L’ile aux chiens

L’île aux chiens… un os sans moelle !

Le dernier film d’animation de Wes Anderson mettant en scène des chiens dans un univers rétro-futuriste, avait de quoi intriguer. Et effectivement, l’animation est très inventive et le propos original.
Dans un Japon quasi totalitaire, les chiens, porteurs de maladie, sont violemment mis à l’écart sur une île poubelle au large du continent.
On suit alors le parcours de quelques uns d’entre eux et celui d’un enfant venu rechercher son toutou contaminé.
Le problème, c’est qu’une fois passées ces scènes d’exposition, le film a bien du mal à décoller, faute de définir de véritables enjeux. On est loin du remarquable The Grand Budapest Hotel qui marqua une étape importante dans la carrière du réalisateur.
Malgré le dynamisme de son montage et une musique d’accompagnement qui s’emploie à donner le rythme, je dois avouer avoir lutter pour rester attentionné, tellement les effets de mise en scène me sont apparus répétitifs et les dialogues entre chiens assommants. Qu’il s’agisse des animaux ou des humains, les personnages très froids et distants ne suscitent aucune sympathie et le scénario tortueux ne semble aller nulle part. Tout cela finit par paraître vain, malgré des trouvailles ici et là.
Bref, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce film, tout créatif visuellement qu’il soit, manque à mes yeux, véritablement de chien ! Michel Senna

Les Jurys du Festival de Cannes 2018

Jury sélection officielle

 

Cate Blanchett – Présidente
(Actrice, productrice, australienne)

Chang Chen
(Acteur, chinois)

Ava DuVernay
(Scénariste, réalisatrice, productrice, américaine)

Robert Guédiguian
(Réalisateur, scénariste, producteur, français)

Khadja Nin
(Auteur, compositeur, interprète, burundaise)

Léa Seydoux
(Actrice, française)

Kristen Stewart
(Actrice, américaine)

Denis Villeneuve
(Réalisateur, scénariste, canadien)

Andrey Zvyagintsev
(Réalisateur, scénariste, russe)

 

Jury courts métrages et cinéfondation

Bertrand Bonello, Président
Réalisateur, scénariste & compositeur, français
Valeska Grisebach
Réalisatrice, scénariste & productrice, allemande
Kalil Joreige
Cinéaste & artiste, libanais
Alanté Kavaïté
Réalisatrice & scénariste, franco-lituanienne
Ariane Labed
Actrice, française

 

 

Jury un certain regard

 

Bénicio del Toro, Président

 

Jury caméra d’or

 

Ursula Meier, Présidente

 

La lettre « En Bref – Mars-Avril-« 

Edito de la lettre « En Bref – Mars Avril-« 

Deux mesures significatives viennent d’être annoncées par l’Etat afin de réduire les inégalités territoriales, inégalités particulièrement importantes dans le domaine de l’offre culturelle. Bien entendu cela ne peut que nous encourager à développer notre action « CINEMA ET EGALITE DES TERRITOIRES ». Nous vous présentons dans ce numéro ces deux mesures.

Et nous vous rappelons également que depuis de nombreuses années le CNC a été à l’avant-garde de cette démarche avec son programme d’aide sélective à la création et à la modernisation de salles en zone insuffisamment équipée.

La première opération s’intitule «Action cœur de Ville» elle concerne 222 villes moyennes et a pour but sauvegarder la vie collective du centre-ville qui est considéré comme un élément essentiel de la sauvegarde d’une bonne qualité de vie, non seulement pour les habitants du centre-ville, mais également pour tous ceux qui y travaillent, y étudient et souhaitent pourvoir trouver des lieux de rencontre et d’échanges, qu’ils soient commerciaux ou culturels.

La deuxième opération est de nature différente, et se rapproche de ce que nous nous efforçons de faire. Elle s’intitule «Culture près de chez vous». Il s’agit d’un plan d’action en faveur des «territoires culturels prioritaires» recensés par une étude préalable qui a pris en compte le nombre d’équipements culturels en regard de la population. On a ainsi déterminé 86 bassins de vie de 10 000 habitants dans lesquels il n’existe pas d’équipement culturel.

