Archives pour la catégorie Le site invité du mois

Comment faire (autrement)

Un tweet estival de leur part nous informait de la parution du dernier numéro de la revue Hors Champ (première revue de cinéma en langue française sur Internet, née en 1996).

Merci à eux, car, bien que beaucoup d’entre vous la connaissent déjà, mais un rappel est toujours le bienvenu !

Jean-Luc Godard est à l’honneur de ce numéro.

6e Baromètre Flash de la COFAC – Bénévolat de responsabilité : le grand épuisement

Du patrimoine au spectacle vivant, de la musique au théâtre en passant par la radio ou la vidéo, la COFAC représente ainsi plus de 40 000 associations culturelles. Territoires et Cinéma en est membre.

Le Baromètre Flash de la COFAC sonde les associations culturelles afin de mieux comprendre et anticiper leurs besoins. La 6e édition du baromètre s’est tenue en ligne du 22 mai au 26 juin 2023.
En voici le résultat :
L’épuisement physique et moral des responsables associatifs est patent et plus important dans le secteur culturel que dans les autres champs associatifs. Déjà marqué lors du Baromètre précédent, il va s’accentuant et le renouvellement des responsables est de plus en plus difficile. Aux difficultés liées à la recherche de financement et au sentiment de n’être pas écouté, s’ajoutent également les difficultés opérationnelles qui se multiplient (refus de dépôt de dossier pour les évènements extérieurs prévus pendant la période JO, complexité de la règlementation, mises en concurrence entre associations, quasi-municipalisation, difficultés de recrutement des salariés, nombreuses taxations indues de l’URSSAF pour la période Covid…). Le « Dites-le nous une fois » applicable aux particuliers n’est pas de règle pour les associations.

Les conséquences de l’abandon des responsables associatifs culturels par épuisement ou découragement est un renoncement à leurs droits culturels et un amoindrissement de ceux de leurs adhérents.

Moins de culture et moins d’engagement citoyen dans les politiques culturelles signifient aussi moins de cohésion sociale, un recul de la Culture du quotidien notamment dans les territoires éloignés des institutions publiques, une intégration des nouveaux arrivants empêchée, des emplois menacés faute d’employeurs, et, plus grave encore, une citoyenneté en recul.

Découvrir les résultats du 6e Baromètre

La COFAC rassemble 28 fédérations œuvrant dans l’ensemble des champs des pratiques artistiques et culturelles. La COFAC permet aux acteurs associatifs de réfléchir et d’agir de manière concertée sur la place des associations, des bénévoles, des amateurs et des usagers dans l’élaboration des politiques culturelles.

Il est temps de faire confiance et de redonner confiance à celles et ceux qui s’engagent pour que la Culture soit vivante dans tous les territoires et réellement accessible à toutes et tous, temps de considérer la pratique des amateurs pour ce qu’elle apporte aussi à long terme à toute la société et temps de financer les associations pour ce qu’elles sont et non seulement pour ce qu’elles font.

Pour nous contacter :
COFAC
22 rue Oberkampf – 75011 PARIS
Tél : 01 43 55 60 63
cofac.coordination@cofac.asso.fr
http://www.cofac.asso.fr

6ème Baromètre Flash de la COFAC : faites entendre votre voix !

Comme Territoires et Cinéma -par ailleurs membre de la COFAC- Coordination des Fédérations et Associations de Culture et de Communication
– nous vous invitons à participer à ce 6ème Baromètre.

Responsables associatifs du secteur culturel, membres ou non du réseau de la COFAC, participez au 6ème Baromètre Flash de la COFAC pour faire entendre votre voix !

Engagement des bénévoles responsables, problématiques liées à l’activité, aux adhérents et aux subventions : cette nouvelle édition vise à éclairer la situation des associations culturelles pour répondre plus efficacement à leurs besoins.

Si ce n’est pas déjà fait, participez en moins de deux minutes au nouveau Baromètre en cliquant ici.

