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Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ?

TOUT VA BIEN, TOUT VA MAL

Par UTOPIA Avignon – (publié le mardi 4 octobre 2022)
Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ? 

Ainsi s’interrogent ces temps-ci la presse et les émissions spécialisées sur la culture, le cinéma, le panier des ménages… ce dernier serait lourdement touché par les politiques tarifaires extravagantes pratiquées par les salles de cinéma. 
Ce constat est le fruit d’un gros travail d’enquête, puisqu’il est en réaction à la saillie d’un comédien en promo (Kad Merad) qui expliquait sur RTL la (supposée) désaffection du public pour le cinéma par les trop hauts tarifs pratiqués dans les salles.

Nombre de Tintin-reporters de filer leur sujet en reprenant l’argumentaire de la Fédération des Cinémas Français (en résumé : « c’est même pas vrai, y’a plein de réducs ») et de conclure en s’esbaudissant de ce que les plus grands et gros des cinémas travaillent d’arrache-pied à reconquérir le public en « premiumisant » à qui mieux mieux les séances, transformant à grands renforts de technologie de fête foraine (4DX, Ice, canapés convertible en cuir, etc) la sortie entre amis pour aller mater un film en « expérience de cinéma ». Formidable. Ils omettaient juste de préciser que cette « premiumisation » est surtout l’occasion pour les circuits de faire grimper de façon exponentielle le prix du ticket. On parle là de places à plus de 20€, tout de même. Ils omettaient également de décrire comment, après s’être débarrassés du petit personnel dans les cabines de projection, les mêmes circuits adoptent le mode de fonctionnement des supermarchés, remplaçant les caissières et caissiers par des distributeurs automatiques, les contrôleurs par des portillons de métros, les employés de cinéma par des vigiles… Même les confiseries vendues à prix d’or sont à présent en libre-service… surveillé. Et c’est sur ce modèle de consommation, triste et déshumanisé, qui tient plus du gavage qu’autre chose, que lorgnent avec appétit les petits et gros cinoches de France pour se renflouer… 

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Mais est-ce finalement le vrai problème ? Et au fait, de quoi parle t-on réellement ?

Bien sûr que le cinéma d’avant Covid n’est peut-être plus celui de l’après… Et quand on dit « le cinéma », c’est pas très exact, puisque le cinéma finalement va bien et jamais autant de films n’ont été réalisés. Parlons plutôt ici de son économie.

Il se dit beaucoup qu’avant le Covid, le cinéma avait déjà des difficultés. Indéniablement, la fièvre montait chez les professionnels du secteur les plus concernés (les exploitants – nous autres – et les distributeurs) par cette simple et belle idée de rassembler des gens dans des salles de cinéma pour y faire vivre des films. Difficultés relatives. D’un côté (le Centre National de la Cinématographie, les majors, les circuits…), on se réjouissait, on plastronnait à grand renfort de communiqués sur la bonne santé du cinéma, qui enregistrait en 2019 avec 213,3 millions d’entrées ses meilleurs résultats en salles sur plus d’un demi-siècle. De l’autre, les plus attentifs, nous autres encore mais pas seulement, se rendaient bien compte que ces résultats astronomiques étaient de plus en plus réalisés par des blockbusters stéroïdés et que la diversité n’y trouvait que plus laborieusement son compte.

Parallèlement, notre chère profession pointait unanimement du doigt le nouveau Satan, responsable de tous ses maux, avérés, potentiels, présents et à venir : les plateformes de streaming. Fidèles à leur nature de petits commerçants pour qui, quoi qu’il arrive, « c’était mieux avant », ces mêmes gens de cinéma, toujours friands de se trouver des ennemis technologiques et industriels prophétisant leur fin prochaine – il y eût précédemment la radio, la télé, les magnétoscopes, le DVD, le téléchargement et le partage (pompeusement baptisé « piratage ») de films sur internet – étaient à peu près unanimement vent debout contre les plateformes dévoreuses d’images, ces trous noirs abyssaux qui absorbent tout ce qui pourraient ressembler de près ou de loin à un film. Or il s’avéra que le Covid, comme dans d’autres domaines, accéléra massivement la consommation numérique : sortie des films sur les plateformes, rencontres amoureuses ou professionnelles et échanges virtuels, achats en ligne en tout genre, télé-travail… le Marché ne se nourrit-il pas essentiellement de crises, vrais ou fausses, créées par lui ou pas ? 
Que du virtuel… Que du bonheur ?

Le modèle économique de ces nouveaux mastodontes de l’entertainment est assez simple et repose essentiellement sur un modèle de société au croisement de 1984 et de Fahrenheit 451 : faire payer bon marché au gogo un abonnement pour des milliers d’heures d’images inondant la planète qu’il n’aura jamais le temps de voir – et le maintenir aussi longtemps que possible enfoncé dans son canapé, bouffant de la pub au kilomètre, offrant aux dirigeants de ce monde le spectacle idyllique de « pays qui se tiennent (enfin) sages ».

Ou bien, aller ensemble au cinéma ?

