Tous les articles par Louchez

Le grand bain

bainGilles Lellouche signe cette comédie agréable qui réunit une belle pléiade de vedettes, interprétant tous et toutes des accidentés de la vie. Le film est plaisant et plutôt subtil et chaque interprète a le droit à un traitement équitable.

Une mention spéciale pour Philippe Katerine lunaire à souhait.
Au final, un premier film original et au ton résolument décalé et à l’optimisme plaisant.

Michel Senna

Cold War

Bénéficiant d’une bonne presse, ce film, Prix de la mise en scène à Cannes, s’annonçait prometteur et s’avéra relativement décevant. L’histoire est celle d’un chanteuse danseuse polonaise et de sa relation amoureuse contrariée avec un pianiste – également polonais – attiré par la liberté et la vie parisienne. Le film est construit comme une succession de tableaux dans lesquels on suit la séparation et les retrouvailles des deux artistes sur une période de quinze ans. Si la mise en scène reste très soignée, et le noir et blanc de toute beauté, le film n’est partiellement réussi dans son histoire d’amour, faute de passion et d’un acteur trop renfrogné interprétant le pianiste. Sur le plan politique, Cold war peine à convaincre car sa description de la Pologne, alors sous le joug de la propagande communiste, n’est ici qu’esquissée, malgré un personnage secondaire du régisseur très réussi. On ne ressent pas vraiment le poids de la dictature stalinienne, ni celui de la séparation entre les deux personnages, qui sont de toutes manières presque toujours réunis à l’écran. Le contexte de la Guerre Froide ne constitue ici qu’un décor à cette histoire d’amour impossible. Reste un belle et touchante prestation de Joanna Kulig dans le rôle de cette jeune fille qui perd petit à petit son innocence, et de bien belles images, certes un peu glacées. Bien que nullement désagréable, le film de Pawel Pawlikowski, n’aborde pas vraiment son sujet (ou supposé tel), et n’évite par certains clichés, notamment dans sa description un peu convenue et appuyée du Paris des années jazz.

Michel Senna

Première année

Après Hippocrate et Médecin de campagne, le monde de la médecine est à nouveau à l’honneur dans ce nouveau film de Thomas Lilti, aux accents autobiographiques, qui montre l’acharnement d’Antoine et Benjamin, deux étudiants qui doivent réussir le cap de leur première année d’études et être suffisamment bien notés pour choisir ensuite la filière qui leur convient.
Interprétés tout en nuances par William Lebghil et Vincent Lacoste, ces deux jeunes amis n’ont pas les mêmes attentes et les mêmes facilités pour apprendre. Apprendre et assimiler les connaissances jusqu’à en tomber malade, et avoir la vocation ou pas, tel est là le sujet de ce film traité sans détours et d’une précision quasi maniaque.
Bien mis en scène et porté par un excellent duo, Première année sonne juste tout le temps jusqu’à son final assez touchant. Michel Senna

Cinéma 93

Le réseau de cinémas de la Seine-Saint-Denis organise ses 6éme Journée Professionnelle.

Créée en 1996, Cinémas 93 est l’association des 23 cinémas publics et associatifs de la Seine-Saint-Denis.

Elle œuvre à la diffusion culturelle cinématographique sur ce territoire (programmes pour les tout petits, dispositif d’avant-séances en salle Quartier Libre…) et place l’éducation artistique à l’image au cœur de son projet, avec la coordination de dispositifs départementaux (Collège au cinéma, Ma première séance, École et cinéma L’Art et la Culture au Collège) et l’organisation de journées professionnelles annuelles.

En 2005, Cinémas 93 a étendu ses actions à la création cinématographique, avec la coordination de l’Aide au film court, le dispositif de soutien à la création du Département de la Seine-Saint-Denis. Depuis 2015, elle met en œuvre de L’Atelier, nouveau dispositif d’accompagnement de jeunes cinéastes autodidactes.

Tout savoir sur les « Journées Professionnelles 2018 »  : ici

La région « Centre-Val de Loire » inaugure son septième Cinémobile

Lancé en 1983 par feu la Maison de la Culture d’Orléans comme vecteur de conquête de nouveaux publics à l’échelle du département du Loiret, ce camion-cinéma fut fatal à sa directrice d’alors, qui fut accusée d’ambitions démesurées et dispendieuses. Trente cinq ans plus tard et après quelques vicissitudes techniques et administratives, la région Centre Val de Loire peut aujourd’hui s’enorgueillir de disposer d’un formidable outil de diffusion de la culture cinématographique en milieu rural, en inaugurant ce samedi ce septième Cinémobile régional.