Merci de répondre au sondage et/ou de le diffuser aux responsables associatifs culturels de votre réseau avant le 20 juin 2023 !

Vous avez déjà répondu à notre Baromètre ? Nous vous en remercions et vous invitons à continuer de le partager aux responsables associatifs de vos réseaux pour nous aider à recueillir un maximum de réponses.
La COFAC rassemble 28 fédérations œuvrant dans l’ensemble des champs des pratiques artistiques et culturelles. La COFAC permet aux acteurs associatifs de réfléchir et d’agir de manière concertée sur la place des associations, des bénévoles, des amateurs et des usagers dans l’élaboration des politiques culturelles.

Du patrimoine au spectacle vivant, de la musique au théâtre en passant par la radio ou la vidéo, la COFAC représente ainsi plus de 40 000 associations culturelles.

Alice Winocour remporte le Prix Alice Guy 2023 pour Revoir Paris

Le jury a délibéré ce 21 février à la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale afin d’attribuer le Prix Alice Guy 2023. Et le film gagnant est… Revoir Paris d’Alice Winocour
“Très heureuse et fière de recevoir ce prix Alice Guy, une réalisatrice qui reste une inspiration pour son courage et sa ténacité. Elle s’est confrontée au sexisme de son époque avec ironie, y compris à travers son cinéma. Beaucoup de chemin a été parcouru depuis, mais l’histoire récente nous montre que rien n’est jamais acquis. Je partage ce prix avec toutes les réalisatrices nommées et toutes celles qui se sont illustrées cette année où les femmes ont particulièrement brillé, que ce soit en France ou à l’international”, a confié Alice Winocour à l’annonce du résultat. 
 Revoir Paris est sorti le 7 septembre 2022 dans les salles de cinéma. Bravo à Alice Winocour et à toute son équipe ! 

98 films étaient en lice cette année. Le vote de 2739 internautes, qui s’est déroulé sur le site prixaliceguy.com entre le 1er décembre 2022 et le 31 janvier 2023, avait permis de désigner cinq finalistes. Le jury du Prix Alice Guy 2023 était composé de : 
 Pierre Zéni, journaliste ;
Victoria Bedos, scénariste et réalisatrice ;
Danielle Arbid, réalisatrice et Prix Alice Guy – FID 2022 ;
Judith Henry, comédienne ;
Lucien Jean-Baptiste, acteur, réalisateur et producteur ;
Grégoire Hetzel, compositeur.

Et pour mieux connaître Alice Guy il suffit d’aller le site prixaliceguy.com

L’ Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID) fête ses 30 ans…

Le communiqué de l’ACID

Depuis trente ans, les cinéastes de l‘ACID – Association du cinéma indépendant pour sa diffusion– s’emploient à diffuser les films qu’ils soutiennent sur l’ensemble du territoire, considérant que chacun·e doit avoir accès à toute la diversité du cinéma indépendant. Arpenteurs infatigables des salles, amoureux de la rencontre avec les spectateur·ice·s, nous croyons que les films que nous découvrons valent d’être partagés et défendus auprès de toutes et tous et qu’il n’y a pas de public meilleur ici qu’ailleurs. Depuis trente ans, nombre de réalisateur·ice·s, confirmé·e·s depuis, ont ainsi vu leurs premiers films soutenus par l’ACID et amenés dans les salles des plus petites villes, des plus petits villages, avec la même exigence et la même ambition que dans une métropole. Quoi de plus naturel, donc, que de proposer à nos ami·e·s de l’ADRC -Agence nationale pour le développement du cinéma en région- d’établir une programmation qui célèbre trente ans de découvertes, et que celle-ci puisse parcourir le territoire, entre retrouvailles et nouvelles rencontres ?
Pascale Hannoyer & Clément Schneider, co-président.e de l’ACID