Cette situation est d’autant plus spectaculaire que le Ministère de la Culture constate qu’il dépense chaque année en Ile-de-France 139 € par habitants pour seulement 15 € par habitants hors Ile-de-France, DOM-TOM inclus.

Un rééquilibrage s’impose en effet !

 

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MAI 68, TRACES ET REFLETS

Critique du film Everybody Knows d’Asghar Farhadi et entretien avec le réalisateur

Critique du film Foxtrot de Samuel Maoz
et entretien avec le réalisateur

Critique du film La Jetée, Sans soleil de Chris Marker et entretien avec la réalisatrice

Lettre de Billie Wilder à Conrad Weidt.

Une réflexion sur les charmes discrets de la bourgeoisie et les cercles de la corruption.

Un retour sur les films Une certaine rencontre
et Made In Hong Kong.

Asghar Farhadi
9 Everybody Knows Laura, vida mía Jean-Loup Bourget
11 Entretien avec Asghar Farhadi Une langue, c’est davantage que des mots Nicolas Bauche et Grégory Valens
Samuel Maoz
17 Foxtrot Danse macabre Jean-Dominique Nuttens
19 Entretien avec Samuel Maoz Donnez-leur un chameau ! Adrien Gombeaud et Ophir Levy
Chris Marker
25 Sur La Jetée et Sans soleil : Un cinéaste, son écrivain-phare, le monde entier et une langue Michel Chion
28 Orphée Chris Marker
LES FILMS
34 Transit de Christian Petzold Vincent Thabourey
36 Ready Player One de Steven Spielberg Pierre Eisenreich
38 Manifesto de Julian Rosefeldt Eithne O’Neill
40 Les anges portent du blanc de Vivian Qu Nicolas Bauche
41 Senses de Ryusuke Hamaguchi Élise Domenach
42 Milla de Valérie Massadian Jean-Dominique Nuttens
de A à Z
NOTES SUR LES FILMS
44 Los Adioses Amoureux de ma femme Annihilation Après l’ombre Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête Comme des garçons Comme des rois Cornélius, le meunier hurlant Dans la brume Daphné Eternity Has No Door of Escape Frost Hotel Salvation Je vais mieux Jersey Affair Jesús, petit criminel Kings Land Manhattan Stories Nobody’s Watching Occidental On a 20 ans pour changer le monde Otages à Entebbe La Révolution silencieuse Southern Belle Tout le monde debout Une femme heureuse
VOIX OFF
54 Le premier à revenir de Hollywood : bienvenue, Conny ! Billy Wilder
BLOC-NOTES
56 Mars en cinéma Grandeur et décadence des petits commerces de cinéma Emmanuel Raspiengeas
CHANTIER DE RÉFLEXION
60 Le Charme discret de la bourgeoisie ou les cercles de la corruption Pierre Samson
HOMMAGES
66 Stéphane Audran Michel Cieutat
67 Dorothy Malone Christian Viviani
68 Hugo Santiago Hubert Niogret
69 André S. Labarthe Michel Ciment
70 Hilton McConnico Hubert Niogret
71 2001 : l’Odyssée de l’espace (I) Le faux du vrai et le vrai du faux Stanislas Bouvier
75 Jacques Prévert : sortir du cadre Yannick Lemarié
NOTES FESTIVALIÈRES
78 Etiuda & Anima 2017

 

SOFILM n°60 – NOLAN face à KUBRICK
Chloë Sevigny
François Damiens
Liv Ullmann
Antoine de Caune

20. Stéphane Brizé

Hors Cadre. A Cannes cette année, Stéphane Brizé, présentera En Guerre, nouveau brûlot sur fond de conflit social dans une usine cherchant à délocaliser. L’occasion de soumettre le Rennais à un entretien dont les mots-clés sont : ultra-libéralisme, mépris de classe, mouvement social et commémorations de 68.

24. François Damiens

Interview sans embrouilles. Fleuron de l’humour belge truculent, François Damiens reste discret et ne hausse jamais la voix. Tout le contraire de la figure du beauf encombrant et crade qu’il ranime dans Mon Ket. L’occasion de converser sur la gentillesse des Belges, les perruques, la voile et la difficulté de suivre le rythme imposé par Benoît Poelvoorde en tournée.

