Tous les articles par Daniel Richard

Le cinéma, au cœur des territoires et des pratiques culturelles des Français

Dominique Boutonnat, Président du Centre national du cinéma et de l’image animée a dévoilé la Géographie du cinéma du CNC, cartographie qui examine sur le plan national, par région, par département, par agglomération et par commune, l’évolution du parc de salles et leur fréquentation.

« Cette Géographie du cinéma démontre l’attachement toujours aussi fort des Français à la salle ainsi que l’importance du cinéma, sortie culturelle préférée de nos concitoyens, en tant que vecteur de lien social dans notre société. Au cœur de tous nos territoires, l’accès à la diversité du cinéma participe de notre art de vivre à la française. Afin de conserver et de développer cette force, la dynamique d’innovation mise en œuvre par les exploitants et les pouvoirs publics doit s’intensifier pour s’adapter aux nouvelles pratiques ainsi qu’aux évolutions du secteur » – Dominique Boutonnat, Président du CNC.

Lire le communiqué de presse du C.N.C.

Découvrir « La Géographie du Cinéma 2018 ».

Cinq salles de cinéma atypiques…

« Une salle doit être à la mesure du cinéma, du plaisir et du spectacle ». C’est ainsi que Claude Lelouch évoquait la salle de cinéma. Plus qu’un lieu anonyme, un temple.
Le C.N.C propose ce petit tour de quelques salles mythiques de France.
Avec : Le Louxor – Paris ; La Pagode – Paris ; L’Eden Théâtre – LacCiotat ; Le Rex – Paris ; Le Castillet – Perpignan.

Et si vous aussi connaissez une salle atypique n’hésitez pas à nous le faire savoir…

« Jeanne », un film de B. Dumont – par Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret, ancien maire d’Orléans

Voici ce que Jean-Pierre Sueur publie sur son site :

Gloire soit rendue au Cinéma des Carmes qui est le seul à Orléans et dans le Loiret à programmer le très remarquable film de Bruno Dumont intitulé sobrement Jeanne !

On pourrait imaginer, ou rêver, qu’à Orléans, ville johannique s’il en est, chacun se presserait pour proposer ou admirer ce film sur un thème « rebattu », mais qui « supporte les traitements les plus différents sans l’affadir » comme l’écrit Jean-François Julliard dans Le Canard Enchaîné – journal rétif aux bondieuseries ! –, qui ajoute : « Souvent même, il élève ceux qui s’en emparent, de Dreyer à Rivette, en passant par Bresson et même Luc Besson ! La couleur bizarre et décalée que lui donne Bruno Dumont en fait d’autant mieux ressortir la grandeur déconcertante. »
Il ne faut pas rechercher dans ce film ni l’authenticité des décors, ni la reconstitution minutieuse et pittoresque du passé. Nous sommes dans les dunes du Nord. Il y a de longs temps de méditation et d’attente, rythmée par une musique douce, lancinante, étrange.

Et il y a, plus réelle que la réalité même, la force du procès de Jeanne, qui se déroule dans l’admirable cathédrale d’Amiens, somptueusement filmée, avec ses juges caricaturaux plus vrais que vrais, et Jeanne, jouée par une comédienne de onze ans, Lise Leplat Prudhomme qui, toute seule, toute droite, inflexible, offre une image sublime du droit et de la justice – une image qui transcende toutes les bassesses.

Jean-Pierre Sueur

« la place de cinéma coûte-t-elle vraiment plus cher qu’avant ? »

Le site « Box-office pro » publié ce 12 septembre une réponse à la question « la place de cinéma coûte-t-elle vraiment plus cher qu’avant ?« 

SPECTATEUR, MON BEAU SOUCI

Dans sa lettre datée de septembre 2019, l’A.C.I.D (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) propose un article dont le texte est dans l’esprit de ce que nous, Territoires et Cinéma, disons depuis toujours…

