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Cinéma 93

Le réseau de cinémas de la Seine-Saint-Denis organise ses 6éme Journée Professionnelle.

Créée en 1996, Cinémas 93 est l’association des 23 cinémas publics et associatifs de la Seine-Saint-Denis.

Elle œuvre à la diffusion culturelle cinématographique sur ce territoire (programmes pour les tout petits, dispositif d’avant-séances en salle Quartier Libre…) et place l’éducation artistique à l’image au cœur de son projet, avec la coordination de dispositifs départementaux (Collège au cinéma, Ma première séance, École et cinéma L’Art et la Culture au Collège) et l’organisation de journées professionnelles annuelles.

En 2005, Cinémas 93 a étendu ses actions à la création cinématographique, avec la coordination de l’Aide au film court, le dispositif de soutien à la création du Département de la Seine-Saint-Denis. Depuis 2015, elle met en œuvre de L’Atelier, nouveau dispositif d’accompagnement de jeunes cinéastes autodidactes.

Tout savoir sur les « Journées Professionnelles 2018 »  : ici

La région « Centre-Val de Loire » inaugure son septième Cinémobile

Lancé en 1983 par feu la Maison de la Culture d’Orléans comme vecteur de conquête de nouveaux publics à l’échelle du département du Loiret, ce camion-cinéma fut fatal à sa directrice d’alors, qui fut accusée d’ambitions démesurées et dispendieuses. Trente cinq ans plus tard et après quelques vicissitudes techniques et administratives, la région Centre Val de Loire peut aujourd’hui s’enorgueillir de disposer d’un formidable outil de diffusion de la culture cinématographique en milieu rural, en inaugurant ce samedi ce septième Cinémobile régional.

N’en déplaise à quelques mauvais augures d’alors, le premier Cinémobile a rapidement fait la preuve de son utilité en trouvant un public régulier au travers de tournées régulières sur un périmètre qui fut élargi à 46 communes du Centre-Val de Loire, avec un deuxième camion financé par la région, offrant une qualité de projection équivalente aux salles urbaines. Et c’est devenu pour chaque étape de sa tournée, un incontournable lieu de rencontre mensuelle pour les spectateurs (62.000 au total cette année, tous publics confondus, ce qui n’est pas un record…), mais aussi une ouverture à la culture cinématographique pour des jeunes qui ne connaissent souvent l’image que par Youtube ou la télé. Il y a donc aujourd’hui trois camions, gérés et programmés par l’agence Ciclic, qui tournent quotidiennement en région et il a fallu au fil du temps les remplacer et les moderniser notamment avec le passage au numérique, pour arriver aujourd’hui au lancement du numéro 7 (le Carmet 2 pour les chauffeurs), réalisé par la société Toutenkamion de Ladon, spécialisée dans la fabrication de structures mobiles, pour la modique somme d’1 million d’euros tout compris.Il reste que le Cinémobile à sa conception, était pensé comme le fer de lance d’une action culturelle décentralisée que les Maisons de la Culture d’alors s’étaient données comme mission, pas sûr qu’aujourd’hui, la région se donne les moyens d’assurer cette mission de diffusion culturelle élargie…

Il reste que le Cinémobile à sa conception, était pensé comme le fer de lance d’une action culturelle décentralisée que les Maisons de la Culture d’alors s’étaient données comme mission, pas sûr qu’aujourd’hui, la région se donne les moyens d’assurer cette mission de diffusion culturelle élargie…

L’année dernière à Marienbad

Parmi les œuvres cinématographiques d’Alain Resnais, ce huis-clos, qui  fait actuellement l’objet d’une ressortie en salles, occupe une place à part dans la carrière de cinéaste qui signe ici son film le plus hermétique.
L’influence au scénario du romancier et futur metteur en scène Alain Robbe-Grillet n’a pas aidé à la fluidité du récit. L’histoire se résume à peu de choses. Lors d’une soirée mondaine donnée dans un château, un homme du monde courtise la maîtresse des lieux, certain de l’avoir déjà séduite plus tôt.
D’un point de vue purement technique, ce film atteint par moments
des sommets de virtuosité et certains plans, notamment ceux des extérieurs du château, impriment de façon durable la rétine.
Mais tout aussi esthétisant soit-il, L’année dernière à Marienbad a toujours divisé la critique : envoûtant et cérébral pour les uns et ennuyeux et prétentieux pour les autres. La perception de ce film, un peu hors du temps, est donc liée au fait que l’on accepte ou pas le postulat de départ.
Nombreux sont les éléments qui peuvent toutefois décourager le spectateur, qu’il s’agisse de l’orgue déchaîné qui accompagne des mouvements de caméra un peu vains, des scènes de rencontre répétitives avec la voix off du personnage principal (Giorgio Albertazzi) particulièrement crispante. Les dialogues pesants et artificiels et le jeu glacé et détaché des comédiens (Giorgio Albertazzi et Delphine Seyrig) n’arrangent rien.
Malgré tout, on peut toutefois reconnaître à Alain Resnais un goût pour réinventer les codes narratifs du cinéma, mais force est de reconnaître également que cet exercice de style d’une grande froideur ne s’est pas franchement bonifié avec le temps et ce malgré le fait que 1961 soit une année de grands crus !
Michel Senna