Les films de la rétrospective

À​ la vie, à la mort ! de Robert Guédiguian (Diaphana)
Les Apprentis de Pierre Salvadori (Les Films du Losange)
Y’aura t’il de la neige à Noël ? de Sandrine Veysset (Carlotta Films)
Haut les cœurs ! de Solveig Anspach (Diaphana)
Beau travail de Claire Denis (Splendor)
La Traversée de Sébastien Lifshitz (Ad Vitam)
Le Temps des grâces de Dominique Marchais (Capricci)
Entre nos mains de Mariana Otero (Diaphana)
La Bataille de Solférino de Justine Triet (Shellac)
La Jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach (Shellac)

Congrès FNCF 2022 – soutien pour la distribution, renouvellement de la chronologie des médias

Source : site « le film Français »

Date de publication : 21/09/2022 – 18:02 sur le site du Film Français

 En introduction du débat avec les pouvoirs publics, Rima Abdul Malak a également dévoilé la prolongation du fonds d’indemnisation pour la reprise des tournages et a évoqué ses ambitions pour la chronologie des médias.

La distribution, en proie à des difficultés financières, demandait un soutien des pouvoirs publics depuis plusieurs mois pour faire face aux conséquences de la pandémie. Dans cette optique, la ministre de la Culture a annoncé aujourd’hui la création d’une aide exceptionnelle de 4M€ permettant le relèvement des plafonds pour les bonus versés sur les MG.

Concrètement, pour les films avec un budget compris entre 0 et 4 M€, le plafond passera de 125 000 € à 250 000 €. Pour les œuvres comprises entre 4 et 8 M€, le plafond passera de 250 000 € à 500 000 €. Ces chiffres sont communiqués pour la seule année 2023 par le CNC à valeur indicative. Ils seront affinés lors des discussions avec les distributeurs. En parallèle, l’aide sélective sera bonifiée d’un montant d’environ un million d’euros.

Rima Abdul Malak a également annoncé la prolongation jusqu’à mars 2023 du fonds d’indemnisation pour la reprise des tournages. Déjà reconduit, ce fonds devait couvrir les sinistres survenant jusqu’au 30 septembre 2022.

« Nous sommes conscients que le séisme de la crise sanitaire a encore des répliques. Il n’est pas facile d’arriver en tant que ministre à la fin du quoi qu’il en coûte. Nous sommes conscients des fragiiités du secteur et continuerons à vous accompagner », déclare-t-elle.

Un renouvellement de la chronologie des médias vivement souhaitée
La ministre de la Culture est revenue sur la clause de revoyure de la chronologie des médias. « Nous n’allons pas attendre trois ans pour renouveler cet accord. il faut agir très rapidement » Rappelons que le CNC a convié les signataires à une première réunion le 4 octobre. 


Jeunesse, transition énergétique, diversité de l’offre au cœur des enjeux
« Ne pas perdre la magie du cinéma à l’heure de la plateformisation de nos vies. Nous faisons face aujourd’hui à un enjeu civilisationnel », a introduit Rima Abdul Malak. 

Le premier défi sera la reconquête du public. La ministre se montre optimiste au regard du line-up de fin d’année estimant une fréquentation pour 2022 entre 150 et 170 millions d’entrées. Une campagne de communication nationale d’une durée d’un mois sera également initiée avant les vacances de la Toussaint autour de l’expérience dans les salles. Il s’agira d' »une mobilisation générale ».

La ministre souhaite penser à plus long terme en faisant de la jeunesse sa priorité. L’éducation artistique et culturelle, la question de l’offre et le sujet du prix « qui ne doit pas être tabou » doivent être au coeur de ces réflexions. « Post Pass Culture, ce sujet devient majeur. Les jeunes m’alertent tous sur cette problématique », indique-t-elle. « Il y a un vrai enjeu de communication sur ces tarifs, sur la perception de la réalité et la réalité elle-même ». La ministre n’exclut pas davantage de souplesse d’un point de vue réglementaire sur les offres tarifaires (cartes d’abonnement et illimitées).

