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La Lettre « en Bref » Mai-Juin

Edito de la lettre « En Bref – Mai-Juin »

AUDIOVISUEL ET CINEMA

Nous entrons dans une période où cette question devient d’une brulante actualité. Tout d’abord les déboires de Canal + avec le football amène la profession à s’interroger sur les conséquences que devraient entraîner cette situation sur la capacité d’investissement de Canal + dans la production des films. Car il ne faut pas oublier qu’en 2017 Canal+ a apporté 158 millions d’euros sous forme de préachat, ce qui a bénéficié à 117 films français. Or l’accord qui a permis ce financement arrivera a échéance en 2019. Si Canal + connait des difficultés, on peut craindre que la reconduction ne s’effectue sur des bases inférieures.
Mais ce n’est pas la seule question que se pose le cinéma français. La réforme annoncée de l’audiovisuel public aura forcément des conséquences. Nous vous en présentons les grandes orientations dans ce numéro. La principale d’entre-elles réside dans l’affirmation que pour reconquérir un public jeune il faut se tourner vers le numérique car les moyens traditionnels seraient devenus inadaptés. Certes cette remarque de la Ministre concerne l’audiovisuel public. Mais elle risque d’indiquer une direction dans laquelle le rôle de la salle de cinéma peut être mis en question.
Un autre point de la réforme annoncée pose problème. La Ministre a annoncé son souci de développer la régionalisation du secteur en augmentant les moyens des chaines régionales qui passeraient de 100 millions à 250 millions d’euros. Cela n’implique pas nécessairement un moindre investissement de l’audiovisuel public dans le cinéma, mais la question mérité d’être posée.

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Pour lire la lettre dans sa totalité c’est : ici

Festival des 3 continents : 40 ans

A l’occasion de ses 40 ans, le FESTIVAL DES 3 CONTINENTS de NANTES ouvre une campagne de crowdfunding :

Le festival lance une collecte afin de réaliser un ouvrage de référence sur le cinéma contemporain.
Il s’agit d’établir avec de nombreux rédacteurs (critiques, cinéastes) un état des lieux sur les évolutions esthétiques et à
mesurer l’impact du numérique à l’échelle des 3 Continents.
Festival des 3 Continents : « 40 ans
après, où va le cinéma ? ». La collecte permettra au festival de financer une partie de la production
de l’ouvrage à hauteur de 10000€, à hauteur de 5000€ de rassembler les contributeurs au livre
venant du monde entier afin de faciliter échanges de réflexion, proximités, dans un environnement
ouvert et festif. Une soirée dédiée au lancement de cet ouvrage sera organisée. « Ainsi selon votre
contribution, vous recevrez un exemplaire de cet ouvrage de référence. Un PASS festival, une soirée avec les invités, un jeu de cartes postales collector et la reconnaissance éternelle du Festival »

 

Gilles Porte interroge le Festival de Cannes :

Sous la plume de Gilles Porte, Président de l’Association des directeurs photo (AFC), cette petite pique à l’attention du Festival de Cannes et concernant le peu de représentation des techniciens dans Le Festival :
Soyons honnêtes… Les techniciens ont de plus en plus de mal à se rendre à Cannes et en inviter quelques-uns n’aurait-il pas un sens aussi pour celles et ceux qui signent les films ? Ingmar Bergman se retournerait-il sur son île de Farö en apprenant une telle nouvelle, lui qui n’a eu de cesse de mentionner sa très grande complicité avec son directeur de la photographie Swen Nykvist ? Martin Scorcese aurait-il laissé tomber son Carrosse d’or en apprenant cette nouvelle quand on sait à quel point il est reconnaissant à sa monteuse Thelma Shoonmaker de l’accompagner depuis 1967 ?