AUZAT l’Auvergnat

APRÈS  UN  PARCOURS  INEDIT  EN  SALLES,

LE  FILM   AUZAT L’AUVERGNAT

(RECOMMANDÉ   « ART ET ESSAI  »  PAR  L’AFCAE)

A  PARIS   A  PARTIR  DU  3  OCTOBRE AU  STUDIO  GALANDE

 

UN PROJET 100% RURAL POUR PENSER LA SOCIÉTÉ DE DEMAIN
L’histoire commence en 2016 quand Arnaud Fournier Montgieux fait un pari, celui de faire naître son premier long métrage documentaire, 100% rural, made in Auvergne, contemporain et de le porter sur grand écran. Il est alors convaincu que le monde rural a une richesse humaine qu’il faut prendre le temps de découvrir ou de redécouvrir. Cette richesse il l’a découverte à Auzat.
Passionné par le monde rural, natif du Berry et originaire d’Auvergne, il filme un village de Haute Loire que son grand père filmait déjà dans les années 60, archives à l’appui. Auzat comme tant d’autres villages a connu une mutation sans précédent ces 50 dernières années. Ses habitants ont bien changé. Pourtant l’âme et la richesse du monde rural sont bien là et nous invitent à repenser notre société de demain.
UN PARCOURS INÉDIT EN SALLES DE CINÉMA
Sans aide du CNC et sans subventions régionales pour financer le film, le réalisateur se tourne naturellement vers le nancement participatif via Cocoricauses, plateforme dédiée aux projets qui émanent du monde rural, et reçoit le soutien de la chaîne départementale berrichone Bip TV. D’autres soutiens viendront plus tard, à commencer par Le Conseil départemental du Puy-de-Dôme qui organise une exposition autour du monde rural en 2017.
Le film se fraie alors son propre chemin. Sa route croise celle de passionnés de cinéma, de documentaire, de la terre et des hommes. L’accueil du public est tel, qu’une sortie salle est programmée au printemps 2018. Le film parcourt alors lentement mais sûrement l’ensemble du territoire français où plus de 5000 spectateurs l’ont déjà découvert sur grand écran. Et Auzat l’Auvergnat est désormais recommandé «Art et Essai» par l’AFCAE arrive dans la capitale où il sera programmé à partir du 3 octobre au Studio Galande.
Et déjà plus de 30 salles prévoient de projeter le film d’ici la fin de l’année, dans les villes comme à Mulhouse, Lyon, Tourcoing et les villages comme Brides-les-Bains, Le Vernet La Varenne.

THE GUILTY

Ce film danois de Gustave Möller fut assurément la meilleure surprise de l’été. L’histoire est celle d’un policier, solitaire et rustre, travaillant au central des urgences téléphoniques. Recevant l’appel d’une femme en détresse qui vient d’être kidnappée, il fait appel à son sens de la déduction et à son intuition pour tenter de la localiser. Le spectateur apprendra en même temps que lui que les apparences peuvent s’avérer trompeuses.
Pour son premier film, le réalisateur signe là un huis-clos captivant, respectant l’unité de lieu et de temps, qui va crescendo et qui repose sur son interprète principal – Jakob Cerdegren – parfait en policier combattant ses propres démons et qui veut se racheter après une bavure. Toutes les émotions passent sur le visage buriné et très expressif du comédien.
En dépit de quelques invraisemblances scénaristiques, ce suspense psychologique rappelle que la suggestion, qui naît de l’économie de moyens, peut s’avérer tout aussi efficace que la surenchère d’effets.
Cet exercice de style prenant évoque, sans le copier,oTrente minutes de sursis, le premier film de Sydney Pollack.