30. Chloë Sevigny

Cool tchat. New-yorkaise jusqu’au bout des Converse, icône du cinéma indé comme de certaines séries de qualité, apprentie productrice récemment passée par Sundance… Chloë Sevigny, tout juste 43 ans, n’a plus rien de la jeune fashionista traînant avec les skateurs de Washington Square. Elle revient sur sa trajectoire moins déjantée qu’on pourrait l’imaginer. Un parcours sans peur et sans reproche au pays des années 90 où les kids sont « alright ».

34. Décapita(lisa)tion

Reportage sans dieu ni maître. Peut-on faire trembler sur ses bases le capitalisme tout entier au moyen du cinéma ? Pas forcément évident. C’est pourtant le genre de projet un peu fou que s’est fixé le réalisateur Pierre Zellner, avec son équipe bénévole et quelques-uns des 1 600 habitants de Cransac, Aveyron. Reste à savoir si le film éveillera les consciences. Reportage au cœur de l’utopie, sur le tournage du bien nommé Décapita(lisa)tion.

40. Christopher Nolan : 2001, mon amour

En couverture. Christopher Nolan parle rarement, voire pas du tout. Pour expliquer la restauration de 2001 : L’Odyssée de l’espace – le chef-d’œuvre absolu de Kubrick qui fête cette année son demi-siècle – qu’il a supervisée en secret, le cinéaste anglais a pourtant fait une exception. Sous la forme d’un entretien géant où le réalisateur passe en revue tout le cinéma actuel, ses rêves d’expérience en salle, et ne cache pas sa peur quand il s’agit de faire dialoguer ses films avec ceux du maître.

64. Make Cinema Génial Again

Dossier rouge. « L’imagination au pouvoir ». Parmi les centaines de slogans promus au cours des évènements de mai 1968, celui-là dit bien comment le vent de révolte qui a saisi la France a voulu tout changer par les idées. Un demi-siècle plus tard, ce thème de l’utopie redonne des idées à toutes celles et ceux à qui nous avons demandé de raconter comment ils pourraient rendre le cinéma plus proche, plus innovant, plus vivant qu’il ne l’a jamais été. Il est interdit d’interdire ces idées en forme de think tank décontracté.

70. Là-Haut

Reportage perché. 4 500 mètres. C’est l’altitude à laquelle se trouve le Cerro del Cóndor, au milieu de la cordillère des Andes. Ici des rivières sauvages, des montagnes impraticables, quelques lamas et… un ciné-club. Les Collas, indigènes locaux, ont trouvé dans le cinéma une façon d’entretenir leur culture. Quitte à faire des projections itinérantes à dos d’âne.

80. Liv Ullmann

Légende glacée. Difficile de séparer la vie de Liv Ullmann de celle de son mentor suédois Ingmar Bergman puisque les deux ont été associés sur des films aussi marquants que Persona, Cris et chuchotements et Scènes de la vie conjugale. De cette histoire de la cinéphilie européenne, la dame ne cache rien : ni les démons, ni les années sur l’île de Fårö, ni ces moments où l’austère maître scandinave lisait la presse féminine.

86. Antoine De Caunes

Extra. À la grande époque de Canal +, il lui est parfois arrivé de lancer des saucisses sur des stars en smoking. Cette expérience a-t-elle conditionné le rapport qu’entretient Antoine de Caunes au cinéma ? Pas forcément puisque l’enfant du rock et de la télé a aussi fait l’acteur pour Chabrol, réalisé des fictions sur Napoléon et Coluche. Affaire Weinstein, films « springsteeniens », éducation cinéphile : Antoine de Caunes parle avec la fougue d’un jeunes amoureux de son obscur objet du désir. Comme nulle part ailleurs.