Rima Abdul Malak a également assuré que le Pass Culture et la part collective ne se substitueront pas aux dispositifs existants. 

Le deuxième grand défi est la transition énergétique dès cet automne. Outre les mesures transversales annoncées par Bercy, la ministre a demandé au CNC de permettre aux exploitants d’utiliser le soutien disponible pour faire face à ces hausses énergétiques.

Rima Abdul Malak souhaite également flécher certains engagements des conventions Etat-CNC-Régions vers des actions d’éducation à l’image et la transitition écologique. Elle a également rappelé le disposition éco-responsable Action ! du CNC et le plan France 2030.

Enfin, la ministre attend des exploitants des engagements de programmation « équilibrés et conformes aux lignes directrices » pour garantir la diversité de l’offre.

Une mission « concurrence cinéma »
La ministre annonce avoir, avec Bruno Lemaire, confié une mission à Bruno Lassere intitulée « concurrence cinéma ». Elle portera notamment sur les questions des engagements de programmation de diffusion et des cartes illimitées.

LES FILMS ET LES SÉRIES SUR LES PLATEFORMES DE STREAMING

Dans notre récente lettre « en bref«  nous vous proposions notre analyse sur la fréquentation des salles entre le premier trimestre 2019 et le même trimestre 2022. Cette période fut difficile pour les exploitants. Certains spectateurs ont changé leurs habitudes.

source AFCAE :
Depuis début 2020 et la pandémie de Covid-19, l’exploitation et la filière cinéma ont vécu une crise exceptionnelle avec deux longues fermetures des salles et une reprise marquée par une baisse significative de la fréquentation depuis bientôt une année. Dans le même temps, l’abonnement aux plateformes et le visionnement de séries et de films sur ces services audiovisuels payants se sont considérablement développés.

Mais, alors que les audiences des médias traditionnels (presse, télé, radio, cinéma) sont analysées et connues en détail, celles des services de streaming ne font l’objet d’aucune étude publique et communication.

Afin de pouvoir mesurer la réalité du développement de ces plateformes de streaming, l’Association Française des Cinémas Art et essai (qui rassemble 1200 cinémas) a commandé une étude à l’Institut de sondages d’opinion IFOP.

Cette enquête a été réalisée entre le 31 mars et le 5 avril 2022, selon un mode de recueil en ligne (sollicitation des membres de l’access panel Bilendi, partenaire de l’IFOP), auprès d’un échantillon de 2 000 personnes âgées de 15 ans et plus (représentativité assurée par la méthode des quotas en termes de sexe, âge, PCS individu, taille d’agglomération et région). L’enquête a porté sur les abonnements aux offres Netflix, Prime Vidéo, Disney+, OCS, My Canal, Salto, Apple+ et SFR Play, en particulier sur une sélection de 38 séries et films grands publics et Art et Essai proposés par ces opérateurs.

Objectifs : connaître les taux d’abonnement aux plateformes pour chaque opérateur, les principales motivations et usages des abonnés, les éventuelles conséquences sur leur fréquentation des salles et enfin avoir des repères sur les niveaux de visionnement des séries et films très grands publics comme des films d’auteur.

Retrouvez ici les résultats de cette étude


et l’analyse qu’en fait l’AFCAE

 Il faut sauver les distributeurs de films indépendants

Actualité du DIRE
Tribune : il faut sauver les distributeurs de films indépendants
Tribune parue dans l’édition du Monde du 29 octobre 2021
(source : site du DIRE/Distributeurs Indépendants Réunis Européens)

Une étude menée par l’ADRC (Agence Nationale pour le Développement du Cinéma en région) montre que les distributeurs indépendants ont perdu 70% de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33%.

Cette catégorie de distributeurs fragilisée par la crise sanitaire est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public en salles, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le CNC.

