
Le dernier film de Terry Gilliam porte assurément sa griffe et c’est finalement ça le plus important. Car peu importe si ce projet qui l’a accompagné durant des longues années, et qui a subi bien des avatars, était à la hauteur des espérances.
Car bien que trop long et un peu boursouflé, le film ne manque pas d’énergie bouillonnante et de créativité. On pense surtout à Fisher King pour la partie folie douce et rédemption et au Baron de Munchausen dont le pseudo Don Quichotte semble un lointain parent. La mise en scène est dynamique et le réalisateur a tiré un beau parti des décors naturels d’une Espagne aride.
Comme souvent chez Gilliam, on oscille, dans cette fuite effrénée, entre le rêve éveillé et la réalité, à travers les yeux d’un réalisateur désabusé, interprété par Adam Driver, qui a mis son idéalisme de côté et se retrouve confronté à des situations de plus en plus anormales, au fin fond de l’Espagne. Le réalisateur en profite pour régler quelques comptes personnels avec le monde « maffieux » du cinéma.
Dommage que l’alchimie entre les deux comédiens ne prenne que partiellement. Autant Jonathan Pryce (Brazil), dans son rôle de pseudo Don Quichotte, s’avère truculent, touchant et subtil, autant Adam Driver, moins expérimenté, joue l’ahurissement sur un mode un peu répétitif.
Reste un film foisonnant et inégal mais toujours captivant car la plupart du temps imprévisible. Ce n’est pas si mal à une époque de grand formatage !

Après avoir joué dans un certain nombre de film Indé, dont le charmant Frances Ha, Greta Gerwig passe derrière la caméra et signe cette chronique largement auto-biographique, qui raconte un moment charnière de la vie d’une jeune fille de 17 ans vivant à Sacramento au début des années 2000.
Clint Eastwood poursuit obstinément sa quête du héros américain moyen et signe avec ce 15h17 pour Paris, son film le plus raté.
