Repenser les publics et le rôle politique des cinémas
Dans cet article du magazine Boxoffice Pro, en date du 7 janvier 2026, Chloé Delaporte* invite les professionnels du cinéma à repenser la notion de publics, trop souvent réduite à des catégories marketing ou à des données de fréquentation. Elle montre que les publics ne sont ni homogènes ni stables, mais qu’ils se construisent à travers des pratiques, des usages et des contextes sociaux.À l’ère des plateformes et de la diversification des modes de consommation, Delaporte souligne que les comportements de visionnage se fragmentent et que les logiques d’offre influencent fortement la manière dont les publics sont définis. Elle critique une approche strictement quantitative (entrées, parts de marché) et plaide pour une compréhension qualitative des publics, attentive aux parcours culturels, aux motivations et aux inégalités d’accès.L’article insiste également sur le rôle des institutions, des distributeurs et des exploitants dans la fabrication des publics : programmer, communiquer et nommer un public, c’est déjà le façonner. Repenser les publics devient alors un enjeu stratégique et culturel central pour l’avenir du cinéma, afin de mieux articuler diversité de l’offre, renouvellement des spectateurs et politiques culturelles. *Chloé Delaporte est une chercheuse et professeure française spécialiste de la socio-économie du cinéma et de l’audiovisuel. Elle est Professeure des universités au Département Cinéma, Audiovisuel, Nouveaux Médias de l’Université Montpellier Paul-Valéry où elle enseigne et dirige des recherches sur les industries cinématographiques, les usages audiovisuels et les publics. Lire l’article
Quand Lumière invente le cinéma, il invente la salle de cinéma
Invité au colloque de l’AFCAE, Thierry Frémaux délégué général du Festival de Cannes, directeur de l’Institut Lumière et réalisateur de deux films sur les frères Lumière revient sur les évolutions majeures de la salle de cinéma qui fête ce 28 décembre ses 130 ans, dans un contexte délicat qui n’empêche pas l’optimisme d’un futur lumineux. 130 ans après l’invention du cinéma par les frères Lumière, où en sommes-nous avec la salle ?Si nous avons célébré les frères Lumière à de nombreuses reprises en insistant, à chaque fois, sur le fait qu’ils étaient des cinéastes, et que le cinéma comme Art commence avec eux – et non après –, nous avons peu évoqué la deuxième invention Lumière, la salle de cinéma. Aujourd’hui, en cette année des 130 ans, nous en parlons davantage. Moins pour elle-même, en effet fragilisée par une fréquentation en baisse, un manque de films et bien d’autres facteurs, que le caractère philosophique de l’idée Lumière sur la salle. C’est-à-dire, ce que signifie être dans un cinéma aujourd’hui, dans un monde où les films se consomment de bien d’autres manières – et en plus grande quantité – qu’en salle.
Territoires et Cinéma remercie BoxOffice pour son autorisation à diffusion
Les salles de cinéma d’Art et Essai ont 70 ans !
Cette émission diffusée sur France Inter dans « On aura tout vu » est à écouter et à ré écouter. Sans les exploitants de Cinéma d’Art et Essai il y a beaucoup de films que nous ne verrions pas. C’est pourtant grâce à elles et à eux qu’une séance de cinéma peut devenir inoubliable. Les exploitants sont à l’affiche. Ils partirent à cinq en 1955, ils sont désormais 1250 adhérents à l’ AFCAE, l’Association Française des Cinémas d’Art et Essai. Ecouter l’émission
Que représentent les associations culturelles en France ?
Dans quels domaines œuvrent-elles ? De quelles ressources disposent-elles ? À l’heure où les libertés associatives sont fragilisées, l’Observatoire des Politiques Culturelles -OPC- publie une infographie pour faire le point sur la place que ces structures occupent dans le panorama des associations françaises et sur leur mode de fonctionnement.