L’homme qui tua Don Quichotte


Le dernier film de Terry Gilliam porte assurément sa griffe et c’est finalement ça le plus important. Car peu importe si ce projet qui l’a accompagné durant des longues années, et qui a subi bien des avatars, était à la hauteur des espérances.
Car bien que trop long et un peu boursouflé, le film ne manque pas d’énergie bouillonnante et de créativité. On pense surtout à Fisher King pour la partie folie douce et rédemption et au Baron de Munchausen dont le pseudo Don Quichotte semble un lointain parent. La mise en scène est dynamique et le réalisateur a tiré un beau parti des décors naturels d’une Espagne aride.
Comme souvent chez Gilliam, on oscille, dans cette fuite effrénée, entre le rêve éveillé et la réalité, à travers les yeux d’un réalisateur désabusé, interprété par Adam Driver, qui a mis son idéalisme de côté et se retrouve confronté à des situations de plus en plus anormales, au fin fond de l’Espagne. Le réalisateur en profite pour régler quelques comptes personnels avec le monde « maffieux » du cinéma.
Dommage que l’alchimie entre les deux comédiens ne prenne que partiellement. Autant Jonathan Pryce (Brazil), dans son rôle de pseudo Don Quichotte, s’avère truculent, touchant et subtil, autant Adam Driver, moins expérimenté, joue l’ahurissement sur un mode un peu répétitif.
Reste un film foisonnant et inégal mais toujours captivant car la plupart du temps imprévisible. Ce n’est pas si mal à une époque de grand formatage !
Michel Senna

LES CAHIERS DU CINEMA Mai 2018

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Cannes 2018
Promesses cannoises

Compétition :
Asako I & II de Ryusuke Hamaguchi – par Hidetake Yuki & Abi Sakamoto
L’Été de Kirill Serebrennikov – par Eugénie Zvonkine
3 Visages de Jafar Panahi – par Mamad Haghighat
Hors compétition :
10 ans en Thaïlande – par Aliosha Herrera
Un Certain regard :
In My Room d’Ulrich Köhler – par Stéphane Delorme

Quinzaine des réalisateurs :
Les Oiseaux de passage de Ciro Guerra et Cristina Gallego – par Nicolas Azalbert
Semaine de la critique :
Diamantino – dialogue entre Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt

ACID :
La valeur d’exemple entretien avec Fabienne Hanclot, Régis Sauder et Idir Serghine

Cinq entretiens sur la production :
Charles Gillibert La marge au centre
Emmanuel Chaumet Prises de risques
Marianne Slot Les vies de Marianne
David Thion Une logique de désir
Sandra Da Fonseca Jeune productrice

Cannes 68
Historique par la rédaction (Cahiers du Cinéma n°203, août 1968)
Fin d’un festival : Cannes par Michel Delahaye (Cahiers du Cinéma n°203, août 1968)

Cahier critique
Le ciel étoilé au-dessus de ma tête d’Ilan Klipper – par Vincent Malausa
L’épouvantail entretien avec Ilan Klipper – par Stéphane Delorme
Manhattan Stories de Dustin Guy Defa – par Ariel Schweitzer
Ghost World + Peanuts entretien avec Dustin Guy Defa – par Nicholas Elliott
Retour à Bollène de Saïd Hamich – par Jean-Philippe Tessé
Revoir Bollène entretien avec Saïd Hamich – par Jean-Philippe Tessé
Senses de Ryusuke Hamaguchi – par Nicholas Elliott
Trains de vie / Les 7 Déserteurs de Paul Vecchiali – par Jean-Sébastien Chauvin
En guerre de Stéphane Brizé – par Jean-Philippe Tessé
Ready Player One de Steven Spielberg – par Jean-Philippe Tessé

Notes sur d’autres films Les anges portent du blanc (Vivian Qu) – Cornelius, le meunier hurlant (Yann Le Quellec) – Corpo Elétrico (Marcelo Caetano) – Daphné (Peter Mackie Burns) – Des spectres hantent l’Europe (Maria Kourkouta & Niki Giannari) – Une année polaire (Samuel Collardey)
Journal
Découverte Georges Nasser, histoire d’un retour
Box-office Les Garçons sauvages tiennent le cap
Hommage Milos Forman, quand la scène craque
Hommage Stéphane Audran, un regard au-dedans
Plateforme Netflix, annihilation ?
Reprise La Femme insecte de Shohei Imamura : histoire du Japon par les insectes
Reprise Une certaine rencontre de Robert Mulligan : étrangers intimes

