Des aides de 1 500 à 30 000 € Lors de la commission permanente du 18 décembre 2020, la Région a adopté un dispositif de soutien exceptionnel pour l’ensemble des exploitants de cinéma de Bourgogne-Franche-Comté : privés, publics ou associatifs, indépendants ou appartenant à un réseau. Le montant des aides, complémentaires des dispositions du CNC, est compris entre 1 500 € et 30 000 €, selon la taille de l’établissement et la nature de ses difficultés économiques.
Intervenir pour que les salles obscures entrevoient la lumière au bout du tunnel… La Région Bourgogne-Franche-Comté vient d’adopter un dispositif de soutien exceptionnel aux 85 cinémas fixes et 5 circuits itinérants qui maillent son territoire. Avec un double objectif : sauvegarder ces établissements culturels et encourager les animations qui favoriseront le retour du public à la réouverture des salles. On fait le point avec le président de l’association Cinémas indépendants de Bourgogne-Franche-Comté, Régis Faure, exploitant à Digoin et Gueugnon (71).
Régis Faure, les cinémas qui espéraient rouvrir le 15 décembre restent fermés pour raisons sanitaires, au moins, jusqu’en janvier 2021. Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ? « Avec nos équipes, nous avions effectivement préparé depuis plusieurs semaines la réouverture. Lorsqu’on a appris la mauvaise nouvelle, nous étions en colère, avec un fort sentiment d’injustice. Maintenant, la colère est un peu passée ; on reprend le combat. En 2020, nous avons été fermés 5 mois sur 12 pour des raisons administratives. En plus, les vacances de Noël, c’est traditionnellement la période où la fréquentation des salles est la plus haute. Alors on essaie de se projeter dans l’avenir afin de sauvegarder nos entreprises et de se préparer à reconquérir les spectateurs. »
Début décembre, vous avez rencontré la présidente Marie-Guite Dufay. Qu’attendiez-vous de la Région Bourgogne-Franche-Comté ? « Nous lui avons exposé nos difficultés et fait des propositions pour que la Région puisse nous accompagner. Nous étions notamment favorables à un bonus régional qui viendrait majorer la « prime Art & Essai » versée annuellement par le Centre national du cinéma (CNC) en fonction de la qualité de la programmation et du travail mené auprès des publics. C’est une bonification incitative pour l’organisation d’animations afin que les cinémas vivent et soient plus que des lieux de diffusion. Avec les deux autres volets mis en place par la Région (voir ci-dessous), on s’y retrouve complètement. C’est une réponse à l’urgence et un encouragement à inscrire nos salles dans l’avenir. »
Craignez-vous que ces longues périodes de fermeture ne détournent durablement les spectateurs des salles de cinéma ? « L’essor des plateformes de streaming nous inquiète. Les formules d’abonnement rendent le public captif et encouragent une pratique solitaire du cinéma. Mais nous sommes persuadés que les gens vont avoir envie de revenir dans nos salles, de partager des émotions, comme ils l’ont fait en octobre. »
Ce dispositif d’urgence compte trois volets d’intervention :
la compensation des pertes d’exploitation sur la période septembre-décembre 2020, à hauteur de 25 % de l’acompte du fonds de compensation du CNC. Pour les 15 cinémas en régie municipale, qui ne bénéficient pas de ce fonds national, une aide forfaitaire de 2 000 € est prévue. la bonification de 50 % du montant de l’aide « Art & Essai » du CNC (les deux-tiers des cinémas de Bourgogne-Franche-Comté sont concernés). le soutien à la trésorerie des cinémas qui doivent faire face à d’importantes charges de loyers ou de remboursement de prêt : aide forfaitaire de 2 000 €. Au total, la Région réserve une enveloppe budgétaire de 750 000 € pour les cinémas de Bourgogne-Franche-Comté qui devront faire leur demande de soutien entre début janvier et le 31 mars 2021.
Comment les directeurs de salles de cinéma réagissent aux modalités de leur réouverture ? Trois exploitants indépendants répondent entre soulagement et contraintes.