Le comité propose avec cette seconde proposition une avancée notable dans les bonnes pratiques de diffusion des films en salles. Dans un contexte où des tensions se sont fait jour au sein de la filière et où la fréquentation reste fragile, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a mis en place, au printemps dernier, un comité de concertation entre exploitants et distributeurs. Après une première recommandation portant sur l’organisation massive d’avant-premières et les sorties anticipées de films, le CNC publie une deuxième recommandation visant à définir les bonnes pratiques des distributeurs et des exploitants relatives à la diffusion des films en salles.
« On ne fait pas que proposer des films » : comment les cinémas indépendants réussissent à vendre autant de places ? L’année 2025 a été compliquée pour les salles de cinéma, avec une baisse générale de 13 % de la fréquentation. Dans cette morosité ambiante, les petits cinémas indépendants et communaux surfent sur un succès grandissant grâce à un savant mélange dans leur programmation. À quelques minutes de la séance, les spectateurs doivent faire la queue. Ce cinéma est pourtant situé en zone rurale, au Buisson-Cadouin, en Dordogne. « Il est très bien par rapport à la taille de la ville. On est très content de l’avoir. Ça nous évite d’aller à Bergerac ou à Périgueux ». Ce spectateur est venu voir le film Avatar au cinéma Lux Louis Delluc, ouvert il y a 28 ans par la mairie. Cette petite structure rurale qui fait partie des cinémas indépendants de Nouvelle-Aquitaine, enregistre entre 30 000 et 40 000 entrées par an. Un record et un dynamisme qui ferait pâlir les grands cinémas de ville, dont les chiffres sont en berne depuis des années.
L’étranger d’Albert Camus, De l’absurdité à la passion de l’indifférence par Michel Baron
« Quel est donc cet incalculable sentiment qui prive l’esprit du sommeil nécessaire à la vie ?Un monde qu’on peut expliquer même avec de mauvaises raisons est un monde familier. Mais, au contraire, dans un univers soudain privé d’illusions et de lumières, l’homme se sent un étranger. Cet exil est sans recours puisqu’il est privé des souvenirs d’une partie perdue ou de l’espoir d’une terre promise. Ce divorce entre l’homme de sa vie, l’acteur de son décor, c’est proprement le sentiment de l’absurdité ».Albert Camus – ( Le mythe de Sisyphe. 1942. ) Ce passage résume parfaitement la pensée camusienne : la vie se termine mal et tout projet s’inscrit dans l’absurdité puisque la finalité humaine est limitée par sa disparition. Faut-il inscrire ce destin dans une pensée religieuse où la mort serait une ouverture vers une éternité sous le sceau du divin dans les monothéismes ou une renaissance permanente dans les religions orientales avec la très rare issue d’être délivré par l’accès au Nirvâna ? Camus, incroyant, fait appel à l’Antiquité : l’homme ne peut que transcender sa destinée en se référant au mythe de Sisyphe et accepter de rouler sa pierre vers le sommet, en sachant qu’il va échouer et en ne sachant pas pourquoi il est condamné par les dieux à une telle punition. Une seconde voie, de type stoïcien, s’ouvre également au sujet : s’abstraire du monde en y devenant étranger, tant sur le plan de l’action que de l’affect. …/…
