RÉCIDIVE 36
Du 23 au 29 mars 2026, au cinéma Les Carmes à Orleans, « le festival Récidive – une année de cinéma dans l’histoire » proposera sa 5e édition. Après 1940, 1968, 1989 et 1962, Récidive poursuit son voyage cinématographique dans l’histoire pour faire une halte en 1936.
Le 4 juin 1936, Jean Zay, député d’Orléans, devient, à 32 ans, l’un des plus jeunes ministres de la IIIe République en entrant au ministère de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts. C’est évidemment une date qui a compté dans notre choix de l’année 1936 comme millésime de cette nouvelle édition du festival Récidive.
Rappelez-vous ! Il y a six années, et une demie supplémentaire qui a permis à la manifestation de passer de l’automne au printemps, nous étions réunis, si nombreux – plus de trente mille billets vendus –, de manière si fervente, autour de la sélection du premier festival de Cannes, fondé, inventé, mis au point par Jean Zay et son équipe aux Beaux-Arts, qui devait ouvrir en grande pompe le 1 er septembre 1939. La guerre qui commence alors a raison de ce « festival antifasciste », mais pas de la mémoire de Jean Zay et de l’une de ses actions phares puisque 80 ans plus tard Orléans et le cinéma des Carmes accueillaient sa reprise à l’identique, son reeanctment.
Depuis, le festival Récidive a pris le relai et propose plus de 50 films : une large sélection d’œuvres vues cette année-là, des documentaires de et sur ce moment, des avant-premières, des rencontres, des conférences, des tables-rondes, des leçons de cinéma et le Prix Jean Zay, remis par sa fille, Hélène Mouchard-Zay, autre hommage à la figure tutélaire du festival Récidive. Après Amos Gitai, président du jury du « festival Cannes 1939 », Bertrand Tavernier, Costa-Gavras, Marin Karmitz, Margarethe von Trotta, Claire Simon, c’est la cinéaste Dominique Cabrera qui le reçoit cette année, une femme artiste engagée, tant par le documentaire que par la fiction, dans la défense d’un cinéma généreux, actuel, ouvert, qui revisite l’histoire et le présent pour nous faire voir le monde autrement.
1936, c’est le Front Populaire, les mouvements sociaux, les accords de Matignon, la semaine de 40 heures et les congés payés. Pour la première fois, trois femmes participent au gouvernement. C’est aussi le début de la Guerre d’Espagne, le cœur de la grande dépression aux Etats-Unis, la révolte panarabique dans la Palestine mandataire, l’invasion de l’Ethiopie par les troupes de Mussolini et les Jeux Olympiques de Berlin organisé par Hitler, qui annoncent de plus sombres événements.
1936 est aussi une grande année de cinéma. De Jean Renoir à Sacha Guitry en passant par Julien Duvivier, Christian-Jaque et Marcel Carné pour les cinéastes français ; de Charles Chaplin à Douglas Sirk, en passant par Kenji Mizoguchi, Mikio Naruse, Frank Capra, Boris Barnet, Alfred Hitchcock ou George Cukor pour les cinéastes internationaux, l’année nous propose des œuvres fortes, parfois légères et amusantes, et qui, souvent, pressentent les soubresauts à venir, mais toujours racontent leur époque.
Une trentaine d’invité.e.s, chercheur.se.s, critiques, spécialistes, étudiant.e.s, mais aussi réalisateur.ices, toutes et tous cinéphiles passionné.e.s, accompagneront les films, les présenteront, débattront, afin de célébrer cette belle année 1936 dont ce sera le 90 ème anniversaire !
Antoine de Baecque et Michel Ferry