Distributeurs et exploitants se réjouissent unanimement de la réouverture des salles de cinéma le 15 décembre. Une période clé, comme pour les commerces, en cette période de fêtes. Trois directeurs et directrices de salles indépendantes nous commentent les mesures mises en place, et donnent le sentiment de la profession en cette période de crise, en plein rush pour savoir quels films ils vont proposer au public.
Les contraintes de l’horodating et de la jauge
Pour Nathalie Levasseur, exploitante de la salle Pandora à Achères (Yvelines), « c’est le ticket de caisse faisant foi de dérogation au couvre-feu à partir de 21h qui est important« . Cette mesure, promue par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, a été revue à la baisse le lendemain, avec l’annonce d’une fin des séances à 21h, corolaire au couvre-feu,. La mesure entraîne le début de la dernière projection autour de 18h-19h30 et non 20h-20h30, la plus rentable de la journée, comme suggéré dans la déclaration d’Emmanuel Macron, la veille.
Le son de cloche est un peu similaire chez Samuel Merle, programmateur des 7 Parnassiens, des 5 Caumartin et du Lincoln, à Paris. A la différence près, que répondant à nos questions après les mises au point du Premier ministre et de la ministre de la Culture, « il a été clairement précisé par Jean Castex que la dernière séance devait s’arrêter à 21h », déclare Samuel Merle. « On a été un peu déçus à cette annonce. Mais sur un film de 1h30, ça nous permet de faire une projection à 19h30. C’est mieux que rien« , estime-t-il.
Time flies | Le temps passe vite, création de Patrick Lefevre, 19/10/2017 (PATRICK LEFEVRE / BELGA MAG)
Pour Guillaume Louradour, qui exploite les deux salles Le Figuier Blanc (aussi salle de spectacle) et le Jean Gabin d’Argenteuil (Val-d’Oise), « finalement, ça ne va changer grand-chose par rapport au premier couvre-feu, sinon gagner une petite demi-heure, puisqu’on faisait terminer les dernières séances autour de 20h15-30. Mais ce n’est pas ce qu’on espérait. D’autant que les autres commerces pourront ouvrir aussi jusqu’à 21h. L’horodating reste une vraie déception, car si on a une bonne fréquentation l’après-midi, il touche les jeunes actifs, plus libres le soir, qui constituent le gros des entrées. »
« La jauge de 50% de capacité des salles est aussi importante, ajoute Samuel Merle. Quand vous avez 150-200 places, c’est supportable, mais pour des petites salles art et essai à 60-80 places, là, avec 22 personnes dans la salle, ce n’est plus rentable. Et ce qui arrive souvent, c’est qu’on doit refuser l’entrée aux retardataires, parce qu’on est déjà complet. Il faudrait que cette jauge soit supprimée, ça fait beaucoup de tort, alors que les distances physiques et le port du masque sont respectés, les spectateurs se corrigeant même entre eux« .
Compenser « une reprise coupée de ses ailes en octobre »
Selon Guillaume Louradour « la profession avait souhaité qu’il n’y est pas de nouveaux films pendant la première semaine d’exploitation, pour que cela profite aux films suspendus par le reconfinement, mais ce n’est pas ce qui a été choisi. Il y a donc une offre pléthorique de nouveaux films en décembre, plus tous les films arrêtés en cours d’exploitation en octobre. D’autant que ce sont des grands films populaires comme ADNde Maïwenn, Adieu les cons d’Albert Dupontel, Miss de Ruben Alves. Parmi les exclusivités, le blockbuster Wonder Woman 1984 est un gros morceau, ou le très beau film d’animation Le Peuple loup. On programmera aussi Mandibules, le nouveau Quentin Dupieux, toujours dans son univers très particulier, mais aussi un très beau documentaire, 143 rue du désert, tous deux étant plus confidentiels. »
Si les responsables de salles franciliennes d’art et essai ne sont « pas concernés par l’absence des blockbusters américains« , elles constatent la fidélité de leur public. Les spectateurs « revenaient en masse et de plus en plus chaque semaine, à partir du déconfinement, notamment en septembre. Et puis, ça a été le couvre-feu, et enfin la fermeture brutale avec le deuxième confinement, comme si on avait coupé les ailes de cette reprise prometteuse« , confie Nathalie Levasseur.
