Tous les articles par Daniel Richard

Confinés : On s’fait une toile ?

brefÀ l’heure de ce confinement général obligé, « Bref le meilleur du court métrage » pense aussi aux plus jeunes, particulièrement susceptibles de tourner comme des lionceaux en cage alors qu’un éclatant soleil brille à l’extérieur.
Mais comme le seul mot d’ordre qui vaille est de surtout rester chez soi, ce site propose spécialement, à l’attention des enfants comme des plus grands, de visionner en totale gratuité, pour les 2 ) semaines qui viennent, 6 courts métrages des plus variés.
Avec de l’animation, du burlesque et de la musique, mais aussi des documents pédagogiques à télécharger, comprenant même des pistes d’ateliers pratiques.

 

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Des cinémas indépendants -tel le cinéma Les Carmes d’Orléans- proposent en partenariat avec LA TOILE, de (re)-découvrir sur n’importe quel terminal (ordinateur, tablette, voire même téléphone…🖥📲) une sélection de films liés à la programmation de son cinéma.

Notez bien que LA TOILE est la seule plate-forme qui rémunère les cinémas.

Les cinémas participants
L’ensemble des films proposés
et par exemple : la sélection du cinéma Les Carmes

 

 

Dis c’est quoi… la vie d’un film avant sa projection

A la base, se trouve le producteur, à l’autre bout, la salle de cinéma, et, aujourd’hui en bout de course le maillon fondamental vidéo /DVD très rentable économiquement, puis les télévisions. Le producteur finance le film avec de nombreux coproducteurs (chaînes TV, Sofica*, banques…), souvent pour les premiers films, le CNC accorde une « avance sur recette »(de 15 000 à 300 000 euros) sur lecture du scénario. Le distributeur s’occupe essentiellement de la logistique de la distribution (nombre de copies, ciblage, communication… ).
La salle de cinéma indépendante négocie le film avec le distributeur.
En ce qui concerne la plupart des multiplexes, tout est concentré dans les mains de programmateurs parisiens qui peuvent peser aussi sur la vie et la mort des films en fonction du seul critère de rentabilité.

La Ferme du Buisson, entre patrimoine et innovation

Rouvert en novembre dernier après presque 6 ans de travaux d’extension et de rénovation, le cinéma de La Ferme du Buisson a retrouvé ses deux salles tout en proposant des nouveaux espaces à son public. Le tout imaginé par l’architecte Farid Azib (cabinet Randja) en cohérence avec le cadre historique du lieu, classé aux Monuments historiques.

Noisiel, en Seine-et-Marne. Transformée en centre culturel à partir du début des années 1980, la Ferme du Buisson accueille en son sein trois pôles culturels (avec un abonnement commun et des passerelles entre les différentes programmations) : une scène nationale, un centre d’art et un cinéma qui vient de subir une importante transformation. Ce chantier a permis à l’établissement dirigé par Dominique Toulat d’offrir plus de confort à ses spectateurs dans ses deux salles qui peuvent accueillir respectivement 261 personnes (avec 7 places PMR) et 125 spectateurs (dont 4 places PMR). « En termes de jauge, nous n’avons que quelques fauteuils de moins qu’avant dans la petite salle. Nous avons avant tout reconfiguré les lieux : certains rangs étaient par exemple trop près de l’écran. La capacité d’accueil de la grande salle est plus importante et elle dispose désormais d’un écran de 13 m de base, détaille-t-il. Avant, les multiplexes communiquaient beaucoup sur la notion de confort alors que les salles Art et Essai privilégiaient la programmation. Mais les exigences du public ont évolué, ce besoin de confort existe, quelles que soient les œuvres qu’on vient voir. Le choix du film n’est pas le seul travail du programmateur, il y a également l’accompagnement, les rencontres régulières avec les cinéastes, la façon dont les spectateurs sont accueillis, les expériences qui leur sont proposées ».

 Un lieu pour les « pratiques du cinéma »

Proposant déjà deux salles avant cette rénovation et cette extension – la grande salle a été déplacée dans un nouveau bâtiment, laissant son ancienne place à la petite salle -, le cinéma de la Ferme du Buisson ne compte pas changer son identité. Classé Art et Essai et labellisé « Recherche & découverte », « Jeune public » et « Patrimoine & répertoire », l’établissement va conserver sa programmation « ouverte sur le monde » et les films européens. Le vrai changement est à chercher du côté des espaces proposés au public.

Lire la suite sur le site du CNC

Découvrir la ferme du Buisson

 

 

Dis c’est quoi… un cinéma Art et Essai

Très souvent lorsque l’on va « au cinéma » on indique indifféremment que l’on va voir un film ou que l’on va dans un lieu. Ne pas faire la distinction entre le lieu et le film n’est pas bien grave… sauf lorsqu’il s’agit d’Art et Essai car la différence est énorme.
Un cinéma « Art et essai » est un cinéma qui sur ses écrans propose essentiellement des films ayant reçu le label « art et essai ».
Pour obtenir le label « Art et Essai » -attribué par le CNC- un cinéma doit répondre à de nombreux critères tels que la politique d’animation ; la qualité de l’information auprès des publics ; le travail à l’égard du jeune public ; l’organisation de soirées thématiques et de festivals ; le nombre d’œuvres cinématographiques d’art et d’essai programmées ; la diversité de la programmation…
En France ces cinémas représentent 57,8 % du nombre de cinémas (1 179 cinémas), 42 % des écrans (2 525) et totalisent 32,7 % des entrées. Ce sont souvent des cinémas ayant en moyenne 2 écrans.

Source : géographie du cinéma – CNC – 09/2019

Une exposition à voir à Paris : « Du cinéma au septième art, les films Pathé dans les années 1920 ».