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Cannes 2018
Promesses cannoises

Compétition :
Asako I & II de Ryusuke Hamaguchi – par Hidetake Yuki & Abi Sakamoto
L’Été de Kirill Serebrennikov – par Eugénie Zvonkine
3 Visages de Jafar Panahi – par Mamad Haghighat
Hors compétition :
10 ans en Thaïlande – par Aliosha Herrera
Un Certain regard :
In My Room d’Ulrich Köhler – par Stéphane Delorme

Quinzaine des réalisateurs :
Les Oiseaux de passage de Ciro Guerra et Cristina Gallego – par Nicolas Azalbert
Semaine de la critique :
Diamantino – dialogue entre Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt

ACID :
La valeur d’exemple entretien avec Fabienne Hanclot, Régis Sauder et Idir Serghine

Cinq entretiens sur la production :
Charles Gillibert La marge au centre
Emmanuel Chaumet Prises de risques
Marianne Slot Les vies de Marianne
David Thion Une logique de désir
Sandra Da Fonseca Jeune productrice

Cannes 68
Historique par la rédaction (Cahiers du Cinéma n°203, août 1968)
Fin d’un festival : Cannes par Michel Delahaye (Cahiers du Cinéma n°203, août 1968)

Cahier critique
Le ciel étoilé au-dessus de ma tête d’Ilan Klipper – par Vincent Malausa
L’épouvantail entretien avec Ilan Klipper – par Stéphane Delorme
Manhattan Stories de Dustin Guy Defa – par Ariel Schweitzer
Ghost World + Peanuts entretien avec Dustin Guy Defa – par Nicholas Elliott
Retour à Bollène de Saïd Hamich – par Jean-Philippe Tessé
Revoir Bollène entretien avec Saïd Hamich – par Jean-Philippe Tessé
Senses de Ryusuke Hamaguchi – par Nicholas Elliott
Trains de vie / Les 7 Déserteurs de Paul Vecchiali – par Jean-Sébastien Chauvin
En guerre de Stéphane Brizé – par Jean-Philippe Tessé
Ready Player One de Steven Spielberg – par Jean-Philippe Tessé

Notes sur d’autres films Les anges portent du blanc (Vivian Qu) – Cornelius, le meunier hurlant (Yann Le Quellec) – Corpo Elétrico (Marcelo Caetano) – Daphné (Peter Mackie Burns) – Des spectres hantent l’Europe (Maria Kourkouta & Niki Giannari) – Une année polaire (Samuel Collardey)
Journal
Découverte Georges Nasser, histoire d’un retour
Box-office Les Garçons sauvages tiennent le cap
Hommage Milos Forman, quand la scène craque
Hommage Stéphane Audran, un regard au-dedans
Plateforme Netflix, annihilation ?
Reprise La Femme insecte de Shohei Imamura : histoire du Japon par les insectes
Reprise Une certaine rencontre de Robert Mulligan : étrangers intimes

Festival Brive : des jeux et des expériences
Festival Cinéma du Réel : quel réel ?
Festival Cinélatino : dans l’intensité de 68

Analyse de séquence
Le Conte de la Princesse Kaguya d’Isao Takahata
Terreur de la douceur par Stéphane Delorme

Le cinéma militant à l’heure des collectifs. Slon et Iskra dans la France de l’après-1968 de Catherine Roudé (livre)
Les Fantômes de mai 68 de Jacques Kebadian et Jean-Louis Comolli (livre)
Sur un film oublié de Jean-Luc Godard – Un film comme les autres de Jean-Luc Godard

Portfolio
Chris Marker
L’archive infinie – documents commentés par Raymond Bellour, Jean-Michel Frodon et Christine Van Assche
Cent soleils par Cyril Béghin

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Couv cahier du cinema-743 avril 17

LES CAHIERS DU CINEMA 

Avril 2018 – n°743

Éditorial
Animation minutieuse par Stéphane Delorme

Événement
L’Île aux chiens de Wes Anderson
Poubelle aux trésors par Joachim Lepastier
Chien par Vincent Malausa
Des chiens et des ordures entretien avec Wes Anderson, Jason Schwartzman et Roman Coppola – par Joachim Lepastier & Vincent Malausa
La vie des marionnettes documents choisis et commentés par Wes Anderson