Pour la programmation de ses trois salles du Pandora d’Achères, elle prévoit aussi de réexposer ADN de Maïwenn qui n’a connu que deux jours d’exploitation et « qui était bien parti« . Idem pour Adieu les cons de Albert Dupontel qui avait rassemblé un million de spectateurs sur sa semaine d’exposition, « succès incroyable en cette période« . Son troisième choix se pose sur le formidable Une vie secrète, à propos du franquisme, des espagnols Jon Garaño, Aitor Arregi, José Mari Goenaga, sorti deux jours avant le deuxième confinement.
« A l’heure de la réouverture, le problème va être l’embouteillage des sorties. Il y a beaucoup de films attendus et notamment français, et ça va être une période très rock n’roll. Mais au final, cette crise nous a rapprochés entre exploitants, gros et petits, car on était tous devant la même problématique », estime Samuel Merle. « Pour les films nouveaux, je vais projeter Slalom aux 7 Parnassiens, mais garder la programmation des 5 Caumartin en l’état avec notamment Last Words de Jonathan Nossiter, du même distributeur et sur lequel je m’étais engagé. »
Nathalie Levasseur insiste par ailleurs sur la reprise des séances scolaires auxquelles elle tient. Raison pour laquelle elle reprendra le splendide film d’animation Josepd’Aurel,sur les camps de concentration de réfugiés de la Guerre d’Espagne en France à partir de 1936, Dans le même registre de l’animation, elle attend Le Peuple loup de Tomm Moore et Ross Stewart, qu’elle a trouvé « merveilleux« , ce que confirme Samuel Merle qui l’exposera également le 16 décembre.
« Mais surtout le 23, il y a deux grosses sorties françaises avec Bac Nord, un polar musclé avec Gilles Lellouche, et Le Discours, la comédie de Laurent Tirard. Il y a aussi Wendy qui est une variation sur Peter Pan, de Benh Zitling qui avait réalisé Les Bêtes du sud sauvage. Il y a une telle richesse que ça rappelle une semaine classique », estime Guillaume Louradour.
« Il a fallu fermer nos salles, alors que nous avions de très bons films et que le public revenait, je suis donc assez confiant en cette reprise », conclut Samuel Merle.
Les salles de cinéma menacées ?
« Depuis le premier confinement, on s’est sentis menacés, parce que nous avions entrepris de lourds travaux de rénovation aux 7 Parnassiens, mais on a eu un soutien exceptionnel de la Mairie de Paris qui nous a vraiment soutenus sur ce projet. L’aide du CNC (Centre national de la cinématographie) concernant le chômage partiel est également important. Mais ce qui est le plus inquiétant, c’est plus la petite musique jouée par les jeunes qui remettent directement le cinéma en cause, je l’entends souvent de leur part. Du fait que des films importants se retrouvent sur les plateformes américaines, alors pourquoi aller en salle ? A mes yeux, la principale inquiétude vient de là« , estime Samuel Merle.
« Par ailleurs, vu l’absence de blockbusters américains, les grands distributeurs, UGC, Gaumont, CGR, se sont reportés sur les films d’auteurs, plus intimistes, en nous prenant un peu notre public. Au lieu d’être dix sur un film, on se retrouvaient 20 à le projeter, ce qui n’a pas été sans préjudices pour les indépendants. »
Les conseils sanitaires projetés sur un écran de cinéma à Paris en 2020. (THOMAS COEX / AFP)
« Comme salle municipale (NDLR : subventionnée), on s’est sentis un peu protégés, il n’y a pas de risque immédiat, déclare de son côté Guillaume Louradour. Mais les collectivités territoriales ont tout de même des difficultés pour boucler leur budget 2020 et 2021, donc pour nous aider. La question demeure : jusqu’à quand va durer cette situation ?«
« Mais ce qui nous a choqués c’est l’annonce de Roselyne Bachelot sur des aides de l’Etat pour compenser le manque à gagner des exploitants pendant le confinement, lors du congrès des exploitants à Deauville, et d’apprendre ensuite que les salles en régime direct, c’est à dire municipales, en seraient exclues. C’est la première fois qu’une telle différence s’applique avec le parc des salles privés, associatives ou parapubliques. On est une centaine de salles en Ile-de-France en régie directe et mis au ban de ces subventions, alors que les collectivités territoriales connaissent des situations financières très délicates. Notre risque, c’est que nos collectivités prennent des décisions douloureuses, et négligent les cinémas. On essaye de se battre sur ce terrain. L’ACRIF (Association des cinémas de recherches d’Ile-de-France) a envoyé dans ce sens un courrier aux autorités publiques », conclut Guillaume Louradour.