Nous sommes très heureux de vous retrouver en cette rentrée 2025, nous attendions la tenue du congrès annuel des exploitants. Beaucoup d’articles par la presse professionnelle, et au-delà, ont été consacrés aux alertes données par la profession à cette occasion. Nous tenterons ici de synthétiser modestement quelques éléments marquants. Il est bien évident que la stagnation, voire la régression de la fréquentation depuis 2020, ne peut qu’inquiéter tout ce qui l’est convenu d’appeler le monde du cinéma. Le congrès de la FNCF a été l’occasion de déclarations significatives. Poursuivant l’inventaire qui s’est établi autour de différents constats, il y a avant tout le rôle de la salle de cinéma, car beaucoup de professionnels s’accordent à dire qu’il ne suffit plus de montrer les films sans les accompagner d’autres manifestations, notamment en utilisant la formule des ciné-clubs : présentation – projection – débat, d’où le succès des avant-premières. Mais plus largement se pose l’interrogation d’une ouverture de la salle à d’autres activités, comme par exemple la diffusion de concerts, des DJ set, des retransmissions sportives, voire même des soirées gastronomiques ! Dans une déclaration au Dauphiné Libéré, Sophie Dulac va dans le même sens, en précisant qu’il est difficile d’attirer le public sans diversifier l’offre. Elle cite l’exemple de la saison Kaléidoscope qui propose « des événements pluridisciplinaires » et « 250 rendez-vous qui permettent de faire découvrir nos salles à de nouveaux publics ».Le congrès a été l’occasion d’un rappel de la situation positive qui s’est achevée en 2019, dernière année avant le déclin amplifié par la crise du Covid et la fermeture périodique des salles. Ensuite un rappel des difficultés financières ayant conduit certains exploitants à faire appel à leurs fonds personnels, ou à réaliser des emprunts bancaires. Des fermetures menacent (et comment ne pas penser à celles déjà effectives du Bretagne et du Miramar, au cœur de la capitale). Deux autres temps forts du congrès ont été bien sûr la déclaration de Gaëtan Bruel, Président du CNC, et celle de Richard Patry, Président de la FNCF. Le Président du CNC a annoncé la mise en place d’une cellule d’urgence qui a commencé ses travaux, et demande une mobilisation des institutions du secteur, des banques et des communes (via l’Association des Maires de France notamment). D’autres mesures annoncées, dont l’avance sur le soutien automatique prolongée jusqu’à trois ans, une modification dans la réforme de l’Art et Essai avec la fin du système de notation. Pour faire face à la crise et apporter une réponse immédiate aux situations les plus urgentes, le CNC prépare un calendrier et un plan de défense. Quant à Richard Patry, il appelle les Pouvoirs Publics à se mobiliser. Après avoir évoqué quelques résultats positifs, il a rappelé que la baisse de fréquentation touche toutes les catégories de salles et constate que la semaine du 03 septembre a été la plus mauvaise depuis 30 années, dans un contexte où plane la menace que les exploitants ne puissent pas faire face à leurs échéances, et que la crise de l’exploitation ne se transforme en crise structurelle, ce qui toucherait alors toute la filière. Après avoir rappelé que les destins des exploitants et des distributeurs « sont indéfectiblement liés », il s’est fait l’écho de demandes concrètes au CNC : notamment que les exploitants puissent bénéficier des aides dans les plus brefs délais, soient mieux formés pour accéder à ces dernières, et que le comité de pilotage Art et Essai soit réuni autant de fois qu’il sera nécessaire. Il a salué la publication du rapport Geffray (voir plus bas plus de détail sur ce rapport). Le Président de la FNCF rappelle que les changements doivent être assimilés dans les pratiques du secteur (IA, prévention des VHMSS, transitions écologiques), à l’image de ce que vit la société dans son ensemble. Il est a noté que les deux intervenants ont souligné d’inquiétantes attaques vis-à-vis du CNC, menées par des adversaires parlementaires.