Festival Brive : des jeux et des expériences
Festival Cinéma du Réel : quel réel ?
Festival Cinélatino : dans l’intensité de 68

Analyse de séquence
Le Conte de la Princesse Kaguya d’Isao Takahata
Terreur de la douceur par Stéphane Delorme

Le cinéma militant à l’heure des collectifs. Slon et Iskra dans la France de l’après-1968 de Catherine Roudé (livre)
Les Fantômes de mai 68 de Jacques Kebadian et Jean-Louis Comolli (livre)
Sur un film oublié de Jean-Luc Godard – Un film comme les autres de Jean-Luc Godard

Portfolio
Chris Marker
L’archive infinie – documents commentés par Raymond Bellour, Jean-Michel Frodon et Christine Van Assche
Cent soleils par Cyril Béghin

Les films primés à Cannes

Le palmarès du festival de Cannes 2018  

 Sélection Officielle.

Dans une sélection de 21 films le Jury 2018 a retenu :

– La Palme d’or a été attribuée à Hirokazu Kore-eda pour «Une affaire de famille».

– Le Grand prix du Festival de Cannes a été décerné à Spike Lee pour «BlacKkKlansman».

– Le prix du Jury a été attribué à Nadine Labaki pour «Capharnaüm».

– Une Palme d’or spéciale a été remise à Jean-Louis Godard pour «Le livre d’images».

– Le prix d’interprétation masculine récompense l’acteur Marcello Fonte pour son rôle dans «Dogman» de Mateo Garrone.

– Le prix de la mise en scène a été attribué à Pawel Pawlikowski pour «Cold War».

– Le prix du scénario a récompensé deux films : «Trois Visages» de Jafar Panahi, et «Lazzaro» de Alice Rohrwacher.

– Le prix d’interprétation féminine revient à l’actrice kazakhe Samal Yeslyamova pour «Ayka» de Sergueï Dvortsevoy

– La Caméra d’or, récompensant un premier film toutes sections confondues, a été décernée à Lukas Dhont, le jeune réalisateur de «Girls».

– La Palme d’or du court-métrage a été attribuée à Charles Williams, pour «All these creatures».

Sélection « un certain Regard »

Le Grand Prix :  Border dAli Abbasi,

Le prix spécial du jury :  The Dead and the Others  de João Salaviza et Renée Nader Messora,

Le prix du meilleur scénario : Sofia de Meryem Benm’barek 

Le prix de la meilleure mise en scène : Donbass de Sergei Loznitsa .

Le  prix d’interprétation : Victor Polster pour son rôle dans « Gir ».

Cinéfondation

Le Jury de la Cinéfondation et des courts métrages présidé par Bertrand Bonello et composé de Khalil Joreige, Valeska Grisebach, Alanté Kavaïté et Ariane Labed, a décerné les prix de la Cinéfondation.

Premier Prix : EL VERANO DEL LEÓN ELÉCTRICO (The Summer of the Electric Lion) réalisé par Diego CÉSPEDES, Universidad de Chile – ICEI, Chili

Deuxième Prix ex aequo :

  • KALENDAR (Calendar) réalisé par Igor POPLAUHIN, Moscow School of New Cinema, Russie
  • DONG WU XIONG MENG (The Storms in Our Blood) réalisé par SHEN Di, Shanghai Theater Academy, Chine

Troisième Prix : INANIMATE réalisé par Lucia BULGHERONI

La Sélection comprenait 17 films d’étudiants en cinéma choisis parmi 2 426 candidats en provenance de 512 écoles de cinéma dans le monde.

Cette fois c’est la Ministre de la Culture qui parle de la chronologie des média !