Cahier critique
Frost de Sharunas Bartas – par Cyril Béghin
Sur la ligne de front entretien avec Sharunas Bartas – par Cyril Béghin & Nicholas Elliott
Nul homme n’est une île de Dominique Marchais – par Jean-Sébastien Chauvin
Beauté et désastre entretien avec Dominique Marchais – par Florence Maillard
Nico, 1988 de Susanna Nicchiarelli – par Joachim Lepastier
L’Héroïque Lande, la frontière brûle de Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval – par Florence Maillard
Madame Hyde de Serge Bozon – par Florence Maillard
The Rider de Chloé Zhao – par Mathis Badin

Notes sur d’autres films

Après l’ombre (Stéphane Mercurio) – Coby (Christian Sonderegger) – Les Destinées d’Asher (Matan Yair) – Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot (Gus van Sant) – Eva (Benoît Jacquot) – Foxtrot (Samuel Maoz) – Kings (Deniz Gamze Ergüven) – Marie-Madeleine (Garth Davis) – Mes Provinciales (Jean Paul Civeyrac) – Milla (Valérie Massadian) – My Wonder Women (Angela Robinson) – Occidental (Neil Beloufa) – Southern Belle (Nicolas Peduzzi) – The Third Murder (Hirokazu Kore-eda) – Transit (Christian Petzold)

Journal
Enquête Cinéma israélien : année zéro ?
Cinémathèque Rencontre avec Franck Lubet, programmateur de la Cinémathèque de Toulouse
Festival Berlin, chants et paroles
Rencontre Josephine Decker et Ted Fendt, de New York à Berlin
Hommage Idrissa Ouedraogo, éternelle jeunesse
Hommage Adiós a Hugo Santiago
Série Gomorra, les pleins pouvoirs
Exposition Helmar Lerski : visages et lumière
Reprises Stévenin, Stevenson
Animation Les toy stories d’Hermina Tyrlova
Découverte L’Heure de la libération a sonné d’Heiny Srour
DVD Alexander Mackendrick, à hauteur d’enfant
DVD La Villa & Ki Lo Sa ? de Robert Guédiguian / Le Portrait de Jennie de William Dieterle
Festival Même pas peur à La Réunion
Festival Travelling : de Vienne à Rennes
News internationales
Disparitions Angela Ricci Lucchi, John Gavin

Analyse de séquence
Faust de F.W. Murnau
Un vent mauvais par Cyril Béghin

Hommage
André S. Labarthe
André S. Labarthe et le ruban de Mœbius par Nicolas Azalbert

Télé retrouvée
Fassbinder, réalisateur de séries
(Pas encore) tout à fait détruits par Alban Lefranc

Cinéma retrouvé
Shinsuke Ogawa
Les champs de Shinsuke Ogawa par Camille Bui & Hugues Perrot

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SOFILM n°59

WES ANDERSON
Wes Anderson
Kad Merad
Stefania Sandrelli
Jo Nesbo

20. André S. Labarthe
Hommage. Membre secret de la Nouvelle Vague, critique pointu et réalisateur de la célèbre série documentaire Cinéastes de notre temps, André S. Labarthe nous a quittés le 5 mars à 86 ans. Jean-Louis Comolli raconte comment son œuvre a, mine de rien, révolutionné la télé française.

22. Samuel Maoz
Hors Cadre. L’Israélien Samuel Maoz signe Foxtrot, récit allégorique et hypnotique d’un fils qui ne reviendra pas du front et d’une très grosse bavure. Un sujet qui n’a pas beaucoup plu à la ministre de la Culture… État des lieux, avec lui, d’un pays en « guerre permanente ».

26. Pierre Woodman, baroudeur du X
Portrait. Enfant terrible du X français formé à l’école Hot Vidéo, le sulfureux acteur-réalisateur règne sur une multinationale du casting recrutant essentiellement des femmes plantureuses issues des pays de l’Est. Itinéraire d’un pervers gaulois à la mécanique bien huilée dans la capitale européenne du porno.

