Tous les articles par Daniel Richard

Cinq salles de cinéma atypiques…

« Une salle doit être à la mesure du cinéma, du plaisir et du spectacle ». C’est ainsi que Claude Lelouch évoquait la salle de cinéma. Plus qu’un lieu anonyme, un temple.
Le C.N.C propose ce petit tour de quelques salles mythiques de France.
Avec : Le Louxor – Paris ; La Pagode – Paris ; L’Eden Théâtre – LacCiotat ; Le Rex – Paris ; Le Castillet – Perpignan.

Et si vous aussi connaissez une salle atypique n’hésitez pas à nous le faire savoir…

« Jeanne », un film de B. Dumont – par Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret, ancien maire d’Orléans

Voici ce que Jean-Pierre Sueur publie sur son site :

Gloire soit rendue au Cinéma des Carmes qui est le seul à Orléans et dans le Loiret à programmer le très remarquable film de Bruno Dumont intitulé sobrement Jeanne !

On pourrait imaginer, ou rêver, qu’à Orléans, ville johannique s’il en est, chacun se presserait pour proposer ou admirer ce film sur un thème « rebattu », mais qui « supporte les traitements les plus différents sans l’affadir » comme l’écrit Jean-François Julliard dans Le Canard Enchaîné – journal rétif aux bondieuseries ! –, qui ajoute : « Souvent même, il élève ceux qui s’en emparent, de Dreyer à Rivette, en passant par Bresson et même Luc Besson ! La couleur bizarre et décalée que lui donne Bruno Dumont en fait d’autant mieux ressortir la grandeur déconcertante. »
Il ne faut pas rechercher dans ce film ni l’authenticité des décors, ni la reconstitution minutieuse et pittoresque du passé. Nous sommes dans les dunes du Nord. Il y a de longs temps de méditation et d’attente, rythmée par une musique douce, lancinante, étrange.

Et il y a, plus réelle que la réalité même, la force du procès de Jeanne, qui se déroule dans l’admirable cathédrale d’Amiens, somptueusement filmée, avec ses juges caricaturaux plus vrais que vrais, et Jeanne, jouée par une comédienne de onze ans, Lise Leplat Prudhomme qui, toute seule, toute droite, inflexible, offre une image sublime du droit et de la justice – une image qui transcende toutes les bassesses.

Jean-Pierre Sueur

« la place de cinéma coûte-t-elle vraiment plus cher qu’avant ? »

Le site « Box-office pro » publié ce 12 septembre une réponse à la question « la place de cinéma coûte-t-elle vraiment plus cher qu’avant ?« 

SPECTATEUR, MON BEAU SOUCI

Dans sa lettre datée de septembre 2019, l’A.C.I.D (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) propose un article dont le texte est dans l’esprit de ce que nous, Territoires et Cinéma, disons depuis toujours…

Tout chantier de réflexion sur les transformations qui touchent actuellement le monde du cinéma devrait commencer par cela ; par ceux-là : le spectateur et sa place. Non pas simplement la place qu’il paye (un simple fauteuil) mais bien plutôt celle qu’il occupe, comme sujet actif d’une expérience artistique, et pas comme simple consommateur passif de contenus. La différence est aussi fondamentale qu’actuelle : d’occupation de lieux, d’espaces à se réapproprier, il est plus que question aujourd’hui. Ainsi, penser en spectateurs, c’est avoir l’ambition d’aborder le malaise qui affecte le cinéma français depuis un point de vue qui redonne à la réflexion politique, esthétique et économique, une certaine hauteur qui, il faut bien le dire, lui manque par trop ces derniers temps. Cela devrait nous obliger à reconsidérer collectivement la signification de notions aussi essentielles que « indépendance », « création », « diversité », « intérêt général », « art et essai » en regardant, les yeux grand ouverts, ce qui (se) passe dans les salles de cinéma.
Nous croyons profondément que le spectateur n’est pas une simple unité, une valeur d’échange, un chiffre que l’on scrute fébrilement chaque soir ; il n’est pas un score. Il a un corps, un visage, une histoire, des désirs. Il est, par essence, multiple et singulier.
[…]

Clément Schneider pour le CA de l’ACID

Que perçoit t’on de l’image selon le type d’écran ? – La Rochelle Cinéma – 07/2019 – par N. Tilly

Retrouvez ici la captation audio de l’introduction de notre débat organisé dans le cadre de nos rencontres lors du festival La Rochelle Cinéma le 4 juillet 2019.

