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Paris 14e, territoire de cinéma – 6ème édition !

Nous sommes toujours très heureux de relayer sur le site ou dans notre newsletter ce type d’initiatives regroupant des acteurs de territoire. N’hésitez pas à nous faire parvenir des informations sur vos initiatives !

Certains membres de l’équipe participent à l’organisation du festival piloté par l’association « Paris 14e, territoire de cinéma ». La thématique de cette 6ème année : les arts de la scène.

L’association regroupe les ciné-clubs et ciné-quartier du 14ème , et s’efforce, avec le soutien de la Mairie d’arrondissement et de la mission cinéma de la Ville de Paris notamment, de mener tous les ans une série de projections tant dans les lieux habituels des ciné-clubs et ciné-quartiers, que chez les acteurs locaux : associations, centres sociaux, bibliothèques, etc…

LA LIBERTE D’EN RIRE par Michel Baron

Michel Baron, qui suit nos travaux avec beaucoup d’attention et de pertinence, nous fait parvenir son analyse du film, vu à La Rochelle durant le FeMa : Le grand blond avec une chaussure noire

« La peur signifie et refuse le même fait : un monde où le meurtre est légitimé et où la vie humaine est considérée comme futile »
Albert Camus, ( Le siècle de la peur 1946)

Le Festival de Cinéma de La Rochelle est incontestablement une fête , un
lieu de réflexion et de plaisirs partagés. Avec, en embuscade, la surprise d’une découverte que l’on attendait pas, qui vient là, à la sauvette, autour d’un plat de sardines grillées, d’une salle obscure ou du soleil couchant sur les Tours du port.
Mon « chemin de Damas », cette année, s’est déroulé d’une étrange façon
et avait pour base ma réticence à voir ou revoir les films de Pierre Richard que je jugeais avec, je dois avouer, une certaine sévérité. Mais, après avoir fait la connaissance de l’acteur, présent au Festival qui l’honorait et finalement ayant trouvé sympathique ce bonhomme de 89 ans, tellement dynamique et bourré de projets que je me risquais à revoir le célèbre « Grand blond avec une chaussure noire » et, à ma grande surprise, je fus gagné par une énorme jubilation partagée par la salle et je me demandais l’origine de ce soudain engouement.
Bien sûr, il y avait le talent et le professionnalisme de Pierre Richard, Mireille Darc, Bernard Blier, Jean Rochefort, Jean Carmet et les autres, mais cela n’expliquait pas la tornade de rires provoqués par le film d’Yves Robert réalisé en 1972 et qui avait obtenu l’Ours d’Argent à Berlin en 1973.


Et soudain, je pris conscience combien ce film, jouant sur le comique de
situation où un homme distrait et banal va se trouver en toute innocence
victime des imbroglios des services secrets français.
Ce François Perrin, en fait, c’est nous ! Yves Robert, mine de rien, nous parle du rôle que les services de renseignement ont joué sur l’imaginaire français. Cette « guerre des services » et l’omniprésence du renseignement en France, a pris une forte extension durant la seconde guerre mondiale où les services secrets gaullistes de Londres disputait l’exclusivité du renseignement à d’autres résistants qui eux, travaillaient pour les services britanniques, allant jusqu’à les accuser de traîtrise !
A la libération, où débute à la fois la décolonisation et les problèmes intérieurs, le rôle du renseignement va devenir exponentiel et, chose dangereuse, s’autonomiser de plus en plus dans ses actions, sans qu’il y ait un contrôle sérieux de l’État sur le bien fondé de certaines opérations et la non-justification d’une surveillance accrue des citoyens. Le comble de cette tendance sera bien entendu durant la guerre d’Algérie où les « barbouzes » s’en donnent à cœur joie !
Les habitudes étant prises, après les accords d’Evian, les services de
renseignements désireront poursuivre leur omniprésence sur la vie
française, avec à la clef, des scandales retentissants ( Affaire Ben Barka,
création du SAC, écoutes non-justifiées, etc…). Les services de
renseignements participeront fortement au corsetage de la société
française sans s’apercevoir que l’évolution des moeurs se produit et que
cette surveillance permanente devient insupportable.
Mai 68 sera la fin de Jacques Foccard comme idéal !

  1. Avec un culot à toute épreuve, Yves Robert, tourne en dérision ces
    fonctionnaires ridicules, arrogants et parfaitement inefficaces. Ce qui sera repris, avec bonheur, dans la caricature de OSS117 par Jean Dujardin quelques années plus tard !
    Revoir ce film, c’est finalement en arriver au conte indien sur la vérité :
    dans le noir, on croit voir un serpent qui n’est en fait qu’un bout de ficelle.
    Et on en rit, on en rit, enfin libérés d’un drôle de climat d’anxiété.