30. La Belle du Sud sauvage
Story. C’est l’histoire d’une jeune Texane qui se débat avec une histoire familiale « fucked up » où circulent les vieilles rancœurs, la came et les restes d’un gros héritage. C’est en tout cas ainsi qu’elle apparaît dans un long métrage, Southern Belle. Problème, depuis le tournage, elle l’assure : ce docu est une fiction…

34. Wes Anderson
Couverture. En une poignée de films cultes, Wes Anderson et sa bande ont inventé un pan entier de la pop culture, de la décoration d’intérieur à la mode en passant par l’animation. Le tout, sous le haut patronage de saint Bill Murray et saint James L. Brooks. Anderson, c’est aussi une esthétique de maison de poupées immédiatement identifiable, à l’intérieur de laquelle il fabrique des films à la fois hyper-modernes et hors du temps. L’homme a accepté de se livrer ici avec coquetterie, mais sans fausse pudeur.
+ L’Île aux chiens : décryptage
+ Wes Side Story : reportage autour de la « WesAndersonisation » de New York
+ Portfolio : les illustrateurs de « Bad Dads »

68. Christopher Doyle
Interview. Australien installé à Hong-Kong devenu chef opérateur sur le tas après une bien mystérieuse vie de bohème, Christopher Doyle s’est fait un nom dans la pénombre et les néons du Wong Kar-wai période In the Mood for Love ou Chungking Express, avant de travailler avec Gus Van Sant, Jim Jarmusch ou M. Night Shyamalan. Un original, un vrai.

72. Kad Merad
Interview. Kad sans O n’a plus peur d’alterner la grosse comédie « légère » et le drama façon Tchao Pantin. Peut-être parce que le Baron noir qui restera dans les annales, c’est lui, plutôt que Julien Dray ? Du Club Med à Delarue, des faubourgs de Ris-Orangis au 6e arrondissement de Paris, confessions d’un inconnu passé Superstar sans jamais arrêter de faire le pitre.

80. Stefania Sandrelli
Légende. Arrivée au cinéma par hasard, elle est devenue l’une des actrices clés de cette farandole de comédies brocardant les mœurs de l’Italie dans les années 60 et 70, et même des grands films politiques de Bertolucci et Scola… Stefania Sandrelli est un des ultimes témoins de cet âge d’or, et des films qui l’ont marqué. À tel point qu’elle ne peut voir la situation politique et culturelle italienne actuelle sans une certaine rage très « Sandrelli »…

86. Jo Nesbo
Extra. Derrière les millions d’exemplaires écoulés et sa dégaine de flic tendu échappé d’un épisode de The Shield, Nesbø sait aussi théoriser le mariage pas toujours évident entre cinéma et littérature policière. Comment ? En slalomant tout schuss entre Martin Scorsese, True Detective et même… la perfection narrative de Toy Story 3.

 

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POSITIF 686 | Avril 2018

Dossier

L’AUTOPORTRAIT

Critique du film Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot de Gus Van Sant et entretien avec le réalisateur

Critique du film The Rider de Chloé Zhao
et entretien avec le réalisateur

Critique du film Notre enfant de Diego Lerman
et entretien avec la réalisatrice

Le style photographie néo-réaliste par Nestor Almendros.

Une réflexion autour de Jacques-B Brunius et de l’affaire Woody Allen.

Un retour sur les films Mon XXeme siècle
et Le Bel Antonio.

BD
Misfits par Luz

Hostiles

Le meilleur western depuis Impitoyable nous dit-on sur l’affiche pour qualifier ce film réalisé par Scott Cooper. Il est clair que ce dernier connaît ses classiques dont on reconnaît l’inspiration un peu insistante, ici et là. Christian Bale y incarne un capitaine de cavalerie, rompu au combat contre les indiens, qui se voit confier une mission qui le dégoûte. Escorter un chef indien mourant et sa famille vers leur terre tribales d’origine, dans le Montana. Chemin faisant, l’homme s’humanise.

Cette trame assez schématique est alourdie par la dimension introspective des personnage rébarbative, par le jeu trop inexpressif de Christian Bale et par une musique plombante trop envahissante. Jouant trop sur la corde mélodramatique et se voulant toujours profond, le film finit par ennuyer là où il cherche à émouvoir. Même s’il reprend les codes du genre, Hostiles, par son aspect minimaliste et rugueux, fait plus penser à The Revenant qu’à Impitoyable. Du reste, les grands espaces filmés (ou numérisés) ne semblent jamais ancrés dans un réel tangible.