Michel Senna

Tout savoir sur la nouvelle chronologie des médias

Vers une signature de l’accord le 6 septembre ?

Françoise Nyssen a plaidé auprès de toutes les parties pour signer ce texte qui présente de réelles avancées en comparaison au texte actuel. Elle a aussi rappelé la nécessité d’envoyer un signal positif aussi bien au plan européen qu’à l’égard du parlement sur la capacité du secteur à s’organiser et le fait qu’il était préférable d’éviter qu’un tel sujet soit traité au parlement français, lors de la transposition de la directive SMA dans le projet de loi sur l’audiovisuel en 2019.

Plusieurs organisations et diffuseurs ont donné leur accord
pour une signature ce 6 septembre, d’autres doivent revenir vers leurs instances, et deux se sont prononcées contre. 

Se sont prononcés en faveur d’une signature : TF1, M6, France
Télévisions, Arte, OCS (avec un renouvellement de son accord actuel dans les mêmes conditions) pour les diffuseurs, le Spi pour les producteurs, la SACD (pour qui si le texte n’est pas parfait, il est bien mieux que celui en cours actuellement) et la SCAM côté auteurs. D’autres organisations professionnelles doivent revenir vers
leurs instances, certaines étant assez favorables, dont DIRE, le SDI, ou l’ARP. Si Canal+ signait, le diffuseur le ferait avec un renouvellement de son accord actuel dans les mêmes conditions que celui en cours.

Les deux organisations de la vidéo ont exprimé un avis défavorable : le SEVN et le Sevad. 

RESUME DES EVOLUTIONS PAR RAPPORT A L’ACCORD DE 2009
Rappelons que  ce texte  prévoit les évolutions suivantes :
– Un avancement général des fenêtres,
– Un dégel des droits VOD pour une exploitation suivie en ligne, un prolongement des accords de Canal+ et d’OCS avec le cinéma français dans les conditions actuels jusqu’à la mi-2021,
– Une meilleure insertion des acteurs de SVOD, qui accepteraient une sortie en salle des films évidemment, en fonction du caractère vertueux de leur engagement notamment, avec trois niveaux de fenêtres.
Il introduit en outre une vraie dérogation pour l’exploitation des films en vidéo, avec une fenêtre salle qui reste à 4 mois, et une dérogation à 3 mois pour les films ayant réalisé 100 000 entrées en cumul en 4e semaine (soit 68% des films).
Il permet la prolongation des accords conclus par Canal+ avec le cinéma français dans les conditions actuelles jusqu’à septembre 2021, évitant pour le 7e Art, selon les tenants de l’accord, de rouvrir une négociation incertaine avec le diffuseur. Cet
accord arriverait sinon à échéance fin 2019.
Il permet aussi de proroger l’accord avec OCS, sachant que l’actuel arriverait, lui, à échéance fin 2018.
Pour les chaînes gratuites, il insère des durées d’exclusivités précises (ce qui n’était pas le cas dans l’accord actuellement en vigueur). Il introduit aussi une fenêtre en clair avancée à 19 mois pour les films coproduits par des chaînes en clair mais non préachetés par Canal+ ou OCS.
Il introduit une souplesse pour les documentaires et les fictions de 1,5M€ maximum.
Les premiers, souvent liés à l’actualité, pourront être diffusés dés 12 mois sur une chaîne gratuite s’ils n’ont pas fait l’objet d’achat d’une chaîne payante. Idem pour les films de fiction à petit budget qui, sans achat ou préachat de chaînes payantes, pourront être diffusés en clair dès 17 mois.
Enfin, contrairement au précédent accord, il pourra être amené à être modifié plus facilement, le texte prévoyant une clause dite de « revoyure » dans 1 an et demi et l’arrêté d’extension sera limité à trois ans.