Rapport Geffray « Offrir à chaque élève une éducation au cinéma et à l’image de qualité »
C’est à la demande de deux ministres Elisabeth Borne (Education) et Rachida Dati (Culture) qu’Edouard Geffray, ancien Directeur Général de l’enseignement scolaire a réalisé une mission sur l’éducation à l’image et à la modernisation de « Ma Classe au Cinéma ». Démarré en mars dernier, ce rapport a été rendu public ce 08 septembre. « Ma Classe au Cinéma » profite chaque année à 2 millions d’élèves grâce à plusieurs dispositifs : Maternelle au Cinéma, Ecole et Cinéma, Collège au Cinéma et Lycéens et Apprentis au Cinéma. Ce programme jugé très satisfaisant connaît aujourd’hui des problèmes de financement, d’où cette étude. Elle avait pour but de redonner un nouveau souffle à la fois qualitatif et quantitatif. Pour ce faire, Edouard Geffray propose 19 mesures, regroupées en 7 axes. Le rapport est salué par les acteurs de la filière, mais ces derniers précisent néanmoins au fil des communiqués l’importance d’une politique volontariste des deux ministères en la matière, tant les enjeux sont importants, tant du point de vue éducatif avant toute chose, que du point de vue de la structuration d’un système efficace, donc d’une bonne collaboration des acteurs. Vous pourrez retrouver le rapport complet et la lettre de mission sur le site du Ministère de la Culture. Nous reprenons simplement ici les 7 axes 1°) adosser l’éducation au cinéma et à l’image aux programmes d’enseignement, notamment au collège, pour étendre autant que possible la fréquentation des œuvres cinématographiques ; 2°) Repenser la formation dans le cadre de Ma classe au cinéma et au-delà, et créer un diplôme interuniversitaire d’éducation au cinéma. Il est à noter q’une des mesures précise : …/…créer un diplôme interuniversitaire d’éducation au cinéma, à destination non seulement des professeurs mais de l’ensemble des partenaires intéressés…/… ; 3°) Sécuriser le financement de Ma classe au cinéma, sur l’ensemble de la chaîne ; 4°) Renforcer l’ancrage de Ma classe au cinéma et la fidélisation de ceux qui y participent ; 5°) Améliorer la gouvernance de Ma classe au cinéma en renforçant l’association des collectivités et en laissant plus de marges de manœuvre aux professeurs pour notamment « assurer effectivement l’association des collectivités territoriales au pilotage local de Ma classe au cinéma » ; 6°) Offrir la possibilité aux élèves qui le souhaitent d’avoir un parcours renforcé en cinéma ; 7°) vers un lieu national de collection, éducation et coopération associant professionnels du secteur, recherche et pouvoirs publics.
Le rapport a fait l’objet d’une présentation et d’une table ronde au congrès de la Fédération des exploitants, toujours consultable ici
ÉTUDES C.N.C
Deux études annuelles importantes sont désormais disponibles sur le site du CNC : La Géographie du Cinéma 2024 « Pour la première fois, Bordeaux et Lille font l’objet d’une analyse spécifique et la première commune de chaque région en termes de fréquentation fait l’objet d’une fiche spécifique dans le fascicule par région. » Les pratiques cinématographiques des Français en 2025 – 10ème édition
« A retenir : Le cinéma, une pratique collective, notamment pour le jeunes : 32,5 % des Français y vont en couple, 29,3 % en famille ;La salle de cinéma, lieu privilégié de découverte et de promotion des nouveaux films ;L’influence croissante des réseaux sociaux dans les pratiques cinématographiques ;Un public de plus en plus réactif aux nouvelles sorties ;La réservation de place, une pratique qui continue de se développer ;La proximité, premier critère dans le choix d’une salle de cinéma ;Des films français très appréciés du public ;Un attachement marqué aux films en version française ;Des animations dans les cinémas plus prisées qu’avant crise ;Le Printemps du Cinéma et la Fête du cinéma : deux opérations tarifaires en faveur dela diversité culturelle ».
La transition écologique et le secteur culturel partagez vos bonnes pratiques !
La COFAC, dont Territoires et Cinéma est membre, lance une enquête sur les pratiques des associations à propose de la transition écologique. répondre à l’enquête
La newsletter de rentrée est l’occasion pour nous de publier un article de notre ami Michel Baron, spectateur assidu comme beaucoup d’entre nous du FEMA, le festival du film de La Rochelle. Cet article est consacré cette fois-ci au film «Le Boucher» de Claude Chabrol. Sur notre site la rubrique « L’ombre d’un doute » est destinée à recevoir des analyse de films. Cette rubrique est ouverte à tous : n’hésitez pas à nous transmettre vos écrits.