Reste quelques séquences de fusillade fort bien réalisées, un final à l’ironie grinçante et une bonne prestation, mais ce n’est pas une surprise, de Rosamund Pïke en jeune femme traumatisée qui apprendra à regarder les indiens différemment. C’est beau et gentiment moraliste, mais on a quand même bien du mal à croire aux revirements des deux protagonistes principaux.

Michel Senna

« Lady bird »

Après avoir joué dans un certain nombre de film Indé, dont le charmant Frances Ha, Greta Gerwig passe derrière la caméra et signe cette chronique largement auto-biographique, qui raconte un moment charnière de la vie d’une jeune fille de 17 ans vivant à Sacramento au début des années 2000.
Le point fort de ce film est assurément l’interprétation de Saoirse Ronan, parfaite en post-adolescente ayant des idées très arrêtées sur sa destinée. Jouant avec nuances, elle y est tour à tour drôle, rebelle, blessante, amoureuse, déprimée, bref une ado un peu auto-centrée pleine de vie et de désirs.
Au plus près de ses personnages plutôt attachants, la réalisatrice explore les affres de la jeunesse sans en éviter tous les poncifs.
L’originalité vient surtout dans la présentation plutôt inattendue du milieu scolaire catho dans laquelle évolue la jeune Christine, alias Lady Bird.
Car pour le reste, qu’il s’agisse de son désir ardent de suivre des cours dans une fac de la Côte Est, d’être socialement et artistiquement reconnue, de ses premiers amours contrariés (son premier flirt est homosexuel et son second se prend pour un existentialiste blasé), de ses engueulades avec sa mère aimante et un peu castratrice (excellente Laurie Metcalf) qui fait marcher la baraque, de la complicité avec son père au chômage, il n’y a là rien de bien nouveau sous le soleil de Californie.
Malgré tout, cette chronique douce amère sur le thème de « Ailleurs l’herbe est (ou pas) plus verte », offre de beaux moments poignants ou tendres et une peinture d’un quotidien, avec ses petites joies et ses peines, finement observé.
Une première œuvre intimiste qui, sans révolutionner le genre, ne manque assurément pas de charme.
Michel Senna

La Lettre « En Bref » de Janvier Février 2018

Editorial :

Vous avez dit illégal ?

Bien que les textes législatifs et
réglementaires soient parfaitement
clairs en ce qui concerne le cinéma
non commercial, il faut bien
constater que de plus en plus de
séances « non commerciales »
sont organisées hors de ce cadre.
Cela tient à plusieurs causes. Tout
d’abord les progrès techniques de
projection en DVD ou blu-ray qui
rendent très facile l’organisation de
telles séances, mais également par
le fait que, dans plusieurs zones du
territoire la fréquentation
cinématographique est plus faible
que la moyenne, comme le montre
les statistiques du CNC : un tiers
de la population fourni la moitié des
entrées et les deux autres tiers
seulement l’autre moitié.
C’est d’ailleurs pour cette dernière
raison que nous engageons avec
notamment l’association des
Maires Ruraux une action sur le
thème « Cinéma et égalité des
territoires ».
Pour en revenir aux séances
illégales, il faut dire qu’elles
correspondent à une demande de
spectateurs qui souhaitent voir des
films qui ne sont pas programmés
par leur cinéma. Pour autant cette
demande ne justifie pas
l’organisation de séances illégales.
De nombreuses salles de cinéma
répondent d’ailleurs à cette
demande dans le cadre de
l’exploitation normale. Prenons
simplement un exemple d’un
arrodissement à Paris, le 14ème,
où trois cinémas, L’entrepôt, Le
Chaplin Denfert et les 7
Parnassiens accueillent chaque
mois des groupes de spectateurs
en programmant le film qu’ils ont
souhaité, avec bien entendu la
billetterie CNC.
Ces différentes questions montrent
l’utilité d’une réflexion que nous
souhaiterions engager avec la
profession, le plus urgent étant de
faire des propositions pour contrer
les séances pirates.