Archives pour la catégorie Le film du mois – Archives

« L’autre coté de l’espoir »

Le nouveau film du cinéaste finlandais, Aki Kaurismaki a d’ailleurs annoncé que ce serait son dernier film…

« Citoyen d’honneur » de Mariano Cohn et Gaston Duprat

 

Un Prix Nobel de littérature un peu blasé, vivant à Barcelone, répond à une invitation de sa ville natale « Salas » en Argentine, qui souhaite l’élire citoyen d’honneur.
Revenu au pays, il y croise une galerie de personnages pour le moins pittoresques mais, la nostalgie a vite un goût amer et son pèlerinage se transforme en une sorte de cauchemar éveillé. Les réalisateurs argentins Ariano Cohn et Gastón Duprat explorent les travers de la nature humaine et se livrent à un jeu de massacre dans leur description très féroce d’une communauté villageoise perdue dans la pampa. Leur mise en scène, un peu trop statique, est rehaussée par la qualité de l’interprétation. Au milieu d’un casting fait de tronches incroyables, Oscar Martinez incarne avec brio ce romancier plutôt franc et un peu élitiste qui va susciter des sentiments pour le moins contrastés chez les villageois. Une œuvre grinçante et angoissante qui rappelle un peu le cinéma de Dino Risi ou d’Ettore Scola. 

Michel Senna  

« Lumière, l’aventure commence « 

indexUn film de Thierry Fremeau, directeur artistique de l’Institut Lumière de Lyon, au côté du président Bertrand Tavernier.

Thierry Fremeau assure aussi la sélection du Festival de Cannes.

Jackie

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Loin d’être un biopic de plus sur une personnalité sur laquelle il a été déjà tant dit, écrit et montré, ce film, plutôt bien fait, nous montre comment Jackie Kennedy a du surmonter une terrible épreuve et gérer les obsèques nationales de son mari assassiné. Étonnamment, l’affiche assez neutre, ne laisse pas présager du ton austère de ce drame psychologique. Œuvre intense que d’aucuns ont qualifié de glacée, « Jackie » bénéficie d’une narration plutôt habile et d’une mise en scène à la fois classique et intimiste de Pablo Larrain qui filme son héroïne à la perfection. La bande originale faite d’accords prolongés un peu dissonant contribue à installer un climat assez mortifère.
Nathalie Portman s’avère brillante dans son interprétation et sans forcer le trait elle joue avec justesse cette Première Dame tour à tour meurtrie, hagarde, humiliée, esseulée, mais aussi implacable face au journaliste venu l’interviewer, courageuse et soucieuse du protocole. A noter également la présence du regretté John Hurt dans l’un de ses derniers rôles, en l’occurrence un prêtre un rien philosophe avec lequel Jackie Kennedy peut converser librement. 
Un sujet sans doute un peu limité mais fort bien traité.

La La Land

sans-titreCertains films bénéficient d’une aura et d’une quasi unanimité de la presse au moment de leur sortie qu’on ose à peine manifester un quelconque désaccord. « Impossible de ne pas aimer ce film » est-il mentionné sur certaines affiches promotionnelles pour bien marteler le fait qu’on est face à un chef d’œuvre du genre, dont le succès populaire et l’avalanche de prix attestent forcément le talent. Et Pourtant, j’ose le dire, Lala Land annoncé comme « La » comédie musicale, tient assez peu ses promesses. 
Pour bien montrer qu’il n’y a pas de tromperie sur la marchandise, le film débute par un assez long plan séquence mêlant chant et danse, tourné sur une bretelle d’autoroute de Los Angeles, sorte de clip multiculturel. Passé cette scène d’ouverture un peu épuisante et plutôt décorrélée du reste du récit, l’aspect comédie musicale s’étiole assez vite pour raconter une histoire d’amour contrariée entre deux artistes, un pianiste de jazz et une apprentie comédienne, qui s’aimeront, s’épauleront et essaieront de ne pas trop faire de concessions dans leurs vies. Un scénario assez faiblard qui ne tarde pas à devenir gentiment ennuyeux.
On peut se demander si le choix de Ryan Gosling au jeu un peu falot et celui d’Emma Stone, ici dans l’émotion forcée, était vraiment approprié, d’autant que malgré leur bonne volonté, il manque aux deux comédiens une certaine grâce dans les rares moments chorégraphiés, qui tombent d’ailleurs toujours un peu comme un cheveu sur la soupe. On peut aussi regretter l’absence de seconds rôles intéressants à l’exception de l’amusant JK Simmons qui incarne le patron d’une boite de nuit. Privilégiant une sensiblerie un peu factice au détriment de la légèreté et de la drôlerie, Lala Land est nullement truculent, même si parfois on peut sentir l’esprit de Woody Allen planer ici et là.
Reste quand même une mise en scène soignée, de belles vues en Cinemascope de la terne Los Angeles, un goût assumé pour le rétro « coloré » et la confirmation de l’intérêt que porte Damien Chazelle, l’habile réalisateur, au monde du jazz depuis Whiplash, son précèdent opus, bien plus prenant.
Michel Senna

Le divan de Staline

Gérard Depardieu dirigé par Fanny Ardant…