« Péplum : gladiateur, glaive et fantasmes » de Jérôme Korkikian

« Péplum : gladiateur, glaive et fantasmes »
de Jérôme Korkikian
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An 2000 : « Alors moi tu vois, des mecs en jupe qui s’battent avec des cures dents non merci ! ». Voilà la réaction d’un copain lorsque je lui ai dit que je prévoyais d’aller voir « Gladiator » de Ridley Scott… Heureusement la critique dithyrambique du Canard Enchaîné à elle achevé de me convaincre ! Je peux donc témoigner que l’époque n’était pas favorable au retour du péplum, ce que le documentaire  « Péplum : gladiateur, glaive et fantasmes » nous expose fort bien.

On y analyse notamment l’utilisation politique en Amérique des grands thèmes et des héros de l’antiquité sur fond de guerre froide, et l’approche du genre différente selon les conceptions italiennes ou américaines. Cependant les américains ont beaucoup tourné à Cinnecittà – pour une question de coût – ce qui a permis aux Italiens de reprendre des productions sur ces thèmes. La question des moyens fait, il est vrai, une différence, mais l’appropriation historique par les spectateurs d’Italie a orienté évidemment le choix des thèmes.
Cependant les productions américaines ne bénéficiaient pas toutes d’un flot d’argent ininterrompu : comme pour faire suite à mon papier sur la découverte de Robert Ervin Howard, auteur de « Conan le Barbare », on narre justement ici l’histoire malheureuse de  cette adaptation, tombée dans l’escarcelle d’un producteur radin.

Le documentaire rappelle que le genre est traité au cinéma depuis 1910 et nous emmène donc à la découverte de cette histoire, de manière didactique et amusante.

Chaque semaine, une séance spéciale de 4 films du Grec à découvrir en ligne

Le GREC (Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques) propose une séance de 4 films en ligne chaque semaine.
La semaine dernière sur le thème « 20 minutes de sport »
Cette semaine sur le thème « Au coin de la rue »  

Ce sont des courts, très courts mais géniaux.

« Noël-Noël, la vie d’un comédien »

NOËL-NOËL
France Culture
Radio ciné-club – Noël-Noël, la vie d’un comédien
(1ère diffusion : 02/03/1948 Chaîne Nationale)

Noël Noël

Bon, contrairement à ce que mon programme télé a publié, il n’y a pas eu hier de diffusion de tous les films cités dans le papier précédent…ça la fiche bien…! Au gré de la consultation internet pour tenter de me mettre à jour, je vois que Paris Première diffusera « Les vieux de la vieille » ce 07 avril. Mais ce n’est pas pour parler de ce film, qui ne m’a pas laissé de souvenirs très marquants, que je dépose quelques lignes sur le site, mais parce que je me suis rendu compte que Noël-Noël figurait au générique.

J’avais écouté il y a peu une courte émission radiophonique de 1948  14 minutes qui vous ferons retrouver ce comédien, peu connu aujourd’hui. Vous y entendrez un petit vrai petit bonheur suranné, sa chanson « Le Chapeau neuf« .

Dessinateur, chansonnier, musicien, scénariste, dialoguiste, adaptateur, carrière complète que vous trouverez facilement sur le net, et acteur bien sûr. Pour ma part, deux rôles en mémoire : « Les casse-pieds » de Jean Dreville (prix Louis-Delluc), et sa prestation parmi un casting pléthorique dans « Les petits matins » (ou « Mademoiselle Stop« ) de Jacqueline Audry, film qui montre les appétences de ces messieurs à la rencontre d’une jolie jeune fille…

Voilà, une toute petite contribution à la mémoire de Noël-Noël.

« Faites sauter la Banque »

Faites_sauter_la_banque

Ce dimanche 5 avril 2020 le choix des films est assez conséquent : « Au revoir là-haut », « La veuve Couderc », un documentaire sur Simone Signoret, « Cessez le feu », « L’auberge espagnole » etc… et même le théâtre avec « L’Avare » à la Comédie Française.

Cependant, à l’attention de ceux qui ont seulement envie de se changer les idées grâce à une pochade, vous êtes sauvés !  En effet Paris Première diffuse « FAITES SAUTER LA BANQUE » !