Le statu quo n’est objectivement plus tenable aujourd’hui” a déclaré Françoise Nyssen au sujet de la chronologie des médias, le 12 mai à Cannes, précisant qu’elle avait demandé au médiateur “de se concentrer sur les 4 points essentiels de blocage : la dérogation pour réduire à 3 mois l’exploitation des films en salles, l’avancée de la fenêtre de télévision payante, la durée de cette fenêtre de télévision payante et la place de la vidéo par abonnement”. Les médiateurs définiront donc le cadre des nouvelles négociations, hors duquel “il ne sera pas possible de discuter. Il faut aboutir et sans accord, je prendrai mes responsabilités et j’agirai par la loi”, a rappelé la ministre de la Culture.

sourceici

Le combat de la régulation

« Elle est, rappelle Françoise Nyssen s’adressant aux réalisateurs, la condition d’exercice de vos libertés. C’est par la régulation que l’on garantit la diversité culturelle. C’est par la régulation que l’on crée de la valeur et qu’on la protège. » Aujourd’hui, des chaines et des plateformes vidéo s’établissent hors de France pour échapper aux obligations de financement de la création. Nous devons, au niveau européen, imposer à ces acteurs les mêmes obligations de financement que les acteurs traditionnels établis en France. Il faudra aussi imposer un quota d’œuvres européennes sur les plateformes de vidéo à la demande.

Quant à la chronologie des médias, elle n’est plus adaptée. Sa réforme doit atteindre deux objectifs : améliorer l’accessibilité des œuvres, en prenant la juste mesure des attentes et des usages des spectateurs et garantir le meilleur financement possible pour les créateurs, en favorisant dans la chronologie les diffuseurs qui sont le plus engagés et les plus vertueux à l’égard du cinéma et de sa diversité.

Adapter la régulation actuelle, c’est aussi prendre de nouvelles mesures pour lutter contre le piratage. L’essentiel de notre arsenal porte aujourd’hui sur le téléchargement pair à pair, alors que le piratage se fait désormais dans 80% des cas en streaming ou en téléchargement direct. « Nous devons agir sur toutes les formes de piratage en faisant évoluer le mécanisme de riposte graduée et en plaçant la priorité sur la lutte contre les sites pirates, de façon à les assécher de toute ressource et les faire disparaître », a affirmé Françoise Nyssen. La ministre souhaite que des « listes noires » soient établies par la HADOPI, pour permettre aux annonceurs, aux services de paiement ou aux moteurs de recherche de connaître les sites illicites et de cesser toutes relations avec eux ; Il faudra aussi se donner les moyens de bloquer ou déréférencer les sites, et tous les sites miroirs qui se créent après la fermeture du site principal. Ce pouvoir pourrait être confié à la HADOPI, en lien avec le juge, pour répondre à la double exigence d’une suppression rapide et durable des sites pirates.

source : ici

L’ile aux chiens

L’île aux chiens… un os sans moelle !

Le dernier film d’animation de Wes Anderson mettant en scène des chiens dans un univers rétro-futuriste, avait de quoi intriguer. Et effectivement, l’animation est très inventive et le propos original.
Dans un Japon quasi totalitaire, les chiens, porteurs de maladie, sont violemment mis à l’écart sur une île poubelle au large du continent.
On suit alors le parcours de quelques uns d’entre eux et celui d’un enfant venu rechercher son toutou contaminé.
Le problème, c’est qu’une fois passées ces scènes d’exposition, le film a bien du mal à décoller, faute de définir de véritables enjeux. On est loin du remarquable The Grand Budapest Hotel qui marqua une étape importante dans la carrière du réalisateur.
Malgré le dynamisme de son montage et une musique d’accompagnement qui s’emploie à donner le rythme, je dois avouer avoir lutter pour rester attentionné, tellement les effets de mise en scène me sont apparus répétitifs et les dialogues entre chiens assommants. Qu’il s’agisse des animaux ou des humains, les personnages très froids et distants ne suscitent aucune sympathie et le scénario tortueux ne semble aller nulle part. Tout cela finit par paraître vain, malgré des trouvailles ici et là.
Bref, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce film, tout créatif visuellement qu’il soit, manque à mes yeux, véritablement de chien ! Michel Senna