Claude Chabrol un métaphysicien qui s’ignore ? (de l’homme côte boucherie !) « CREDO QUIA ABSURDUM » « J’Y CROIS PARCE QUE C’EST ABSURDE ! » (Tertulien) Nous avons tous besoin de pèlerinages qui rythment nos vies, qu’ils soient religieux, philosophiques ou intimes. Une manière de donner sens à la banalité du quotidien et de vérifier que nous sommes toujours bien enracinés, que nous n’allons pas être bousculés par le moindre souffle de vent. Une manière de vérifier que nous sommes plus du côté du roseau que du chêne ! Je vous fais confidence, que depuis de très nombreuses années, mon « chemin de Compostelle » passe par le festival de cinéma de La Rochelle. Un lieu magique où les cinéphiles se retrouvent pour leur messe annuelle ! accéder à la rubrique pour lire la suite de l’analyse
Architecture
L’architecture, un point devenu central dans la (re)conquête des publics. Nous l’évoquions d’ailleurs dans notre toute première newsletter. Il nous a paru intéressant de vous indiquer cette interview de Jean-Marc Lalo sur le site « Chroniques d’architecture ». Son atelier d’architecture Lalo « s’est spécialisé sur les lieux publics, en particulier les cinémas et les hôtels ». Les évocations des différentes réhabilitations, en France et dans le monde, montrent bien les évolutions, les attentes et l’attachement particulier à la salle de cinéma dans le paysage quotidien des gens.
La plateforme « Amorce »une très importante ressource pour la mémoire des territoires
« La plateforme AMORCE, un projet porté par le réseau Diazinteregio, permet d’interroger en un lieu unique l’ensemble des collections de mémoire filmique des membres du réseau Diazinteregio, réseau de la mémoire filmique des territoires. Depuis 2010, l’association Diazinteregio fédère les centres d’archives et cinémathèques francophones autour de la mémoire filmique des territoires et de son outil de gestion des collections, DIAZ) » Pas moins de 19 cinémathèques, dont par exemple : APCAG-CINUCA Association pour la promotion du cinéma des Antilles et Guyane, Archipop Entrepôt & Manufacture – Archives cinématographiques et audiovisuelles des Hauts-de-France, CICLIC Centre-Val de Loire l’agence régionale pour le livre et l’image, La Cinémathèque de Bretagne, La Cinémathèque de Tanger, La Fondation Autrefois Genève, etc…
Carnet rose : … le nouveau site d’inter film !
Le site de notre partenaire Interfilm, qui est l’une des principales fédérations de ciné-clubs,a fait peau neuve ! Une nouvelle présentation générale, également de celle du catalogue à disposition des ciné-clubs « Ruban de Rêve ».
« QUAND LA MUSIQUE FAIT SON CINEMA »« Paris 14 Territoire de Cinéma (dont plusieurs personnes de notre équipe sont membres) est heureux de vous présenter la 8ème édition de son Festival annuel en partenariat avec la Mairie du 14ème – 17 séances de cinéma gratuites pour la plupart, 10 lieux du 14ème tout public. La musique, 4ème art majeur, langage universel à travers ses multiples instruments, de la voix à l’orchestre, en solo ou en groupe, donne rendez-vous au 7ème art, du vendredi 26 septembre au samedi 11 octobre 2025. De « Charlot musicien » en 1916 (et même bien avant) à aujourd’hui, la musique représentée à l’écran fait découvrir les talents de ses artistes, entre galère et réussite, création et inspiration, reflets de générations et de cultures. Avec l’aimable participation de Laurent Delmas et Thierry Laurentin » Tous les détails ici
et aussi…
Isabella Rosselini Sur son compte Instagram:« À l’hôtel @rhinocerosroma à Rome un charmant (mais un peu étrange) hommage à David Lynch #davidlynch . J’ai fait plusieurs films avec le talent même David. Je l’ai aimé profondément. installation par @raffaele_curi_addicted »
Décès de Jean-Pierre BouyxouEn toute vérité, nous devons dire que dans l’équipe des publications nous ne connaissions pas l’historien de cinéma à qui P. Rouyer (@philippe_rouyer) et et François Angelier (@frangeliers )ont rendu hommages via leur compte Twitter – X respectifs. Il s’agissait pour eux de saluer la mémoire de Jean-Pierre Bouyxou On lit sur le net que « Depuis 2013, il est membre à vie du jury du Festival international du film grolandais de Toulouse. », qui vient juste de se tenir d’ailleurs. Qualifié « d’historien du cinéma bis », prenons le temps de suivre l’entretien qui a été mené à la Cinémathèque de Toulouse.