Comme l’indique « le Tulard » cette comédie « provoque les rires d’un public bon enfant » (…) « de Funès en tête, il y a un bande de joyeux lurons pour animer cette pochade« .
Sans prétention, et très bien mené, moi je pense qu’il faut sauter dessus !
Car effectivement la famille de Victor Garnier – Louis de Funès – se soude dans ce projet délirant : creuser un tunnel pour s’emparer des lingots dans le sous-sol de la banque d’en face, banque qui a ruiné cette famille d’honnêtes commerçants. Le banquier : Jean-Pierre Marielle, le policier : Georges Wilson !

Pour creuser ( ! ) trouvez sur le net, ce site « Le Monde des Avengers » où sont publiés des avis et des détails film par film dans une « Saga Louis de Funes »
« Faites sauter la banque » est le troisième sur cette page

Pour prendre la saga au début c’est ici

 

« Melville, le dernier samouraï » – documentaire

« Melville, le dernier samouraï » – Arte.tv

Disponible sur Arte.Tv jusqu’au 27/05/2020

« TU ES LE SEUL CAS DE RÉUSSITE PAR L’INTRANSIGEANCE QUE JE CONNAISSE » *

 Le documentaire s’ouvre sur Melville faisant l’obscurité dans sa pièce de travail. Le loup solitaire dans sa tanière qui crée en dehors du système, et dont le carnet d’éclaireur portait en tête ces mots écrit de sa main à 11 ans : TOUT DROIT.

Avant Jean-Pierre « Melville », il y a Jean-Pierre Grumbach, qui à la mort de son père est pris d’une véritable ivresse de cinéma, « moins de cinq films par jour et il est en manque ». Il décide alors de devenir cinéaste. Il dresse une liste de 63 cinéastes qui comptent pour lui, tous américains. Et on le sait, des décennies plus tard c’est lui qui comptera pour des générations de cinéastes américains !
La seconde guerre mondiale éclate, Jean-Pierre Grumbach est mobilisé, il combat à Dunkerque et fait partie des 340 000 soldats évacués vers l’Angleterre. Le commentaire indique que « le dépassement de soi, l’amitié, le sens de l’honneur qu’il a vu dans les westerns, il les rencontre sous le feu des balles ». En 1940, il rejoint son frère à Marseille, Jacques Grumbach, proche de Léon Blum et résistant. Jean-Pierre le suit. Durant deux ans il sera agent de liaison, et décide comme son frère de rejoindre le Général de Gaulle à Londres. Son frère n’atteindra jamais l’Angleterre. A Londres naît de Jean-Pierre « Melville ». 

«ON DEVIENT VITE UN COMBATTANT,
MAIS ON NE CESSE PAS FACILEMENT DE L’ETRE
»
 

Après-guerre, Jean-Pierre Melville entreprend d’adapter un des romans phares de la période d’occupation « Le Silence de la Mer » de Vercors. Jean Bruller, résistant alias Vercors refuse la demande, mais Jean-Pierre Melville le tourne quand même ! Les difficultés pleuvent, mais n’est-ce pas lui qui dira « Je crois que le premier film doit être fait avec son sang » ? Il fabrique son film comme il le peut, mais il le fait. Volker Schlöndorff témoigne non pas du souhait de Melville de révolutionner les façons de faire, mais de pallier tout simplement aux contraintes économiques. La Nouvelle Vague se reconnaîtra dans cette méthode. Bien que touché par cette reconnaissance de la jeune garde du cinéma, car Jean-Pierre Melville se démarquant s’était mis à dos une partie de la profession, il s’éloignera aussi de la Nouvelle Vague pour ne pas « faire partie d’une école, d’une secte ou d’une religion ».