Michel BARON

« EN BREF » Mai – Juin 2023

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Petit regard sur notre Edito et notre sommaire 😉

Retrouvez nous durant le Festival de La Rochelle 2023
Cette année une partie de l’équipe de Territoires et Cinéma sera présente durant le FEMA – Festival International du Film de La Rochelle. Si vous êtes présent à cette occasion, nous serions très heureux de vous y rencontrer. Pour l’heure, le plus simple est de nous adresser un mél à notre nouvelle adresse : territoires.et.cinema@gmail.com pour nous en informer, et nous reviendrons vers vous afin de vous confirmer un lieu, qui à l’heure actuelle n’est pas encore défini.
Une belle édition du FEMA s’annonce cette année encore : Rétrospectives Bette Davis, Sacha Guitry, hommages à Lars Van Trier, Adilkhan Yerzhanov, Pierre Richard, Kaouther Ben Hania et aux cinéastes tunisiennes et Asta Nielsen pour le cinéma muet, et beaucoup d’autres films encore !
EDITO
Nous avons publié dans notre numéro précédent la présentation du rapport de Bruno Lasserre « CINEMA ET REGULATION – Le cinéma à la recherche de nouveaux équilibres : relancer des outils, repenser la régulation ».  La réflexion sur le cinéma se poursuit, vous trouverez ci-contre la proposition de loi visant à protéger les activités cinématographiques en outre-mer, et en page 2 les recommandations de deux rapports d’information du Sénat : – l’un présenté en Commission des finances par Roger Karoutchi Sénateur des Hauts-de-Seine sur « le financement public du septième art », et l’autre de la Commission de la Culture, de l’éducation et de la communication, sur « la situation de la filière cinématographique en France », présenté par Céline Boulay-Espéronnier, Sonia de La Provôté et Jérémy Bacchi. Abondance de bien ne nuit pas nécessairement. Cependant, à la lecture des rapports que nous présentons dans ce numéro, on peut toutefois s’interroger sur une certaine contradiction, car tous s’accordent à reconnaître l’exemplarité du CNC et reconnaissent le rôle essentiel qu’il joue pour la sauvegarde du cinéma en France, ce que tous les chiffres cités confirment. Mais, malgré cela, on aboutit à une série importante de propositions sans que l’on puisse mesurer exactement les conséquences qu’elles peuvent avoir sur l’organisation du cinéma telle que nous les connaissons aujourd’hui…./…
Comme on peut le voir dans les textes, la plupart des propositions apporteraient des changements très importants dans les dispositifs actuels. Pour ne citer qu’un exemple, la recommandation n°2 du rapport présenté par Roger Karoutchi de «Transférer le recouvrement de la taxe sur les entrées en salle de cinéma (TSA) et de la taxe sur les services de télévision due par les éditeurs (TST-E) et par les distributeurs de services de télévision (TST-D) à la direction générale des finances publiques aux fins de diminution des couts de gestion du Centre national du cinéma et de l’image animée et d’harmonisation avec les autres impositions existantes ».
Pourquoi vouloir confier à Bercy la perception des taxes si ce n’est pour que Bercy puisse décider du montant de leur restitution… Attendons de voir les réformes qui sortiront de cet ensemble d’étude.
Lire la suite de notre édito sur notre site
Ce numéro d’En Bref est particulier car il présente pour l’essentiel des interventions d’élus concernant le cinéma, dont celle que nous vous présentons et qui concerne l’Outre-Mer, proposition de loi émanant de la Commission du Sénat de la culture, de l’éducation et de la communication.
Retrouvez ici l’introduction du document « L’essentiel » présentant synthétiquement la proposition de loi « visant à assurer la pérennité des établissements cinématographiques et l’accès au cinéma dans les outre-mer ».
NOUVEAU : cette proposition de loi a été adopté par le Sénat le 15 juin 2023 et transmise à l’Assemblée Nationale le même jour.
Pour suivre le dossier clic ici

« Itinéraire d’un enfant gâté : le financement public du cinéma »
Rapport d’information du Sénateur R. Karoutchi.
Les sept recommandations de ce rapport sur « le financement public du septième art » sont à retrouver sur le site du sénat. Et vous y trouverez aussi la totalité du rapport.
Bilan du C.N.C
Le CNC vient de publier son bilan 2022. Il contient de nombreuses informations essentielles pour la compréhension du cinéma aujourd’hui. Il est complété par un autre document présenté lors de la rencontre Arcom/CNC à Cannes « Etat des lieux de la consommation illégale de contenus audiovisuels en France », qui constate une baisse marquée du piratage qui en 2018 concernait 29% des internautes, c’est-à-dire 15400000 personnes et n’en n’a plus concerné en 2022 que 13%, c’est à dire 7,2 millions d’internautes.