Nous sommes très heureux de vous retrouver en cette rentrée 2024 et de poursuivre nos échanges après la pause estivale en vous proposant la lecture de notre « lettre n° 9 ». N’oubliez pas que vos actualités peuvent trouver leur place dans les publications à venir. Au plaisir de vous suivre cette année, et merci de l’attention portée à nos publications.
« La déclaration des cinéastes de retour à Venise » – suite
Vous trouverez sur le site L’ARP, Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs le texte complet de « La Déclaration des Cinéastes de retour à Venise » « Les cinéastes européens réunis à la Mostra de Venise demandent une rencontre urgente avec la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, pour que le cinéma revienne dans le giron de la culture à la Commission européenne. Les représentants des nombreuses associations européennes signataires de la Déclaration des Cinéastes, réunis ce dimanche lors d’une rencontre intitulée « La Déclaration des Cinéastes back in Venice » ont réaffirmé la valeur fondamentale de l’Exception Culturelle et ont demandé que la compétence exclusive sur le cinéma et l’audiovisuel soit réattribuée au Commissaire européen à la Culture. Menacé par des intérêts financiers et industriels, le secteur du cinéma et de l’audiovisuel doit sortir de la logique industrielle prédominante actuelle et revenir dans la sphère de la politique culturelle européenne. »
Cine-Clubs : Table-Ronde le 05 Octobre dans le cadre du 7ème Festival « PARIS 14e, Territoire de Cinéma »
Vous le savez, bon nombre de membre de nos équipes sont partie prenante dans l’organisation de ce Festival de l’association « Paris 14e, territoire de cinéma », association réunissant des Ciné-Quartiers et Ciné-clubs du 14ème avec le soutien des Conseils de Quartier et de la Mairie du 14e et de la Ville de Paris. Inter Film, Territoires et Cinéma et le Groupe CINEMA sont encore plus partie prenante cette année en co-organisant avec l’association une table ronde le 05 octobre consacrée à une réflexion sur les ciné-clubs : « DE QUOI LES CINE-CLUBS SONT-ILS LE NOM ? » Avec la participation de Léo Souillès-Debats, historien de cinéma. Cet événement se déroulera à l’Ecole Normale Supérieure – ENS le samedi 05 octobre à 14h45 rue d’Ulm 75005 Paris Pour les participants, la table-ronde sera suivie de la projection du film « La famille Asada » de Ryota Nakano. Pour des questions d’organisation, une inscription préalable est nécessaire. Merci de nous écrire à l’adresse suivante : rencontres@cineclubs-interfilm.com
Le Festival quant à lui se déroulera du 28 SEPTEMBRE AU 12 OCTOBRE : Thème 2024 « Autant en rire ! » Soit, la comédie sociale en 16 films de 9 nationalités, 10 lieux culturels du 14ème, évoquant les différences sociales, la famille, le monde du travail, le pouvoir de l’argent ainsi que la nécessaire résistance face à l’adversité.
Le FILM FRANÇAIS a informé par un tweet du 19 septembre du lancement de l’appel à film du FIFOI – Festival International du Film de l’Océan Indien – pour sa seconde édition. L a première édition du Festival international du film de l’Océan Indien s’est déroulée en avril 2024 à l’Île de La Réunion. « Porté par l’association Hors Champs Réunion, sur l’initiative de France Télévisions, le FIFOI est le 3e et dernier Festival du groupe France Télévisions en outre-mer, après le FIFO en Polynésie et le FIFAC dans les Antilles-Caraïbes, véritables temps forts pour le documentaire. (…) il a vocation à mettre en lumière la création cinématographique née des territoires de l’Océan Indien. Ses rencontres professionnelles [2024],préfiguration du Marché du Film qui sera mis en place dès l’édition 2025, permettront de tisser un nouveau réseau international de professionnel.le.s depuis La Réunion. » Présentation complète sur le site du Festival International du Film de l’Océan Indien Pour les inscriptions de films (clôture le 20/12/2024) Longs métrages ; Courts métrages
Intelligence Artificielle – IA
Observatoire de l’I.A du CNC « Dans un contexte d’essor et de forte médiatisation des applications d’intelligence artificielle (IA) générative, le CNC a décidé de lancer un Observatoire de l’IA afin de mieux comprendre les usages de l’IA et ses impacts réels sur la filière de l’image. Après avoir dressé un premier état des lieux des cas d’usages et des impacts pressentis de l’IA sur la filière dans une étude menée avec Bearing Point dévoilée en mars 2024 et en parallèle du questionnaire diffusé auprès des professionnels, le CNC a également lancé un questionnaire à destination du grand public. » Les points à retenir : – Un degré de connaissance de l’IA encore limité ; – Une inquiétude à l’égard de l’IA qui prédomine, mais moins forte auprès de ceux qui ont déjà expérimenté l’IA ; – Une acceptation de l’IA qui varie fortement en fonction du type d’utilisation.
