La fin, bien menée, laisse une part à l’imaginaire du spectateur. Bref, un film qui fait un peu froid dans le dos, et c’est exactement ce que j’attendais en cette journée de canicule. Michel Senna

Cannes 1939 : le festival aura lieu à Orleans

Annulée du fait de la guerre en 1939, la première édition du festival international du film est enfin présentée dans la ville de son inventeur : Jean Zay

Plus d’informations sur le site du festival

 

Un moment crucial pour le cinéma français et européen

Le conflit actuel entre la profession et l’État sur la future présidence du C.N.C est d’autant plus dommageable que la présidence de Frédérique Bredin s’était déroulée à la satisfaction générale de tous les intéressés.
Le communiqué de l’ARP (Auteurs, Réalisateurs, Producteurs) nous semble bien définir les inquiétudes de la profession et bien définir aussi la problématique, c’est pourquoi nous le publions ci-dessous :
***
Le 12 juillet 2019,
À l’aube d’une nouvelle présidence à la tête du CNC, et alors que notre régulation a permis à la France de se hisser parmi les toutes premières cinématographies au monde, créant une valeur symbolique, culturelle et économique inestimable, nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, voudraient casser ce modèle exceptionnel.

Certes, des ajustements doivent impérativement être mis en œuvre, pour intégrer notamment les nouveaux acteurs dans notre écosystème de financement de la création. Des asymétries doivent être corrigées. Les missions de service public portées par le CNC doivent être mieux définies. Ce modèle doit être modernisé, comme nous le faisons depuis plus de soixante-dix ans.

Mais nous le répétons au Président de la République : notre modèle est tout sauf malade. N’oublions jamais que cette exception culturelle est un immense succès: plus de 200 millions d’entrées en salle, dont 40% pour des films français ; des œuvres uniques portées dans les plus grands festivals au monde ; des talents qui éclosent chaque année grâce à un système qui encourage la diversité des films ; des centaines de PME employant des techniciens hautement qualifiés que le monde entier nous envie ; un tissu unique de salles de cinéma, qui irriguent nos territoires d’œuvres singulières, qui créent du lien social et de l’éducation à l’image. Il devient insupportable que ce modèle soit systématiquement attaqué et vilipendé, par des prises de position qui méconnaissent les enjeux, qui ignorent la valeur créée, qui se réfugient dans de bas anathèmes.

Nos principes essentiels doivent impérativement être préservés : préfinancement, indépendance de la création, spécificité du cinéma par rapport à l’audiovisuel, rôle du service public. Toute démarche qui viserait à annihiler notre diversité culturelle sera fermement combattue par les cinéastes. Plus que jamais, notre souveraineté culturelle, la liberté des créateurs, la vivacité de nos industries culturelles ont besoin d’une régulation forte, équilibrée et adaptée aux nouveaux usages et modèles économiques. Nous aurons évidemment à coeur de rappeler à la prochaine présidence du CNC les fondamentaux de notre cinéma, ce qui en fait sa force et sa chance de tirer son épingle du jeu dans la compétition mondiale qui se livre déjà. Sur ces sujets de fond, les Cinéastes de l’ARP restent pleinement mobilisés.

De toute évidence, le Président de la République ne semble pas considérer pas la politique culturelle de notre pays comme essentielle et fondamentale, pensant peut-être que la souveraineté et la liberté de la pensée et de la création en France et en Europe ne peuvent s’évaluer qu’en terme de rentabilité. Il aurait tort, car à la veille du prochain projet de loi audiovisuelle, dont les contours semblent bien davantage financiers que culturels, il est plus que jamais urgent d’affirmer, tous ensemble, une conviction de politique culturelle, qui dépasse les intérêts particuliers et uniquement industriels. Notre responsabilité collective est immense, au service des spectateurs, des citoyens, de la jeunesse et des créateurs de demain.

Illustration : ||Anna Fazekas, a.k.a Violeta||