C’est vrai que la salle de cinéma peut paraître bien faible et isolée dans cet univers. Quel besoin en effet de salles Art et Essai, quand le Marché et le Dieu Internet suffiraient à éduquer et cultiver les masses ? Faut dire que les pouvoirs publics n’aident pas à y voir clair. Ils mettent tout de go dans le même sac les salles commerciales et Art et Essai, subventionnent hardiment (et légitiment de facto) des cinémas qui mélangent peinardement blockbuster, comédie franchouillarde et film d’auteur – même combat – au nom du « service public » – entendez de l’attente du public, supposément avide de médiocrité ! Un chat-bonné à Netflix n’y retrouverait pas ses petits.

On ne va pas jouer les fiers-à-bras : le pessimisme ambiant peut nous atteindre de temps en temps. Mais au fond, nous restons cependant confiants, nous croyons à la nécessité de lieux dédiés au cinéma, à la nécessité de voir des films ensemble, d’en discuter, de partager notre plaisir à voir ces films, de développer un rapport au Monde, d’être en contact avec les autres, de construire un esprit critique et peut-être de refuser un magma d’images coulant de façon ininterrompue devenant, paradoxe, aliénant et abrutissant. 

Alors, trop cher, le ticket de cinéma ? 

Ben oui, mais ça dépend chez qui, cher Kad Merad. Trop cher, c’est une évidence, mais ce n’est pas nouveau, chez les profiteurs de crise qui vous vendent du spectacle bêtifiant et premiumisé – et programment et jettent des films-kleenex dans une course au profit jamais rassasiée. Mais chez nous et quelques autres, qui avont su voir et mettre en relief quel merveilleux comédien vous pouviez être, par exemple dans le formidable Un Triomphe, longuement programmé et soutenu à Utopia, les tarifs sont calculés au plus juste pour être accessible au plus grand nombre tout en garantissant la survie économique du cinoche. Ni plus, ni moins.

Soyons pragmatiques, et même pessimistes : augmentation des matières premières (par exemple le papier de notre chère Gazette), flambée du prix de l’électricité (impressionnantes nos dernières factures !), il n’est pas impossible que Utopia ajuste certains de ses tarifs un de ces quatre ! Mais ce sera alors raisonnable et raisonné – jamais dans les proportions des multiplexes. La bonne excuse de la « premiumisation », sa débauche technologique et son cortège de tarifs terrifiants ne passeront, Dieu merci, pas par nous ! Pas plus qu’en son temps le fut feue la 3D…

Garantir l’offre de films en salle dans les territoires ultramarins : la réponse du Ministère

Face à la demande d’augmentation du taux de location des films pour les territoires ultramarins, Madame Victoire Jasmin, Sénatrice de Guadeloupe, interroge le Ministère de la Culture.

Garantir l’offre de films en salle dans les territoires ultramarins : la réponse du Ministère

Face à la demande d’augmentation du taux de location des films pour les territoires ultramarins, Madame Victoire Jasmin, Sénatrice de Guadeloupe, interroge le Ministère de la Culture.

Un nouveau Cinémobile pour la Région Centre-Val de Loire

Le Cinémobile, salle de cinéma itinérante unique en France, sillonne depuis 35 ans la région Centre–Val de Loire pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès à une programmation cinématographique récente.

Source : article de Magcentre.fr reproduit ici en totalité.

• Classé art et essai et labellisée jeune public, ce service culturel mobile aura séduit environ 52 000 spectateurs en 2022.
• En plus des séances cinéma, les Cinémobiles proposent un programme de rencontres artistiques et citoyennes riche et diversifié (32 événements en 2021).
• Sur l’année scolaire 2021–2022, 7 742 élèves ont bénéficié de séances Cinémobile dans le cadre des dispositifs d’éducation à l’image.
• Les trois Cinémobiles de la région sont des lieux de diffusion, d’animation et de lien social dans 46 communes de la région.
Un nouveau Cinémobile pour sillonner la région

Pour renouveler ses équipements, la Région Centre–Val de Loire a commandé un nouveau Cinémobile qui sillonnera le territoire régional à l’automne 2022.
Elle a ainsi voté une subvention de 990 000€ à l’Agence régionale Ciclic pour cette nouvelle acquisition, sur un coût global de 1 150 000€. Le Centre national du cinéma et de l’image animée a apporté un soutien à hauteur de 100 000 €.
Ce nouveau Cinémobile vient remplacer l’un des 3 Cinémobiles qui sillonnent le territoire régional.

pour en voir plus sur le cinémobile : consulter le site Ciclic – Centre-Val de Loire

Congrès FNCF 2022 – soutien pour la distribution, renouvellement de la chronologie des médias

Source : site « le film Français »

Date de publication : 21/09/2022 – 18:02 sur le site du Film Français

 En introduction du débat avec les pouvoirs publics, Rima Abdul Malak a également dévoilé la prolongation du fonds d’indemnisation pour la reprise des tournages et a évoqué ses ambitions pour la chronologie des médias.

La distribution, en proie à des difficultés financières, demandait un soutien des pouvoirs publics depuis plusieurs mois pour faire face aux conséquences de la pandémie. Dans cette optique, la ministre de la Culture a annoncé aujourd’hui la création d’une aide exceptionnelle de 4M€ permettant le relèvement des plafonds pour les bonus versés sur les MG.