Sur ce sujet de l’IA, il est à noter que le CESE -Conseil Économique Social et Environnemental – vient de mettre en place une Commission temporaire intitulé « Utilisation de l’intelligence artificielle : quels risques et quelles opportunités ? » 12 citoyens ont intégrés cette Commission temporaire.
Vous pouvez retrouver sur le site du CESE la présentation de cette Commission avec une courte vidéo ainsi qu’une présentation complète de la démarche, la composition de la Commission, et suivre ses travaux. Vous y apprendrez qu’au mois de février se tiendra le sommet mondiale de l’IA (2ème édition, première à Paris). L’objectif du CESE étant bien sûr de pouvoir apporter sa contribution à cette occasion.
Patrimoine
C’est grâce à Philippe Morisson – dont nous vous avions parlé dans la newsletter de mars, notamment car il était intervenu dans l’émission « Autant en emporte l’histoire » du 17 mars sur France Inter : « 1943. Marcel Carné et le tournage des Enfants du paradis » – que nous avons appris une bonne nouvelle : par un retweet de sa part du compte @MarcelPagnol, on annonce la découverte récente de bobines du film disparu de Marcel Pagnol « La Prière aux étoiles ». Pour compléter votre information, vous trouverez via ce lien un sujet de Pierre Lescure dans l’émission « C’est à vous » qui détaille les choses.
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On l’oublie souvent mais le cinéma n’est pas en reste à l’occasion des Journées européennes du matrimoine et du patrimoine qui se sont déroulée les 21 et 22 septembre. Nous paraissons trop tard pour vous faire part de la programmation de ceux du cinéma dont nous savons qu’ils participent. Le patrimoine c’est l’histoire, et nous profitons par ce biais de la newsletter pour vous rappeler que LES RENDEZ-VOUS DE L’HISTOIRE DE BLOIS ont un programme de cinéma conséquent. Le thème de cette année « LA VILLE » (et nous n’oublions pas que l’une de nos associations d‘origine est « Villes et Cinémas » !)
PRENEZ DATE …
Rencontres Culture COFAC 2024 La COFAC rassemble plus de 40 000 associations culturelles au travers de ses 29 fédérations nationales adhérentes les plus représentatives, œuvrant dans les différents champs de la culture tels que : Ie Patrimoine, Ie Spectacle vivant, les Musées, Ie Cinéma, sur tous les territoires, ruraux, urbains et péri-urbains. Nous en sommes membres rappelons-le, nous sommes donc très heureux de vous annoncer que les Rencontres Cultures 2024 vont se tenir en 2024, le 06 décembre au CESE. Les inscriptions sont ouvertes !
Fête du cinéma d’animation 2024 11 au 31 octobre Toutes les infos en cliquant sur l’image 😉
Tweet et retweet…
@truffaut_cinema La Bibliothèque du Cinéma François Truffaut annonce qu’elle célébrera la fête du cinéma d’animation par une exposition immersive autour du storyboard original du film « La Planète sauvage ».