RAPPEL DES DELAIS 
Salle et vidéo
Après la sortie en salle d’un film, l’accord prévoit un délai vidéo (physique et dématérialisée à l’acte) à 4 mois, avec une possibilité de dérogation à 3 mois pour les films qui ont réalisé au plus 100 000 entrées à l’issue de la 4e semaine. Ce seuil
correspond à 68% des films.
Pour les exploitations en vidéo à la demande à l’acte, l’accord prévoit le dégel des fenêtres de diffusion TV.
Télévisions payantes
Pour la 1ère fenêtre de diffusion payante à la télévision, le délai de diffusion est avancé à 8 mois après la sortie salle (contre 10 mois aujourd’hui pour Canal+ et OCS) et à 6 mois pour les films ayant fait l’objet d’une dérogation vidéo.
Pour la 2e fenêtre payante, le délai de diffusion est avancé à 17 mois et 15 mois pour les films avec dérogation.
La durée d’exclusivité de la 1ère fenêtre est expressément limitée à 9 mois. Celle de la 2e fenêtre payante est limitée à 5 mois.
Service de vidéo à la demande par abonnement
Trois régimes sont prévus pour les plateformes, qui ne peuvent aujourd’hui diffuser un long métrage qu’à partir de 36 mois après leur sortie en salle.
1/Pour les plateformes respectant la législation française, ayant conclu une convention avec le CSA et qui négocieraient un accord avec les organisations du cinéma prévoyant notamment un minimum garanti par abonné, une clause de diversité pour ses investissements, et un engagement en préachat de films, le délai
de diffusion d’un film débuterait à 17 mois, ou à 15 mois pour les films ayant obtenu une dérogation vidéo.
2/ Pour les plateformes de vidéo à la demande par abonnement qui s’engageraient au sens de l’actuel décret SMA – sans préachat, ni MG par abonné, ni clause de diversité notamment –, le délai serait ramené à 30 mois ou 28 mois pour les films avec dérogation.
3/ Enfin, pour les plateformes qui ne s’engageraient pas, le délai de diffusion des films demeurerait à 36 mois après la sortie salle, et 34 mois pour les films ayant obtenu une dérogation vidéo.
Télévisions en clair
Pour les chaînes en clair coproductrices (qui investissent 3,2% de leur CA dans le cinéma français et européen), le délai de diffusion est fixé à 22 mois (comme aujourd’hui mais avec le jeu des 2e fenêtres ce délai était souvent dans les faits à 28 mois), et de 20 mois pour les films ayant eu une dérogation. Mais il est ramené à 19 mois en l’absence de 2e fenêtre payante.
Pour les autres chaînes en clair, le délai est fixé à 30 mois et 28 mois pour les films avec dérogation.
Le cas des documentaires et films de fiction de 1,5M€ maximum
Les longs métrages documentaires et de fiction dont le coût n’a pas excédé 1,5M€ bénéficieraient d’un régime dérogatoire.
Les documentaires de 1,5M€ maximum qui n’ont fait l’objet d’aucun préachat ou achat jusqu’à la fin de la fenêtre d’exclusivité de la salle, pourraient être diffusés dès 12 mois.
Les films de fiction de 1,5M€ maximum, et d’expression originale française, qui n’ont fait l’objet d’aucun préachat ou achat jusqu’à la fin de la fenêtre d’exclusivité de la salle, pourraient être diffusés dès 17 mois après leur sortie.
Vidéo à la demande gratuite
Le délai est avancé 45 mois, ou 43 mois pour les films avec dérogation, contre 48 mois actuellement.

« Au poste »

 

 

 

 

Un peu dubitatif face au cinéma de Quentin Dupieux, je dois reconnaître à ce cinéaste d’avoir malgré tout un univers bien à lui.
Son dernier film – Réalités – semblait plus abouti que ses œuvres précédentes et son nouvel opus « Au poste » promettait d’être engageant.

Du reste, cela commence plutôt bien et l’interrogatoire mené par Benoît Poelvoorde (plutôt sobre) sur un crime, ne manque pas de quelques bonnes réparties.

Certains détails physiques des personnages surprennent comme le flic borgne, la fumée de cigarette qui s’échappe du ventre de Poelvoorde. On pense évidemment plus au cinéma de Blier qu’à celui de Claude Miller, mais faute d’un scénario solide, l’histoire finit par s’enliser au bout de 40 minutes, pour paraitre ensuite interminable : ce qui est une gageure pour un film durant 1h13 !
Le final très convenu (des acteurs sur scène face au public) n’est pas franchement convaincant.

L’interprétation, trop à l’aise, de Grégoire Ludig en suspect, manque de relief. On imagine comment un comédien tel qu’Edouard Baer aurait pu transcender ce personnage énigmatique.

Bref, ni la mise en scène un peu paresseuse, ni son scénario confus permettent à ce pastiche très référencé et plutôt morbide, de décoller, malgré de bonnes idées pour le moins surréalistes, ici et là.

Michel Senna