APRÈS UN PARCOURS INEDIT EN SALLES,
LE FILM AUZAT L’AUVERGNAT
(RECOMMANDÉ « ART ET ESSAI » PAR L’AFCAE)
(RECOMMANDÉ « ART ET ESSAI » PAR L’AFCAE)

Ce film danois de Gustave Möller fut assurément la meilleure surprise de l’été. L’histoire est celle d’un policier, solitaire et rustre, travaillant au central des urgences téléphoniques. Recevant l’appel d’une femme en détresse qui vient d’être kidnappée, il fait appel à son sens de la déduction et à son intuition pour tenter de la localiser. Le spectateur apprendra en même temps que lui que les apparences peuvent s’avérer trompeuses.
Pour son premier film, le réalisateur signe là un huis-clos captivant, respectant l’unité de lieu et de temps, qui va crescendo et qui repose sur son interprète principal – Jakob Cerdegren – parfait en policier combattant ses propres démons et qui veut se racheter après une bavure. Toutes les émotions passent sur le visage buriné et très expressif du comédien.
En dépit de quelques invraisemblances scénaristiques, ce suspense psychologique rappelle que la suggestion, qui naît de l’économie de moyens, peut s’avérer tout aussi efficace que la surenchère d’effets.
Cet exercice de style prenant évoque, sans le copier,oTrente minutes de sursis, le premier film de Sydney Pollack.

Un peu dubitatif face au cinéma de Quentin Dupieux, je dois reconnaître à ce cinéaste d’avoir malgré tout un univers bien à lui.
Son dernier film – Réalités – semblait plus abouti que ses œuvres précédentes et son nouvel opus « Au poste » promettait d’être engageant.
Du reste, cela commence plutôt bien et l’interrogatoire mené par Benoît Poelvoorde (plutôt sobre) sur un crime, ne manque pas de quelques bonnes réparties.
Certains détails physiques des personnages surprennent comme le flic borgne, la fumée de cigarette qui s’échappe du ventre de Poelvoorde. On pense évidemment plus au cinéma de Blier qu’à celui de Claude Miller, mais faute d’un scénario solide, l’histoire finit par s’enliser au bout de 40 minutes, pour paraitre ensuite interminable : ce qui est une gageure pour un film durant 1h13 !
Le final très convenu (des acteurs sur scène face au public) n’est pas franchement convaincant.
L’interprétation, trop à l’aise, de Grégoire Ludig en suspect, manque de relief. On imagine comment un comédien tel qu’Edouard Baer aurait pu transcender ce personnage énigmatique.
Bref, ni la mise en scène un peu paresseuse, ni son scénario confus permettent à ce pastiche très référencé et plutôt morbide, de décoller, malgré de bonnes idées pour le moins surréalistes, ici et là.
Michel Senna

Une comédie romantique « sénior » qui ne fait pas dans la dentelle mais qui vaut le détour pour les prestations savoureuses de ses héroïnes : Jane Fonda, Diane Keaton, Candice Bergen et Mary Steenburgen, qui incarnent quatre amies de longue date qui se réunissent toutes les semaines dans le cadre de leur club de lecture. La découverte de 50 nuances de grey va provoquer quelques remous dans la vie de certaines d’entre elles.
La mordante Vivian (Jane) qui refuse de s’investir dans une relation durable va renouer avec l’un de ses anciens amants joué par Don Johnson. Carol (Mary) essaie de réveiller son mari un rien désabusé depuis sa mise à la retraite, Diane (Diane) une veuve essaie de s’affranchir de ses enfants et redécouvre l’amour et Sharon (Candice), une juge, qui sur les conseils de ses deux amies s’inscrit sur des sites de rencontres.
Cette comédie de Bill Holderman bénéficie de dialogues percutants même si les situations, drôles ou scabreuses, sont surtout très convenues.
Le spectateur aura néanmoins la surprise de revoir Richard Dreyfuss et Andy Garcia. Un film gentiment formaté pour un vaste public américain, qui évoque certaines séries à succès. Dommage que ces comédiennes si talentueuses n’aient pas été réunies autour d’un meilleur scénario.
Michel Senna


Le meilleur western depuis Impitoyable nous dit-on sur l’affiche pour qualifier ce film réalisé par Scott Cooper. Il est clair que ce dernier connaît ses classiques dont on reconnaît l’inspiration un peu insistante, ici et là. Christian Bale y incarne un capitaine de cavalerie, rompu au combat contre les indiens, qui se voit confier une mission qui le dégoûte. Escorter un chef indien mourant et sa famille vers leur terre tribales d’origine, dans le Montana. Chemin faisant, l’homme s’humanise.
Cette trame assez schématique est alourdie par la dimension introspective des personnage rébarbative, par le jeu trop inexpressif de Christian Bale et par une musique plombante trop envahissante. Jouant trop sur la corde mélodramatique et se voulant toujours profond, le film finit par ennuyer là où il cherche à émouvoir. Même s’il reprend les codes du genre, Hostiles, par son aspect minimaliste et rugueux, fait plus penser à The Revenant qu’à Impitoyable. Du reste, les grands espaces filmés (ou numérisés) ne semblent jamais ancrés dans un réel tangible.
Reste quelques séquences de fusillade fort bien réalisées, un final à l’ironie grinçante et une bonne prestation, mais ce n’est pas une surprise, de Rosamund Pïke en jeune femme traumatisée qui apprendra à regarder les indiens différemment. C’est beau et gentiment moraliste, mais on a quand même bien du mal à croire aux revirements des deux protagonistes principaux.
Michel Senna
Après avoir joué dans un certain nombre de film Indé, dont le charmant Frances Ha, Greta Gerwig passe derrière la caméra et signe cette chronique largement auto-biographique, qui raconte un moment charnière de la vie d’une jeune fille de 17 ans vivant à Sacramento au début des années 2000.