Cette rencontre nous a permis d’échanger sur la position prise par la profession : une œuvre qui ne sera pas montrée dans une salle de cinéma ne peut être de même nature qu’un film «traditionnel». C’est la position rappelée notamment par diverses organisations professionnelles, comme par le Festival de Cannes, et l’Académie des Oscars, ainsi que par de nombreuses tribunes parues dans la presse. Car ce débat a des incidences économiques mais il a aussi de fortes résonances culturelles.
Jusque-ici lorsqu’on parle de culture cinématographique on ne parle que des films qui ont été montrés dans des cinémas. Qu’en est-il et qu’en sera-t-il des œuvres réalisées pour d’autres types d’écrans ?
Territoires et Cinéma se poser également une autre question. : certes aujourd’hui les films sont présentés sur certaines plates-formes, ou sur certaines chaînes spécialisées, en respectant au moins l’intégralité de l’œuvre. Mais combien de films sont d’ores et déjà diffusés sur les petits écrans avec une ou plusieurs coupures de publicités, utilisant ainsi le film comme un appel à des promotions commerciales. Évidemment cette pratique n’est pas encore généralisée, mais on peut tout craindre dans un monde où les intérêts financiers l’emportent sur les exigences culturelles.
Bien entendu un tel débat ne saurait être réglé à l’aide d’une unique rencontre ! Il doit être ouvert par une réflexion préalable. Car tous ces problèmes sont bien sûr à traiter dans le cadre de l’ère numérique dans laquelle nous vivons aujourd’hui, avec la généralisation d’écrans de toutes formes et de toutes tailles. L’importance de l’image et les conditions dans lesquelles elle est perçue par le spectateur ont aussi une grande importance. C’est pourquoi nous avons fait appel pour ouvrir ce débat à NICOLAS TILLY.

NICOLASnicolas TILLY est graphiste et artiste des nouveaux médias. Il vit et travaille à Paris et enseigne à l’École Supérieure d’Art et Design d’Orléans. En avril 2018, il participe à la conférence Écridil « Écrire, éditer, lire à l’ère numérique » à Montréal pour présenter son projet éditorial sur mobile Bug Magazine et ses recherches dans l’atelier de recherche et création « Édition nouvelles formes » de l’ÉSAD Orléans. En octobre 2018, il remporte le 2e Prix Pulsar et expose en décembre de la même année à la Fondation EDF à Paris. Nicolas travaille également pour des clients au sein d’EVB Studio, une agence de design graphique spécialisée dans le web design et les applications mobiles. Depuis 2012 Nicolas Tilly mène une recherche de réflexion et de création sur les écrans mobiles, par le biais de la conception d’applications et de sites web. Les différentes formes de créations avec lesquelles travaille Nicolas Tilly complètent son profil à la fois sur la sensibilité artistique ainsi que sur la maîtrise des outils contemporains d’innovation numérique.

Politique de soutien à la construction et à la modernisation des salles

15ème législature

Le 12 mars denier Madame Sophie METTE, députée de Gironde interrogeait, par une question écrite, M. le ministre de la culture sur la politique de soutien à la construction et à la modernisation des salles par le Centre national du cinéma et de l’image animée.
Voici le texte de la question ainsi que la réponse publiée le 27/08/2019.
Question N° 17610
de Mme Sophie Mette (Mouvement Démocrate et apparentés – Gironde )
Question écrite
Ministère interrogé > Culture
Ministère attributaire > Culture

Rubrique > arts et spectacles

Question publiée au JO le : 12/03/2019 page : 2269
Réponse publiée au JO le : 27/08/2019 page : 7681
Date de signalement: 09/07/2019

Texte de la question

Mme Sophie Mette interroge M. le ministre de la culture sur la politique de soutien à la construction et à la modernisation des salles par le Centre national du cinéma et de l’image animée. L’aide sélective « à la petite et à la moyenne exploitation » permet de soutenir cette politique essentielle pour l’implantation des cinémas sur tout le territoire et contribue à faire de la France l’un des plus grands pays du cinéma avec des salles présentes dans les centres-villes comme dans les zones rurales. Cette aide sélective est financée par une partie du produit de la taxe spéciale additionnelle (TSA) prélevée sur les billets vendus par les salles. Pour la première fois en 2018, le Centre national du cinéma et de l’image animée n’a pas souhaité que le budget initial de cette aide de 7 millions d’euros soit adapté au nombre de dossiers présentés comme c’était le cas les années précédentes puisque, par exemple, celui de 2017 avait dépassé 10 millions d’euros et la moyenne de cette aide sur les cinq dernières années était proche de 9 millions d’euros. Le refus du CNC, à l’inverse des années passées, d’adapter le budget de cette aide aux sollicitations et aux besoins des salles et des territoires revient à réduire de près de 20 % le volume de l’aide accordée ou à supprimer une dizaine de projets dans les centres-villes comme dans les zones rurales, alors que le montant de la TSA versée par les salles de cinéma au CNC est stable en 2018. Des dossiers de construction ou d’extension de cinémas prévus pour être examinés en 2018 ont en outre été repoussés en 2019, fragilisant leur montage financier et réduisant d’autant les crédits disponibles pour l’année 2019. Le soutien à la construction et à l’extension des salles de cinéma est pourtant la pierre angulaire d’une politique de soutien à la diversité du cinéma comme à sa présence sur tout le territoire auprès de tous les Français. Elle l’interroge donc sur l’opportunité de réévaluer ce dispositif au niveau antérieur pour assurer la continuité d’une politique essentielle à la vie culturelle et économique locale qui a permis à la France d’être le premier pays européen en terme de fréquentation cinématographique.