Tout chantier de réflexion sur les transformations qui touchent actuellement le monde du cinéma devrait commencer par cela ; par ceux-là : le spectateur et sa place. Non pas simplement la place qu’il paye (un simple fauteuil) mais bien plutôt celle qu’il occupe, comme sujet actif d’une expérience artistique, et pas comme simple consommateur passif de contenus. La différence est aussi fondamentale qu’actuelle : d’occupation de lieux, d’espaces à se réapproprier, il est plus que question aujourd’hui. Ainsi, penser en spectateurs, c’est avoir l’ambition d’aborder le malaise qui affecte le cinéma français depuis un point de vue qui redonne à la réflexion politique, esthétique et économique, une certaine hauteur qui, il faut bien le dire, lui manque par trop ces derniers temps. Cela devrait nous obliger à reconsidérer collectivement la signification de notions aussi essentielles que « indépendance », « création », « diversité », « intérêt général », « art et essai » en regardant, les yeux grand ouverts, ce qui (se) passe dans les salles de cinéma.
Nous croyons profondément que le spectateur n’est pas une simple unité, une valeur d’échange, un chiffre que l’on scrute fébrilement chaque soir ; il n’est pas un score. Il a un corps, un visage, une histoire, des désirs. Il est, par essence, multiple et singulier.
[…]

Clément Schneider pour le CA de l’ACID

Que perçoit t’on de l’image selon le type d’écran ? – La Rochelle Cinéma – 07/2019 – par N. Tilly

Retrouvez ici la captation audio de l’introduction de notre débat organisé dans le cadre de nos rencontres lors du festival La Rochelle Cinéma le 4 juillet 2019.

Cette rencontre nous a permis d’échanger sur la position prise par la profession : une œuvre qui ne sera pas montrée dans une salle de cinéma ne peut être de même nature qu’un film «traditionnel». C’est la position rappelée notamment par diverses organisations professionnelles, comme par le Festival de Cannes, et l’Académie des Oscars, ainsi que par de nombreuses tribunes parues dans la presse. Car ce débat a des incidences économiques mais il a aussi de fortes résonances culturelles.
Jusque-ici lorsqu’on parle de culture cinématographique on ne parle que des films qui ont été montrés dans des cinémas. Qu’en est-il et qu’en sera-t-il des œuvres réalisées pour d’autres types d’écrans ?
Territoires et Cinéma se poser également une autre question. : certes aujourd’hui les films sont présentés sur certaines plates-formes, ou sur certaines chaînes spécialisées, en respectant au moins l’intégralité de l’œuvre. Mais combien de films sont d’ores et déjà diffusés sur les petits écrans avec une ou plusieurs coupures de publicités, utilisant ainsi le film comme un appel à des promotions commerciales. Évidemment cette pratique n’est pas encore généralisée, mais on peut tout craindre dans un monde où les intérêts financiers l’emportent sur les exigences culturelles.
Bien entendu un tel débat ne saurait être réglé à l’aide d’une unique rencontre ! Il doit être ouvert par une réflexion préalable. Car tous ces problèmes sont bien sûr à traiter dans le cadre de l’ère numérique dans laquelle nous vivons aujourd’hui, avec la généralisation d’écrans de toutes formes et de toutes tailles. L’importance de l’image et les conditions dans lesquelles elle est perçue par le spectateur ont aussi une grande importance. C’est pourquoi nous avons fait appel pour ouvrir ce débat à NICOLAS TILLY.

NICOLASnicolas TILLY est graphiste et artiste des nouveaux médias. Il vit et travaille à Paris et enseigne à l’École Supérieure d’Art et Design d’Orléans. En avril 2018, il participe à la conférence Écridil « Écrire, éditer, lire à l’ère numérique » à Montréal pour présenter son projet éditorial sur mobile Bug Magazine et ses recherches dans l’atelier de recherche et création « Édition nouvelles formes » de l’ÉSAD Orléans. En octobre 2018, il remporte le 2e Prix Pulsar et expose en décembre de la même année à la Fondation EDF à Paris. Nicolas travaille également pour des clients au sein d’EVB Studio, une agence de design graphique spécialisée dans le web design et les applications mobiles. Depuis 2012 Nicolas Tilly mène une recherche de réflexion et de création sur les écrans mobiles, par le biais de la conception d’applications et de sites web. Les différentes formes de créations avec lesquelles travaille Nicolas Tilly complètent son profil à la fois sur la sensibilité artistique ainsi que sur la maîtrise des outils contemporains d’innovation numérique.