Concrètement, pour les films avec un budget compris entre 0 et 4 M€, le plafond passera de 125 000 € à 250 000 €. Pour les œuvres comprises entre 4 et 8 M€, le plafond passera de 250 000 € à 500 000 €. Ces chiffres sont communiqués pour la seule année 2023 par le CNC à valeur indicative. Ils seront affinés lors des discussions avec les distributeurs. En parallèle, l’aide sélective sera bonifiée d’un montant d’environ un million d’euros.

Rima Abdul Malak a également annoncé la prolongation jusqu’à mars 2023 du fonds d’indemnisation pour la reprise des tournages. Déjà reconduit, ce fonds devait couvrir les sinistres survenant jusqu’au 30 septembre 2022.

« Nous sommes conscients que le séisme de la crise sanitaire a encore des répliques. Il n’est pas facile d’arriver en tant que ministre à la fin du quoi qu’il en coûte. Nous sommes conscients des fragiiités du secteur et continuerons à vous accompagner », déclare-t-elle.

Un renouvellement de la chronologie des médias vivement souhaitée
La ministre de la Culture est revenue sur la clause de revoyure de la chronologie des médias. « Nous n’allons pas attendre trois ans pour renouveler cet accord. il faut agir très rapidement » Rappelons que le CNC a convié les signataires à une première réunion le 4 octobre. 


Jeunesse, transition énergétique, diversité de l’offre au cœur des enjeux
« Ne pas perdre la magie du cinéma à l’heure de la plateformisation de nos vies. Nous faisons face aujourd’hui à un enjeu civilisationnel », a introduit Rima Abdul Malak. 

Le premier défi sera la reconquête du public. La ministre se montre optimiste au regard du line-up de fin d’année estimant une fréquentation pour 2022 entre 150 et 170 millions d’entrées. Une campagne de communication nationale d’une durée d’un mois sera également initiée avant les vacances de la Toussaint autour de l’expérience dans les salles. Il s’agira d' »une mobilisation générale ».

La ministre souhaite penser à plus long terme en faisant de la jeunesse sa priorité. L’éducation artistique et culturelle, la question de l’offre et le sujet du prix « qui ne doit pas être tabou » doivent être au coeur de ces réflexions. « Post Pass Culture, ce sujet devient majeur. Les jeunes m’alertent tous sur cette problématique », indique-t-elle. « Il y a un vrai enjeu de communication sur ces tarifs, sur la perception de la réalité et la réalité elle-même ». La ministre n’exclut pas davantage de souplesse d’un point de vue réglementaire sur les offres tarifaires (cartes d’abonnement et illimitées).

Rima Abdul Malak a également assuré que le Pass Culture et la part collective ne se substitueront pas aux dispositifs existants. 

Le deuxième grand défi est la transition énergétique dès cet automne. Outre les mesures transversales annoncées par Bercy, la ministre a demandé au CNC de permettre aux exploitants d’utiliser le soutien disponible pour faire face à ces hausses énergétiques.

Rima Abdul Malak souhaite également flécher certains engagements des conventions Etat-CNC-Régions vers des actions d’éducation à l’image et la transitition écologique. Elle a également rappelé le disposition éco-responsable Action ! du CNC et le plan France 2030.

Enfin, la ministre attend des exploitants des engagements de programmation « équilibrés et conformes aux lignes directrices » pour garantir la diversité de l’offre.

Une mission « concurrence cinéma »
La ministre annonce avoir, avec Bruno Lemaire, confié une mission à Bruno Lassere intitulée « concurrence cinéma ». Elle portera notamment sur les questions des engagements de programmation de diffusion et des cartes illimitées.

Géographie du cinéma, public, pratiques cinématographiques…

Comme chaque année à cette époque de l’année le CNC vient de dévoiler trois études « prospectives » importantes :

La géographie du Cinéma
qui permet de suivre l ’évolution du parc de salles et de la fréquentation au plan national, mais aussi par région, par département, par agglomération et par commune. Ce dossier met également en lumière l’évolution de l’offre de films en région et par département

Le public du cinéma en 2021
une étude approfondie sur le public des salles de cinéma. Cette étude dresse le profil sociodémographique des spectateurs de cinéma, elle évalue la pénétration du média cinéma et met en évidence la répétition de la consommation cinéma au travers des habitudes de fréquentation.

Les pratiques cinématographiques des Français en 2022
 qui analyse la diversité des pratiques cinématographiques des Français permettant de répondre à de multiples questions :
Comment les spectateurs choisissent-ils d’aller voir un film ?
Quels sont les moyens de promotion qui les influencent le plus ? Comment les spectateurs se rendent-ils au cinéma ?
Combien de temps mettent-ils pour y aller ? Y vont-ils à plusieurs ?
D’où viennent-ils ? Comment réservent-ils leurs places de cinéma ?
Est-ce qu’ils apprécient les services proposés par leurs salles de cinéma ? Combien de cinémas fréquentent-ils en moyenne ?
Quelles sont les autres pratiques culturelles des spectateurs de cinéma ?