Lire la synthèse de ce bilan sur la fréquentation, l’exploitation, les publics, la production, la distribution et la répartition des entrées sur le site du C.N.C ainsi la totalite du bilan du C.N.C et le document Arcom/C.N.C.
et aussi… à retrouver dans notre bulletin
Nominations au CNC
Laurent Vennier nommé directeur des politiques territoriales, et André Santelli, délégué territorial au plan France 2030, voit sa mission élargie. Dominique Boutonnat, président du CNC, a nommé Laurent Vennier, directeur des politiques territoriales, a compter de ce jour. dans le même temps, le président du CNC a souhaité reconfigurer la mission confiée le 17 janvier 2022 à André Santelli.

MK2 en action…Le cinéaste américain 
Martin Scorsese a restauré un certain nombre de films de patrimoine dans le cadre de son « World cinéma project ». Lui et Nathanaël Karmitz ont de décider de collaborer, et c’est désormais MK2 Films qui distribuera les films restaurés par « World cinéma project », c’est-à-dire 51 films de 29 pays différents depuis la création de la société.

… et lance le « Youtube Ciné-Club »
Il organisera la projection en salle de cinéma des vidéos. D’après le site de MK2 « L’animation et l’éditorialisation de ces soirées sera assurée par Ambroise Carminati, auteur, réalisateur, comédien, producteur et créateur de la chaine YouTube Sympa Cool (408 000 abonnés) » Tous les détails sur le site MK2

Faut t’il plafonner la place de cinéma ?C’est du moins ce que pense la Députée Sarah Legrain, auteure d’une proposition de loi qu’elle a présenté en ces termes au Film Français dans un article du 25 mai 2023 de Florian Krieg.

Rapport 2022 de la médiatrice du cinéma
Nous l’avons déja publié sur notre site, mais nous utilisons aussi le support d’En Bref, car la déclaration de la médiatrice synthétise bon nombre des questions que se posent actuellement toute la profession, et plus généralement tous les cinéphiles.
Lire cette déclaration.

Et si on faisait connaissance…

Cette année une partie de l’équipe de Territoires et Cinéma sera présente durant le FEMA – Festival International du Film de La Rochelle. Si vous êtes présent à cette occasion, nous serions très heureux de vous y rencontrer.

Pour l’heure, le plus simple est de nous adresser un mél à notre nouvelle adresse : territoires.et.cinema@gmail.com pour nous en informer, et nous reviendrons vers vous afin de vous confirmer un lieu, qui à l’heure actuelle n’est pas encore défini.
Une belle édition du FEMA s’annonce cette année encore : Rétrospectives Bette Davis, Sacha Guitry, hommages à Lars Van Trier, Adilkhan Yerzhanov, Pierre Richard, Kaouther Ben Hania et aux cinéastes tunisiennes et Asta Nielsen pour le cinéma muet, et beaucoup d’autres films encore

En Bref – Mai – Juin 2023

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Rapport 2022 de la médiatrice du Cinéma… suite

Nous l’avons déjà publié sur notre site, mais nos reprenons la déclaration de la médiatrice car elle synthétise bon nombre des questions que se posent actuellement toute la profession, et plus généralement tous les cinéphiles.
« Le mot du Médiateur : 2022 a été une année de contrastes. Elle a commencé sous le signe de l’incertitude et s’est terminée dans un climat de confiance retrouvée, le public étant largement revenu dans les salles de cinéma et l’offre de films ayant retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire. Sera-t-elle dans quelques temps considérée comme une année charnière ?
La santé facialement recouvrée du cinéma est évidemment une excellente nouvelle, qui montre que les plateformes de vidéo à la demande ne sont pas de purs substituts aux salles de cinéma, mais elle recouvre des réalités disparates parfois difficiles à analyser. En effet si le public est revenu dans les salles de cinéma, pas seulement pour les «blockbusters » mais aussi pour des films assimilables aux œuvres Art et Essai visant un large public, d’autres films ont rencontré de grandes difficultés de sortie sur un nombre de sites suffisant. Il est vrai que la conjonction de l’arrêt des contributions numériques, de l’assouplissement nécessaire des paramètres de la régulation pendant la crise sanitaire ainsi que le renchérissement de la facture énergétique ont conduit à un élargissement des plans de diffusion des films les plus attendus. Si cette évolution s’inscrivait dans la durée, elle serait préjudiciable à la diversité et à la vitalité de la création cinématographique. Le cinéma, comme le dit Eric Rohmer, «ne dit pas autrement les choses, il dit autre chose » et au nom de cet «autre chose »,
la restauration d’une régulation modernisée, pertinente, proportionnée et juste, telle qu’elle peut résulter des propositions du rapport «cinéma et régulation» de M. Bruno Lasserre, est essentielle »

Laurence Franceschini