» le site boxoffice.fr réagit à l’alerte de la Commission Culture du Sénat concernant le cinéma » Après son avis favorable aux crédits consacrés au cinéma dans le cadre du projet de loi de finances pour 2021, la commission Culture du Sénat émet de multiples inquiétudes sur l’avenir du secteur, en phase avec les préoccupations des professionnels.
Bien que reconnaissant et saluant l’engagement de l’État aux côtés de la filière, « avec plus de 265 millions d’euros de crédits affectés à la compensation et à la relance », Jérémy Bacchi, le rapporteur de la commission (et sénateur des Bouches-du-Rhône), s’inquiète de leur insuffisance au regard du « deuxième confinement qui terrasse une reprise elle-même poussive ». Il rappelle en outre que ce second confinement « qui doit prendre fin le 15 décembre, n’est pas intégré dans les projections financières du CNC. En conséquence, il est d’ores et déjà certain que les prévisions de ressources pour 2020, voire 2021, sont caduques. De même, il est probable que les mesures de soutien proposées pour 2021 seront insuffisantes pour préserver le cinéma français. »
Pour la commission Culture du Sénat, les crédits ouverts pour le cinéma pourraient suffire à « passer le cap » de 2020 « s’ils sont utilisés, non pour la relance, mais dans un objectif de compensation. La question se posera cependant rapidement en 2021. »
Territoires et Cinéma s'associe pleinement à cette publication du Festival de Cinéma de La Rochelle et la partage avec plaisir.
Nous pensons à tout le travail effectué par ces équipes et souhaitons vivement que des événements pourront être reportés début 2021.
Le catalogue-bilan de cette 48e édition est disponible sur notre site, incluant les 135 films programmés (en ligne, en salles et en plein air), récapitulant le calendrier de cette édition hors normes. Un montage tout juste finalisé vous permettra de découvrir les activités du Festival à l’année, sur le territoire rochelais et bien au-delà (films d’ateliers produits par le Festival, stages…).
Après le succès du Fema d’automne à La Rochelle début octobre, nous nous réjouissions de poursuivre l’accompagnement hors-les-murs de nos diverses cartes blanches : des « portraits de femmes » inédits ou en avant-première (dont le bouleversant Petite fille de Sébastien Lifshitz, programmé demain soir sur Arte et en replay) aux Escales documentaires, à l’occasion de leur 20e anniversaire, un hommage à Michel Piccoli lors du 40eFestival International du Film d’Amiens, les avant-premières d’À l’abordage à Niort, de The Wicker Man à Saintes, la rétrospective de la Hammer à la Cinémathèque de Toulouse.
Comme tous les cinéphiles et professionnel.le.s, nous attendons avec impatience la très prochaine réouverture des salles de cinéma et espérons que la solidarité sera aussi au rendez-vous avec une grande diversité des films à l’affiche.
En soutien aux éditeurs vidéo, vous pouvez vous procurer, pour les cadeaux de fin d’année, quelques films programmés au Fema La Rochelle qui font l’objet de beaux coffrets DVD/Blu-ray : Thérèse d’Alain Cavalier – incluant une version audio-décrite commandée par le Festival (bientôt réédité en salles), Le Trou de Jacques Becker, La Poursuite impitoyable d’Arthur Penn, Muriel d’Alain Resnais, La Rumeur de William Wyler et 3 films de Guy Gilles, redécouvert à La Rochelle en 2003.
