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La lettre « en Bref » Novembre -Dévembre 2017-

Editorial :

Cinéma, une place à part ?

Les rapports du cinéma avec la puissance publique se déroulent bien évidemment dans le cadre du CNC, et sont d’ailleurs un excellent exemple d’une organisation harmonieuse des interventions publique et de l’utilisation des taxes spécialisées, exemple qui gagnerait a être développé dans d’autres secteurs des activités culturelles.

Pour autant cette situation spécifique n’aboutit-elle pas à écarter le cinéma des autres formes d’interventions publiques.

Par exemple lorsque la loi économie sociale et solidaire (ESS) a été votée, quelle place a tenu le cinéma, dont l’organisation et les principes ne sont pourtant pas éloignés de l’organisation et des principes qui ont abouti à la loi ?

Autre exemple significatif, le Gouvernement prépare une ordonnance sur la réforme de l’apprentissage. Les organisations professionnelles du cinéma seront-elles consultées sur son contenu ? Et plus généralement la profession souhaite-t-elle s’inscrire dans les dispositifs d’un apprentissage rénové par la nouvelle loi.

Cette position particulière du cinéma ne se limite pas à ces seuls aspects plus administratifs. Un grand nombre d’études et de publications consacrées à la culture ne font que peu ou pas de place au cinéma.

Citons deux cas récents :

D’abord la publication d’un ouvrage intitulé « Lettre ouverte aux Français et à leurs élus sur le Patrimoine » dans lequel aucune mention n’est faite du patrimoine cinématographique.

Ensuite l’appel à projet du fonds d’encouragement aux initiatives artistiques et culturelles des amateurs en spectacle vivant et arts plastiques (FEIACA) qui n’accorde aucune place au cinéma, alors que beaucoup de salles accueillent des activités de citoyens volontaires, sans parler autant bien entendu des ciné-clubs et des clubs de cinéastes amateurs.

Pour lire la lettre dans sa totalité : ici

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La ciociara

Présenté dans sa version restaurée, ce superbe mélodrame montagnard, réalisé avec soin par Vittorio de Sica en 1960,, marque le grand retour de Sophia Loren en Italie après un passage à Hollywood. Le jeu généreux et la beauté rayonnante de la comédienne éclate dans ce film où elle incarne une jeune veuve, bouillonnante et italienne à 100%, fuyant avec sa fille adolescente, les bombardements pour retourner dans son village natal, a priori épargné par le conflit.
Amer, nostalgique et brutal, ce film montre que, dans un contexte de guerre et de débâcle, le drame peut surgir de toute part et que les civils, qu’ils soient idéalistes (le rôle du jeune Jean Paul Belmondo) ou neutres, peuvent en payer fort le prix.

Michel Senna

Les cinémas Utopia

Souscription Le cinéma Utopia à Avignon 1976-1994, une histoire de militantisme culturel et politique

Nous vous signalons la sortie en avril prochain du livre de Michaël Bourgatte consacré aux premières années de l’aventure Utopia à Avignon :

« Dans la France des années 70, marquée par une crise de la fréquentation des salles de cinéma sans précédent, Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec peu de moyens (souvent) et beaucoup d’inventivité (toujours). C’est le début de l’aventure Utopia. Une aventure marquée par de nombreux engagements (contre l’uniformisation de la pensée et de la création, contre les discriminations, pour la prise en compte des questions environnementales, etc.), par des tentatives heureuses, d’autres moins, des méthodes parfois peu orthodoxes et, surtout, par une vision dynamique de la salle de cinéma et une politique offensive d’animation, de communication et de fidélisation du public. Une histoire riche en rebondissements. Une source d’inspiration. »

Michaël Bourgatte est enseignant-chercheur. Il s’est intéressé à l’exploitation cinématographique Art et essai, d’abord comme historien puis comme chercheur en communication. Coauteur avec Vincent Thabourey du livre Le cinéma à l’heure du numérique.

Tarif préférentiel  jusqu’au 9 mars 2018 : 14€.

ange                                                           utopia

La salle de cinéma ….

France : 209,2 millions d’entrées en 2017

…c’est certes un peu moins que les 213 millions de 2016, mais « c’est le 3ème plus haut niveau depuis 50 ans » a souligné la Présidente du CNC Frédérique Bredin. Avec 78 millions d’entrées, les films français représentent une part de marché de 37,4%, en progression sur 2017. Pour Richard Patry, Président de la FNCF, « si les Français viennent toujours aussi nombreux dans les salles, c’est grâce à une politique volontariste d’innovation technologique des salles et d’amélioration de l’offre au spectateur, en plus, bien sûr, de la qualité des films ». Si la FNCF constate des écarts locaux, elle considère que « le nombre d’écrans (+10%) et de séances (+27%) a largement contribué au maintien de la fréquentation à ce très haut niveau (…), dans un contexte où plus de 700 films inédits sont sortis en salles en 2017 ».
source : http://www.cnc.fr/web/fr/actualites/-/liste/18/13557908

L’Expérience de la salle : colloque européen à Angers

Pour sa 30ème édition, le Festival Premiers Plans d’Angers organise un colloque européen sur L’Expérience de la salle, le vendredi 19 janvier (Centre de Congrès à Angers), avec la participation du CNC, de Créative Europe/MEDIA et d’Europa Cinemas.
Articulée autour de deux débats (« L’expérience de la salle à l’ère du tout écran et du tout interactif » le matin et « La salle du futur » l’après midi), la journée sera présidée par Benoît Jacquot, réalisateur, et animée par Marc Voinchet, journaliste et directeur de France Musique. Y interviendront aussi bien de jeunes spectateurs que des cinéastes, et bien sûr des exploitants européens qui partageront leurs expériences. Plus d’info ici et inscriptions par là.

« L’échappée belle »

L’échappée belle :

Un road movie « senior » qui évite assez bien les écueils lié à son sujet mélodramatique. Une femme retraitée, atteinte d’un mal incurable, emmène son mari, souffrant d’alzheimer, dans un voyage sans retour, à bord de leur vieux camping car.
Classique dans sa forme, le film est réalisé avec beaucoup de soin par Paolo Virzi qui dirige parfaitement ses deux comédiens éblouissants : Helen Mirren, en épouse aimante, protectrice et admiratrice de son mari et Donald Sutherland en ancien professeur de lettres, passionné d’Hemingway. Les deux sont tour à tour drôles et touchants, et parfois un peu grotesques aussi. Ils sont aussi de purs produits d’une culture américaine, où le pire croise le meilleur. Les bonnes ou mauvaises rencontres qu’ils font sur la route sont assez symboliques. Par certains côtés, le film rappelle un peu le cinéma d’Hal Ashby (Harold et Maud)
Bref, une œuvre pleine de vie à la bande originale plutôt enlevée. Michel Senna

Commission film france

A l’occasion de la manifestation « Le salon des tournage » le site invité du mois est : ici