L’Amant double

Le dernier film de Ozon porte incontestablement la griffe du réalisateur-scénariste tant par les thèmes traités – la quête d’une vérité à travers un jeu de miroir déformant, entre réalité et fantasme – que par sa mise en scène inspirée, méticuleuse et inventive notamment dans la façon de filmer les face à face entre l’héroïne, Chloé, une jeune femme névrosée et son psychiatre. La jeune femme découvre l’existence d’un frère jumeau de Paul, également psychiatre et se perd dans un jeu amoureux avec les deux pôles d’un même « amant ». Dans sa quête pour savoir les raisons qui poussent ces deux frères à s’ignorer totalement, Chloé fait alors d’étranges découvertes. 
L’amant double multiplie les références de David Cronenberg dont il s’inspire pour le côté organique autant que Polanski pour l’aspect paranoïaque et son climat sulfureux. Toutes ces clins d’œil sont plutôt bienvenus, dommage qu’une fois passée la première heure, l’histoire devienne de plus en plus hermétique jusqu’à son final dont j’avoue ne pas avoir bien compris le sens.
Quasiment de tous les plans, Martina Vacht est captivante dans la peau de ce personnage un peu vide et dont fragilité et la beauté froide renvoient à celles d’Isabelle Adjani à sa grande époque. Jérémie Renier s’acquitte fort bien de son double rôle et on retrouvera avec plaisir Jacqueline Bisset.
Une œuvre audacieuse, parfois crue et dérangeante, mais qui finit par tourner un peu en rond et pécher par son érotisme sans sensualité et son manque de clarté savamment entretenu.

Michel Senna

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