Sans oublier deux remarquables ouvrages : Les Chroniques du cinéma confiné, les récits d’une centaine de cinéastes et professionnel.le.s et Stop Motion, un livre indispensable sur cette technique d’animation qui sera mise à l’honneur au Festival 2021.
Les grandes lignes du 49eFestival La Rochelle Cinéma – qui aura lieu du 25.06 au 04.07.2021 – seront bientôt dévoilées ainsi que la nouvelle version de site internet !
Bonnes fêtes à toutes et à tous et rendez-vous au cinéma dès le mardi 15.12 (les premiers jours seront déterminants pour la survie de certains films…).
L’association Passeurs d’images, présidée par Laurent Cantet, a vocation à fédérer et à animer l’ensemble du réseau national de l’éducation aux images. C’est à ce titre qu’elle mobilise le réseau des acteurs de l’éducation aux images et la communauté éducative pour interpeller les ministres de la Culture et de l’Éducation nationale et protester contre l’arrêt des séances scolaires en salle de cinéma dont les dispositifs École et cinéma, Collège au cinéma, Lycéens et apprentis au cinéma sont victimes.
Territoires et Cinéma s’associe à cette démarche. Vous pouvez, vous aussi vous, la soutenir ici !
Le texte de cette tribune :
Madame la Ministre de la Culture et Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, Le cinéma est un art qui se découvre en salle. Chaque année, dans le cadre des dispositifs scolaires Ecole et cinéma, Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma, plus de deux millions de jeunes sortent de l’école, du collège ou du lycée pour aller découvrir des œuvres cinématographiques qu’ils n’iraient jamais voir par eux-mêmes, dans ce lieu unique qu’est la salle de cinéma. Emmener les élèves voir des films en salle de cinéma peut sembler commun, or il s’agit d’un acte politique fort, un acte de citoyenneté, un acte de résistance. Plus encore suite aux événements tragiques qui se sont déroulés il y a peu et qui ont ébranlé la communauté éducative. Dans un monde où les fractures semblent s’accentuer chaque jour, l’école est encore le lieu du « pour tous ».
A l’occasion de la 1000ème émission de Court-Circuit, 57 courts-métrages sont à voir ou à revoir sur arte.tv : du Jane Campion, Arnaud Desplechin, mais aussi le film qui a fait découvrir Poggi & Vinel et deux pépites de l’animation française contemporaine.
Décidément, Arte fait tout pour nous plaire et nous redonner le moral en ces temps moroses. Parmi les 57 courts ou moyens métrages mis en ligne pour le Court-Circuit n°1000, on trouve vraiment du très bon. On conseille notamment Peel, exercice de discipline (1986), le film de fin d’études de Jane Campion qui lui a permis de remporter une première Palme d’or (du court-métrage) avant La Leçon de piano en 1993. Dès ses toutes premières œuvres, on reconnaît le style singulier de la cinéaste, son ambiance toujours un peu malaisante au sein du cocon familial, son ton féministe, très généreux en émotions, en figures de style, cadres étranges et jeux de couleurs.
Mais on peut aussi voir ou revoir l’excellent moyen métrage d’Arnaud Desplechin, La Vie des morts (1991), qui marque la première collaboration du cinéaste avec son actrice fétiche, Emmanuelle Devos. Ou bien Tant qu’il nous reste des fusils à pompe (2014) du jeune duo de cinéastes à la mode Caroline Poggi et Jonathan Vinel (Jessica Forever). Et encore Ce vieux rêve qui bouge (2001) d’Alain Guiraudie, qui annonçait ses grands films à venir, L’Inconnu du lac (2013) et Rester vertical(2016).
Deux films d’animation (pour les adultes) en or
Côté animation, nous ne saurons que trop conseiller ces deux pépites made in France : Pépé le morse (2017) de Lucrèce Andreae et Le repas dominical (2015) de Céline Devaux, avec entre autres la voix de Vincent Macaigne. Ils ont tous deux remporté le César du meilleur court d’animation à l’époque de leur sortie