Texte de la réponse

La politique de soutien à la création et modernisation des salles du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) est mise en œuvre à travers deux dispositifs de soutien financier. D’une part, le soutien automatique à l’exploitation, qui constitue un encouragement fort à l’investissement dans les salles de cinéma. Chaque établissement cinématographique bénéficie d’un compte de soutien automatique géré par le CNC. Les droits au soutien sont calculés sur la base d’un pourcentage de la taxe spéciale perçue sur le prix du billet d’entrée (TSA) que génère chaque établissement. Ce système automatique, redistributif et dégressif, privilégie les exploitations de petite et moyenne taille. Le nouveau barème de calcul adopté en 2013 a porté à 50 % en moyenne le « taux de retour » pour l’ensemble des établissements cinématographiques, c’est-à-dire la part de la TSA versée par un établissement cinématographique inscrite à son compte de soutien. Les droits inscrits au compte de soutien automatique sont utilisables par les exploitants réalisant des dépenses d’investissement dans leurs salles (travaux de rénovation, équipements, création de nouvelles salles). Des avances sur les droits futurs peuvent par ailleurs être consenties en cas d’insuffisance des droits acquis pour financer les travaux prévus. En 2018, 64 M€ ont été mobilisés au titre de ce soutien, dont 21,8 M€ au titre de droits acquis et 42,2 M€ sous forme d’avances sur droits futurs. Le soutien automatique a bénéficié à 765 établissements. D’autre part, l’aide sélective à la petite et moyenne exploitation (anciennement « aide sélective à la création et à la modernisation de salles en zone insuffisamment équipée »), qui est un outil décisif pour l’aménagement culturel du territoire. Ce dispositif de soutien sélectif a vocation à compléter, pour certains projets, le soutien apporté par le compte de soutien automatique à l’exploitation. Il a pour objectif de favoriser la modernisation du parc de salles dans une optique d’aménagement du territoire, en veillant à préserver la diversité de la diffusion. L’aide est attribuée en fonction de l’intérêt cinématographique du projet présenté, de la qualité des aménagements proposés, de la diversité de l’offre, de l’utilité sociale du projet ou encore des conditions de son équilibre financier. Elle est réservée aux exploitants d’établissements de spectacles cinématographiques ayant réalisé, en moyenne, au cours des deux années précédant la demande d’aide, moins de 1 % des entrées sur le territoire national. En 2018, 49 projets ont sollicité l’aide sélective à la petite et moyenne exploitation. Parmi ces projets, 42 ont obtenu une subvention pour un montant total de 8,06 M€, et sont répartis comme suit : 37 projets concernent les cinémas de la métropole pour un montant total de subvention de 7,05 M€, et 5 projets sont situés dans les DOM pour un montant total d’aide de 1 M€. Cette aide a représenté en moyenne 8,3 % du coût des projets soutenus en métropole et 26,3 % dans les DOM. Ce mécanisme demeure un outil décisif d’aménagement culturel du territoire. Il est à noter qu’en 2018, 26 projets aidés (pour une aide totale de 4,3 M€, soit 53 % du montant total de l’aide attribuée) ont concerné des unités urbaines de moins de 30 000 habitants. 11 projets soutenus (pour une aide totale de 1,43 M€) appartenaient à des unités urbaines de moins de 5 000 habitants. Le budget alloué à l’aide s’élève, en 2019, à 7,05 M€. Ce niveau est identique à celui attribué en 2018, et proche de celui qui avait été attribué en 2014 et 2015. Certes, en 2016 et 2017, des compléments budgétaires exceptionnels avaient pu être alloués au dispositif et porter son montant à 8,5 M€ et 9,8 M€ (hors DOM), mais ils étaient tirés de ressources exceptionnelles, non pérennes. S’agissant du « report » de l’examen de certaines demandes d’aide à la fin de l’année 2018, il est à préciser que ces demandes d’aide ont nécessité des compléments d’information avant leur examen en Commission. Cette situation n’a rien d’exceptionnel, seules les demandes complètes et instruites devant être examinées par la Commission. Le contexte budgétaire du CNC n’a pas permis en 2018 de procéder à des dotations supplémentaires en fin d’année. Pour autant, le ministre de la culture a souhaité préserver autant que possible le soutien apporté à la filière cinéma et même développer les aides qui répondent à des enjeux stratégiques majeurs pour l’avenir de la filière (aide aux salles classées art et essai notamment).

Nominations au C.N.C et à la F.E.M.I.S

JORF n°0171 du 25 juillet 2019
Décret du 24 juillet 2019 portant nomination du président du Centre national du cinéma et de l’image animée – M. BOUTONNAT (Dominique)
Décret du 24 juillet 2019 portant nomination du président du conseil d’administration de l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son – M. HAZANAVICIUS (Michel)

Cannes 1939 : le festival aura lieu à Orleans

Annulée du fait de la guerre en 1939, la première édition du festival international du film est enfin présentée dans la ville de son inventeur : Jean Zay

Plus d’informations sur le site du festival