Devant l’hostilité de la profession, il décide d’investir dans l’aménagement d’un studio rue Jenner, dans le 13ème arrondissement de Paris. Il vit au-dessus de ce studio, mais ce studio devient en fait sa vie. C’est sa femme Florence qui gérera le lieu, tous deux sacrifient une potentielle vie familiale. Volker Schlöndorff le dit, « aucun d’entre nous n’est allé aussi loin ».
A « Jenner » il plonge dans l’univers américain. La culture et les paysages d’outre atlantique l’attirent. Il tourne « Deux hommes dans Manhattan » et finit le film par trois semaines de tournages aux USA. Melville est victime de son premier infarctus, le mal récurrent des hommes de sa famille. Malheureusement le film est un échec commercial.
Il dit avoir beaucoup réfléchit sur l’échec, et qu’il ne l’accepterait pas à nouveau. Le choix du sujet du prochain film se porte sur « Léon Morin, prêtre », roman de Béatrix Beck. Certes il y a la notoriété du prix Goncourt, une belle affiche : Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva, mais le pari était osé de choisir Jean-Paul Belmondo dans ce rôle, et le choix du réalisateur est concluant.
Melville considérant le genre policier à la hauteur de toute autre littérature, il envisage l’adaptation du « Doulos » de Pierre Lesou, qu’il transcende. La presse qualifie le film de « premier polar métaphysique ». Melville dira de son film qu’il est « une sorte de documentaire  sur le mensonge ».

 On voit dans ce documentaire combien était forte l’influence du cinéma américain. Mais Melville s’éloigne donc des codes du polar. Le film qui le symbolise le mieux : « Le Samouraï ». Melville solitaire comme le Samouraï, Alain Delon le catalyseur de sa création.

 UN INCENDIE A RAISON DU STUDIO DE LA RUE JENNER

C’est le deuxième infarctus de Melville.
Il continuera à tourner malgré tout. S’ensuivra même une frénésie de tournages, quatre films en cinq ans. Pour celui qui aimait avant tout créer en reclus dans l’obscurité les tournages s’avère en fait pénible : « se lever, voir le jour et être toute la journée avec cinquante personnes autour de lui, ce qu’il ne supportait pas » dixit Bernard Stora, cinéaste, ancien assistant de Melville qui poursuit « parler de tensions sur les plateaux de Melville est un euphémisme »…Volker Schlöndorff parle même de sadisme, car dit-il « Il était maître de l’expression mais pas de ses émotions ». Cette tension est cause de fâcheries : Jean-Paul Belmondo part avant le fin du tournage de « L’Aîné des Ferchaux », Simone Signoret ne lui parlera plus pendant cinq ans, Lino Ventura à propos du tournage du « Deuxième souffle » déclare « Un film comme ça ne se fait pas impunément, il faut le payer »…
Durant le tournage de « L’Armée des ombres » Lino Ventura et Jean-Pierre Melville finiront par communiquer par l’intermédiaire d’un assistant…
Même avec Alain Delon les choses finiront par se dégrader. Durant le tournage d’« Un Flic » Melville sait qu’Alain Delon se prépare à tourner avec un autre réalisateur. Là aussi l’amitié se rompt une fois l’œuvre achevée.
 Mais on voit Alain Delon complétement déstabilisé, lorsqu’il reçoit les journalistes chez lui à la suite de l’annonce du décès de Melville. Car le troisième infarctus survenu lui a été fatal. Il l’emporte, comme il a emporté son père et son grand-père, à 55 ans…
 Heureusement qu’il est allé tout droit, au cœur du cinéma.

* Melville cite les propos que lui a tenus un ami sans préciser son nom.

JEAN-FRANCOIS BURGOS NOUS A QUITTE

Jean-François Burgos représentait depuis de longues années la FNCC au sein de Territoires et Cinéma.         La FNCC lui rend hommage sur son site

Depuis son élection à Gennevilliers comme maire-adjoint au développement culturel, il était l’un des animateurs les plus actifs de l’équipe de Villes et Cinémas puis de Territoires et Cinéma dont il était membre du Secrétariat Général. C’est au décès d’Augustin Cornu qu’il est devenu le représentant de la FNCC.
C’est une perte pour la FNCC, mais également pour la Maison de la Solidarité de Gennevilliers que Jean-François présidait. Notre dernier échange avec lui portait d’ailleurs sur l’activité de cette maison en ces temps si particuliers.

Quant à nous, les années avaient créées des liens entre nous qu’il est difficile d’imaginer désormais rompus par sa disparition…
L’équipe de Territoires et Cinéma adresse à ses proches l’expression de ses profonds regrets et l’assurance de son soutien.