N’en déplaise à quelques mauvais augures d’alors, le premier Cinémobile a rapidement fait la preuve de son utilité en trouvant un public régulier au travers de tournées régulières sur un périmètre qui fut élargi à 46 communes du Centre-Val de Loire, avec un deuxième camion financé par la région, offrant une qualité de projection équivalente aux salles urbaines. Et c’est devenu pour chaque étape de sa tournée, un incontournable lieu de rencontre mensuelle pour les spectateurs (62.000 au total cette année, tous publics confondus, ce qui n’est pas un record…), mais aussi une ouverture à la culture cinématographique pour des jeunes qui ne connaissent souvent l’image que par Youtube ou la télé. Il y a donc aujourd’hui trois camions, gérés et programmés par l’agence Ciclic, qui tournent quotidiennement en région et il a fallu au fil du temps les remplacer et les moderniser notamment avec le passage au numérique, pour arriver aujourd’hui au lancement du numéro 7 (le Carmet 2 pour les chauffeurs), réalisé par la société Toutenkamion de Ladon, spécialisée dans la fabrication de structures mobiles, pour la modique somme d’1 million d’euros tout compris.Il reste que le Cinémobile à sa conception, était pensé comme le fer de lance d’une action culturelle décentralisée que les Maisons de la Culture d’alors s’étaient données comme mission, pas sûr qu’aujourd’hui, la région se donne les moyens d’assurer cette mission de diffusion culturelle élargie…

Il reste que le Cinémobile à sa conception, était pensé comme le fer de lance d’une action culturelle décentralisée que les Maisons de la Culture d’alors s’étaient données comme mission, pas sûr qu’aujourd’hui, la région se donne les moyens d’assurer cette mission de diffusion culturelle élargie…

L’année dernière à Marienbad

Parmi les œuvres cinématographiques d’Alain Resnais, ce huis-clos, qui  fait actuellement l’objet d’une ressortie en salles, occupe une place à part dans la carrière de cinéaste qui signe ici son film le plus hermétique.
L’influence au scénario du romancier et futur metteur en scène Alain Robbe-Grillet n’a pas aidé à la fluidité du récit. L’histoire se résume à peu de choses. Lors d’une soirée mondaine donnée dans un château, un homme du monde courtise la maîtresse des lieux, certain de l’avoir déjà séduite plus tôt.
D’un point de vue purement technique, ce film atteint par moments
des sommets de virtuosité et certains plans, notamment ceux des extérieurs du château, impriment de façon durable la rétine.
Mais tout aussi esthétisant soit-il, L’année dernière à Marienbad a toujours divisé la critique : envoûtant et cérébral pour les uns et ennuyeux et prétentieux pour les autres. La perception de ce film, un peu hors du temps, est donc liée au fait que l’on accepte ou pas le postulat de départ.
Nombreux sont les éléments qui peuvent toutefois décourager le spectateur, qu’il s’agisse de l’orgue déchaîné qui accompagne des mouvements de caméra un peu vains, des scènes de rencontre répétitives avec la voix off du personnage principal (Giorgio Albertazzi) particulièrement crispante. Les dialogues pesants et artificiels et le jeu glacé et détaché des comédiens (Giorgio Albertazzi et Delphine Seyrig) n’arrangent rien.
Malgré tout, on peut toutefois reconnaître à Alain Resnais un goût pour réinventer les codes narratifs du cinéma, mais force est de reconnaître également que cet exercice de style d’une grande froideur ne s’est pas franchement bonifié avec le temps et ce malgré le fait que 1961 soit une année de grands crus !
Michel Senna

AUZAT l’Auvergnat

APRÈS  UN  PARCOURS  INEDIT  EN  SALLES,

LE  FILM   AUZAT L’AUVERGNAT

(RECOMMANDÉ   « ART ET ESSAI  »  PAR  L’AFCAE)

A  PARIS   A  PARTIR  DU  3  OCTOBRE AU  STUDIO  GALANDE

 

UN PROJET 100% RURAL POUR PENSER LA SOCIÉTÉ DE DEMAIN
L’histoire commence en 2016 quand Arnaud Fournier Montgieux fait un pari, celui de faire naître son premier long métrage documentaire, 100% rural, made in Auvergne, contemporain et de le porter sur grand écran. Il est alors convaincu que le monde rural a une richesse humaine qu’il faut prendre le temps de découvrir ou de redécouvrir. Cette richesse il l’a découverte à Auzat.
Passionné par le monde rural, natif du Berry et originaire d’Auvergne, il filme un village de Haute Loire que son grand père filmait déjà dans les années 60, archives à l’appui. Auzat comme tant d’autres villages a connu une mutation sans précédent ces 50 dernières années. Ses habitants ont bien changé. Pourtant l’âme et la richesse du monde rural sont bien là et nous invitent à repenser notre société de demain.
UN PARCOURS INÉDIT EN SALLES DE CINÉMA
Sans aide du CNC et sans subventions régionales pour financer le film, le réalisateur se tourne naturellement vers le nancement participatif via Cocoricauses, plateforme dédiée aux projets qui émanent du monde rural, et reçoit le soutien de la chaîne départementale berrichone Bip TV. D’autres soutiens viendront plus tard, à commencer par Le Conseil départemental du Puy-de-Dôme qui organise une exposition autour du monde rural en 2017.
Le film se fraie alors son propre chemin. Sa route croise celle de passionnés de cinéma, de documentaire, de la terre et des hommes. L’accueil du public est tel, qu’une sortie salle est programmée au printemps 2018. Le film parcourt alors lentement mais sûrement l’ensemble du territoire français où plus de 5000 spectateurs l’ont déjà découvert sur grand écran. Et Auzat l’Auvergnat est désormais recommandé «Art et Essai» par l’AFCAE arrive dans la capitale où il sera programmé à partir du 3 octobre au Studio Galande.
Et déjà plus de 30 salles prévoient de projeter le film d’ici la fin de l’année, dans les villes comme à Mulhouse, Lyon, Tourcoing et les villages comme Brides-les-Bains, Le Vernet La Varenne.