Pourtant leur travail, reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scenarii des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaines de télévision, régions, soficas et autres financeurs du cinéma. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film en salles : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bande-annonce, affiches, dossier de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films (auteurs, réalisateurs, producteurs) et ceux qui les exploitent (les salles de cinéma).

La digitalisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgés un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plateformes de sortir leurs
« originals » en salle en négociant directement avec les salles, prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Dans le même temps, et malgré les luttes acharnées menées par l’ensemble de la filière du cinéma, les salles ont dû tirer leur rideau le 28 octobre 2020 pour ne rouvrir que le 19 mai 2021. Sept mois et demi de fermeture, 232 jours loin des salles quand quasiment tous les commerces avaient, eux, rouvert fin novembre 2020… Les cinéphiles ont dû se résigner à la compagnie de leur petit écran, bien loin de l’expérience collective. Si bon nombre de spectateurs se sont rués à la réouverture, cette embellie a été de courte durée. Leur élan a de nouveau été freiné par l’instauration du passe sanitaire que les exploitants ont dû mettre en pratique en moins d’une semaine, sans avoir le temps de faire œuvre de pédagogie auprès de leur public, quand les restaurateurs, eux, ont eu trois semaines pour le faire. Force de constater qu’un public cinéphile, assidu, passionné n’est plus au rendez-vous des films d’auteurs et les distributeurs s’en inquiètent au plus haut point : pas moins de 7 millions d’entrées perdues en juillet et août (par rapport aux années pré-covid) et des dizaines de films coupés brutalement de leur public. Chaque mois qui passe, rend leur tâche plus ardue.

La crise sanitaire a bien accéléré la mutation des usages et la filière cinéma dans son ensemble doit pouvoir s’adapter à la présence des plateformes, en organisant une nouvelle Chronologie des médias afin d’encadrer leur place tout en protégeant la diversité des créateurs de leurs œuvres. C’est un écosystème savamment organisé qui a permis la préservation de la richesse de notre cinéma national, le seul à avoir su entretenir le public à la réouverture des salles le 22 juin 2020, quand les studios américains avaient décidé de reporter leurs sorties à des temps meilleurs. Nombre de pays plus dépendants du cinéma américain ont connu dans cette période de crise sanitaire, une chute encore plus grande de leurs entrées en salles, et rompu plus durablement leur lien avec le public.

Notre cinéma n’a d’ailleurs jamais été aussi reconnu dans le monde entier, Palme d’or à Cannes pour Julia Ducournau avec Titane, Lion d’or à Venise pour Audrey Diwan avec L’Evènement, une large sélection de films français dans les plus grands festivals.

Nombreux sont ces films, français et européens, privés de salles pendant sept mois et demi de confinement, à attendre aujourd’hui leur date de sortie. Se pose alors une nouvelle difficulté, celle de trouver un accès suffisant aux écrans, saturés par le retour des films américains à gros budget et par le grand nombre de films qui ne pouvant plus différer leur sortie garantissent ainsi aux salles une offre importante. L’action des pouvoirs publics est attendue pour permettre une meilleure régulation du marché, afin de ne pas céder à la loi du plus fort, et priver par là même le public d’une offre diversifiée. Les salles, pour lutter contre la concurrence des plateformes, doivent renforcer leur singularité, mieux éditorialiser leur offre pour se différencier.

Les films ont besoin pour exister de créateurs, producteurs, distributeurs, exploitants, et de spectateurs unis et engagés afin de transmettre sereinement le plaisir unique du spectacle collectif, familial ou solitaire, un temps à l’écart de la sollicitation des algorithmes pour un cinéma non formaté, qui affirme son indépendance, ses identités, et celles de ses créateurs.

Ceci afin de pouvoir continuer à ouvrir les yeux des générations présentes et à venir. Ce qui est, pensons-nous, une véritable mission d’utilité publique. Telle est la mission des distributeurs indépendants.

Eric Lagesse (distributeur et président de Pyramide Films) et Carole Scotta (productrice, distributrice et présidente de Haut et Court)