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé* – 73, avenue des Gobelins 75013 Paris – propose jusqu’au 29 février 2020 cette exposition fort intéressante qui pose la question de la perméabilité entre deux démarches, celles d’une production commerciale et celle de la recherche d’une nouvelle grammaire cinématographique. Elle rassemble des documents iconographiques originaux, pour la plupart inédits.

« Au cours des années 1920, le cinéma évolue considérablement. Alors que la production américaine est devenue incontournable après la guerre, portant à l’affiche des stars dans des films policiers, des mélodrames et des séries comique, Pathé crée son propre modèle en produisant des films à épisodes adaptés de la littérature et des feuilletons. L’aventure, l’action, la vengeance et l’honneur animent leurs héros. Ainsi, Les Trois Mousquetaires, Les Misérables et Mandrin permettent de sortir de la crise et de renouer avec un cinéma populaire.

Ces films commerciaux s’inscrivent dans un contexte où le cinéma est pensé comme une forme nouvelle d’écriture. A côté des films à épisodes, tournés sous l’égide des Cinéromans par des metteurs en scènes comme Jean Kemm et Henri Fescourt, certains, Abel Gance et Germaine Dulac notamment, choisissent des scénarios spécialement conçus pour l’écran. Ils appartiennent à une avant-garde pour laquelle l’expression de Septième art est bientôt créée. Recherchant des formes nouvelles de narration, expérimentant les cadrages, créant des rythmes, dépeignant l’émotion des personnages grâce au montage, ils s’appuient notamment sur une technique plus légère. Qu’ils répondent à des objectifs commerciaux ou à des commandes de mécènes, qu’ils s’inscrivent, comme René Clair, dans une démarche de provocation ou qu’ils proposent de « bonnes histoires » au public, ces différentes approches ont en commun d’utiliser une technologie au service d’une écriture réinventée. Le Pathé-Baby et du Pathé-Rural, les formats réduits destinés aux amateurs et à la petite exploitation, prolonge la diffusion de ces films jusqu’à l’aube du parlant. »

* Reconnue d’utilité publique le 9 mai 2006, cette fondation œuvre à la conservation et à la mise à disposition du public du patrimoine historique de Pathé. Regroupant l’ensemble des collections non-film de Pathé depuis sa création en 1896, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé est un centre de recherche destiné aux historiens, aux enseignants et aux étudiants, ainsi qu’à tous ceux qu’intéresse le cinéma. Par son activité, elle œuvre à la promotion de l’histoire du cinéma à travers l’histoire de Pathé. L’exceptionnel fonds d’archives de la Fondation, régulièrement enrichi par de nouvelles acquisitions, regroupe plusieurs collections. Elles comprennent un riche ensemble de matériel iconographique et publicitaire, des documents imprimés, des appareils et des accessoires cinématographiques, des objets, une bibliothèque d’ouvrages et de périodiques, ainsi que les archives administratives et juridique de Pathé depuis sa création. A ce jour, le catalogue Pathé se compose de plus de 10 000 films dont 9 000 films muets.

Dis, c’est quoi… les « grands groupes » de cinéma ?

Dans notre jargon on parle de cinéma (le lieu) et d’écran (la salle).
En France il y a 2 040 cinémas et 5 982 écrans. Mais ce sont seulement 3 groupes qui se partagent plus de 50 % des spectateurs alors qu’ils n’ont que 8 % des cinémas et 32 % des écrans.
Leur politique de programmation est bien sûr décidée en très…très…très grande partie par des programmateurs nationaux en fonction, essentiellement, d’une rentabilité commerciale assurée. Compte tenu du nombre de spectateurs qu’ils attirent rares sont les distributeurs de films qui leur refusent quelque chose… au détriment des cinémas indépendants.

Pathé (enseignes Pathé et Gaumont) = 69 cinémas et 793 écrans ;
UGC (Union générale cinématographique) = 40 cinémas et 426 écrans ;
CGR (Circuit Georges Raymond) = 72 cinéma et 686 écrans.
Source : géographie du Cinéma – C.N.C – 09/2019

« Pour des états généraux du cinéma indépendant et de la diversité »

Dans le cadre de la 7e plateforme professionnelle de Cinéma du réel (du 17 au 20 mars), le Forum public accueille cet événement réunissant toute la profession, organisé par l’ACID, l’AFC, l’AFCAE, le Cinéma du Réel, le DIRE, le GNCR, le SCARE, le SDI, le SPI et la SRF. Le mardi 17 mars au Forum des images, syndicats et associations œuvrant pour l’indépendance du cinéma se mobilisent pour rappeler leur engagement à faire émerger des films ambitieux, défendre un système qui permet à tous d’exister et rappeler aux pouvoirs publics leur rôle de régulateur.

http://www.art-et-essai.org/actualites/1166162/pour-des-etats-generaux-du-cinema-independant-et-de-la-diversite

 

Dis, c’est quoi… l’exploitant indépendant ?

L’exploitant indépendant ne dépend que de lui même. Il a un seul but : arriver à faire ce qu’il veut faire ! Pour cela il cherche toujours à mettre en adéquation la logique de la satisfaction de son public et la logique commerciale. Il exploite souvent un cinéma avec peu de salles, labellisé Art et Essai, et accepte de programmer des films que nous ne verrions pas ailleurs. Contrairement aux grands groupes il décide de sa programmation pas uniquement en fonction d’une rentabilité commerciale assurée.

 

Cette rubrique « Dis c’est quoi »  nous permet -en peu de mots- de donner une,  ou plutôt notre,  définition d’un terme lié à nos champs d’activité.
Nous la voulons collaborative… alors n’hésitez pas à nous soumettre vos questions. Nous y répondrons à notre manière.