Les choses évoluent dans un contexte où rien n’est tout à fait serein depuis de long mois, puisque le doute persiste toujours pour les festivals quant à leur capacité à avoir lieu en cette période de Jeux Olympiques. En effet, rien n’est plus à craindre pour eux que des possibles annulations de dernière minute imposées par les autorités préfectorales, surtout à un moment où l’on relève le niveau du plan Vigipirate…
Autre problème important pour eux que Cannes a permis de mettre en lumière : la problématique des travailleurs précaires des festivals. Bon nombre de professionnels et d’organisations professionnelles ont pris position pour les défendre, considérant que « les festivals de cinéma, quelle que soit leur taille ou leur retentissement médiatique, sont un élément de la vie et de la circulation de nos films ». En cause la réforme de l’assurance chômage du 01er juillet 2024 qui risque d’accentuer leur précarisation. Il faut préciser que ces travailleurs n’ont pas accès au régime de l’intermittence. Leur demande : « une convention collective adaptée nous permettant d’être embauché au régime de l’intermittence, et que nos métiers soient intégrés à l’annexe 8 du règlement de l’assurance chômage, “qui s’applique aux ouvriers et techniciens engagés par des employeurs du cinéma”, avec 18 mois de rétroactivité. »
D’autres inquiétudes se font jour : Lire l’information sur le site TV5 monde informe de la mobilisation des comédiens de doublage. La filière, riche de talents, qui se consacrent aussi bien au cinéma qu’aux jeux vidéo (entendons par là que le travail des comédiens touche de fait en France un très large public, dont l’article rappelle qu’il est très attaché à ces voix, connues souvent de lui depuis la petite enfance), est inquiète de l’utilisation possiblement dommageable de l’Intelligence Artificielle dans le domaine. L’article informe que le résultat des négociations entre les studios et le syndicat américain des acteurs SAG-AFTRA a abouti à l’abandon par les acteurs du consentement, ou non, d’être doublé par l’IA. La crainte grandit d’autant plus pour les professionnels du doublage que les sociétés commerciales de l’IA « sont en train de contractualiser directement avec Hollywood ». Mais aussi, les organisations professionnelles de l’audiovisuel interpellent sur les difficultés rencontrées dans le cadre de négociations salariales, ouvertes depuis janvier, mais qui, malgré la signature d’un avenant, n’ont visiblement pas permis l’écoute et l’apaisement nécessaires.
De même « 7 000 artistes-interprètes signent une tribune pour réclamer une juste rémunération sur le streaming audiovisuel proportionnelle au succès de l’œuvre ». La législation française demandait aux parties prenantes de négocier un accord. Trois ans après, rien n’a évolué, d’où cette tribune. Lire la tribune sur le site de l’ADAMI
Bien entendu, il ne nous appartient ici pas de montrer du doigt tel ou tel, mais il faut attirer le regard vers ces tensions, car elles auront à termes des impacts sur la création, la diffusion, la qualité des films et des programmes.
Dans le contexte, la prise de conscience grâce aux mobilisations contre les violences et harcèlement sexistes et sexuels (VHSS) permet que les choses bougent, comme le montre notamment la création à l’Assemblée Nationale de la commission d’enquête relative à la situation des mineurs dans les industries du cinéma, du spectacle vivant et de la mode, et la signature de deux avenants à la convention collective visant la prévention des VHSS et encadrant les conditions d’engagement des mineurs. Cela donne l’espoir de voir toutes ces violences, sinon éliminées, au moins pénalisées.
Sur les conditions d’exercice plus largement, chaque spectateur, chaque responsable politique ou associatif doit voir conscience de l’importance du soutien à un ensemble où prennent part tant les professionnels que les bénévoles, tant le public que le privé (en témoignent entre autres les mobilisations pour le maintien de salles sur le territoire, à l’image de l’ASCCC – Association des Spectateurs des Cinémas le Club et le Centre – à Gap, ou encore à Pompignac où la Mairie et l’association Anamorphose œuvrent à sauver le cinéma). On ne peut qu’appeler au maintien des équilibres, car c’est en grande partie grâce à cela que nous pouvons dans notre pays nous enorgueillir de cette richesse d’engagement, de la part des bénévoles comme des professionnels, au profit notamment de la culture, par tous, pour tous et partout.