HHhH

HHhH : un film de Cédric Jiménez

La mode est décidément aux biopics et tous les sujets historiques semblent de bons prétextes à faire un film.
Adaptant le roman de Laurent Binet, les scénaristes ont du penser qu’il était nécessaire que les spectateurs
connaissent de façon plus « intime » Reinhard Heydrich, l’un des pires criminels nazi, bras droit d’Himmler, un homme pratique et parfaitement inhumain, surnommé « le boucher de Prague « et qui entre autres, a mis en place la solution finale.
On assiste à son renvoi humiliant de l’armée au temps de l’ancien régime, puis à sa percée, grâce à son épouse, dans les rangs du parti nazi. L’homme fonde une gentille petite famille et parallèlement, prend du galon et fait massacrer à tout va, sans sourciller, à commencer par les SA devenus gênants pour Hitler.
Ensuite, changement de décor, on suit les aventures tragico-sentimentales, et pas toujours crédibles, de deux soldats tchécoslovaques infiltrés à Prague, et qui ont pour mission de tuer Heydrich. 
Autant dire que la structure bancale du film pose vite un problème. Il aurait fallu choisir entre le biopic et le film de guerre relatant une mission suicide, inspirée de faits réels. En outre, les deux jeunes comédiens ne font pas vraiment le poids par rapport à la prestation de Jason Clarke qui avec son air faussement calme, sa tête au carré et ses yeux bleus acier, en impose, même s’il ne dit pas grand chose. Rosamund Pike s’en sort très bien dans un rôle un peu ingrat, car déterminant au début et beaucoup moins ensuite.
La réalisation du français Cédric Jimenez est efficace et certaines séquences d’action sont prenantes, telle la fusillade finale dans l’église . Dommage qu’une certaine esthétique morbide, un peu complaisante, vienne parasiter certaines scènes. 
On y voit beaucoup d’images crues de massacres de civils, de suicides de résistants, quelque soit leur âge ou leur sexe, mais on a bien du mal à cerner les intentions de l’auteur. En dépit de certaines qualités évidentes ce film souffre surtout de son hésitation entre deux genres.

Michel Senna     

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